ACIDE OXALIQUE
Les doses morlelles abaissent l'énergie cardia(jue, la pression sanguine, la température et les processus nutritifs. Les oxalates neutres agissent comme les oxalates acides. On admettait que l'acide oxalique formait dans le sang vivant de l'oxalate de chaux qui produirait l'embolie des artères pulmonaires : cette supposition ne s'est pas confirmée; en effet, l'administration de la chaux agit comme antidote dans cette intoxication et des coag^ulums obturants n'ont nullement été trouvés dans les poumons, mais bel et bien dans tous les endroits où l'acide avait pu exercer directement son action après la mort. Toutes les plantes à chlorophylle sont tuées par les oxalates solubles.
L'administration d'une grande quantité de bioxalate de potasse provoque chez les chiens : douleurs, mouvements violents, vomissements, convulsions, raideur des extrémités et la mort. Une petite quantité de ce sel ou du sel neutre fait naître une indicanurie. Le hérisson succombe sous l'influence de ces sels comme les chiens; les poules en tolèrent, sans inconvénients aucuns, les plus fortes doses, mais meurent quand on injecte le poison dans le tissu sous-cutané.
[L'expérimentation sur les animaux montre que Thypothèse d'une précipitatioD d'oxalate de chaux dans Tappareil circulatoire, pendant la vie, ne saurait être soutenue, car on peut injecter à des mammifères (chiens, chats, lapins, cobayes) des doses considérables d'oxalates alcalins sans voir apparaître de cristaux d'oxalate de chaux dans leur sahf?^. Ce phénomène ne s'observe que chez les animaux à sang* froid.
Cependant, il semble que l'on doive attribuer à la soustraction de la chaux dans l'org'anisme une importance de tout premier ordre dans l'intoxication par l'acide oxalique et les oxalates. En effet, si l'oxalate de chaux n'est pas directement offensif pour l'organisme, dans lequel il reste en dissolution grâce à la présence de certains sels minéraux des plasmas et surtout de matières organiques protéiques, peut-être aussi, en partie du moins, à cause du mouvement da liquide sang'uin, la décalcification y l'appauvrissement en chaux de certains tissus, leur chaux de constitution étant soustraite et immobilisée à l'état d'oxalale, va exercer sur cet organisme une influence nocive dont le système nerveux paraît subir le premier les atteintes, ainsi que le démontrent les accidents respiratoires et cardiaques dont la précocité et l'intensité sont en rapport étroit avec le degré de l'intoxication.
D'ailleurs les expériences de Cyon (1866), effectuées en vue de contrôler l'opinion d'Onsum, de Christiania (1863), qui attribuait à l'acide oxalique la
propriété de précipiter les sels de calcium du sang* à Tétat d'oxalate insoluble déterminant ensuite des embolies capillaires dans les poumons, ces expériences montrèrent que Tinjection de chlorure de calcium à des animaux en cours d*intoxication expérimentale, loin de provoquer des accidents plus rapides et plus g-raves comme cela aurait dû être si Thypothèse d'Onsum avait été exacte, favorisait au contraire l'élimination de Tacide oxalique et permettait à ces animaux de résister à des doses sûrement mortelles sans cette intervention.
L'importance prépondérante du rôle joué par le calcium pour le maintien de rintégrîté des humeurs et des tissus, intégrité elle-même en rapport des plus étroits avec leur rôle et Texercice de leurs propriétés fonctionnelles, est si bien démontrée aujourd'hui, qu'il est à peine besoin de faire remarquer combien l'appauvrissement en chaux des tissus nerveux et musculaire, du sang", du tissu osseux, etc., peut exercer d'influence sur les manifestations biologiques d'un org'anisme, c'est-à-dire sur les propriétés vitales inhérentes à la matière org-anisée.]
Symptômes d'intoxication chez Thomme. — Sensation de hriilure dans la bouche el le pharynx, vomiluritions, ou voniissemenis el hémalémèses persistant plusieurs jours, gène de la déglutition, douleurs à l'épigaslre s'irradiant aussi entre les omoplates, à i'hypogastre, à la région lombaire et aux jambes. La gorge est rouge, la muqueuse buccale tuméfiée ou parfois blanche, corrodée. Dans quelques cas, survient, deux à vingt minutes après l'intoxication, un tableau clinique tout différent : lipothymie avec ou sans perte de connaissance, abaissement de la température, agitation, plus tard fourmillements et enjgourdissement des membres, rarement taches prurigineuses ressemblant à la roséole. Les troubles de la miction (anurie, strangurie) persistant plusieurs jours sont presque constants. L'urine contient de l'albumine, parfois du sang, de la méthémoglobine, de Thémâtine, des cylindres d'abord hyalins et granuleux, plus tard couverts de gouttelettes graisseuses, de l'oxalate de chaux et du sucre — ce dernier plus fréquemment chez les animaux que chez l'homme. — Souvent ont été observées, même après trois jours, des selles sanguinolentes, ou simplement diarrhéiques contenant de l'oxalate de chaux tétraédrique; l'évacuation alvine a lieu avec ténesme. La marche fâcheuse de l'affection s'annonce par : apathie, affaiblissement et irrégularité du pouls, respiration