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HISTORIQUE DES POISONS

tophe I par rhoslie; et rempereurHenri VU tuéde la même manière, disait : « calicem vitœ dedisti mihi in mortem » ; un grand nombre de personnes tuées sur l'ordre du pape Alexandre VI et de son fils César Borg-ia. « Qui mange du Pape en meurt. » D'après les documents dont nous disposohs (l) sur le gouvernement de la République de Venise, celui-ci, pour des raisons politiques, fit empoisonner, par des empoisonneurs d'état salariés, Charles VIll et Louis XII, deux empereurs, trois sultans, beaucoup de ducs, de cardinaux, d'évêques. Pie III fut tué par un emplâtre empoisonné qui lui causa une gangrène mortelle; Catherine de Médicis faisait empoisonner la reine de Navarre par « maistre René, son empoisonneur à gaiges ; » et Philippe II d'Espagne tuait, entre autres, le pape Sixte par un poison qu'il nommait lui-même son requiescat in pace. François Phébus, roi de Navarre, mourut après avoir joué un solo sur une flûte dont l'anche était empoisonnée. On se servait même officiellement des poisons dans certains cas isolés pour étudier leur action ou dans le but d'en découvrir l'antidote. C'est ainsi, par exemple, que Matthiole rapporte le récit des empoisonnements institués à Rome et à Venise, en présence du pape Clément VII sur des condamnés à mort, et Ambroise Paré raconte l'empoisonnement d'un voleur par du sublimé, pour éprouver les vertus du bézoard ; cette expérience fut faite sur l'ordre de Charles IX qui avait promis : « ou il eschapperoit, il s'en iroit la vie sauve. »

C'est aux tropiques que l'on peut encore étudier, à l'heure qu'il est, dans ses premiers stades, la manière dont la connaissance des poisons s'est développée en occident. En Afrique par exemple, ce sont principalement les prêtres fétichistes (les sorciers), et à la Guyane, les chefs des tribus, qui connaissent les poisons ; dans la plupart des cas, ils fonctionnent comme empoisonneurs ordonnant le plus souvent des soi-disant jugements de Dieu (Tribunal de Dieu) dans un but exclusivement égoïste. Dans l'archipel Fidji il y a des empoisonneurs professionnels^ « hommes apportant la mort » (matainimate), de même aussi, dans les Indes Occidentales, les empoisonneurs Obéah constituent une secte reli-

(!) De Mas-Lastrie, Académie des /tiscript.^ Séance du ii mai 1880.

gieuse et, comme le font quelques empoisonneurs chinois, ils ont souvent recours à des poisons cardiaques à action cumulative; au Brésil sévissent des empoisonneuses dénommées feiticira ; et dans rinde et les îles de l'archipel néerlandais des voleurs administrent aux gens endormis des poisons obtenus à l'aide de diverses espèces de datura. Des millions d'individus hors d'Europe se servent de poisons pour poissons dans le but de pourvoir à leur subsistance. Beaucoup d'empoisonnements^ suicides par empoisonyieynenty destruction de fœtus (l) et intoxications accidentelles^ restent inconnus dans tous les pays civilisés et leurs fauteurs échappent, le cas échéant, au châtiment qui leur est dû.

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