CHAPITRE XIII
Après de grands traumatismes, principalement à la suite de blessures de guerre, d'accidents de chemins de fer, on observe un ensemble de symptômes d'une gravité extrême auquel on a donné le nom de choc chirurgical (shock), stupeur traumatique.
Parmi les symptômes du choc traumatique, il y en a un qui a particulièrement attiré notre attention et que nous avons étudié dès l'année 1870, Valgidiié traumatique.
Les chirurgiens ont signalé de tout temps, à la suite de blessures graves, le refroidissement de la peau.
Ils décrivent les blessés couverts d'une sueur froide qui donne à la main une sensation spéciale ; tous les cliniciens ont remarqué le refroidissement tégumentaire dans les hernies étranglées, les plaies par armes à feu, les accidents de chemin de fer.
Dupuytren * disait dans son admirable chapitre de la stupeur traumatique : « La diminution de chaleur, portée quelquefois jusqu'à froid glacial, est un autre effet de stupeur. »
Ce n'est que dans ces dernières années que l'on a constaté mathématiquement au moyen du thermomètre l'abaissement de température à la périphérie et dans les cavités centrale s.
i. Ddpuytren. Leçons orales, vol. V.
ABAISSEMENTS DE TPMPÉRATURE APRÈS LES TRAUMATISMES 119
Sous la direction de notre maître Deraarquay, nous avons recueilli, en 1870-71, sur des blessés de guerre, un grand nombre d'observations qui nous ont permis d'arriver à des conclusions au point de vue du pronostic et du diagnostic.
Les travaux de Furneaux Jordan', de Le Gros Clarke-, que nous ne connaissions pas au moment de la publication de notre premier travail sur ce sujet, contiennent des conclusions qui se rapprochent des nôtres.
Pendant notre internat et notre clinicat dans les hôpitaux de Paris (1874-83), nous avons recueilli un grand nombre d'observations (nous citons plus loin les principales), sur des blessés à la suite de grands traumatismes, écrasements, accidents de chemins fer.
Les résultats ont été les mêmes que ceux obtenus sur des blessés de guerre ; nous maintenons donc nos premières conclasions.
Dans un- grand nombre de nos observations, nous avons pris simultanément la température axillaire, et la température rectale, il existe une différence assez marquée (5 à 6 dixièmes de degré) entre ces deux températures. Nous pensons que la température rectale peut seule donner des indications précises, et la plupart de nos explorations ont été faites dans des cavités centrales.
Nous avons noté les températures des blessés sitôt qu'ils arrivaient dans nos ambulances ou nos hôpitaux généralement trois ou quatre heures après que la blessure venait d'être reçue ; nous avons recueilli aussi quelques températures au moment ou le blessé venait d'être relevé sur le champ de bataille et obtenu ainsi la courbe complète de la température pendant les premières heures qui suivent le traumatisme.
Les principaux symptômes que nous avons observés chez nos blessés, sont les suivants :
1 . FuRNEADx Jordan. The British médical Journal, vol. I, 1867, et Surgical Enquiries on shock aftcr surgical oporalions and injuries. London, 2" édition.
2. Le Gnos Clauke. Lectures on the principles of surgical diagnosis, especialy in relation to shock and viscéral lésions. Loiicioii, 1870.
Le blessé, qui n'a généralement pas perdu connaissance, a un faciès hébété, abattu ; les narines sont dilatées : les yeux ternes à demi ouverts, sans expression ; les pupilles dilatées ; il paraît peu préoccupé de sa blessure, il ne frisonne pas ; il est dans la stupeur (forme dépressive du choc).
Il ne se plaint pas, il n'accuse aucune souffrance et l'on peut explorer les blessures les plus graves sans qu'il s'y oppose.
D'autres fois au contraire, et nous avons souvent vu ce fait chez les soldats de l'armée insurgée (1870), il y a du délire, de la loquacité ; souvent le malade se plaint, se lamente, annonce sa mort prochaine. Dans cette forme de choc traumatique (forme êrethique de Dupuytren, Travers, Fischer), on note le rétrécissement de la pupille, des vomissements, un tremblement général et des spasmes.
La respiration est fréquente, superficielle ; le pouls petit, très accéléré.
Dans la forme torpide de la stupeur, les mouvements sont difficiles ; l'activité cardiaque est singulièrement diminuée, dans un assez grand nombre de faits nous n'avons pas trouvé de diminution des battements du cœur ; généralement cependant le pouls est petit, imperceptible.
La respiration se fait d'une façon très lente.
Le blessé a souvent des vomissements.
Nous attirons l'attention sur ce fait que nous avons fréquemment observé chez les blessés par armes à feu, la suppression presque complète des urines pendant huit, dix, douze heures après le traumatisme.
L'urine ne contient ni sucre, ni albumine, excepté dans les lésions des centres nerveux (fracture du crâne).
La température du corps entier est considérablement abaissée au simple toucher, les mains, les pieds, les oreilles sont très refroidis ; le refroidissement, d'après nos observations, commence par les extrémités ; il s'empare du sujet sans que celui-ci seplaigne de ce symptôme. Quand nous interrogions les blessés, afin de savoir s'il ressentaient un refroidissement, ils nous répondaient souvent négativement. . On constate un abaissement réel de la température, non seulement sous l'aisselle, mais dans le rectum.
APRÈS LRS GRANDS TRAUMATISMES 121
Si la blessure est très grave, si le blessé à été violemment ébranlé par un obus, un biscaïen, la température axillaire peut s'abaisser jusqu'à 35" dans l'aisselle et dans le rectum jusqu'à 35%5.
Arrivé à ce degré de l'échelle thermométrique, le refroidis- 'sement continue, la stupeur augmente, la peau se ride, les muscles deviennent rigides, l'haleine froide et le malade succombe.
Si le traumatisme a été moins violent, la température peut s'abaisser, mais elle n'atteint presque jamais un chiffre inférieur à 36°.
Dans ces cas, quatre ou cinq heures après la blessure, le pouls qui était très ralenti, commence à s'accélérer, la respiration ne présente plus ce ralentissement de mauvais augure que nous avons signalé. Au bout de quatre à cinq heures, fait très important et sur lequel nous reviendrons, la température remonte, mais elle ne s'arrête pas au niveau normal, elle s'élève encore, et nous avons ainsi des températures fébriles.
C'est à ce moment surtout qu'il se fait une exhalation de liquide sanguinolent à la surface de la plaie et qu'une véritable hêraorrhagie peut survenir.
Plus le choc a été considérable, plus la température s'élève, de telle sorte qu'il n'est pas rare d'observer des températures de 39°.
Si l'abaissement da température à été peu considérable, l'élévation est peu intense, et Ton peut dire que : « La réaction est en raison directe de l'abaissement. »
Si l'élévation consécutive est très grande, le danger n'est pas moindre que si la température reste abaissée, car des accidents rapidôs vont survenir qui menaceront la vie du blessé.
Dans presque tous les cas de choc traumatique, nous avons ■noté des abaissements de température.
La mensuration de la température après de grands traumatismes nous fournit des indications précieuses; elle nous indique d'une façon précise la gravité du cas, son pronostic, elle indique -si l'intervention chirurgicale doit être utile ou nuisible. ....
Les observations résumées qui suivent font saisir nettement les indications fournies par l'observation de la température dans les traumatismes.
Observation XIX. —X,.., soldat de ligne a reçu un fracas énorme de la .jambe droite par un éclat d'obus,
La température prise immédiatement après l'accident est de 36°, 8.
L'amputation est pratiquée et l'on observe la série des chiffres suivants ;
Matin 37°
Soir 39°
Matin 38°
Soir 39°3
Guérison.
Observation XX , — X..., Joseph, sergent-major, a un fracas assez considérable du tibia par éclat d'obus. Le blessé n'a fait aucune libation.
Température deux heures après l'accident, 36°4 Amputation du membre sept heures après . Immédiatement après l'amputation .... 36°7
Le lendemain 38°6
Observation XXL— X..., soldat du 13« de ligne, a une fracture complète et comminutive du fémur par un éclat d'obus, siégeant vers le tiers supérieur, à quelques centimètres au-dessous de l'articulation coxo-fémorale.
Température prise immédiatement après la blessure. 36°4
Le lendemain 38''3
Résection partielle du fémur ; l'on peut observer la série des chiffres suivants :
Soir 39°
Matin SS-'ô
Soir 39°
Matin 38°5
Soir 39°4
Matin 40°
Guérison,
Observation XXII. — X.,., soldat du 113° de ligne est amené à notre ambulance. Il a été blessé derrière une barricade et sa blessure consiste en une fracture comminutive de l'humérus vers le tiers supérieur; le malade est dans le calme le plus parfait. La tempéraure prise immédiatement est , . 36°9 Le lendemain 28°4
Observation XVIII. —T..., âgé de 25 ans, blessé par un éclat d'obus, sa blessure consiste en un fracas énorme du tibia avec fracture comminutive de fémur.
Température deux heures après l'accident. Sô"!
Réaction le lendemain . . . , , 38°4
Amputation. — Guérison.
Observation XXIV.— N...,45 ans, garde national, a eu un fracas Ide jambe assez considérable par un éclat d'obus, le malade recon- ©aît lui-même avoir fait de copieuses libations.
Température deux heures après l'accident. . . , 36°3 L'amputation est décidée et pratiquée sans accicident, le malade soumis aux inhalations de chloroforme a une température rectale de 36°8
Huit heures après 38°
Le lendemain 38''2
Soir 39°2
Matin 38°9
Soir 39" 1
Observation XXV. — N..., fracture comminutive de jambe par balle .
Température 36''8
Le lendemain soir d8°7
Observation XXVI. — X..., blessé à la porte Dauphine, a eu le 'pied droit enlevé par un éclat d'obus. Il a en outre un fracas énorme du tibia.
Température rectale trois heures après l'accident.
Une heure du soir 35°8
11 meurt à quatre heures avec 35°
Observation XXVII. — Fracas considérable de la jambe gauche éclat d'obus, les os sont fracturés dans une assez grande étendue! Le blessé nous paraît avoir fait des libations.
Température deux heures après l'accident. 36°7 L'amputation est pratiquée, température , 36°6 Le même jour à deux heures 38°
Amputation. — Guérison.
Observation XXVIII. -V..., fracture comminutive et complète lu coude par éclat d'obus.
Stupeur considérable. Etat ivre au moment de sa blessure. Température rectale 3509
Le malade meurt trois heures après .
Elévation pos< mortem de la température.
Trois heures après nous observons .... 38°5
Observation XXIX. — B. .., 28 ans, fracas énorme de la jambe gauche, la jambe est presque détachée. Hémorrhagie à peu près nulle .
Température rectale 36°
Guérison.
Observation XXX. — Fracture comminutive de l'humérus par balle. Ivresse. .
Température ■. . . 36°3
Observation XXXI. —X..., capitaine du génie, fracture du fémur. — Fracture de l'humérus par éclat d'obus. — Plaies multiples.
Température • • • • ^B"?"
Sous l'aisselle 3502
Mort quatre heures après l'accident.
Observation XXXII.- X..., 20 ans, soldat de ligne, fracture de ! la clavicule par balle.
Température 36°8 aisselle.
Le soir. ST^B
Guérison.
Observation XXXIII.— X. 40 ans, fracture comminutive du fémur. — Fracture du tibia. — Plaie pénétrante de l'abdomen. — Stupeur.
Température six heures après 34°9
Le malade meurt bientôt.
Deux heures après la mort 35°5
Observation XXXIV. — T..., 28 ans, fracture du crâne.
Température rectale 34°9 sous l'aisselle
Mort deux heures après avec 34°.
Observation XXXV. - Fracture du radius et du cubitus droitt par éclat d'obus. — Stupeur considérable.
Température . • ^S'ô
Mort deux heures après .
Elévation post mortem de la température jusqu'à 38° Observation XXXVI. - X..., capitaine, fracture du radiuspaw balle. — Hémorrhagie assez considérable.
Température 36°7
Le soir 37°
OBSERVATION XXXVII- X..., 26 ans, fracture de l'humérus au tiers supérieur par éclat d'obus . - Ivresse . Mort. ■ ^
Température
Observation XXXYIII. - X.., 23 ans, plaie pénétrante de poi-
,trine. 3g„g Température °
Mort.
OBSERVATION XXXIX. - X..., Jérôme, soldat du 53° de ligne, fracture du maxillaire par balle. — Stupeur.
Température ^^^^
Guéris on.
OBSERVATION XL. - Soldat du génie, 28 ans, fracas du fémur par éclat d'obus. — Fracture de l'humérus.
Mort.
Observation XLl. - Garde national, ablation presque complète de l'humérus par éclat d'obus. A eu une hémorrhagie assez abondante. — Libations.
Température •''5°6
Le malade meurt quatre heures après .
Observation XL! . —X..., mobile, 21 ans, fracture complète du fémur au tiers supérieur.
Température Sô^T
Observation XLIII. — X..., soldat du 63° de ligne, 28 ans, fracture comminutive du fémur.
Température prise immédiatement après l'accident. 36''4
Observation XLIV. - X..., soldat du 43° de ligne, 23 ans, frac ture de l'humérus au tiers supérieur (balle).
Température. , 36°9
Le lendemain 3B°3
Observation XLY. —T..., 33 ans fracture complète du fémur par éclat d'obus .
Température 36°6
Observation XLVI. — 25 ans, fracas énorme du tibia, avec fracture comminutive du fémur. Le malade a fait de nombreuses libations.
Température deux heures après l'accident. . . 36"4 Le lendemain 3°48
Observation XLVII. — Contusion des deux jambes, avec plaie peu considérable. Libations copieuses.
Le soir, délii'e 390
L'abaissement de température dans ce cas nous semble produit par l'état d'ivresse dans lequel se trouve le blessé.
Observation XLVII. — N..., 40 ans, fracas des deux jambes par éclat d'obus.
Température 36o3
Mort.
Observation XLVIII. — Blessure parle recul d'un obusier. — Fracture du tibia. — Libations.
Température 3
Observation XLIX. — 23 ans, plaie de la face par éclat d'obus. Lésion de l'artère temporale. Commotion cérébrale.
Température 3Q°5
Le soir 38°
Observation L. — N..., 43 ans, fracas considérable de jambe par éclat d'obus. — Le malade reconnaît avoir fait des libations. Température huit heures après l'accident. 35°3
Le lendemain 36°8
Mort.
Observation LI. — M. Jules, 23 ans, plaie de tête par éclat d'obus sans fracture des os du crâne. — Perte de connaissance. — Commotion.
Te mp ér ature 36°o
Le soir, délire 39"
Observation LU. — Fracture comminutive de jambe par balle. ^ Pas de libation.
Le lendemain 3S°7
Observation LUI. — J..., 40 ans, ablation complète du pied par éclat d'obus. — Fracture comminutive du fémur.
Température axillaire 3409
Mort.
Observation LIV. — 38 ans, garde national, fracas énorme de la jambe gauche par éclat d'obus. — Stupeur.
Température 35"9
Le soir 38»3
Mort.
APUÈS LES GRANDS TRAUMATISMES
OBSERVATION LV. - Fracas de jambe par éclat d'obus. Stupeur.
Température -^^"^
A cinq heures
Il meurt avec """^
Elévation assez notable de la température post morlem. Observation LVI. - Ablation de la jambe gauche par éclat d'obus. - Délire coïncidant avec de l'élévation de température. Mort. (Voir courbe N" 8.)
La température prise trois heures après l'accident, a une heure
du soir est de ' 25°6
Il meurt le lendemain matin avec. . . 39°
Plaies par Armes à feu. (Service deM'kCt Deiriàrquay j
fij su moment de I sccideni (2) i heures après ' (S) à 3 heures du soir, Délire furieux 14-1 le lendemain matin Cornu Morl ( N.B.) Les chiffres (hi.Sj représentent des huw J
Observation LVII. — Fracture du fémur près de l'articulation coxo-femoralc par éclat d'obus. (Voir courbe N° 9.)
Température 35°5
Deux heures après 35°5
Meurt bientôt 34°
Plaia par Arme à fku.
Les chiffrts (1,2,3.) repréf entent /ei fleures.
Observation LVIII. — N..., 39 ans, fracas de jambe gauche par éclat d'obus.
Température 36°7
Amputation Sô^ô
Le soir 38°
Guérison.
Observation LIX. — Contusion générale. — Plaie de la face
par éclat d'obus.
Température 36°6
Guérison.
Observation LIX. — 20 ans, garde national, fracture comminutive du coude, fracture de la partie supérieure de la cuisse avec plaie. — Stupeur.
Température
Mort.
Observation LX. — M..., 30 ans. fracas considérable de la jambo gauche par un éclat d'obus. — Libations.
Température deux heures après l'accident. 36°7 L'amputation est pratiquée immédiatement ; après l'opération la température est de 36°6.
Giiérison.
Moi^t.
Observation LXI. — 39 ans, plaie superficielle de la main. — Etat d'ivresse très marqué.
Température . 36°2
Le soir 37°2.
Observation LXII. — Long, lieutenant de la garde nationale, 40 ans, fracture comminutive du radius (balle). — Fracture du maxillaire inféiieur.
Température 36°6
Observation LXIII. — S... Jean, 27 ans, a été blessé à Vaugirard, a eu les deux jambes fracassées par un obus ; les os sont littéralement broyés ; le malade au moment de sa blessure était ivre. — Délire. (Voir courbe N° 10.)
Température 35°8
Mort le lendemain.
Plaie par Arme à feu.
tt
X Délire furieux. Convulsions y. X Mort. Les chiffresfl2,3,) nprése!:tint dss haures
Redaud.
Dans les observations qui suivent, on observe des élévations de température quelques lieuree après l'abaissement.
Observation LXIV. — J. Bernier, plaie de la région frontale externe gauche par éclat d'obus. Contusion cérébrale sans fracture du crâne.
Le blessé n'a pas repris connaissance. Quatre heures après l'accident.
Température axillaire SG^S
4 heures après 28°
6 heures après, le soir 40°
Le lendemain matin 38°3
Le soir
Le matin 39°o
Le soir 40°6
Le matin
Le soir ^
Le matin ^^"^
Le soir
Le malade meurt et, quelques jours après, à l'autopsie on trouve un abcès cérébral occupant la deuxième circonvolution. Observation LXV. - Fracture comminutive de jambe au tiers
'TmmTdiatement après la blessure, 36°7. Quatre heures après l'amputation de la cuisse est pratiquée. 60 gr. de chloroforme ont
été administrés. .
Abaissement de la température jusqu a. àb^
Le lendemain ''^
. . . ■ 37°8 Le soir
Suppuration. ^^^^
Le matin
Le soir ^go
Le matin ti om^t
Le blessé continue à présenter des températures élevées. Il smt
* ofsKEVATion LXVl. - Le blessé a reçu une balle à la partie externe de îa cuisse. Il n'y a pas de fracture. Pas d'hemor-
"lI blessé au moment de sa blessure était dans un état d'ivresse
complète. 3qo2
Sa température est .',",*'
On pratique l'extraction de balle sans accidents.
Le soir . , 38°3
Le lendemain matin 37°3
— soir , , 37°6
Le lendemain matin 3704
— soir 37°5
La suppuration s'établit 38°9
Observation LXVII. — 25 ans, a reçu un éclat d'obus qui a fracturé le tibia à la partie supérieure ; il existe au niveau du creux poplité, une grande perte de substance.
Le malade a eu une hémorrhagie assez violente. Stupeur.
La température est 35°9
Vingt-quatre heures après l'accident, l'amputation de la cuisse est pratiquée.
La chloroformisation a duré vingt minutes. 45 grammes de chloroforme sont employés.
La température s'est abaissée à. . 35°Q
Quatre heures après 35°9
Le soir, délire furieux 39°2
Le matin 39°
Le soir 39°4
La mort arrive dans l'après-midi à trois heures.
Observation LXVIII. — Ecrasement du membre inférieur droit. Cette blessure résulte d'un accident de chemin de fer. L'hémorrha-
gie a été nulle.
La température est Sô^E
L'amputation de cuisse est pratiquée, chloroformisation 360
Le soir 3507
Le lendemain au matin 390
Le soir 3905
Le matin 3905
Le matin 4^0
Le soir 4^05
Le malade meurt dans la soirée.
Observation LIX. — Fracture des malléoles compliquée de plaie. (Voy. la courbe N" 11). Exemple de la longue durée de la fièvre traumatique.
Température SG^B
Le soir 38°
Le lendemain matin ST^T
. — soir 37°8
Le lendemain matin 37"5
Plaie par Arme à feu.
(IjrempérBturc è4/,eures du ,o,n(2 h^'aprés l-occiàent) (2) à 8^ du soir
■ (3) Frisson. . -.-s '
Observation LXX. - L..., 24 ans. Fracture de l'humérus par balle. Le malade a fait de nombreuses libations.. Légère hémorrhagie. (Voy. courbe N" 12).
Le soir
Le matin
Le soir
Le matin ^^"^
Le soir 2^°'
Plaie psrArme à fhti.
FJ.
(1) la mst/n i WJieures, Zheurts a/très
Us blessure (2J Le soir à 8 heures
Observation LXX. — N. Bowman, 38 ans, a eu la jambe gauche fracassée par un éclat d'obus ; les deux os sont complètement fracturés.
L'hémorrhagie est nulle.
Température, immédiatement après l'accident, Sô^S. L'amputation est pratiquée (36°5), sept heures après.
Avant l'amputation 36°o
Après l'amputation pratiquée avec le secours du chloroforme 3605
Le soir, huit heures après l'opération. . . 38°
Le matin 3805
Le matin , 3707
Le soir 3go
La fièvre continue.
Observation LXXII. - Martineau a eu le pied droit enlevé par 1 éclat d'obus . Le tibia du côté gauche a été violemment contu-
sionné. Il existe une perte de substance ; l'os est à nu: Alco
lisme. Nous ne constatons pas de fracture.
Température SS"?
A 4 heures de l'après-midi 36°2
Le soir délire furieux ^Q"
Le lendemain matin, le malade est dans le
coma et la température est 39°2
Mort dans la journée
Voyez les courbes 13 et 14.
Plaie par Arme à feu.
fracture comminulive du fémur, par éclat d'Obut Conservation du membre.
SCaprés 36'2
rh" 36'2
Absisiement de la température êu moment de l-examen W après la bles- ^ sure. -Réaction salutaire au bout de 7 heures Guérison
Coup de feu dons (e genou.
Amoutati on
ta
Ar
jt
Influence du traumatisme opéra- - toire Sur la température Us chH'l'rssl4;5,6Jrsprésenlent des
V heures
Nous avons recueilli pendant notre internat un grand nombre d'observations qui confirment entièrement les conclusions que nous donnons plus loin. Ces faits prouvent que les traumatismes graves, de même que les blessures de guerre, s'accusent par des abaissements de température, indices précieux de l'intensité du choc chirurgical.
Nous ne citerons que trois observations, dans les deux premières, l'abaissement de température très notable annonçait une mort prochaine, dans la troisième, il se produisit une réaction salutaire et le malade guérit.
Observation LXXIII. — Fracture comminutive de jambe à la suite d'un accident de chemin de fer. — Choc traumaiique. — Abaissement notable delà température. — Mort.
X..., âgé de 28 ans, employé au chemin de fer du Nord, est apporté le 22 mai 1877, à l'iiôpital Lariboisière. Les roues d'un ■wagon lui ont écrasé le membre inférieur gauche. Nous consta-
tons une fracture comminutive de jambe avec plaie. Les os sont complètement broyés et réduits en de nombreuses esquilles . Le malade est dans la stupeur la plus complète. Son haleine est refroidie, ses extrémités sont très froides. Le pouls est à 92.
La température axillaire est
— rectale 36°
11 n'y a pas d'iiémorrhagie sérieuse.
M. le docteur Delens appelé, se décide à pratiquer l'amputation de cuisse à 7 heures du soir.
On administre une petite quantité de chloroforme. Après l'opération, perte d'une très petite quantité de sang.
A 7 h. 55, température axillaire 35°
— rectale 35°6
A 8 h., température axillaire 35°2
La stupeur continue et le malade meurt dans la nuit.
Observation LXXIV. — Fracture comminulive de la jambe au tiers inférieur avec plaie au niveau de la malléole, interne et issue des fragments chez un alcoolique. — Choc traumatiqite. — Abaissement de température. — Mort.
Service de M. Pollaillon à l'hôpital de la Pitié. X..., 40 ans, employé à la Halle aux vins, d'une assez bonne santé, robuste, mais qui est adonné depuis longtemps à l'alcoolisme, reçoit avec une grande violence, le 22 mai 1878, une barrique de vin sur la jambe gauche. Nous constatons une fracture comminutive de la jambe gauche au tiers inférieur avec issue du tibia au niveau de la malléole interne. Hémorrhagie en nappe assez abondante.
Le malade, au moment de son accident, n'était pas en état d'ivresse .
Stupeur assez marquée. — Refroidissement des extrémités.
Température axillaire à 8 heures du soir. 35°8 Nous réduisons assez facilement le fragment et nous appliquons un appareil de Scultet. Ecoulement sanguin assez considérable qui empêche l'occlusion de la plaie que nous tentons au moyen
du coton collodioné.
Température à 9 heures 35°6
à 10 heures 35°9
— à 11 heures 36°
APRÈS LES GKANDS TRAUMATISMES 137
Le malade est pris de délire violent dans la nuit.
Température à 3 heures 36°8
Chloral. — Potion calaiante et le lendemain nous apprenons ique le délire a continué et que le malade a succombé.
Remarque. — La gravité de ce cas nous paraît tenir à ralcoo- I lisme qui, ainsi que nous l'avons signalé, existait depuis de Ion I gues années. L'autopsie n'a pu être pratiquée.
Observation LXXV. — Fracture comminutive delà jambe droite. — tChoc traumaliqiie. — Abaissement de température —Maction. — Guérison. Service de M. Verneuil a l'hôpital de la Pitié.
X..., 39 ans, très robuste, entré le 20 avril 1878 dans les salles de M. le professeur Yerneuil à d'hôpital de la Pitié. Une roue de voiture a passé sur le membre inférieur droit.
Nous constatons une fracture comminutive de la jambe avec plaie et issue du fragment inférieur du tibia.
Le tibia est réduit, occlusion avec du coton collodioné.
Stupeur peu marquée, refroidissement des extrémités. Température axillaire à 6 heures du soir. 36°1
— à 8 heures — 36°2
— à 9 heures — 36°1
— à 10 heures — 36''6
— à 11 heures — 36o7 Le lendemain au matin 3709
Application d'un appareil ouaté de Scultet. — Lavage de la plaie avec acide phénique. — Pansement antiseptique.
Le soir 38»
Le 21 avril au matin 3706
— au soir 38"
Le 22 avril au matin 3707
— au soir 37''8
Le 23 avril au matin 37°9
j — au soir 38
Le malade a guéri sans accident et sa température n'a jamais Idépassé 38°.
Observation LXXIII. — Fracture commimitive de jambe et du rjenou.
— Choctraumalique. — fJcmorrharjie. - Abaissement de température-
— Réaction. - Service de M. Armand Després, à l'hôpital Cochin. X..., âgé de trente-cinq ans, d'une excellente santé, très robuste,
entre a l'hôpital Cochin le 24 mai 1880. Une voiture chargée lui a écrase le membre supérieur gauche. On constate une fracture commmutive de jambe et du genou, avec issue des fragments et plaie.
Il y a eu une hémorriiagie sérieuse, le malade a perdu un litre de sang environ.
Trois heures après, on constate de la stupeur, du refroidissement des extrémités, du ralentissement du pouls et de la respiration.
InjecKon sous-cutanée d'éther, — La température axillaire à ce moment est ..... . 35°.
Dans le rectum .... 36°,6.
L'amputation de la cuisse est décidée et pratiquée au tiers inférieur.
Une petite quantité de chlorofomne est administrée. La température après l'opération est :
Le soir, à neuf heures, la température axillaire est 35°,Q.
Le matin, 25, la température est 38°.
Guérison.
Observation LXXIV. — Polype naso-pharyngien.— Hémorrhagie. — Collapsus avec abaissement de température. — Injections sous-cictanées d'Hher. — Guérison. — Service de M. Verneuil.
Jeune malade, âgé de douze ans environ, auquel on pratique l'extirpation d'un polype naso-pharyngien.
Cette opération est suivie d'une hémorrhagie abondante.
Au moment de l'opération, la température est à 36°,5.
A ce moment survient un vomissement de sang mélangé de salive. M. Verneuil attribue l'abaissement considérable de la température à ce vomissement.
La température remonte à 34°,5.
Le malade est plongé dans un coma profond. On pratique une injection sous-cutanée de quarante gouttes d'éther et, à la dépression, succède un bien-être accompagné à' une élévation de température.
Le malade rentre dans les conditions ordinaires des opérés.
Observation LXXV. — ^'mciîim compliquées multiples. Pas d'hémorrhagie. — Mort. — Service de M. PoUaillon à l'hôpital do la Pitié. Communiquée parE. Gaucher, interne du service.