SOUFRE
années déjà, je crois pouvoir conclure que Tozone est très toxique et que la sjmptomatolog'ie de cette intoxication se rapproche très étroitement de celle du chlore. La mort est due à une asphyxie; et Ton observe constamment de Temphyséme aig-u et de Tœdème du poumon. Les voies respiratoires sont obstruées par une écume visqueuse, dense, témoifij^nant de l'action violemment irritante exercée par Tozone sur la muqueuse respiratoire. Chez quelques animaux, la mort a été la conséquence de pneumonies tardives. Le sang est noir comme dans l'asphyxie.
Emphysème, cong-estion, œdème pulmonaire, sont bien, en effet, les lésions que Ton observe sous l'influence d'inhalations de chlore en quantité un peu considérable. Je ne parle pas ici des conséquences de l'action oxydante générale qui intéressent peu la toxicologie. Quant à l'énergique action antiseptique de rozone,elle est bien en concordance avec ses propriétés oxydantes et violemment irritantes, en même temps que l'analogie entre le chlore et l'ozone se retrouve encore ici.
Dans le cas de respiration prolongée d'air ozonisé, ce sont surtout les phénomènes d'irritation bronchique qui prédominent : ils se traduisent principalement par du catarrhe et de la toux].
Donné à doses élevées pourprovoquer ravorlemenl, ou pris dans une tentative de suicide, le soufre finement pulvérisé agit comme un poison, quoique dans un cas, peut-être par suite des circonstances individuelles, il ne soit pas survenu de phénomènes d'intoxication même après l'administration de 22 gr. en une fois. Une petite portion du soufre est transformée par les alcalis de l'intestin en sulfures alcalins qui, à leur tour, sous l'influence de l'acide carbonique, se transforment en hydrogène sulfuré éliminé par les poumons, tandis que la partie restante apparaît dans Turine sous forme de sulfates ou de soufre organique.
L'administration de 10 à 20gr.de soufre et davantage provoque chez Vhomme (1): vomissements, douleurs à la gorge, gêne de la déglutition, fièvre, rougeur de la langue dénudée du revêtement épithélîal, les mêmes altérations à l'épiglotte et aux cartilages arythénoïdes, céphalée, vertige, coliques et troubles de la miction. Le soufre est-il administré à grandes doses dans un hut théra-
(1) Drasche, Ber. d, allg. Krankenhaus., Wien^ i883, p. 41.— Smoller, Wiener Medicinhaile, 1863.
peutique^ il survient parfois des selles sanguinolentes et des phénomènes de dépression ou d'excitation cérébrale.
La plupart des travailleurs chargés du soufrage des vignes sont atteints d'une irritation oculaire. Us ont les yeux rouges, larmoyants, tuméfiés. Ils éprouvent une douleur pongitive et se plaignent de photophobie et d'irradiations douloureuses vers le front. La caroncule lacrymale est enflammée chez quelques-uns, chez d'autres on n'observe qu'une conjonctivite à forme aiguë. Il est très rare qu'elle occasionne des taches kératiques. Une troisième forme d'irritation oculaire s'accompagne d'ecchymoses sous-conjonctivales (1).
Recherche du soufre. — Brûlant à l'air libre, le soufre donne naissance à de l'acide sulfureux. Chauffé sur une monnaie en argent, il produit du sulfure d'argent noir. Si une substance contenant du soufre est mélangée avec de la lessive potassique concentrée et que l'on ajoute à ce mélange quelques gouttes de nitrobenzol et d'alcool, elle prend une coloration rouge (2).
Traitement. — Evacuation du soufre se trouvant encore dans l'estomac et l'intestin, administration de lait et de carbonate de magnésie.
HTDROGËNE SULFURÉ. — Des cas isolés d'intoxication par l'hydrogène sulfuré (H*S) ont été observés chez des chimistes (analyses), des pharmaciens (préparation du sel de Schlippe) ou des personnes l'ayant respiré en trop grandes quantités en prenant des bains de barèges, les ouvriers travaillant à la manipulation du soufre et du baryum ou occupés au lutage des chaudières, à la distillation du lignite, les sujets l'absorbant par autointoxication de leur propre intestin, les ouvriers nettoyant les fosses à fumier, les égoutiers et les vidangeurs qui respirent les gaz des fosses d'aisance et enfin les ouvriers travaillant dans les tanneries et à la fabrication des cordes à boyaux.
(1) BouissoN, Compt, rend, de VAcad, des Se, 1863, 10 août.
(2) Bkvsner, Journ, de pharm. et chimie) juillet 1882.