‹ Traité de toxicologieChapitre 122 sur 126 · SOLANINE · texte numérisé non relu

SOLANINE

VIL — Les diverses opérations qui viennent d'être décrites, bien qi pliquées, pourraient encore avoir laissé échapper à la recherche cer stances toxiques, la Ctirarine, par exemple. Dans le but de déceler la ce dernier corps, le résidu aqueux, après avoir subi ces épuisements est évaporé à siccité au bain-marie sur une couche de verre pilé et < plusieurs reprises la masse concassée par du chloroforme.

Il existe de la curarine dans le mélange lorsque le résidu abar l'évaporation de la première portion du chloroforme, introduit sous la cuisse d'une grenouille, la paralyse et ralentit sa respiration, e sidu abandonné par l'évaporation d'une seconde et môme d'une tro tion de chloroforme se colore,d'une part,en rouge sous l'influence de furique étendu, et, d'autre part,en bleu, passant au rouge persistant,] de l'acide sulfurique en présence d'un cristal de chromate acide de Cette dernière réaction possède une grande analogie avec celle fc les mômes conditions par la strychnine.

Ce procédé général, bien qu'il soit encore très compliqué, ne ] pour une recherche toxicologique. Ainsi que je l'ai déjà dit, il ment servir de guide lorsque l'expert ne possède aucune indicati ou bien lorsqu'il s'agit de démontrer, une substance toxique déterr été isolée des viscères, qu'il n'en existe pas d'autre en quantité ap que le poison reconnu et dosé a dû suffire à déterminer la mort.

Cette recherche générale ne peut être que le prélude d'une recber spécialement dans le but d'isoler et d'évaluer quantitativement U

toxique qu'elle aura permis de découvrir, et cela, en utilisant la méthode la mieux appropriée à Tisolement de ce poison qui devra, *en outre, être caractérisé par une étude minutieuse de son action physiolog'ique. Dans la grande majorité des cas, il ne peut y avoir de certitude complète pourTexpert que lorsqu'il aura pu démontrer qu'il existe une concordance parfaite entre les réactions chimiques et Taction physiologique de la substance toxique isolée au cours de ses opérations. Pour les alcaloïdes surtout, il est absolument Impossible de conclure sans que les réactions chimiques soient contrôlées par Texpérimentation physiologique.]

[Il existe un certain nombre de réactifs donnant, avec les alcaloïdes, des précipités ou des colorations qui permettent de les reconnaître, sinon avec une entière certitude, du moins de façon à ce que la recherche se trouve considérablement limitée. Quel que soit le point de vue auquel on se place, étude chimique et physiologique d'un composé alcaloïdique, recherche toxicologique, etc., il faudra toujours contrôler les indications fournies par les réactifs généraux des alcaloïdes, soit au moyen de l'analyse médiate qui permettra de fixer la formule du composé s'il s'agit d'une étude au point de vue chimique ; soit par l'expérimentation physiologique, s'il s'agit d'une recherche de toxicologie.

Un certain nombrede réactifs possèdent la propriété de précipiter les solutions des sels d'alcaloïdes ; ces précipités peuvent être déjà par eux-mêmes un indice permettant de soupçonner la nature de l'alcaloïde, mais cette indication est, en général, bien vague. Voici les principaux et plus utiles de ces réactifs.

A. — Réactifs par précipitation. — I. Réactif de Mayer. (lodure double de potassium et de mercure). — Ce réactif se prépare en dissolvant dans de l'eau distillée tiède i3«%546 de sublimé ; on ajoute à cette liqueur une dissolution de 50 grammes d'iodure de potasium et on amène le mélange au volume de i litre par une addition suffisante d'eau distillée.

Sous riofluence de ce réactif, les sels neutres (ou très faiblement acides) des alcaloïdes donnent des précipités blancs ou jaunâtres, amorphes ou cristallins. Un certain nombre de précipités, d'abord amorphes, prennent une structure cristalline après vingt-quatre heures de repos. La plupart des précipités amorphes dissous dans l'alcool bouillant deviennent cristallins après refroidissement ou évaporation de l'alcool.

D'après Dra.gendorff, les précipités amorphes produits dans la solution aqueuse de l'alcaloïde, ne deviennent jamais cristallins avec les alcaloïdes suivants : narcotine, thébaïne, narcéine, émétine, aconitine, delphinine, berbérine. Les solutions très étendues de cafeïne, théobromine,solanine, digitaline, colchicine, ne sont pas précipitées. Avec la coniciiie et la nicotiyie, le précipité blanc,

amorphe, qui se produit d'abord, se réunit bientôt sous forme d'une niasse poisseuse adhérente aux parois du vase, et, au bout de vingt-quatre heures, cette masse s'est transformée en cristaux visibles à l'œil nu et ayant parfois jusqu'à un centimètre de longueur.

Mayer a proposé de doser les alcaloïdes à l'aide de leur précipitation par ce réactif. Pour cela, les solutions doivent être diluées au moins au deux-centième^ et il faut opérer comparativement avec une solution, de titre connu, de l'alcaloïde dont il s'agit d'évaluer la proportion.

IL Réactif de Sonnenschein (Phosphomolybdate de sodium). — Ce réactif se prépare de la manière suivante : on précipite une solution de molybdate d'ammoniaque dans l'acide azotique étendu par une solution également azotique de phosphate de soude ; après vingt-quatre heures de repos, on décante le liquide surnageant le précipité, on lave ce dernier à l'eau distillée, puis on le dissout dans une solution récemment préparée de soude caustique pure ; on évapore dans une capsule de porcelaine et on chauffe le résidu jusqu'à disparition de toute odeur ammoniacale; on redissout dans l'eau après refroidissement et l'on verse goûte à goutte dans la solution de l'acide azotique, jusqu*àce que le précipité formé au début se soit redissous. Il est important de noter que ce réactif donne, avec les sels et les dérivés ammoniacaux (ammoniaques composées) des précipités ressemblant beaucoup à ceux qu'il détermine dans les dissolutions des alcaloïdes végétaux.

Le phosphomolybdate donne des précipités amorphes et dont la couleur varie du jaune-clair au jaune-brun, dans les dissolutions légèrement acides des alcaloïdes suivants : morphine, narcotine, quinine, cinchonine, codéine, strychnine, brucine, vératrine, jervine, aconitine, émétine, caféine, théobromine, solanine, atropine, colchicine, delphinine, berbérine, hyosciamine, conicine, nicotine, pipérine, digitaline, helléborine. Un grand nombre de ces précipités se colorent en vert ou en bleu quand on les laisse en suspension dans le liquide, par suite delà réduction de l'acide molybdique et de l'oxydation de l'alcaloïde. L'ammoniaque dissout quelques-uns de ces précipités ; la couleur de la solution est hleue avec la berbérine, la conicine, l'aconitine, verte sl\cc la brucine et la codéine ; les solutions se décolorent sous l'influence de la chaleur, sauf celle de la brucine qui passe au bran et celle de la codéïne qui passe à l'orangé. Lorsqu'on humecte avec de la potasse le précipité produit par la quinoïdine, il prend une couleur bleu de Prusse. Les précipités sont décomposés par les alcalis et leurs corbonates, l'alcaloïde est mis en liberté. Ces précipités sont insolubles, à froid, dans les acides minéraux étendus, sauf l'acide phosphorique.

III. Réactif de Boucuardat. (lodure de potassium ioduré). — Euu distillée 100 grammes, iodure de potassium 10 grammes, iode 5 grammes. Précipités de couleur kermès avec les solutions neutres ou très légèrement acides de strychnine, de quinidine, de brucine, de cinchonine, de berbérine, d'aconitine, de vératrine, de morphine, de narcotine, de codéine, de papavérine, de thébaïne, de conicine, de colchicine, de delphinine. Précipités rouge-brun avec la quinine,

Tatropine et la nicotine ; cette dernière base, lorsqu'elle est très pure, donne d'abord un précipité jaune qui prend une couleur kermès sous rinfluence d'un excès de réactif.

IV. — Les chlorures d'or et de platine donnent des chlorures doubles, combinaisons déHnies susceptibles de cristalliser avec la plupart des alcaloïdes.

Les caractères et les propriétés chimiques des chloroplatinates sont des plus importants au point de vue de la détermination de l'espèce des alcaloïdes et de leur composition moléculaire. Il en est de même avec les chlorures de mercure et de zinc ; mais ces deux derniers sels,et surtout le chlorure mercurique, sont plus particulièrement utiles en raison des sels doubles qu'ils forment avec les alcaloïdes d'origine animale, combinaisons ordinairement peu solubles dans l'eau froide, mais solubles dans l'eau bouillante et cristallisant par refroidissement. La séparation du métal, à l'aide d'un courant d'hjdrog-ène sulfuré, dans ces divers sels doubles, s'effectue, en général, sans altérer l'alcaloïde qui reste à l'état de chlorhydrate et que l'on peut obtenir très pur en évaporant dans le vide, à la température ambiante, la solution aqueuse du sel double (chauffée au besoin) sur laquelle on a fait agir l'hydrogène sulfuré. Les ammoniaques composées ne précipitent pas avec les réactifs précédents, sauf le réactif de Son- NENSCHEiN, mais donnent des sels doubles cristallisés avec les chlorures d'or, de platine, de mercure et de zinc.

Les iodure et bromure mercuriques sont également susceptibles de donner des sels doubles cristallisés dont l'obtention est quelquefois plus facile que celle des chlorures doubles et qui paraissent également plus stables que ces derniers.

V. — L'acide picrique, en solution aqueuse saturée, donne, avec la plupart des alcaloïdes, des précipités qui se présentent, lorsqu'on les produit dans certaines conditions assez délicates à réaliser, sous une forme cristalline assez caractéristique pour certains de ces alcaloïdes. La solution du sel d'alcaloïde doit être diluée au moins à 1 pour 100 et additionnée de solution picrique en léger excès parce que quelques picrates d'alcaloïdes sont plus solubles dans la solution saline d'alcaloïde que dans l'eau ou la solution d'acide picrique. Les précipités, au début, sont toujours amorphes, quelques-uns commencent à cristalliser presque aussitôt et à la température ambiante, d'autres cristallisent seulement par évaporation ou lorsqu'on sursature la solution par chauffage. A la température de 100^ les précipités se dissolvent plus ou moins complètement suivant la concentration de la liqueur et, par refroidissement ou évaporation, on obtient à l'état cristallin ceux qui en sont susceptibles. L'acide picrique permet de subdiviser quelques alcaloïdes en groupes : ceux qui ne précipitent pas, ou difficilement, dans une solution à 1 ou 2 p. 100 (muscarine, conicine, colchicine, lycoctonine, strophantine, méconine, cubébine, caféine) ; ceux qui précipitent et ne cristallisent pas (narcotine, narcéine, delphinine,quinine, aconitine, apomorphine, émétine, aspidospermine, curarine, gelsémine, quinidine) ; ceux qui précipitent et cristallisent (strychnine, brucioe, cincboninei thébaïne,

cocaïDe, nicotine, atropine, atropidine, papavérine, codéine, morphine, pilocarpine, spartéine, ptoraaïnes). Dans ce dernier groupe, Taspect et le mode d'assemblage des cristaux sont parfois assez typiques pour faire soupçonner avec beaucoup de vraisemblance la nature de Talcaloïde cherché.

Un grand nombre d'autres réactifs ont été proposés pour précipiter les solutions plus ou moins étendues des sels d alcaloïdes ; mais ils répondent plutôt, sauf le tannin, à des réactions spéciales à tel ou tel alcaloïde et ne présentent pas un caractère suffisant de généralité, aussi ne ferai je que les citer ici. Ce soqt: le tannin, le phosphotungstate de .soude (réactif de Scheibler), Tacide phospho-antimonique (réactif de Schulze), l'iodure double de bismuth et de potassium (réactif de Dragendorff), Tiodure double de cadmiun et de potassium (réactif de Marmé), Targento-cjanure de potassium, le plati no-cyanure de potassium, le bichromate de potassium, etc.

B. Réactifs par coloration. — Les réactions par coloration sont très délicates à effectuer et demandent, pour être faites avec. succès, une grande habitude de ce genre de travail. Il faut être familiarisé à l'avance au moins avec les réactions des principaux alcaloïdes et opérer toujours comparativement et dans les mêmes conditions. On laisse tomber une à deux gouttes du réactif sur un verre de montre placé sur une feuille de papier blanc et contenant le résidu de l'évaporation du dissolvant de l'alcaloïde (benzine, chloroforme, etc.). La solution doit renfermer l'alcaloïde dans un état de pureté aussi parfait que possible, pour éviter des colorations dues à la présence des matières étrangères. Ces essais doivent être faits àlalumièredu jour : il est important d'observer les colorations à plusieurs reprises et à des intervalles de temps assez considérables.

I. Acide sulfurique pur à 66» Baume, — L'acide employé ne doit pas renfermer de trace d'acide nitrique.

Gararine. — Couleur rouge très belle, passant au rouge-violet, puis pâlissant après cinq à six heures.

Émétine. — Coloration brun-verdâtre, se produisant très lentement.

Pipérine. — Couleur jaune-clair, passant au brun-foncé et devenant vert-brunâtre après vingt- quatre heures.

Gabébine. — L'alcaloïde prend une teinte ardoisée; l'acide prend une coloration rouge-carmin persistant pendant vingt-quatre heures.

Berbérine. — Couleur vert-olivesale,s*éclaircissantaprèsquinze ou vingt heures.

Âconitine. — Couleur jaune-brunâtre clair, passant au brun-rouge-violacé, au violet, puis au brun-chevreuil après vingt-quatre heures.

Vératrine. — Coloration jaune passant rapidement à l'orangé, puis au rougesang, et, au bout d'une demi-heure, au rouge-carmin le plus vif et persistant longtemps.

Narcotine. — Coloration jaune-clair après quelques instants; rouge à chaud, et passant au violet à une température d'environ 200».

Godéine. — Coloration bleue se développant très lentement (souvent seulement au bout de plusieurs jours).

Papavérine. — Coloration bleue ou bleu-violacé avec ralcaloTde du commerce et impur : la papavérine complètement purifiée ne se colore pas.

Thébalne. — Coloration roug'e-sang' passant à Torang-é.

Narcéine. — Coloration grisâtre passant au rouge-sang^uin.

Golchicine. — Coloration jaune-bouton d'or, persistant long^temps.

Delphinine. — Coloration brun-rouge-clair, persistant longtemps.

Un grand nombre deglucosidessontégalement colorés par Tacide sulfurique: la salicine, la populine, la phloridzine, se colorent en rouge ; la sénégine, la smilacine, rhespérine, la Umonine, en jaune-rougeâtre ; la syringine et la ligastrine, en violet.

Solanine. — Coloration rouge-clair passant au brun-clair après vingt heures.

Digitaline. — Coloration brun-foncé, puis rouge-brunâtre, fonçant après quelques heures et devenant rouge-cerise après quinze heures.

La crocine, matière colorante du safran, passe au bleu-indigo foncé sous l'influence de l'acide sulfurique; rélatérine,le colocynthine, la conYolTuline, lajalapine, prennent des colorations variant du jaune au rouge-brun.

La strychnine, la quinine, la qoinidine, la brucine, la cinchonine, la caféine, la théobromine, Tatropine, la morphine, la nicotine, la conicine, restent tout à fait incolores.

n. Réactif d'ËRDMANN (Acide sulfurique à 66 degrés, 100 grammes additionnés de X gouttes d'une solution aqueuse à i/2 p. 100 d'acide azotique à 1,25 de densité). — Les colorations sont les mêmes que celles de l'acide sulfurique pur avec un grand nombre d'alcaloïdes ; seulement les successions de coloration sont, en général, plus rapides et plus prononcées: la codéine, par exemple, prend beaucoup plus rapidement la coloration bleue.

Bracine. — Coloration rouge, devenant rapidement très foncée.

Émétine. — Coloration vert-brunâtre, passant au vert, puis à l'orangé.

Ghélidonine. — Coloration verte.

Golchicine. — Coloration bleu-violacé, passagère.

lïL Réactif de Frôhde (Acide sulfurique concentré pur 100 centimètres cubes, molybdate de sodium 10 centigrammes). — Ce réactif donne des colorations remarquables avec certains alcaloïdes.

Bmcine. — Coloration rouge, passant rapidement au jaune, puis décoloration après vingt-quatre heures.

Quinine. — L'alcaloïde se colore en vert puis se décolore ; la solution devient verte au bout d'une heure et cette teinte persiste pendant vingt-quatre heures (même réaction pour la quinidine).

Pipérine. — Coloration jaune, puis brune, puis noire; après vingt-quatre heures, solution brune renfermant un dépôt floconneux.

Ëmétine. — Coloration rouge, passant rapidement au vert.

Berbérine. — Solution vert-brunâtre, passant au brun après un quart d'heure, et laissant déposer, après vingt-quatre heures, un dépôt floconneux.

Aconitine. — Solution jaune-brunâtre qui se décolore.

Vératrine. — Coloration jaune-^omme-giiUe, passant au roufjç'e-cerise et persistant pendant vingt-quatre heures.

Morphine. — Coloration violette magnifique ; la solution devient verte, puis vert-brunâtre, puis jaune etredevient bleu-violet après vingl-quatre heures.

Narcotine. — Coloration verte, passant rapidement au vert-brunâtre, puis au jaune et enfin au rouge.

Codéine. — Solution d'un vert sale, devenant ensuite bleu-royal ; api es vingtquatre heures la teinte est devenue jaune.

Papavérine. — Solution verte, passant au violet puis au rouge-cerise.

Thébalne. — Solution orangée, se décolorant après vingt- quatre heures.

Narcéine. — Coloration, brune, passant successivement au vert, au rouge, puis au bleu.

Nicotine. — Coloration jaune, passant à la longue au rouge.

Gonicine. — Coloration jaune-clair.

Colchicine. — Coloration vert-jaunâtre, passant au rouge-violet-sale, puis redevenant jaune.

Certains glucosides sont également colorés par le réactif de Frôhde.

Solanine. — Coloration franche rouge-cerise, passant au brun-rougeâtre, puis att jaune, et laissant déposer, après vingt-quatre heures^ des flocons noirs npgeant dans un liquide vert.

Digitaline. — Coloration orangé-foncé, passant rapidement au rouge-cerise, pyis au brun-foncé après une demi-heure: après vingt-quatre heures, solution jaunâtre dans laquelle nagent des flocons noirs.

Salicine. — Coloration violette, passant au rouge-cerise longtemps persistant.

Colocynthine. — Coloration rouge cerise, très vive après quelque temps et passant peu à peu au brun-roux.

Phloridzine. — Coloration bleu-rojal, très fugace.

Ononine, rouge franc; élatérine, jaune; popoline, violet; syringine, rouge de sang passant au violet.

La strychnine, la cinchonine) la caféine, la théobromine, ratropine» ne sont pas colorées.

IV. Acide azotique pur de densité 1,4. — Il est important que l'acide azotique ait exactement la densité 1,4 (41<*5 Baume) et qu'il soit exempt de vapeurs nitreuses, sans quoi les colorations obtenues peuvent être très différentes.

Brucine. — L'alcaloïde se colore en rouge, se dissout et la solution prend une teinte orangée.

Strychnine. — Solution jaune-clair, fonçant peu à peu (d'abord rouge lorsqu'elle renferme des traces de brucine).

Curarine. — Coloration pourpre.

Émétine. — Coloration orangée, passant au jaune-clair.

Pipérine. — L'alcaloïde prend une coloration orangée, il se dissout lentement et donne une solution jaune-vcrdâtre.

Cnhébine» solution jaune ; berberiner solution bruile très foncée.

Atropine. — Coloration brune de Talcaloïde; liquide incolore.

Âconitine, Vératrine. — Solution jaune très peu colorée, ne se modifiant pas.

Morphine. — Solutionroug'e-oranigcé, s*éclaircissant et passant au jaune-clair.

Codéine, thébalne et narcéine. — Solution jaune; — Narcotine solution jaune, se décolorant peu à peu ; Papavérine, solution jaune passant peu à peu à Torangc foncé.

Nicotine. — Solution faiblement jaunâtre lorsque Talcaloîde est en très petite proportion. En quantité plus considérable, coloration violette, passant au rouge sang*, puis décoloration assez rapide.

Conicine. — Solution incolore (jaune s*il y a une assez forte proportion d'alcaloïde) ; avec Tacide azotique fumant, coloration violet-bleuâtre, passant à l'orangé.

Colchicine. — Magnifique coloration violet-bleu, passant rapidement au violetrouge, au rouge-brun, puis au jaune.

Solanine. — Solution incolore, prenant peu à peu une teinte d'un beau bleu.

La quinine* la qninidine, la cinchonine, la caféine, la théobromine, la digitaline, la delphinine, ne donnent pas de coloration.

V. Réactif de Mandelin (Solution de Vanadate d'ammonium dans l'acide sulfurique). — Un élève du professeur Dragendorff, M. Mandelin a proposé ce réactif qui donne des réactions colorées comparables à celles du réactif de Frôhde. Ses réactions sont surtout caractéristiques avec les alcaloïdes suivants : aspidospermine, berbérine, gelsémine, narcotine, solanine, strychnine.

Cette réaction est très délicate et varie avec la concentration du réactif et le degré d'hydratation de l'acide.

La solution préparée avec : vanadate d'ammonium 2 grammes, et acide sulfurique à 66<* Baume 100 grammes, donne les colorations suivantes :

Âconitine. — Coloration brun-clair.

Bmcine. — Coloration rouge-jaunâtre, puis orangée, puis décoloration.

Codéine. — Coloration vert-bleuâtre avec une quantité assez considérable d'alcaloïde.

Colchicine. — Coloration bleu-verdâtre, puis verte, puis brun-violacé.

Morphine. — Coloration rouge-violacé.

Narcéine. — Coloration brune, passant au violet, puis à l'orangé.

Narcotine. — Coloration cinabre, passant au rouge-brun, puis au rougecarmin.

Solanine. — Coloration orangé-jaune, passant au brun, puis au rouge-cerise, enfin au violet après quelques heures.

Strychnine. — Coloration violet-bleu, passant au bleu-violacé, puis au violetrouge.

Vératrine. — Coloration jaune, passant à l'orangé, puis au rouge-carmin, enfin au rouge-pourpre après vingt-quatre heures.

Atropine. — Coloration jaune.

Digitaline. — Coloration rouge-bruhâtre.

Gelsémine. — Coloration violette intense.

VI. Les solutions de sélénite et de séléniate d*ammcnium dans Ta^ rique donnent également lieu à des colorations avec les alcaloïdes. Lafon a sig-nalé la coloration verte (sensible au dixième de mil que donnent la codéine et la morphine avec une solution de :

Sélénite d'ammonium 4 gramme.

Acide sulfurique à 66 Baume 20 cent, cubes.

Cette coloration se produit également avec le séléniate d*ammon elle est plus sensible et plus intense avec le sélénite.

Toutes les réactions, par précipitation et par coloration, qui vieni exposées, ne suffisent pas, à elles seules, pour caractériser avec ce alcaloïde; les réactions par précipitation sont trop j^^énérales, et colorations ne sont pas suffisamment exclusives pour qu^on puisse dérer comme indiscutables. De plus, un grand nombre des substanc* est exposé à rencontrer et à isoler, dans les recherches toxicologiquei des réactions concordant d'une façon plus ou moins complète avec je viens de passer en revue : il me suffira de citer les peptones nat artificielles, des composés amidés ou des alcaloïdes existant normale Torganisme, tels que la taurine, la créatinine, la lécithine et, surtou maïnes pour faire comprendre avec quelle réserve doivent être ace indications fournies par les réactifs ci-dessus et pour justifier ce qu dit à plusieurs reprises, à savoir : que la preuve chimique doit Toi coi^firmée par la preuve physiologique ou par la détermination de l s*il est possible. J*ai déjà cité, à propos de la digitaline (voir pag exemple de l'infidélité flagrante de ces réactions colorées.

Il est quelques rares alcaloïdes dont les réaclions chimiques sont re assez précises; mais, dans l'immense majorité des cas, il faut cherch< la plus forte quantité possible de substance, afin de l'étudier en 7iai pouvoir effectuer, avec le produit purifié, des expériences physiolog achèvent d'entraîner la certitude. Malheureusement, en raison de considérable d'un grand nombre de principes actifs^ ce desideratum assez rarement r»3alisé au cours des recherchci» toxicologiques.]

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