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ACIDE FORMIQUE

fite de sodium à 30^ B. et 10*^™^ d'acide chlorhydrique concentré donnent avec l'aldéhyde formique une coloration bleue.

L'OXTMÉTHYLSULFONATE DE SOUDE, à la dose de 1 gv. par kilo de lapin, amène la mort au milieu de troubles respiratoires.

MÊTHTLAL [GH*(0CH3)^] . — Donné à l'intérieur, il abaisse la pression sanguine, parfois aussi il diminue l'amplitude de la respiration et du pouls. Survient en outre la polyurie et, à la suite d'une injection sous-cutanée, on voit apparaître des douleurs et de la tuméfaction.

Le MÉTHYLMERCAPTAN(GH^SH)se forme dans la putréfaction de l'albumine (il est contenu dans le gros intestin). Inhalé, il provoque d'abord l'excitation du centre respiratoire qu'il finit par paralyser. Pas d'altérations sanguines (1).

ACIDE FORMIQUE. — Uacide formique (CH^O^) se rencontre plus particulièrement dans les fourmis, les abeilles, les orties. La cautérisation de la peau et des muqueuses est proportionnelle à la durée de son action; il provoque également l'inflammation ainsi que des bulles sur les points éloignés. L'érosion des tissus vivants par les fourynis et la pénétration de l'acide formique dans ces parties rongées, peut, par exemple à la face et au cou, donner naissance à des taches sombres qui ont été déjà confondues avec celles dues à la corrosion par l'acide sulfurique (2). Chez les lapiiis tués par 30 gr. d'une solution d'acide formique à 7 p. 100, j'ai trouvé l'estomac et l'intestin corrodés par places et les reins enflammés. La mort survient après l'administration de 1 gr. de formiate de soude par kilo d'animal. La température du corps s'abaisse, la respiration est accélérée, l'amplitude respiratoire est diminuée; le cœur se comporte de la même manière. Les lapins peuvent aussi périr à la suite des friclions de la paroi abdominale avec de l'acide formique. Les anses

(1) Rekowski, Arch» des se. biologiques, Saint-Pétersbourg, 1 et 11, 1893, p. 205. (i) Maschka, Vierleljahrsschr. f. gev. Med., Bd XXXIV, fleft 2.

intestinales adjacentes au lieu de friction sont colorées en grisbrunâtre, la surface des intestins possède une réaction acide. On trouve du sang- dans l'urine (1).

ËTHERS MËTHYLIQUE ET ËTHYLIQUE DE L'ACIDE FORMIQUE. -

Leurs vapeurs produisent la narcose, ensuite la dyspnée, des spasmes convulsifs et du tétanos. Mort dans le coma.

OXTGHLORURE DE CARBONE (COCl^). J'ai fait inhaler aux animaux le phosgène gazeux qui, en présence de l'eau, se transforme en acide chlorhydrique et en acide carbonique (2). Tous périrent au milieu de convulsions, de dyspnée et en présentant des phénomènes d'irritation du côté des muqueuses ; — mais dans le sang je n'ai jamais trouvé de phénomènes spectroscopiques attribuables à l'action de l'acide.

L'OXYSULFUBE DE CARBONE (COS) sc trouvc dans quelques sources sulfurées. L'eau et les bases le dédoublent en acide car^ bonique et en hydrogène sulfuré. La dose lèthale est de 1 à 9 ce. pour les lapins. J'ai vu les cobayes et les oiseaux périr rapidement, en proie à la dyspnée et paralysés. Le sang, non altéré immédiatement après la mort, a été trouvé par moi présentant vingt-quatre heures plus tard la bande d'absorption de la sulfohémoglobine. Administré chroniquement par n'importe quelle voie, il provoquerait de la fièvre intermittente et, à l'autopsie, les lésions trouvées seraient identiques à celles de la malaria.

SULFURE DE CARBONE. — Les empoisonnements par le sulfure de carbone (CS^) peuvent être aigus (sulfure de carbone avalé dans une tentative de suicide) (3) ou chroniques à la suite de l'inhalation de ses vapeurs employées dans l'industrie. A ce que l'on prétend, une toile caoutchoutée mal préparée pourrait aussi provoquer des phénomènes d'intoxication par le sulfure de car-

(1) L. ScHULz, Arch. f. exp. Patk. u. Pharmak., Bd XVI, p. 305.

(2) L. Lewin, Arch., f. pathoL Anat. Bd LXXVl, 1879.

(3) Davidsom, Médical Times and Gasettey 1878, p. 350; — Forkman, The Lance tj 1886, Pd II, p. 118.

SULFURE DE CARBONE iOl

bone. La guérison est survenue encore après 60 gr., mais en revanche la mort eut lieu deux heures après l'ingestion de 15 gr. de sulfure de carbone. L'injection sous-cutanée de 2 à 4 gr. tue les lapins en deux heures (1), la respiration dans une atmosphère contenant 5 p. 100 de sulfure de carbone les fait périr en dix minutes. Le sulfure de carbone, facilement absorbé par les poumons, est aussi en majeure partie éliminé par eux. 11 est éliminé en très petite quantité par la peau (2), l'urine et les matières fécales. L'absorption s'effectue aussi par la peau si les ouvriers trempent la gomme avec leurs doigts dans le mélange de sulfure de carbone et de chlorure de soufre. Chez les lapins, on a provoqué parce mode d'absorption une vraie névrite (3).

Lorsque le sulfure de carbone agit directement sur le sang, les globules sanguins ne tardent pas à se dissoudre (4), tandis que dans le sang vivant il ne donne naissance à aucune altération reconnaissable à l'examen spectroscopique. Mais quand il est formé dans l'économie aux dépens de Vacide xanthogénique^ il fait apparaître dans le sang, outre les bandes d'absorption normales, une raie pathologique dans la partie rouge du spectre (o). Les animaux meurent par asphyxie (paralysie du centre respiratoire). Chez les lapins la température du corps peut tomber à 23^8. L'action toxique du sulfure de carbone s'explique aisément si l'on prend en considéî'ation son pouvoir dissolvant des substances lipoïdes du système nerveux.

Symptômes observés chez l'homme après la déglutition du sulfure de carbone. — Vertige, céphalée, sensation de brûlure à la gorge, perte de connaissance survenant après 15 à 30 minutes, le malade ne répond à aucune excitation, cyanose, affaiblissement de l'énergie cardiaque, pouls accéléré (150à 160 pulsations par minute), respiration lente, stertoreuse, abaissement de la température du corps et convulsions.

(i) L. Lewin, Arch.f. path. Anat., Bd LXXVHI, 1879.

i2) Dujardin-Beaumetz, Rap, sur les accid., etc., Paris, 1885.

(3) KôftTER, Archiv. /*. Psychiatrie, Bd XXXIII, Hefl3.

(4) Hermanm, Arch. f. Anat. u, PhysioL. 1886, p. 31.

(5) L Lewin, ]. c. Le dédoublement de Vacide xanthogénique 9. lieu d'après la formule que voici ; G«H«S20 = CaH«0 + CS^.

Toxicologie. i6

Intoxication chronique par le sulfure de carbone. — Les

intoxications par inhalation (1) ont surtout lieu dans les manufactures de caoutchouc et de graisse. Parfois les ouvriers tombent malades déjà quelques jours après leur entrée à l'usine, plus souvent seulement après des mois; un petit nombre ne sont jamais affectés. 11 est prouvé que 2 milligr. 6 de sulfure de carbone par litre d'air provoquent chez les animaux des troubles de la motilité après quelques heures, tandis que les hommes supportent encore 0 milligr. 5 à 0 milligr. 8 de sulfure de carbone par litre d'air, mais présentent des phénomènes d'intoxication (irritation des voies respiratoires, fourmillement aux mains, céphalée, etc.) en respirant dans une atmosphère contenant 3 à 6 mgr. CS* par litre d'air, quoique, à la rigueur, on y puisse encore travailler (2).

La symptomatologie diffère considérablement d'un cas à Vautre. Dans la majorité des cas il existe des troubles de la nutrition. Surviennent en outre : eczéma, érythème de la face, conjonctivite, œdème des paupières, angine, pharyngite, bronchite fébrile tenace, gastrite, entérite, vomissements, troubles des fonctions intestinales, coliques, strangurie, troubles de la menstruation, diminution ou abolition de l'appétit sexuel précédée de son exagération, pollutions, impuissance. C'est le système nerveux qui est le plus atteint. Quelques ouvriers présentent des symptômes d'excitation psychique et motrice^ ils chantent, font des sottises, sont violents ou délirent, sont atteints de céphalée, de vertige, de palpitations, parfois de fièvre, de chromatopsie, ils ont des rêves effrayants et ils sont tourmentés d'insomnie. Dos ouvrières occupées à plonger les masses à vulcaniser dans un mélange de sulfure de carbone et de chlorure de soufre^ sont devenues maniaques, et on fut obligé de les interner dans un asile où, du reste, elles se rétablirent complètement. L'excitation peut être remplacée ou suivie par : dépression psychique, mutisme, etc.

(1) Delpech, Mém. sur les accid., etc., Paris, 1856; — Marche, De Vintoxic, par /#? sulfure de carbone, Paris, 1876, p. 21; — Laudenheimer, Die Schwefelkohlenstoff-Vei^ giftung der Gummiarbeiter, Leipzig, 1899.

(2) K. B. Lehmann, Ber, d. Bayr, Akad,, 1888, p. 151.

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