‹ Traité de toxicologieChapitre 53 sur 126 · SULFURE DE CARBONE · texte numérisé non relu

SULFURE DE CARBONE

convergence, ainsi que des scotomes centraux absolus plus étendus entourés d'une large zone où la vision était indistincte. Outre le rétrécissement du champ visuel, on peut rencontrer encore de la polyopie, de la macropsie, etc.

Autopsie. — Lésions trouvées après déghUition de 15 gr. CS^ : hémorrhagies stomacales, surface cérébrale congestionnée, le contenu de la vessie sentant le sulfure de carbone. Chez les animaux soumis à Vintoxication chronique par CS^ on aurait trouvé dans le sang du pigment noir ou jaune et, dans quelques vaisseaux cérébraux, un liquide non miscible au sang. Cette dernière trouvaille est conteslée. Les cavités naturelles dégagent l'odeur du sulfure de carbone.

Recherche. — Peuvent être utilisées dans ce but l'odeur caractéristique et la coloration en violet survenant après addition ffiodure de potassium et d'eau chlorée. Additionné d'une solution alcoolique de lessive potassique à 80 p. 100 et soumis à Tévaj^ration dans le vide, le sulfure de carbone fournit du xanttogénate de potasse se colorant en rouge par le molybdate (^ammoniaque et l'acide sulfurique. On peut encore procéder •sitrement, traiter par une lessive alcoolique de potasse le Bquide où l'on recherche CS*; dans ces conditions il se forme éttxanthogénate de potassium; on ajoute alors quelques gouttes 4*îodure d'éthyle et l'on fait bouillir. Après refroidissement on additionne de 2 ce. d'ammoniaque étendue d'eau et l'on soumet à une nouvelle ébullition. Si on laisse ensuite refroidir et qu'on neutralise par de l'acide chlorhydrique l'excès possible d'ammoniaque, il se forme de l'éthylmercaptan d'odeur nauséabonde. Je l'ai décelé dans l'air expiré par les animaux : pour cela j'ai fait passer l'air à travers de la trièthylphosphine incolore qui prenait alors une coloration rouge [P(CW)^CS^].

Traitement. — Eloigner le malade de l'atmosphère délétère, bains chauds, azotate de strychnine (à la dose quotidienne de Ogr.Ol à Ogr. 02), ainsi que traitement électrique contre les paralysies. Delpegh prescrivait le phosphore à la dose quotidienne

de Ogr.OOl. Quant aux troubles visuels, tantôt ils demeurèrent incurables, tantôt ils furent améliorés ou guéris (iodure de potassium, sudation, etc.). Prophylaxie: on veillera à ce que les vapeurs de sulfure de carbone soient enlevées des ateliers à l'aide de tubes de ventilation et que les ouvriers sortent, pendant les pauses, aussi souvent que possible à l'air libre. On interdira de tremper les doigts dans le sulfure de carbone.

ACIDE TRISULFOCARBONIQUE. — L'acidc Carbonique décompose déjà les trisulfocarbonates alcalins en carbonate alcalin, hydrogène sulfuré et en sulfure de carbone. Le sulfocarbonate de potasse (K^S^), à la dose de Ogr.5 en injection sous-cutanée et de 6 gr. par la bouche, tue les lapins au milieu de convulsions et par asphyxie. On trouve dans le sang la raie de la sulfohémoglobine (1) (v. planche spectroscopique).

TRIMÉTHYLAMINE (C^H^Az). — Se trouve dans la saumure de harengs, le chénopodium, les cultures du bacille-virgule, etc. Les lapins meurent dans l'espace de une à quatre heures après l'absorption de igr. à lgr.5. Chez les chiens et les chats la triméthylamine provoque: vomissements, salivation, albuminurie. L'action de la triméthylamine commence par se manifester sur le cœur, la respiration et la température, plus tard surviennent le coma et la mort (2). La mort des animaux à sang chaud a lieu par arrêt de la respiration. Mise directement en contact avec les muscles et les nerfs, la triméthylamine commence par les exciter transitoirement et finit rapidement par en abolir complètement l'excitabilité. Elle détruit les globules sanguins rouges (3). L'administration de Ogr.3 à Ogr.6 de triméthylamine a provoqué chez rhomme : gastralgie, vomissements, diarrhée, larmoiement, parfois aussi coloration grise de la peau et excitation. Les animaux (porcs, etc.) qui ont ingéré de la saumure de harengs en grande quantité ont été atteints de mydriase, nystagmus, fièvre, accélération du pouls et dysphagie.

(4) Lewin, Arch, f. paihoU Anat., Bd LXXVI, 1879.

(2) HusEMANN, Arch. f. exp, Path, u. Pharmak., Bd VI, p. 55; — Combemale et Bru- NELLE, Comptes^ rendus de la Soc, de biologie, 1891, p. 175.

(3) Aïssa-Hamdy, Gaz, des hôpitaux, 1873, p. 865.

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