GLYCÉRINE
L'acide malonioue (C^H^O*) tue les grenouilles à la dose de l)g:r.2 à Ogr.25 (1).
GLYCÉRINE. — Chez les animaux auxquels la glycérine (CWO^) est administrée en injection sous-cutanée, l'urine contient bientôt de l'hémoglobine (2), mais aucune substance réductrice. Donnée à une dose supérieure à 8 gr. par kilo d'animal, elle tue en provoquant : lassitude, somnolence, parfois aussi élévation de la température, vomissements et convulsions (3). A l'autopsie on trouve les reins congestionnés et l'intestin enflammé. Quant à l'assertion que la glycérine provoque la coagulation du sang pendant la vie, elle repose sur une erreur. Les doses élevées de glycérine donnent naissance chez Vhomme à des symptômes rappelant ceux du choléra nostras. Ont été observés à la suite de 100 gr. : refroidissement des extrémités, cyanose, engourdissement, céphalée, ainsi que douleurs lombaires, et élévation de la température. L'injection de 100 gr. de glycérine entre le chorion et l'utérus donnait naissance aux symptômes que voici : vomissements, fièvre jusqu'à 40**5, accélération du pouls, dyspnée, cyanose, hémoglobinurie, méthémoglobinurie et cylindrurie. La glycérine administrée à des diabétiques dont l'urine ne contient plus de sucre, fait réapparaître la glycosurie. Quant à certains phénomènes d'intoxication, de môme que l'issue fatale (4), observés après l'injection de glycérine iodoformée (1 p. 10) et qui ont été mis sur le compte de la glycérine, ils ne soutiennent pas la critique : en efiFet, on y constate sûrement aussi des phénomènes d'intoxication par l'iodoforme.
La glycérine, — ce qui est douteux, — apparaîtrait dans l'urine déjà une heure après son administration et en disparaîtrait au bout de cinq heures environ (5).
(1) Heymans, Arch, f. Anal. u. Phys., 4889, p. 170.
(i) LucHSiNOER, Arch, /". d, ges, Phys., Bd XII, p. 501 ; — Eckhard, Centralbl. f. d. med, Wissench., 1876, p. 273.
(3) L. Lbwin, Zeitschr. f. BioL, 1879, Bd XV.
(4) ScHELLENBERO, Arch. f. Min. Chir., Bd XLIX, 1894, p. 386.
(5) Catillon, Arch. de phys. norm. et path., 1877, nO" 1 et 2.
L'acroléine (C*H*0) qui provient de la glycérine avec mise en liberté de deux molécules d'eau, s'obtient en chauffant énergiquement les graisses : c'est un liquide acre qui irrite les muqueuses et dilate les vaisseaux. Introduit dans l'organisme des animaux il est éliminé tel quel par les poumons qui subissent une irritation allant jusqu'à l'inflammation. Quelques gouttes suffisent pour amener la mort des petits animaux. D'après mes expériences, les lapins meurent par une dose de Ogr.15 à Ogr.2() par kilo d'animal. La dose toxique est beaucoup plus faible. L'issue fatale dépend essentiellement de la force de résistance individuelle des poumons (1). Les industries qui fournissent de l'acroléine (par exemple, les ateliers où les os sont soumis à la coction), sont nuisibles à la santé publique, et ne doivent être tolérées que loin des habitations humaines.
NiTRoaLTGÉRiNB. - (DYNAMITE). — Les empoisonnements par la nitroglycérine [C^H^(AzO')*] ont pour causes: usage thérapeutique, méprises (on l'a prise pour un autre médicament), homicide par empoisonnement (2) ; rarement ils surviennent chez les mineurs, les ouvriers occupés au ballast des chemins de fer ou à la fabrication de la dynamite. La dose léthale s'est élevée dans un cas à30gï., mais elle est à coup sûr inférieure. La mort a lieu dans l'espace de quatre à six heures et demie. Administrée aux grenouilles à la dose de Ogr.002, et aux lapins, à la dose de Ogr.006 elle les tue en une minute environ. Les effets cumulatifs ont été observés chez l'homme et les animaux consécutivement à son emploi prolongé. L'accoutumance peut avoir lieu en tant que quelques phénomènes d'intoxication diminuent d'intensité ou n'apparaissent point du tout (3). Les ouvriers dans les usines de dynamite peuvent aussi s'y accoutumer. Si le travail a été suspendu pendant une à deux semaines, une nouvelle accoutumance devient nécessaire. Mais on rencontre aussi des sujets dont la
(4) L. Lewin, Arch, f, eœper. Pathol. u, Phavmak., Bd XLHI, 1900, p. 354.
(2) HusEMANN, Deutsche Klinik, 1867, p. 83 ; — Vierteljahrsâchr. f, ger, Med.,
Bd xxvni, p. i.
(3) Gheen, The Practit,, févr. 1882.