Grisoumètre de Gréhant
Détails de l'appareil. •
OXYDE DE CARBONE
continu d'eau froide pénétrant à la partie inférieure de Téprouvette par un tube d'amenée (J, Hg. i) et se déversant librement à la partie supérieure.
Le jaug-ea§^e du g-risoumètre s'eflFectue facilement en ouvrant les deux robinets et immeri^ii'eant complètement Tinstrument dans l'eau, liorsque le tube et l'ampoule sont exactement remplis, on ferme les deux robinets, on soulève Tappareîl et on l'essuie avec du papier Joseph; puis on dévisse un peu le robinet pointeau et on ouvre le robinet inférieur avec précaution au-dessus d'une cloche irraduée. Dans l'appareil employé par Gréhant, le volume de l'ampoule était de 28 ce. 52 ; celui du tube vertical 5 ce. 16 ; chaque division représentait 0 ce. 06 et 7,4 divisions correspondaient à 1 ce. d'oxyde de carbone. Une détermination préalable fixe la valeur des réductions ou diminutions de volume que l'appareil permet de réaliser quand on emploie des mélang-es g'azeux, à titre connu, contenant de l'oxyde de carbone, de l'hydrogène où du formène ;- c'est, en quelque sorte, la jcrpaduation de l'instrument.
Le mélang-c gazeux est introduit dans le §^risoumètre à l'aide d'une cloche tabulée (B, Rsç. 2) fermée par un robinet, immergée dans un récipient plein d'eau supporté par un plateau que l'on peut fixer à une hauteur variable grâce à un support mobile (A, fig. 2). Un tube de caoutchouc à canal presque capillaire et à parois épaisses, rempli d'eau préalablement, réunit le robinet de la cloche avec le robinet-pointeau du grisoumètre et on fait pénétrer le gaz par aspiration jusqu'à ce qu'il atteigne les premières divisions du tube gradué. Si le volume du gaz est insuffisant pour cela, on laisse rentrer de l'air jusqu'à ce que le mélang-e gazeux remplisse l'ampoule et un certain nombre de divisions du tube. On visse alors à fond le robinet-pointeau qui ferme parfaitement, et, en maintenant ouvert le robinet inférieur, on immerge le grisoumètre de telle sorte que la surface du disque servant à manier le robinet pointeau affleure le niveau de l'eau, on attend au moins cinq minutes pour assurer l'équilibre de température et on lit à la loupe le volume occupé par le gaz. La spirale de platine est alors portée au rouge par une série de fermetures et d'ouvertures du courant de la pile, obtenues au moyen d'un interrupteur mécanique actionné par un moteur quelconque, attendu qu'il faut un très grand nombre d'intermittences et de pa.ssages du courant (de 300 à 400) pour donner des lésultats certains.
Ce procédé permet de déceler la présence dans l'air de 1 cent-millième d'oxyde de carbone, à la condition, comme je l'ai dit précédemment, que Ton ait pris toutes les précautions nécessaires pour réduire à néant les diverses causes d'erreur. Le grisoumètre est, en eflFet, beaucoup plus sensible pour l'hydrogène et pour le formène que pour l'oxyde de carbone, et il est indispensable d'assurer l'éloignement rigoureux de ces gaz. Ainsi, les expériences de Gréhant ont montré que 1 ce. d'oxyde de carbone produisant une réduction de volume de 7,6 divisions de l'appareil, 1 ce. d'hydrogène produisait une réduction de 22,8 divisions et 1 ce. de formène 30,4 divisions.
Perfectionnement du grisoumètre. — L'instrument est ïixé invariablement
124 POISONS INOHGANiyUES
au milieu d'une cuve métallique munie de deux g^laces parallèles et traversée par un courant d'eau ; en outre, le robinet inférieur qui est mis en mouvement par deux long'ues bielles communique par un tube horizontal qui traverse Tune des parois métalliques et par un tube de caoutchouc, avec une petite allong-e de verre que Ton fait monter ou descendre à Taide d'un treuil muni d'une roue à rochet. En fixant sur le robinet-pointeau un manomètre à eau, on obtient facilement l'horizontalité des deux niveaux et on est sûr que le volume de g-az est mesuré exactement à la pression atmosphérique.
Dans un de ces appareils, icc. d'oxyde de carbone donnait une réduction de 7,4 divisions ; et icc. de formène donnait une réduction quatre fois plus grande, ég-ale à 29,6 divisions. Un mélangée d'air et de formène à i p. 100 donnait une réduction de 14 divisions, après quatre cents passai^es du courant électrique à travers la spirale de platine.
B. Dosage par l'acide iodique. — On prend trois petits tubes en U à tubulures latérales, semblables à ceux qui servent à l'analvse organique. Dans le premier, on introduit de la potasse en pastilles, dans le second de la ponce sulfurique. dans le troisième 25 à 40 gr. d'acide iodique anhydre. On ferme à la lampe les deux branches de ce dernier pour éviter l'introduction des matières organiques. A la suite du tube à acide iodique, on place un tube de VVill contenant 5 ce. de lessive de soude pure d'une densité de 1,3 que l'on additionne de 5 ce. d'eau distillée. Enfin une aspiration, réglée à raison de 10 ce. par minute, au maximum, et produite par un vase deMariotte, pourra faire circuler les gaz dans le sens du premier tube vers le tube de Will. Le tube en U contenant l'acide iodique est introduit dans un vase cylindrique en verre de Bohême rempli d'huile. Le gaz à analyser (1 litre suffira pour le dosage si la quantité de CO est égale ou supérieure à 1 p. 20000) contenu dans un récipient en caoutchouc, ou mieux dans un gazomètre jaugé, circule d'abord dans les deux premiers tubes contenant potasse et ponce sulfurique dans lesquels il se débarrasse de l'acide carbonique, de l'acide sulfureux, de l'hydrogène sulfuré et de la vapeur d'eau. Ce gaz arrive ensuite au contact de l'acide iodique anhydre maintenu à 150* dans le bain d'huile. L'oxyde de carbone s* oxyde, donne de l'acide carbonique et met en liberté de l'iode dont la vapeur, entraînée par le courant gazeux, est retenue par la solution alcaline du tube de Will, en môme temps que l'acide carbonique formé.
On en chasse les dernières traces de l'appareil en faisant une aspiration d'air atmosphérique.
Le dosage s'effectue en acidifiant la solution alcaline du tube de Will par de l'acide sulfurique dilué, on ajoute quelques centigrammes de nitrite de soude et, en môme temps, 5 ce. de chloroforme, ou mieux de sulfure de carbone, et on agite fortement.
L'iode mis en liberté se dissout en colorant le chloroforme ou le sulfure de carbone. En comparant cette teinte avec celle obtenue dans les mômes conditions avcr une solution à titre connu d'iodure de potassium, on peut faire une échelle
colorîinétrique permettant d'évaluer la quantité cl*iode. Si Kl est exprimé en
milligrammes, le volume ^e GO en centimètres cubes à 0* et 760 de pression
Kl est donné par la formule CO —^ . Pour chaque centimètre cube de CO, il se
produit un ég"al volume de GO^et 2 millijt^rammes 268 d'iode libre.
Il faut faire marcher l'appareil à blanc durant plusieurs heures à cause dos traces de matières org'aniques qui peuvent avoir été entraînées dans l'acide iodîque au moment du montag-e de Tappareil et qui, par leur oxydation, donnent de Tiode libre. Deux à trois litres d'air atmosphérique (air pris au jardin des Plantes) n'ont pas donné trace d'iode libre : il en a été de môme de l'hydrog'ène et du méthane. En revanche, l'hydrogène sulfuré et d'acide sulfureux décomposent l'acide iodique : c'est pourquoi il est nécessaire de les fixer daas le tube à potasse caustique à l'entrée de l'appareil. Gette méthode permet de doser, avec une précision relativement grande, l'oxyde de carbone contenu dans l'air dans des proportions variant de 1 p. 1000 à 1 p. 50000. Quelques incertitudes résultent de ce que certains hydrocarbures, l'acétylène par exemple, réduisent l'acide iodique ; tandis que certains autres, tels que l'éthylène, jouissent de la propriété d'empêcher, dans ces conditions, l'oxydation de l'oxyde de carbone lorsqu'ils sont mélangés à ce dernier gaz.]
ACIDE CARBONIQUE. — La quantité d'acide carbonique acceptable est de 0,7 p. 1000 pour les habitations non éclairées et de I p. 1000 pour les pièces éclairées. Les locaux mal ventilés oi^ sont entassés énormément de monde, contiennent parfois jusqu'à 2 p. 100 d'acide carbonique, c'est-à-dire, une quantité suffisante pour donner naissance dans certaines conditions à des phénomènes d'intoxication. L'assertion de Brown-Séquard que l'air expiré contiendrait, en outre, une autre substance toxique n'a pas été confirmée. L'intoxication par l'acide carbonique survient de beaucoup plus facilement, par exemple, dans les usines chimibues (explosion des récipients dans lesquels on fait réagir des acides sur un calcaire), ou dans les brasseries (lieux où l'on fait fermenter la bière), les distilleries (trempe de la drèclie), les rhaufourneries, les mines, les puits restés longtemps clos ou que Ton vient de nettoyer en y allumant un feu de paille, et dans les caves qui contiennent ce gaz soit grâce à leur communication avec les volcans, soit qu'il y pénètre par les fentes et les crevasses du sol (grotte du Chien, prèsNaples; grotte aux vapeurs, près Pyrraont). Une pièce contient-elle 3 p. 100 d'acide carbonique
OU davantage, une bougie n'y bnile pas à moins qu'il s'y trouve 18 p. 100 d'oxygène.
L'acide carbonique est un gaz relativement inoflfensif. L'air peut devenir toxique lorsque sa teneur en acide carbonique atteint de 3 à o p 100, — quoique j'aie vu à plusieurs reprises des hommes.se portant très bien dans des pièces aussi riches en acide carbonique, — tandis que la mort peut survenir si le taux de l'acide carbonique monte à 20 ou 30 p. 100. L'accoutumance à ce gaz a lieu jusqu'à un certain degré. Ayant soumis des animaux, sous une grande cloche en verre, à l'influence de l'acide carbonique presque pur, je me suis assez souvent assuré que, pour provoquer chez eux, après leur rétablissement, les mf^mes phénomènes d'intoxication que la première fois, force m'a été d'introduire sous la cloche une plus grande quantité d'acide carbonique.
Quand on ferme 4'entrée d'une ruche, les abeilles commencent à s'agiter, et finissent par être asphyxiées.
L'acide carbonique produit chez l'homme la rougeur et l'anesthésie de la peau, avec sensation de picotement et de brûlure. Dans les bains gazeux généraux il est absorbé par la peau. Sous l'influence directe de l'acide carbonique, il se forme dans le sang de l'hématine acide, d'où sa coloration brun sombre (v. planche spectroscopique). L'excitabilité musculaire et les mouvements vibratiles disparaissent dans l'acide carbonique.
Symptômes chez rhomme. — Après respiration prolongée du gaz en quantité toxique, il survient : céphalée, vertige, oppression respiratoire, rarement vomissements, bourdonnement d'oreilles, somnolence et perte de connaissance précédée de paralysies (cette perte de connaissance ressemble parfois à celle de l'ivresse). Les pulsations et les mouvements respiratoires deviennent plus rares, la respiration présente le caractère dyspnéique, il peut survenir encore du délire, et la mort a lieu dans l'asphyxie (avec cyanose). Les convulsions sont peu accusées ou font complètement défaut. La mort peut aussi survenir en quelques minutes chez les mineurs qui travaillent dans les galeries profondes, lorsqu'ils
respirent Tacide carbonique qui s'échappe à flots des crevasses du sol (1).
L'acide carbonique dont on se servait pour insufflations intravag-inales a donné naissance à des céphalées, du vertig^e, obnubilation de la vue, nausées et somnolence. On trouve relatée la mort d'une femme enceinte à laquelle l'acide carbonique fut administré dans le but de provoquer l'accouchement prématuré.
Le mécanisme de ces phénomènes (ï intoxication peut s'expliquer de deux façons : l'acide carbonique amènerait l'asphyxie par suite de son inaptitude à remplacer dans l'organisme l'oxygène, ou bien il ag^irait lui-même comme poison. L'acide carbonique pouvant empoisonner même si l'oxygfène se trouve en excès dans l'air à respirer, il s'ensuit qu'il est un poison sui yeneris. Son action nocive est secondée par la rétention dans le sang* de Facide carbonique qui ne peut s'échapper de l'organisme du moQient que la tension partielle de Tacide carbonique est très élevée dans Tatmosphère. Il excite les centres nerveux, entre autres, les centres respiratoires, vaso-moteur et régulateur du cœur (2).
Les sujets morts intoxiqués par l'acide carbonique sont ordinairement trouvés dans la positionqu'ilsoccupaienten cherchant à fuir l'atmosphère empoisonnée. Uautopsie ne révèle rien de caractéristique (congestion pulmonaire et cœur gorgé de sang).
Recherche de Tacide carbonique dans Tair. — L'air sera introduit, à l'aide d'un aspirateur, dans un flacon du volume de 5 à
10 litres; on y versera une solution d'hydrate de baryte (50 ce. d'une solution de 21 gr. d'hydrate de baryte dans un litre d'eau) préalablement titrée par l'acide oxalique (2*^8636 pour 1 litre d'eau), on agitera pour que l'acide carbonique se combine à la baryte et l'on titrera de nouveau l'hydrate de baryte non combiné à l'acide carbonique. Chaque centimètre cube de la solution d'acide oxalique ci-dessus, se combinant à autant de baryte que I mgr. d'acide carbonique, la différence trouvée donne, en poids
1 1 niillig. CO^ correspond à 0"5 h (V^ et 760 de pression), la teneur
(!) Fredet, Ann. d'hyg. publ, et demèd. lég., 1880, p. 252. (2) Hermann, /:Mr6i/cA der Toxicol., 1874, p. i20.
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en acide carbonique du volume d'air du flacon moins le volume de la solution de baryte.
Traitement. — Eloigner le malade de l'atmosphère toxiquo, respiration artificielle longptemps continuée, analeptiques, ablutions froides, excitants de la peau. La rapidité avec laquelle, après l'institution de la respiration artificielle, se rétablissent les animaux, môme plongés dans le coma le plus profond et ne réagissant à aucune excitation, est remarquable.
[L'acide carbonique est un ^az toxique par lui-même, quoique faiblement, et dont Faction ph^siolog-ique est bien définie. Au début de son action et pour des doses faibles, c'est un excitant g-énéral du système nerveux; mais, à doses élevées, ou bien si son action se prolong'e, il devient un anesthésique et un paralysant. La moelle allongée est particulièrement sensible à son influence ; elle réagit en provoquant des convulsions ainsi qu'une augmentation de l'amplitude et de la fréquence de la respiration.
L'acide carbonique manifeste une action paralysante assez énergique sur certains éléments anatomiques, entre autres la cellule musculaire. Ainsi la paralysie cardiaque se produit même après atropinisation ou section des vagues parce qu'il s'agit alors d'une action directe sur le myocarde, sans intermédiaire des voies nerveuses. Cette paralysie du cœur débute par les centres cardiaques automatiques, puis, à une période plus avancée, intervient la paralysie du myocarde.]
Les intoxications par le chlore peuvent se produire, entre autres, dans les usines où l'on fabrique le chlorure de chaux, les établissements pour blanchissage chimique, le blanchissage du papier, l'étamage, et dans les pièces désinfectées par le chlore. La mort est survenueune fois chez un sujet ayant dormi dans le voisinage de caisses de chlorure de chaux éventrées.
Le chlore ratatine les feuilles qui périssent dans une atmosphère en contenant si peu qu'il n'est point ressenti par l'homme.
Suivant la durée de son action sur la peau ^ on voit apparaître : sensation de brûlure, de piqûre, inflammation, coloration jaune et ratatinement, acné, papules, vésicules et même abcès. Si^r les muqueuses les phénomènes inflammatoires sont accompagnés