‹ Traité de toxicologieChapitre 45 sur 126 · FER · texte numérisé non relu

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ayant continué pendant quelques jours, la cloison du nez sVnflamme et s'ulcère, le cartilage se perfore et se détruit, de sorte qu'il n'en reste qu'une toute petite portion eu bas (1). Les ulcérations sur le gfosier ressemblent à des ulcères syphilitiques (2).

Autopsie. — Chez les sujets ayant avalé des chromâtes, on a trouvé la muqueuse des lèvres enflammée, les gencives d'une coloration gris-bleuâtre et un exsudât hémorrhagique dans la cavité abdominale et les ventricules cérébraux. Il existe une gastroentérite hémorrhagique : la muqueuse stomacale est d'un rouge allant jusqu'au brun-noirâtre, on rencontre parfois des ulcères et Tépithélium est décollé par places. Dans l'intestin : tuméfaction, inflammation et sufFusions sanguines de la muqueuse avec perte de substance, tuméfaction des follicules clos et agminés (plaques de Peyer), stases dans le domaine du foie et des reins. Dégénérescence graisseuse du foie et du cœur. Dans les reins : inflammation parenchymateuse et interstitielle ou petit rein granuleux, la substance corticale et les pyramides ont subi la dégénérescence lardacée. L'ingestion du chromate de potasse neutre provoque dans les reins des lapins des infarctus hémorrhagiques (3). Les anses deHenle et les tubes contournés peuvent être remplis d'un exsudât tibrineux; les cellules épithéliales de ces derniers ont un aspect trouble et sont érodées. La capsule glomérulaire est remplie d'un exsudât et parfois est tuméfiée; infiltration par des cellules rondes dans les canalicules urinifères. Chez les lapins on trouve la substance médullaire calcifiée (4). Inflammation et suppuration de la muqueuse vésicale.

[Il n'est pas inutile de faire remarquer ici que Tempoisonnement par les composés du chrome est un de ceux qui, par leurs lésions rénales, peuvent su|çi^érer l'hypothèse d'une intoxication par le sublimé. La présence de cristaux d'oxalate de chaux, dans les tubes droits d'abord, puis dans les tubes contournés (ainsi que la décalcification des os), est très fréquente, on pourrait presque dire constante, dans l'intoxication expérimentale avec l'acide chromique ou le chromate acide de potassium ; et cette lésion se rencontre éeralcment d'une fa-

(1) Mackenzie, ^nrf. mtfrf. iî«c., 1885, p. 118.

(i) Delpech et HiLLAiRET, Ann. (Thyg. pubL, 1876, p. 5 et 193.

(3) Gergens, Arch. f. exp. Path. u. Pharmak.^ Bd VI, p. 148.

(4) Neuberger, Arch. f, exp, Path. u. Pharmak,, Bd XXVII, p. 45.

çon presque constante, dans les empoisonnements mortels provoqués par le sublimé, les solutions alcalines de bismuth, le phosphore, Taloès.]

Recherche. — Les chromâtes donnent avec l'azotate d'argent un précipité roug-e de chromate d'argent (en présence du sel de cuisine il est nécessaire d'avoir l'azotate d'argent en excès); avec l'acétate de plomb, du chromate de plomb jaune ; l'eau oxygénée colore, d'une manière transitoire, en bleuies solutions acidulées de chromate (acide perchromique). Les matières vomies, le liquide péritonéal, le contenu gastro-intestinal, l'estomac, l'intestin, la vessie, les reins et l'urine seront détruits par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse. Traitée par le sulfydrate d'ammoniaque, la solution neutralisée par l'ammoniaque fournit un précipité vert-sale qui sera fondu avec de la soude et de l'azotate de potasse. C'est dans le produit de la fusion dissous dans l'eau que l'on recherchera les réactions que nous venons de spécifier. On peut aussi brûler les masses organiques desséchées avec de l'azotate de potasse et rechercher ensuite les mêmes réactions dans l'extrait aqueux du produit de la fusion.

Traitement. — Lavages de l'estomac avec énormément d'eau, additionnée, en cas de besoin, de carbonate de magnésie (10 gr. pour 300 gr. d'eau), de bicarbonate de soude, d'acétate de plomb (Ogr. I pour 300 gr. d'eau), boissons mucilagineuses et émollientes, morceaux de glace et diurétiques en grandes quantités (tartrate borico-potassique). Pour ce qui est des usines^ on se reportera aux mesures hygiéniques et prophylactiques, indiquées en parlant du phosphore et du plomb.^

MANGANÈSE. — Une tentative de suicide à l'aide de 15 à 20 gr. de permanganate de potasse^ s'est terminée par la mort dans l'espace de six heures (1). Une buveuse mourut trente-cinq minutes après avoir absorbé une poignée de permanganate de potasse dissous dans de la bière. Donné par la bouche, le sulfate de manganèse tue les lapins à la dose de 4 gr.

La mort survient au bout de deux jours chez les chiens à la

;l) Thomson, Petersb. med. Wochenschr., 1895, no 38.

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