CHROME
vient dans l'espace de cinq à cinquante-quatre heures. Les composés solubles de chrome sont absorbés par la peau, les plaies et les muqueuses. Un garçon s'enfonça dans la narine un morceau de bichromate de potasse : des phénomènes d'intoxication grave éclatèrent après une demi-heure (I). La mort est survenue chez une femme après une seule et unique cautérisation (condylomes de l'appareil génital) avec 15 gr. d'une solution aqueuse d'acide chromique à 20 pour iOO.
Vèliniination des chromâtes se fait par le rein et les glandes intestinales, et peut-être, chez les animaux, encore par les glandes des voies respiratoires qui ont été trouvées enflammées. Le chrome s'emmagasine en partie dans le foie. Les chromâtes de potasse précipitent les solutions acidulées d'albumine, détruisent les globules sanguins rouges, mais n'altèrent pas la matière colorante du sang. Uacide chromique coagule les solutions albumineuses et fait naître de l'hématine.aux dépens de l'oxyhémo- ^lobine.
[J'ai constaté que les cyanures doubles de chrome et de potassium (chromoet chromi-cyanures) étaient dénués de propriétés toxiques].
Sjrmptômes. — L'administration à l'intérieur des chromâtes ou de l'acide chromique provoque les phénomènes ci-dessous diversement combinés : par suite de l'inflammation et de la tuméfaction, douleurs à la bouche et au pharynx, gêne de la déglutition, assez souvent vomissements (les matières vomies contiennent des lambeaux de la muqueuse et des masses sanguinolentes ou jaune-bleuâtre, ou vertes), diarrhée (ressemblant généralement à celle du choléra, parfois sanguinolente), coliques violentes, angoisse précordiale, pouls petit et intermittent, refroidissement des extrémités, tremblements, parfois anurie absolue, douleurs lombaires, albuminurie, aussi hématurie, très rarement exanthème maculeux, de même que élimination de cylindres hyalins et granuleux, coloration jaune de la sclérotique, mydriase, vertige, respiration dyspnéique, parfois fièvre, perte de connaissance et crampes aux mollets. La mort survient dans des cas isolés au
(i) Groth, Jahresber. ûb. d, Fortschr, d. Pharmakognosie, XV, ^880.
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milieu de convulsions générales, mais aussi sans convulsions, par arrêt de la respiration : dans ces cas, dès le début de l'empoisonnement, le malade était plongé dans le coma, il y avait des vomissements et de la diarrhée, et la respiration était entrecoupée par de très longues pauses. Les battements cardiaques peuvent survivre deux minutes environ à la respiration. La guérison peut demander beaucoup de temps.
La mort est aussi survenue après Vusage exte^uie de Vacide chromique (cautérisations du vagin, des amygdales, des gencives, etc.). Dans un cas, par exemple, la mort a eu lieu dans l'espace de cinquante-sept heures après l'application de 3 gr. Les symptômes observés dans ces cas ressemblent à ceux que nous venons de décrire. On a vu survenir de la tuméfaction et des ulcères profonds et douloureux chez des chevaux traités à l'aide d'un onguent de bichromate de potasse (2 gr. bichromate pour 90 d'excipient).
Chez 50 p. 100 environ des teinturiers et des ouvriers travail^ tant dans les usines de chrome^ chez les couturières qui manient les objets colorés par les chromâtes et même chez les personnes qui portent des vêtements, par exemple gants, mal teints par les chromâtes, on voit survenir, ainsi que c'était déjà connu il y a soixante-dix ans, des nodules, plus tard des pustules et des ulcères opiniâtres sur toutes les parties du corps qui viennent en contact avec la poussière inhalée, ou avec les solutions des chromâtes (aux mains, aux yeux, etc.) soit directement, soit par transmission aux parties du corps les plus éloignées (organes génitaux, chez l'homme). Les ongles peuvent tomber. Chez les teinturiers on voit parfois les ulcères perforer les mains ou les bras. Les parties non ulcérées sont atteintes d'éruptions (eczéma, furoncles, etc.). La bronchite, parfois la tympanite purulente, l'otorrhée, la perforation de la membrane du tympan aussi bien que les conjonctivites malignes apparaissent à la suite du contact réitéré de ces parties du corps avec les chromâtes, en même temps que les maux de tête et les maladies des reins, comme symptômes d'absorption généralisée. L'inhalation continue de la poussière des chromâtes donne naissance, chez les ouvriers, à une forme spéciale de rhinite : le coryza avec épistaxis