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I. Robinet d'alimentation d'eau du réfrigérant

impossibles à éviter entièrement, la concentration des solutions et la durée de Tévaporation.

Dans tous les cas, une fois que le résidu de distillation ou d*évaporatioo a atteint la consistance de sirop clair, on IVdditionne de dix fois son volume d^alcool à 95 p. 100 et on laisse le mélange en contact pendant vingt-quatre heures, en agitant fréquemment. La majeure partie des sels minéraux, des matières albuminoîdes, mucilagineuses, etc. se trouve ainsi séparée à Tétat ioso-. lubie, tandis que les sels acides des composés alcaloTdiques, les glucosides, etc., passent dans la solution alcoolique. On filtre pour séparer le résidu insoluble; la majeure partie de l'alcool est récupérée par distillation ménagée au bainmarieet le résidu de la distillation est évaporé à siccité, sous une cloche -et dans le vide sec, comme il vient d'être dit ci-dessus. La présence d'une proportion assez considérable d'alcool dans la liqueur empêche, ou tout au moins atténue, dans une notable proportion, la décomposition des principes actifs sous l'influence de l'élévation de la température ; aussi cette distillation ne doit-elle pas être poussée trop loin, de peur de déterminer l'altération des composés que l'on a pour but d'isoler. Il est même préférable d'avoir un léger excès d'alcool dans laliqueur que l'onsoumet ensuite à l'évaporation dans le vide. Au surplus, l'acide citrique n'exerce pas, à beaucoup près, une action décomposante aussi énergique que celle des acides minéraux et encore cette action est-elle entravée par la présence de l'alcool. Ce sont toutes ces considérations qui m'ont fait préférer l'emploi de l'acide citrique à celui des acides organiques plus énei^iques que lui ou à des acides minéraux.

Le résidu de cette dernière évaporation (qui peut, sans inconvénients, être poussée presque jusqu'à siccité) est repris par un mélange de deux tiers d'eau distillée et un tiers d'alcool à 95 p. 100 ; on filtre sur un papier préalablement mouillé d'eau distillée pour séparer une petite quantité de matières forasses ou cireuses entraînées par la solution alcoolique, et l'on a ainsi une solution contenant à l'état de citrate, en présence d'un, excès d'acide le ou les alcalofdes qu'il s'agit d'isoler. Il ne reste plus qu'à les dégager de cette combinaison ou de cette dissolution par 1 emploi d'un dissolvant capable de les entraîner, ou bien aies séparer au moyen d'un lait de magnésie ou de chaux, d'un bicarbonate ou d'un carbonate alcalin, de l'ammoniaque, d'un alcali caustique, puis à les enlever au mélange à l'aide d'un dissolvant approprié, chloroforme, benzine, ligroïne, éther, etc. Le choix du précipitant est commandé par l'altérabilité du principe actif que l'on cherche à isoler : le lait de magnésie, le moins énergique de ces réactifs alcalins, devra être employé pour les alcaloïdes facilement altérables, les carbonates alcalins ou les lessives caustiques, au contraire, pour les alcaloTdes très stables. Pour ce qui est du véhicule dissolvant c'est la solubilité propre de l'alcaloïde ou du principe actif qui devra guider dans son choix.

La liqueur filtrée renferme les composés alcaloïdiques ainsi qu'une notable proportion de substances de nature indéterminée, mais assez constantes comme composition. C'est parmi ces substances que l'on retrouve les leucomaines.

MÉTHODE Gf^NÉRALB DR RECHERCHES 1058

Cette solution est alors, suivant Ting'i^nieuse méthode de Dragendorff, soumise, dans certaines conditions déterminées, à l'action de dissolvants susceptibles d'isoler plus ou moins complètement tel ou tel groupe de corps. Il s'en faut malheureusement de beaucoup que l'emploi de ces dissolvants conduise à des résultats jj'une rig-ueur comparable à celle que l'on peut obtenir par l'emploi judicieux des méthodes usitées en analyse minérale. Aucun procédé d'extraction ne peut, en réalité, permettre d'isoler tous les poisons org'aniqùes actuellement connus ; il faut avoir ég'ard ici au but que nous nous proposons et qui consiste à adopter la méthode capable de nous fournir le plus de renseig'nements. 11 semblerait au premier abord que la méthode de Stas, basée sur l'emploi d'un dissolvant unique, capable de séparer un assez grand nombre d'alcaloïdes, présente de g-rands avantages ; mais la pratique de cette méthode apprend bien vite que, s'il est certains cas dans lesquels elle se montre d'une incontestable supériorité, en revanche, dans toutes les circonstances (et ce sont les plus nombreuses) où l'expert ne possède aucune indication pouvant l'éclairer et le déterminer à adopter tel procédé plus spécial pour un toxique déterminé, le laboratoire, dis-je, montre bien vite que cette méthode de Stas manque de g-énéralité, qu'elle ne peut permettre d'isoler avec certitude tous les alcaloïdes contenus dans les matières suspectes, et qu'elle ne peut servir à les séparer, s'il s'agit d'un mélang-e d'alcaloïdes.

Aussi, malg-ré ses imperfections et les difficultés parfois considérables que rencontre son application, je préfère de beaucoup, pour une recherche gênéralCn l'emploi méthodique des dissolvants suivant la marche étudiée par Dragendorff et ses élèves.

I. — La solution aqueuse, obtenue comme je l'ai dit précédemment et qui doit présenter une réaction franchement acide au papier de tournesol est épuisée successivement par l'éther de pétrole (pétrole léger bouillant de 30 à 60 degrés, ligroïne), la benzine et le chloroforme.

Pour cela, la solution aqueuse est introduite dans un flacon-éprouvette bouchant à l'émeri et d'une capacité suffisante pour contenir trois ou quatre fois le volume de cette solution aqueuse : on ajoute un volume du dissolvantau moins égal à deux fois le volume de liqueur à épuiser, et l'on agite à plusieurs reprises en ayant soin, entre chaque agitation nouvelle, de laisser parfaitement séparer les deux couches de liquide. Finalement, on décante, et le dissolvant, réduit à un petit volume par distillation ménagée au bain-marie, quand cela est nécessaire, est réparti sur un certain nombre de verres de montre puis abandonné à l'évaporation spontanée pour étudier les caractères du résidu.

Dans ces conditions, l'éther de pétrole enlève au liquide acide : des matières colorantes, les matières grasses, les huiles essentielles, le camphre, le phénol (partiellement), l'acide picrique, la pipérine (partiellement), la capsicine, certains principes préexistant ou provenant de la décomposition des produits contenus dans les racines d'aconit et d'hellébore. Malgré toutes les précautions que l'on a pu prendre pour isoler les matières grasses, il en existe toujours unepro-

portion assez considérable pour rendre des plus incerlaines les réactions qui seraient tentées sur le produit brut de l'évaporation du dissolvant : si la couleur ou l*odeur du résidu ou quelque autre indice peuvent faire présumer Texistence de l'un des corps qui viennent d'être mentionnés, il faudra reprendre ce résidu par l'alcool faible (à 30 pour 100), qui laissera la plus§^rande partie des matières grasses et colorantes, tandis qu'il dissoudra le composé qu'il s'agit de reconnaître. Après nouvelle évaporation de cette solution hydro-alcoolique, on obtiendra un résidu qui peut être cristallisé ou amorphe.

io Résidu cristallisé. Il peut être constitué par : camphre ou corps analogues, acide picrique, pipérine (i), acides salicylique ou benzoîque.

i* Résidu amorphe.

Solide. Principe provenant des racines d'hellébore ou d'aconit.

Afou, de saveur brûlante et rubéfiant, Gapsicine.

Liquide. Huiles essentielles. Phénol. Cardol.

Tous ces composés, sauf ceux provenant des racines d'hellébore et d'aconit, offrent bien peu d'intérêt dans une recherche toxicologique : le grand avantage de ce traitement par l'éther de pétrole réside uniquement dans la séparation presque complète des matières grasses, qui seraient, par la suite, un sérieux obstacle à l'obtention des réactions colorées servant à déterminer la nature des corps isolés par tel dissolvant.

II. — Lorsquelasolutionacidea été complètement épuisée par l'éther de pétrole, on la soumet, de la même façon, à l'action de la benzine cristallisable : grâce à la facilité avec laquelle se dissocient certaines combinaisons peu stables d'alcaloïdes avec les acides, la benzine permet d'isoler de la liqueur aqueuse des composés fort importants.

Il est bien rare cependant que le résidu d'évaporation de la benzine laisse, du premier jet, un produit suffisamment pur pour qu'il soit possible de tenter directement sur lui les réactions caractéristiques de tel ou tel alcaloïde. Le dissolvant hjdrocarboné entraîne la plupart du temps une proportion notable de matières colorantes ainsi que des produits étrangers, de consistance huileuse, facilement oxydables et se convertissant en résines colorées, et offrant la plus grande analogie, sinon une similitude parfaite avec les produits que l'on obtient en beaucoup plus grande quantité lorsqu'on applique cette méthode à des portions de cadavres ayant subi une putréfaction avancée. Ces composés paraissent provenir de l'action exercée sur les matières albuminoîdes par les sels et l'acide avec lesquels ces substances se sont trouvées en contact au commencement de l'opération, car on peut, comme j'ai eu bien des fois et depuis longtemps l'occasion de l'observer, en obtenir des proportions très appréciables en soumettant au traitement que j'expose ici de la viande fraîche, de l'albu*

(4) Ce dernier corps est si peu soluble dans les solutions aqueuses acidulées qu'il sera très rarement retrouvé dans cette partie de ropération : il offre d'ailleurs peu d'intérêt au point de vue toxicologique.

mine, des œufs desséchés, de la fibrine, etc., etc., et la proportion d( duits est d'autant plus considérable que Ton fait usage d'acides plus éi et que l'on prolonge davantage la durée de la macération.

Il est donc de la plus grande importance d'éliminer ces produits pouvoir caractériser les substances de nature alcaloïdique que la benz rait avoir dissoutes. On y parvient assez facilement de la façon sui' benzine qui a servi à l'épuisement est évaporée dans une capsule à fon le résidu de l'évaporation est repris par quelques centimètres cubes langue à parties égales d'eau et d'alcool que l'on additionne d'uneà deu d*acide sulfurique au cinquiènde. En mélangeant avec un agitateur oi dissoudre le composé alcaloïdique, tandis que les matières étrangère à l'état de masse plus ou moins poisseuse, insoluble. On décante la acide et on l'épuisé de nouveau par le double de son volume de ben décante et filtre le dissolvant, en ayant bien soin qu'il ne se trouve pas avec une petite quantité de la solution aqueuse, et on le répartit dans verres de montre. Si, dans ces conditions, l'évaporation de la benzine qu'un résidu insignifiant, on procède à l'épuisement par le chloroform contraire, le résidu d'évaporation de la benzine n'est pas négligeable, mine de la façon suivante :

Réactions données par l'addition aux cristaux d'une a deux goutte

SULFURIQUE A 66 DEGRES BaUMÉ PUR.

A. Résidu cristallisé.

i® Cristaux incolores et distincts.

Dissolution sans coloration ; cristaux aiguillés et soyeux qui, lorsqi pore sur eux quelques gouttes d'eau de chlore, donnent en présence dej de g'az ammoniac la réaction de la murexide. — Caféine.

Pas de coloration ; cristaux rhombiques qui, dissous dans l'huile et a sur la peau, produisent la vésication. La potasse ne colore pas non cristaux. — Cantharidine.

Pas de coloration immédiate ; cristaux écaillés se colorant à la lo rouge, non vésicants et se colorant d'une façon passagère en rouge s fluence d'une solution chaude de potasse. — Santonine.

Coloration noire passant après quelque temps au rouge. — Cubébin

2<> Cristaux incolores peu distincts.

Dissolution avec coloration rouge-brun ; la vapeur de brome colore tion en rouge-groseille, et cette solution devient verte par addition c résidu d'évaporation de la benzine ralentit les battements du cœur d'i nouille. — Digitaléine.

Dissolution avec coloration rouge-brun ; la vapeur de brome prod quefois des stries violettes. L'addition d'eau détermine la précipilatioi cons verdâtres. Le résidu d'évaporation de la benzine n'a pas d'actioi cœur d'une grenouille. — Casgarilune.

^^ Cristaux jaunes peu distincts.

Dissolution avec coloration olive. Le résidu d'évaporation de 1a benzine, dissous dans Talcool, donne avec le réactif de Bouchardat un précipité cristallin chatoyant. — Berbérinb.

B. Résidu amorphe. — Incolore ou jaune pâle ; solution sulfurique jaune, Taddition d'une g'outte d'acide azotique produit une coloration verte qui passe ensuite au bleu, puis au violet. L'acide azotique à i,4 de densité et ne renfermant pas de produits nitreux donne, lorsqu'on l'ajoute directement au résidu d'évaporation de la benzine, une coloration intense violet-bleu passant au violet rouge, puis au jaune-pâle. — Colghigine.

La benzine peut encore séparer, en opérant de cette façon, des proportions très appréciables de principes actifs de certaines résines et gommes-résines drastiques (élatérine, colocynthine), des glucosides (caryophylline, popuHnel, certains principes amers provenant des plantes de la tribu des Hélianthées- Anthémidées (genres Matricariaet Artemisia), en un mot, un assez grand nombre de produits végétaux qui ne peuvent être considérés comme toxiques, en raison de la quantité considérable qu'il faudrait en absorber pour déterminer la mort. Notons seulement ce qui peut avoir de l'intérêt au point de vue toxîcologique, à savoir que les produits actifs des drastiques, VElatérine et la CoUh cynthiney se colorent en rouge plus ou moins vif en présence de l'acide sulfurique et en violet avec le réactif de Frôhde.

lU. — On procède ensuite à l'épuisement de la liqueur acide par le chlorofbrme, en employant toujours le manuel opératoire précédemment tiécrit. La détermination des corps pouvant exister dans le résidu d'évaporation du chloroforme se fait de la façon suivante:

A. Résidu plus ou moins nettement cristallisé.

lo La dissolution du résidu dans de l'acide sulfurique dilué au millième fournit un précipité avec le réactif de Bouchardat,

Réactions données par l'addition aux cristaux d'une a deux gouttes d'acide sulfurique a 66 degrés Baumé pur.

Solution incolore; pas de coloration lorsqu'on évapore, sur le résidu d'évaporation du chloroforme, quelques gouttes d'eau de chlore, et que l'on expose ensuite le produit aux vapeurs d'ammoniaque. — Cinchonine.

Solution incolore : en faisant agir sur le résidu d'évaporation du chloroforme Teau de chlore, puis les vapeurs d'ammoniaque, on a la réaction de la murexide. — Théobromine.

Solution incolore ou bleuâtre à froid, bleu-violet à chaud. — Papavkrwb (impure, telle qu'elle se trouve dans le commerce).

Solution gris-brun immédiatement, rouge de sang après vingt-quatre heures ; le résidu d'évaporation du chloroforme se colore en bleu en présence de l'eau iodée. — Nargéine.

2^ La dissolution du résidu dans Vacide sulfurique dilué au millième ne précipite pas le réactif de Bouchardat.

RÉACTIONS DONNEES PAR l' ADDITION AU RÉSIDU CRISTALLIN J>'UNE A DEUX GOUTTES

d'acide sulfurique a, 66 DEGRÉS Baumé pur.

Solution jaune ; par addition d'un cristal de chromate acide de potassium, coloration violette, puis brune. — Picrotoxine.

Solution rouge vif, devenant quelquefois d'un rouge violeté après un certain, temps; le résidu d'évaporation du chloroforme ralentit notablement les battements du cœur d'une grenouille. — Helléborine.

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