‹ Traité de toxicologieChapitre 11 sur 126 · LOIS SUR LES POISONS ET DÉFINITION DV « POISON )) IS · texte numérisé non relu

LOIS SUR LES POISONS ET DÉFINITION DV « POISON )) IS

nismes et qui, en s'accumulant, finiraient par les tuer: telle est, encore vis-à-vis (le VAspergillus niger, Taction d'une très faible proportion de fer en l'absence de laquelle les cultures lang'uissent et ne tardent pas à périr.

Ainsi que Ta fort justement fait remarquer Claude Bernard, les tissus ou les éléments org^aniques ne peuvent intervenir dans les phénomènes de la vie qu'en raison de leur altérabilité. Leur fonction physiologique est inséparable de leur continuelle destruction et de leur renouvellement incessant. Toutes les fois donc qu'on arrive à conserver la matière, c'est-à-dire à empêcher le cycle de ses transformations, on la rend impropre à la vie. Plus un être s'élève dans l'échelle organique et plussont délicats et sensibles les éléments anatomiques qui forment ses différents tissus. On a observé également que le nombre des substances capables de fonctionner comme poison vis-à-vis de cet être augmente, en général, dans la môme mesure, tandis que sa sensibilité pour un même poison et pour la dose mortelle diminue. Toutefois, cette dernière partie de l'observation ne s'applique pas aux organismes inférieurs, et il est bien démontré actuellement que le germe (la spore) exige une dose de poison notablement supérieure à celle qui est capable de tuer l'organisme complètement développé dont il est l'agent de reproduction. En poussant l'analyse aussi avant que possible, l'étude des poisons serait, en définitive, l'étude de l'action exercée sur le protoplasma cellulaire et sur les phénomènes physico-chimiques dont il est le siège pendant sa vie, par chacun des éléments ou des composés que la chimie a pu isoler ou produire jusqu'alors. Ainsi envisagée, la question des poisons et de l'empoisonuement devient absolument insoluble, au moins avec les moyens dont dispose actuellement la science. Cette considération a pourtant permis à Claude Bernard d*établir deux grands groupes qu'il a désignés par les appellations typiques de poisons de la vie et poisons des mécanismes , suivant que leurs effets les plus saillants se manifestaient sur le protoplasma cellulaire ou sur le jeu des organes : les premiers sont communs à tous les êtres vivants (les sels de mercure, par exemple), les seconds à certaines catégories d'êtres (les alcaloïdes végétaux). Bien que cette division ne soit pas absolue, elle n'en rend pas moins de grands services en facilitant l'étude.

En résumé, si l'on veut interpréter scientifiquement la valeur du mot poison, on arrive à reconnaître que toute substance, dans certaines conditions de dose et d'action, peut être regardée comme un poison pour un nombre plus ou moins considérable d'organismes, ou bien à conclure, avec Tardieu, que le poison n'a ni existence ni caractères propres.]

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