SULFURE DE CARBONE
Ont été observés les troubles sensitifs que voici : sensation defroid el de picotement à la peau, douleurs fulgurantes, ovaralgie, hémianesthésie, affaiblissement ou abolition des réflexes plantaire, patellaire, crémastérien et pharyngé — ce dernier peut aussi^ persister; — sensations anomales dans les testicules qui sont connues des ouvriers comme prémonitoires d'une affection grave,* et surtout anesthésie et analgésie très accusée des extrémités, des muqueuses et de la cornée.
' Gomme troubles moteurs on voit apparaître : faiblesse et raideur des membres, tremblements, troubles de la coordination (tabès sulfocarboné), troubles du langage; hémiparésie, hémiplég'ie, paraplégie, monoplégie, parfois localisées comme dans l'hystérie traumatique, mais aussi paralysie des membres inférieurs avec altération de la réaction électrique, réaction de dégénérescence et tous les phénomènes de la névrite périphérique. La paralysie peut, d'une manière transitoire ou permanente, être localisée aux doigts ou à la main avec lesquels l'ouvrier trempe le caoutchouc dans le sulfure de carbone ou dans le mélange de sulfure de carbone et de chlorure de soufre. On voit ainsi survenir une paralysie du nerf médian, tandis que la plupart des autres syniptômes font défaut. Gomme phénomènes spasmodiques ont été notés : hémispasme glosso-labié, contractures des muscles de la langue, des paupières supérieures, etc. et tremblement se manifestant à l'occasion d'un mouvement intentionnel. Quelques doigts sont parfois en extension forcée.
Dans les cas graves, on trouve du côté des organes des sens et de la vie psychique ; affaiblissement ou perte de la mémoire et, plus tard, démence comme chez les paralytiques généraux. L'odorat y le goût et Vouïe peuvent être affaiblis d'un côté.
La vision est souvent troublée. On observe une amblyopie d'origine centrale précédée de troubles de l'accommodation. Le champ visuel périphérique n'est pas altéré. On a noté dans un cas le rétrécissement concentrique du champ visuel. Le sens des couleurs est extrêmement lésé, il ne demeure normal qu'à titre d'exception, tandis que le sens de l'espace est relativement moins atteint. Les éléments rétiniens sensibles au rouge et au vert sont
plus atteints que ceux percevant le bleu et le jaune (1). Le scotome pour le bleu et le jaune est entouré d'une zone annulaire de larg-eur variable dans laquelle la cécité existe seulement pour le rouge et le vert, tandis que le jaune et le bleu sont perçus. L'examen oplithalmoscopique a démontré chez un malade, dans l'imag-e directe de la tache jaune, la présence d'un roupe d*élevures blanches ténues réfléchissant la lumière et d'aspect à peu près mûriforme. Le scotome central a fait défaut chez plusieurs intoxiqués, mais la papille était comme atrophiée, les vaisseaux de la rétine étant restés non altérés. On a observé
Fig. 9. — Altérations du champ visuel au cours de l'intoxication par le sulfure de carbone. Champ visuel i Champ visuel 2
Œil gauche,
/ .....-..— pour le rouge.
, . ., , , \— .— — —, -^ pour le bleu.
Limite (les scolomes : ; ^ - -
pour le jaune, pour le vert.
aussi du myosis avec remarquable immobilité pupillaire pour le réflexe lumineux alors que la mobilité est bien conservée pour la
(1) Begker, Centvalbl. f. Augeiiheilk., 4889, p. 138.