FER
laiidis que le phosphate de soude donne naissance au phosphate d'aluminium blanc. Les matières organiques seront incinérées et l'alun peut être décelé dans la cendre extraite par l'acide chlorliydrique. Le pain contenant de l'alun est-il humecté avec une solution de bois de campêche (bois 1, alcool méthylique 20 ; — 10 ce. de cette solution seront mélangés avec 150 ce. d'eau et 10 ce. d'une solution saturée de carbonate d'ammoniaque), il bleuit à l'air, tandis que le pain normal devient jaune brunâtre. Traitement de V empoisonnement aigic par Valun : Emélique, carbonate d'ammoniaque, substances huileuses, émulsions et morceaux de glace.
PER. — Les composés de fer peuvent, dans certaines conditions, provoquer une intoxication, ou tuer quel que soit le mode d'administration, par-exemple, le vitriol martial, dont on se sert dans les tentatives d'homicide ou d'avortement, et \e perchloricre de fer qui fut donné à doses par trop élevées, soit sous forme d'injection dans les cavités du corps (utérus), soit à l'intérieur, par mégarde ou ppur provoquer l'avortement. La dose mortelle minima semble être, pour la solution de perchlorure de fer, de 45 gr. ; la guérison a été encore observée à la suite de 90 gr. (Juant à la dose léthale du sulfate de fer, il est impossible de la déterminer exactement. Une fille en avala 30 gr. : elle eut la vie sauvée. Les chiens tombent malades déjà après 2 gr., ils meurent à la suite de 8 à 16 gr. ; les chevaux sont tués en dixhuit à vingt-quatre heures par 250 gr. de vitriol vert pris par la bouche (1). Le perchlorure de fer en injection intraveineuse amène la mort à la dose de 1 gr. Le bleu de Prusse, le bleu de Turnbull, Vocre, la terre de Sienne, et la terre d'ombre ne sont pas toxiques (2).
Les sels de fer solubles sont absorbés très facilement par le tissu cellulaire sous-cutané et les surfaces des plaies ; quant à la muqueuse stomacale intacte, on conteste qu'elle puisse absorber ces sels, on ne l'admet que pour la muqueuse malade ou rendue
(I) Uhkila, Traité detox. (trad. alleiii. par V. Ki«ui»i»), Bd 11, p ItîK {i) Habuteau, UUnion médicale^ 1874, n" ht.
malade par le sel de fer. ^élimination se fait par la bile et Tintestin, le lait (après quarante-huit heures), Turine et, à doses minimes, aussi par la peau. Une partie du fer est emmagasinée dans le foie et la rate. Halbuminate de fer produit par les sels ferriques solubles, se dissout dans les acides dilués. Le perchlo^ rure de fer cautérise les muqueuses et les plaies, provoque la coagulation du sang et, en outre, la formation de l'hématine. L'action éloignée du fer peut s'étudier sur les sels de fer qui ne précipitent pas l'albumine, par exemple, le tartrate ferrico^so^ dique (1). Elle consiste en : paralysie du système nerveux central, des nerfs vasculaires et assombrissement du sang appauvri en acide carbonique. L'emploi du fer a provoqué, chez l'homme aussi bien que chez les animaux, l'élévation de la température du corps et l'accélération du pouls.
Symptômes de l empoisonnement par le vitriol martial (sulfate ferreux) chez r homme: vomissements et diarrhée (les masses vomies et évacuées sont noires : sulfure de fer), douleurs abdominales, prostration et somnolence. Un enfant, atteint de favus, dont la tête fut lavée avec une solution concentrée de sulfate de fer, mourut au milieu des vomissements et des convulsions. Des phénomènes analogues se montrent chez des chiens empoisonnés par le sulfate de fer ou le tarty^ate ferrico-sodique.
Le perchlorure de fer est-il injecté, à doses trop élevées ou en solution par trop concentrée, dans l'utérus ou dans les vaisseaux (anévrysmes, varices, télangiectasies), les malades se lèvent en sursaut, deviennent pâles ou cyanoses, la respiration devient stertoreuse et la mort arrive dans lecollapsus, soit dans le cours de l'injection ou quelques minutes plus tard, soit par embolie (formation d'albuminate de fer) ou par péritonite (pénétration dans la cavité abdominale par l'intermédiaire d'un oviducte) (2). Dans le voisinage du lieu où l'injection de la solution de perchlorure de fer a été faite, on voit parfois apparaître l'inflammation phlegmoneuse de la peau, quelquefois des lymphan-
(4) MEYEa, und Williams, Arch. f, exp» Path. u. Pharmak., Bd XUI, p. 70.
(2) R. CoKY, Transact. of, the obstetr. so'\ of , London^ 1880, vol XXI. — Hrrman and (ioHDON, Obste.h\ Journ,, MI, p. 033. — Cederschôld, /^yi7i<»n.,4878, p. 162 el L. Lewin, yeben^irk, rf. Artneimitlel, 1899, 3 Aufl., p. 374.
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gîtes et même de la gangrène; les mêmes phénomènes inflammatoires surviennent aussi sur les muqueuses, par exemple, celle du vagin.
Si le perchlorure de fer est avalé en grandes quantitèSy il survient : toux, troubles de la déglutition, vomissements (les matières vomies sont sanguinolentes), tuméfaction de la langue, petitesse du pouls, refroidissement de la peau, dyspnée et (lysurie, ou hématurie. Les injections sous-cidanées répétées de sels de fer peuvent causer une intoxication chronique par le fer. Outre les vomissements et la diarrhée, apparaissent chez les chiens : chlorurie, néphrite et calcification des canalicules urinifères et dégénérescence graisseuse du foie (1). L'injection souscutanée de citrate de fer a provoqué chez l'homme des troubles (le l'état général, des vomissements et de la lassitude.
Autopsie. — A la suite de l'intoxication par le perchlorure de /erterminée parla mortj l'estomac a été trouvé enflammé ei^chez les animaux, on y constata la présence d'hémorrhagies sousrauqueuses. Chez les animaux intoxiqués par les sels ferreux, la muqueuse stomacale et le contenu du duodénum sont colorés par l'oxyde de fer en jaune-brun allant jusqu'au rouge-brun ; et, chez ceux qui ont été tués par l'injection intra-veineuse d'un sel de fer double, la muqueuse de l'estomac et de l'intestin grêle est tuméfiée et congestionnée et les vaisseaux mésentériques sont dilatés.
Recherche. — Les sels ferreux donnent avec le ferrocyanure de potassium un précipité bleu-clair, les sels ferriques, un précipité bleu-foncé. Le sulfocyanure de potassium laisse tels quels les sels ferreux, tandis que les sels ferriques sont colorés en rougecerise. Le sulfure d'ammonium donne avec les solutions des deux sels du sulfure de fer noir. Pour démontrer la présence du fer dansles tissus animaux, on commencera par les détruire (acide chlorhydrique et chlorate de potasse) et l'on procédera ensuite comme il a déjà été dit à plusieurs reprises. Le perchlorure de
({) KoBERT, Arch, f, exp. Palh, u. Pharmak.y Bd XVI, p. 385.
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fer peut être extrait par ralcool ou par Téther. Quant au dosage quantitatif, il est indispensable.
Traitement. — Emétiques, purgatifs, lait et albumine. La gastro-entérite et la néphrite seront soumises à un traitement symptomatique (morceaux de glace, boissons mucilagineuses, sinapismes et, le cas échéant, sangsues).
CHROME. — Les empoisonnements par le chromate de potasse (KK^vO^) et le bichromate de potasse (K*Gr*0^), plus énergique, ont pour causes : méprises, imprudence dans les industries (teinturerie), tentatives de suicide ou crime (avortement criminel) (I) ; quant à V acide chromique^ on s'en est servi pour tentatives de suicides et, d'autre part, son emploi thérapeutique, surtout en gynécologie, n'a pas manqué de provoquer des intoxications. D'autres composés de chrome employés dans l'industrie peuvent aussi devenir nuisibles, par exemple, alun chramè et chromate de plomb (v. plomb). Le vert de Guignet (oxhydrate de chrome) et le chromate ferriqtie seraient, non toxiques de parleur indissolubilité, à moins que le premier ne contienne de l'acide picrique. L'intoxication chronique peut survenir par suite de l'emploi médicamenteux des composés de chrome, ainsi que dans l'industrie. J'ai été à même de déceler l'albuminurie chez les personnes qui se servent de l'acide chromique contre la sueur des pieds : ce traitement doit être absolument abandonné. Le bichrom^te de potasse tue à la dose de 8 gr. Mais la dose léthale est inférieure à 8 gr., quoique l'on ait vu la guérison survenir après 8gr. (2), plus de 10 gr. (3), et, dans deux cas, même après I5gr. Avalé à dose de 15 gr., le bichromate a provoqué la mort dans l'espace de cinquante minutes et dans l'espace de quarante minutes, après 30 gr. L'injection sous-cutanée de Ogr. 2 à Ogr. 18 de bichromate de potasse tue les jeunes chiens en vingt et une heures. Donné à la dose de 6 gr. environ, Vacide chromique provoqua chez un homme une intoxication mortelle. La mort sur-
(1) ScHRADBR uod HoRN, Vierteijohr, f. gev. Med, .V. F,, Bd V, p. 4i3.
(2) Macniven, The Lancet, i883, p. 496.
(3) Glaeser, Deutsche med. Wochenschr,, i886, p. 292.