HYDROGÈNE SULFURÉ
une solution aqueuse d'acide sulfhydrique. Le sang est dyschromalique. Jusqu'ici on n'a pas décelé la bande de la sulfohémoglobine. Mais je ne considère pas ce résultat négatif comme conclmnty la constatation de cette raie peu lumineuse demandant me expérience consommée dans Vexamen spectroscopiqucy ce (lui malheureusement n'est souvent qu'un pium desiderium.
[J'avais déjà insisté, à roccasion d'un rapport médico-légal effectué au sujet d'accidents mortels survenus à deux reprises dans des bassins de décantation des usines de la compag'nie Lesage, sur l'importance capitale de cette raie spectrale pour la recherche toxicologique.
ie suis bien aise de voir encore une fois mes observations confirmées par celles deM. Lewin. (Cf. Leg^rand du Saulle, Berryer et Pouchet, Traité de médecine légale, de jurisprudence médicale et de toxicologie (1885), p. 1488.]
Parfois les cavités naturelles sentent l'hydrogène sulfuré, même si les sujets ne sont pas tombés dans les masses fécales. Les animaux empoisonnés par l'hydrogfène sulfuré dégagent toujours l'odeur de ce gaz. C'est surtout dans les cadavres frais que le cerveau présente une coloration vert-noirâtre, les substances blanche et grise présentent une teinte bleu-vert allant jusqu'au vert sale. Le cœur est transformé en bouillie. Le contenu des fosses d'aisance a-t-il été aspiré dans les poumons, on y trouve des congestions par stase, de l'œdème ou de la bronchopneumonie, de même que des parties indurées d'un jaune-gris qui, comprimées, laissent suinter du pus et des matières fécales. Il peut y avoir de la néphrite (1).
Becherche de Thydrogène sulfuré. — A prendre en considération : l'odeur caractéristique, le brunissement ou le noircissement d'un papier plombique et la formation de la sulfohémoçlobine dans le sang normal dilué, dans lequel l'addition d'une solution très diluée de nitroprussiate de soude produit une coloration rouge-violette. Enfin, l'objet à examiner est additionné d'un cinquantième de son volume d'acide chlorhydrique fumant, de quelques gouttes d'une solution diluée de perchlorure de fer el d'une très petite quantité de paramidodiméthylaniline : la
li] Vachell. Lancet, 1894, 1, p. 98.
coloration bleue se montre même en dilution à 0*% 00001 82 pour 1 litre d'eau. Par suite de la couleur propre de VurinCy cette méthode est moins sensible quand on a besoin d'y rechercher l'hydrogène sulfuré. Le réactif préparé d'avance peut être versé sur l'urine en couche surnag-eante : un anneau bleu se formera au point de contact des deux liquides. Si l'on doit rechercher l'acide sulfhydrique dans l'urine des sujets empoisonnés par auto-intoxication, il vaut mieux déceler ce gaz en dirigeant sur un papier plombique un courant d'air ayant traversé l'urine : le papier noircira (1). Dans un cas d'empoisonnement par le gaz des fosses d'aisance, l'hydrogène sulfuré a fait défaut dans l'urine.
Traitement. — Dans les cas les moins graves : procurer de l'air pur, faire ingérer de l'eau chlorée (5 à 10 gr. pour 150 gr. d'eau) ; dans les cas graves : saignée, peroxyde d'hydrogène (2 gr. pour iOO gr. d'eau, à prendre par cuillerées à café), ablutions froides, bains chauds et injection d'éther. Contre Vhydrothionhè" mie on pourrait de môme essayer les excitants cutanés et l'eau chlorée.
SULFURE DE POTASSIUM, SULFURE DE SODIUM, SULFURE DE CALCIUM, SULFURE D'AMMONIUM.— Le mélange des polysulfures avec le sulfate de potasse {foie de soufre) ^ a\n^\ (\\xe\Q sulfure de sodium ont souvent provoqué des empoisonnements. L'administration de 12 à 15 gr. est suivie de mort dans l'espace de quinze minutes à deux jours. Si le traitement approprié est institué en temps utile, la guérison peut survenir même après des doses plus élevées (30 gr.). Un chien est tué par 4 gr. de sulfure de potassium. Les sulfures alcalins se dédoublent dans l'organisme sous l'influence des acides dilués et même de l'acide carbonique en donnant naissance à l'hydrogène sulfuré dont l'action destructive sur le sang a été élucidée plus haut (L. Lewin). Un papier plombique noircira si on le tient quelques minutes devant le nez et le museau de l'animal empoisonné.
(1) MuLLER, Bertiner klin. Wochenschr ,, 1887, p. 405.