NITROGLYCÉRINE
susceptibilité envers elle reste telle quelle ou même augmente. U absorption se fait parles muqueueuses, les plaies et la peau. L'inhalation des vapeurs est également toxique. Pour un grand nombre de personnes prédisposées il suffit d'entrer dans les pièces où est maniée la nitroglycérine, ou de toucher à une poii;fnée de porte enduite de nitroglycérine pour qu'éclate la céphalée, etc. La formation de l'acide azoteux aux dépens de la nitroglycérine est quasi certaine. Chez les animaux surviennent : vomissements, glycosurie, ralentissement des battements cardiaques et de la respiration jusqu'à leur arrêt complet (1). L'abolition des mouvements volontaires est suivie de convulsions, chez les animaux à sang chaud aussi bien que chez ceux à sang froid. La sensibilité est émoussée, l'excitabilité réflexe est abolie. Le sang, épais, foncé, ne contiendrait de la méthèmoglobine qu'après la mort de l'animal. Le sang contenant de la nitroglycérine est moins riche en oxygène que le sang normal el ne récupère point son pouvoir d'absorption pour ce gaz.
S3nnpt6m6S chez Thomine. — Sensation de brûlure à la gorge, nausées, vomissements, coliques et, plus rarement, diarrhée. Les conjonctives s'injectent, la face devient rouge, la pulsation des artères temporales devient visible, il survient des sueurs, rarement une éruption cutanée ressemblant à du purpura. Presque constants sont : céphalée persistante exacerbée par l'absorption des boissons alcooliques, vertiges et engourdissement, parfois aussi photophobie, de temps en temps cécité, rarement délire; quelquefois accès de frissons avec sueurs, parésie ou paralysie des muscles des extrémités ou de la face. La respiration, accélérée d'abord, ne tarde pas à devenir stertoreuse; il survient bientôt de la dyspnée, les battements cardiaques se ralentissent, le pouls devient dicrote, parfois intermittent. La mort peut être précédée de cyanose et de refroidissement des extrémités. La guérison a lieu quelquefois dans l'espace de vingt-quatre à quarante-huit heures. Le catarrhe gastrique peut persister encore pendant quelques jours. Les ouvriers occupés au mélange et au
(1) Bruel, Joum. de Vanat. et de la phyx., 4876, p. 552.
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tamisage de la dynamite sont atteints d'ulcérations chroniques sous-unguéales et aux extrémités des doigts ; où bien il se déclare, à la paume de la main et dans les espaces interdigitaux, une éruption cutanée ressemblant à du psoriasis furfuracé ; de plus, il s'y forme des rhagades et la main devient très sèche. La guérison survient après Tabandon du métier. Les récidives ne sont pas exceptionnelles.
Autopsie. — Ecchymoses sur la muqueuse stomacale, inflammation catarrhale de l'intestin grêle, tuméfaction des plaques de Peyer et des follicules solitaires, exsudats dans les ventricules cérébraux et œdème du poumon. La bande d'absorption de la méthémoglobine disparaissant quelque temps après la mort, le sang devra être soumis à l'examen spectroscopique aussi peu de temps que possible après la mort.
Recherche. — On s'est évertué en vain à déceler la nitroglycérine dans le foie, le sang et l'urine des animaux intoxiqués. Le contenu stomacal sera extrait par l'éther et le chloroforme, le dissolvant sera chassé et le résidu sera soumis aux réactions que voici : traitée par l'aniline et l'acide sulfurique concentré, ou la brucine dissoute dans l'acide sulfurique, la nitroglycérine se colore en rou^e pourpre. Une minime quantité du résidu sera aspirée dans un tube capillaire et portée au feu pour voir s'il détonera. On peut aussi l'injecter aux grenouilles (tétanos).
Traitement. — Vomitifs, lavages de l'estomac, injections de morphine, compresses froides, analeptiques, alcalins.
Les vapeurs développées par l'explosion de la dynamite peuvent provoquer des phénomènes d'intoxication. L'action toxique est due principalement à l'acide carbonique qui se forme, mais aussi à l'oxyde azoteux, ainsi qu'à la nitroglycérine non décomposée. L'inhalation de vapeurs en grande quantité provoque : vertige, asphyxie, cyanose, immobilité et perte de connaissance, respiration râlante intermittente, refroidissement de la peau el petitesse du pouls. Le malade étant revenu à lui, il survient alors : lassitude, nausées, vomissements, céphalée et pouls inter-
ALCOOL ALLYLIQUE 473
lïiiltent. La inorl surviendrait par suite de la paralysie des muscles respiratoires. On trouvera probablement dans le sang des composés reconnaissables au spectroscope. Lorsque le gaz est inhalé en 'petite quantité^ il survient : sensation de frissonnement, congestion à la tête, vomissements, céphalée, h'inhalation chroniqiœ provoque : céphalée, troubles digestifs, tremblement, névralgies, etc. La dynamite au lieu de détoner ne fait^elle que fuser, les vapeurs acres et à odeur suffocante causent des vomissements, de la céphalée et, après vingt-quatre heures encore, elles peuvent provoquer de la dyspnée, de la cyanose et amener la mort. A l'autopsie, on a trouvé l'œdème du poumon et des ecchymoses dans les voies aériennes. L'état menaçant des malades pourra être amélioré par : respiration artificielle, saignée, excitation cutanée, analeptiques (1).
TRICHLORHYDRINE (CWCP). Administrée à la dose de 2 gr., elle provoque chez l'homme : douleurs de tête ainsi qu'à la région sacro-lombaire, incertitude de la marche, hypoesthésie et plus tard vomissements. Les suites de l'irritation stomacale persistent encore pendant quelques jours (2). La dichlorhydrine ne se distingue que par son action irritante plus accusée.
La TRIACÉTINE [CW (C^O^H')^] qui se trouve dans l'huile de V Evonymus europœus^ est un éther acétique de la glycérine. L'ingestion de I goutte provoque chez les grenouilles : paralysies, secousses musculaires, convulsions et arrêt du cœur en systole ; les lapins périssent par affaiblissement progressif. Administrée à l'homme à la dose de 2 gr., elle cause : élévation de la pression sanguine, céphalée et faiblesse.
AiiGOOiâ ALLYLIQUE. — Cet alcool non saturé (C^H^O) se trouve dans l'esprit de bois employé pour la dénatura tion de l'alcool. 11 a provoqué à plusieurs reprises dans les usines chez les chimistes : irritation et hypersécrétion de toutes les muqueuses accessibles, pesanteur douloureuse à la tête et aux yeux long- Ci) Senfft, Berl. fclin. Wochenschr,, 26 févr. 4877, n© 9, p. 118. (2) RoMENSKY, Arch. f. d, ges, Phyx,, Bd V, 1872, p 565
temps persistante, presbytie ; le sujet atteint se sent gravement malade. Les souris périssent dans un espace de temps sept fois moindre environ que sous l'influence de l'alcool propylique. Administré aux lapins, par la bouche, il les tue avec dyspnée, convulsions et asphyxie. La narcose consécutive à l'absorption des alcools de la série grasse ferait ici complètement défaut, ce que je nie d'après mes observations (1). La pression sanguine s'abaisse, l'énergie cardiaque se paralyse et les vaisseaux se dilatent. L'albuminurie apparaît dès que les doses administrées égalent ou dépassent Ogr.l (2).
SÉNEVOLS. — SULFOGYANATE D'ALLYLE. Le Brassica nigra (Kocii), Brassica juncea (Coss.) contiennent le myronate de potasse {sinigriné) et un ferment albuminoïde. Le myronate de potasse donne en présence de l'eau :
GiopiisK Az S«0*« = C«H"0« + C^H'^Az G S + KHSO*
myronate de potasse sucre isosulfocya- sulfate acide
nate d*allyle de potassium
Le glucoside de Sinapis alba est dénommé sinalbine. Le sulfocyanate d'allyle peut aussi être obtenu par synthèse. La sinigriné aussi bien que le ferment ne sont pas, par eux-mêmes, nuisibles à l'organisme animal, tandis que l'huile de moutarde est toxique. Administrée à la dose de 4 gr., l'essence de moutarde synthétique ou naturelle tue les lapins en deux heures, et en quinze minutes à la dose de 16 gr. (3). Elle pénètre à travers toutes les surfaces absorbantes. Ainsi que je l'ai démontré, l'élimination se fait en partie par les poumons. L'urine sent aussi l'essence de moutarde. Son action locale se manifeste par l'irritation, ou l'inflammation. Surviennent comme effets éloignés : respiration râlante, dyspnéique (elle finit même par s'arrêter) ; et en outre : abaissement de la pression sanguine avec battements cardiaques affaiblis et accélérés, tremblements, lassitude, convulsions, albuminurie,
(i) L. Lewin, Arch, f. exp, Pathol. u. Pharmak, Bd XLIH, 4900, p. 366.
(2) MiEssNRR, Berl, Min, Wochemchr., 1894, p. 849.
(3) MiTSCHERLiCH, PrêU9â, med, ZeitunÇy 4843, p. 203.
séNEvoLs 475
hématurie, abaissement de la température. On rencontre dans Teslomac une rougeur diffuse et des hémorrhag-ies.
Administrée à doses élevées, surtout à jeun, la moutarde peut provoquer chez Vhomme: inflammation, ainsi que vomissements, diarrhée, très rarement irritation des reins et de l'utérus. L'action pyï*ogène semble être moins énergique dans l'estomac que sur la peau et les autres muqueuses. L'essence de moutarde est reconnue grâce à- son odeur caractéristique ; on peut aussi appliquer sur la peau, en prenant la précaution de la recouvrir soigneusement, la substance suspecte ou celle obtenue par distillation ; de la sorte on s'assurera de son action rubéfiante sur le tégument.
THiosiNN AMINE. — VaHylsulfo-urèe [CS. AzH (C^ff). AzU^], combinaison d'essence de moutarde et d'ammoniaque, fut administrée comme antimalarique à la dose de Ogr.3 jusqu'à lgr.2. Ont été observés : céphalée, vertiges, bourdonnements d'oreilles, chromalopsie, nausées, vomissements, diarrhée et coliques, lourdeur des membres et lassitude. Des phénomènes analogues peuvent survenir à la suite de l'emploi en injection sous-cutanée contre le lupus, etc. Donnée à la dose de 1 gr. et au-dessus, la thiosinnamine, ainsi que la phénylsulpo-urée et I'acétyl- SULFO-URÉB provoquent chez les animaux (chiens) : vomissements, somnolence, troubles respiratoires. A l'autopsie on trouve : œdème pulmonaire et hydrothorax (1). Les sulfo-urées doubles (à deux alkyles différents) produisent des troubles moteurs ressemblant à des convulsions et des mouvements forcés.
Administrée à la dose de Ogr.05 I'alltlcyanamide [CAz. AzH (CW)] provoque, chez le lapin, du tremblement et l'accélération du pouls, et à la dose de Ogr.l elle amène la mort au milieu de convulsions cloniques.
ALCOOL BUTYLIQUE. — Ualcool buttjUque primaire (C*H*^0) tue les chiens à la dose de lgr.7 par kilo d'animal. Indroduit dans l'estomac à la dose de 2 gr. par kilo de lapin et de chienyV alcool
(4) Lange, Ueber Schtcefelhamstoffe^ Rostock, 1892.
buti/liqice tertiaire (G*H**^0, triméthylcarbinol) provoque une excitation ressemblant à l'ivresse ; le cœur, la respiration et les réflexes restant normaux. Les doses plus élevées abolissent les fonctions cérébrales.
CHLORURE D'ISOBUTYLE {C*H*C1). Inhalé par l'homme, il provoque une excitation intense.
Le NITRITE D'ISOBUTYLE peut se trouver dans le nitrite d'amjle mal préparé jusqu'au taux de 10 p. 100. 11 influence surtout défavorablement la pression sanguine et la respiration.
Injecté sous la peau des chiens et des chats, I'acide butyrique (C*H®0*) provoque chez eux des vomissements et le sommeil.
La butyramide normale (C^H^\zO) excite le centre respiratoire.
La butylamine (C*H*AzH^, contenue aussi dans Vhuile de foie de morue Jaune^ provoque chez les animaux : exagération de l'activité cutanée et rénale; et, à doses élevées : vomissements, stupeur, lassitude, ou bien convulsions et paralysies.
L'acide succinique (C^H^*) tue les grenouilles à la dose de Ogr.04 à 0gr.05. L'acide monobromosucginique (CWBrO*) et I'acide bibromosuccinioue (CWBr*0*), le premier à la dose de Ogr.l et le second à la dose de Ogr.2 provoquent le sommeil chez les grenouilles : le premier cause aussi l'arrêt du cœur en diastole.
ACIDE tartrique. — Donné à la dose de deux cuillerées à café environ, l'acide tartrique (G*H^*) aurait amené la mort d'une femme le cinquième jour après l'intoxication. Les symptômes consistaient en : douleurs abdominales, vomissements, diarrhée ; après vingt-quatre heures survinrent des douleurs abdominales atroces, le quatrième jour se montra du délire, le cinquième jour le pouls devint intermittent. Le diagnostic de l'empoisonnement fut posé en se basant sur l'examen d'un débris de matière toxique. A l'autopsie on trouva des lésions péritonéales, des érosions dans l'œsophage et des hémorrhagies sousséreuses dans l'estomac (1). Pour le pouvoir toxique, c'est Vacide
(i) Trevithik, BHt. med, Joum., 1893, I, p. 4322.
ACIDES TARTRtQUES 477
lartrique dextrogyre qui occupe le premier rang, vient ensuite Vacide tartrique lévogyre et enfin Vacide paratartrique. Vacide racèmique est, lui aussi, toxique.
La crème de tartre {bitartrate de potasse^ C*H*0®.KH) peut provoquer la mort. Dans un cas, elle est survenue après l'ingestion de cinq à six cuillerées à soupe ; et dans un cas récent, chez lin hydropique en ayant absorbé 400 gr. La mort a eu lieu au milieu des phénomènes de gastro-entérite. Le duodénum et Testomac étaient atteints d'inflammation très accusée, la majeure partie de la substance se trouvait encore non absorbée. Je considère comme les causes directes de l'issue fatale, d'une part, l'action du potassium et, d'autre part, la diminution de l'alcalinité du sang par l'acide tartrique.
L'acide PTROTARTRiQaE (G^H^*) qui appartient à la série de Tacide oxalique, tue les grenouilles à la dose de Ogr.Oo à 0gr.06.
BUTTLCHLORAL HYDRATÉ (CWCPO). La respiration des animaux, ralentie par les petites doses, est arrêtée par les doses élevées, la pression sanguine est abaissée à la suite des fortes doses, les battements cardiaques sont moins fréquents. La paralysie du cœur semble survenir plus brusquement qu'après le chloral hydraté (1). Ont été observés chez Vhoynme: nausées et vomissements, ralentissement de la respiration, arythmie des battements cardiaques, accès de toux (2), céphalée, tremblements; frissons et contractures convulsives des muscles de la mâchoire, thoraciques et abdominaux (3).
PENTANE. — Ayant respiré pendant longtemps dans une atmosphère saturée de pentane (C^H*^), les animaux n'en meurent pas, mais deviennent somnolents, titubent et sont atteints d'anorexie persistant un certain temps. Quelques hommes en ayant inhalé 45 gr., ont ressenti : envie de tousser, brûlure dans les yeux, vertige, céphalée et somnolence.
(4) V. Mbring, Arch, f. exp. Path. u. Pharm., Bd III, p. 185.
(2) Emmert, Schweiz. Corresp,, BL, 1876, p. 97.
(3) ToMMAsi, lahresber. f. d, ges. Med., 1876, I, p. 480.
ALCOOL AMYLIQUE. — Inhalée à l'étal de vapeurs, l'huile empyreumatique de l'eau-de-vie de grains dont la partie constituante la plus importante est V alcool amylique obtenu par fermentation (C^H*^0) provoque : congestion à la tête, céphalée, dyspnée et irritation des voies respiratoires. Les inspirations deviennent moins étendues. Le point d'ébullition de cet alcool étant plus élevé que celui de l'alcool éthylique, il séjourne plus longtemps dans l'économie, et son adhérence aux tissus de l'organisme, par exemple à la peau des mains, est si intime que l'on ne réussit pas à s'en débarrasser complètement par des lavages répétés. La dose léthale est de 5 gr. par kilo de chien. L'ingestion stomacale de l'huile empyreumatique tue le lapin à la dose de 7 gr. L'excitation du début ne tarde pas à être remplacée par de la dépression cérébrale. Chez les animaux intoxiqués par cette huile administrée en injections sous-cutanées et qui respiraient à travers des soupapes, je n'en ai pas perçu l'odeur dans l'air expiré. On peut la constater dans la cavité abdominale. Des expériences instituées sur l'homme, il résulterait que, prise à la dose quotidienne de 1 gr. à lgr.3,cette huile n'exercerait aucune influence bien appréciable et que, par conséquent, sa présence dans l'alcool au taux de 0,3 à 0,4 p. 100 devrait être considérée comme inoffensive et, partant, comme permise (1). Ces deux conclusions sont fausses. En effet, déjà à la dose de Ogr.5 cette huile provoqua chez moi de l'engourdissement, de la céphalée, de l'envie de tousser, etc., le tout de six à huit heures de durée : or, il existe un grand nombre de personnes qui y réagissent de la même façon. Uaction toxique de Vhuile empureuniatique obtenue de Veaunie-vie de grains est encore exacerbée si elle est absorbée dissoute dans l'alcool éthylique, ce dernier frayant à celle-là V accès au sang. Aussi l'alcool éthylique employé comme boisson . devrait-il être absolument exempt d'alcool amylique. En tout cas, l'alcool en contenant 0,3 p. 100 doit être prohibé, et la limite extrême encore admissible, fixée à 0,1 p. 100. Dans un cas d'intoxication par cette huile administrée a doses élevées, les premiers symptômes observés ne survinrent qu'après quatre heures
(1) ZuNTZ, SUs. d. Vereines der Spiritusfabrikanten, 23 févr. 4889.
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COMPOSES AMYLigUËS 479
pendant lesquelles le sujet ne présentait rien d'anormal : le sujet en question perdit alors connaissance, devint cyanose, la respiration se ralentit et devint intermittente ; l'air expiré sentait le nitrite d'amyle; on trouva dans l'urine de l'alcool amylique en très petite quantité. La respiration artificielle longtemps continuée sauva la vie au malade.
L'acide valérianique [acide isopentylique^ C^H^oO^) s'est montré inefficace administré en injection sous-cutanée. D'après quelques auteurs, il agirait comme un hypnotique.
Administrée en injection intra-veineuse I'amylamine (GW^Az), qui se trouve aussi dans Y huile de foie de rnoruejaune^ provoque, chez les animaux à sang chaud, du tremblement et des convulsions ressemblant à celles consécutives à la strychnine. Diminution du nombre des pulsations et abaissement de la température ({). La mort survient précédée de cyanose, de mydriase et de collapsus. L'amylamine est éliminée par les poumons. Malgré l'apparition des symptômes menaçants, le chien survit à 1 gr. de chlorhydrate d'amylamine. L'amylamine libre irrite les muqueuses comme le fait l'ammoniaque (2). L'action de I'iboamyla- MINE est identique à celle de l'amylamine.
AMTLËNE. — Un des amylènes (GsHio) était employé autrefois en inhalations comme anesthésique : il a provoqué plusieurs cas de mort. Dans un cas, après l'inhalation de 20 gr. d'amylène, le pouls disparut brusquement et, consécutivement à la dyspnée et à la cyanose, la respiration ne tarda pas à cesser à son tour (3). Ont été observés en outre : convulsions toniques, rire et cris spasmodiques. Les nausées et les vomissements persistent encore après la cessation de la narcose.
PENTAL. — L'inhalation de trimèthyléthylène (G^H*^) a provoqué des empoisonnements graves et même mortels. Les centres respiratoire et circulatoire sont encore plus sensibles au pental
(1) Dujardin-Bbaumetz, C. R. de VAc, d. Se, t. LXXVH, p. 1247.
(2) BuGHHEiM, De trimethylaminOy Dorpat, 1854.
(3) Snow, Med, times. and gaz, y 1857, 18 avr. et 18 août.
qu'à l'éther et au cliloroforme (1). Il tue par arrêt de la respiration. Dans un nombre de cas relativement grand, la narcose était suivie d'albuminurie et d'hématurie. Survinrent souvent : cyanose, coUapsus, asphyxie.
L'iODURE D*AMYLE (GW*1) inhalé provoqua chez les animaux à sang chaud des vomissements, de la dyspnée ; et la mort a eu lieu par paralysie cardiaque. L'a myl aldéhyde est douée de propriétés analogues.
HYDRATE D'AMYLÈNE. — Donné à la dose de 2 à 3 gr. le diméthylèthylcarbinol (C^H**0) provoque le sommeil, parfois seulement après un stade d'excitation. 11 irrite les muqueuses. La respiration et le cœur peuvent être atteints et la température s'abaisser. Comme efFets tardifs surviennent : somnolence avec abolition des réflexes et céphalée. A la suite de 28 gr. avalés dans une tentative de suicide il survint : perte absolue de la conscience, respiration stertoreuse, petitesse du pouls et myosis. La somnolence dura pendant quarante-liuit heures. Guérison le sixième jour. Comme conséquences persistantes : expectoration muqueuse profuse venant du larynx et (les bronches.
NiTRiTE D'AMYLE. — Lorsqu'il est inhalé, Vèther amyliqite de V acide azoteux (C'H^AzO^) passe dans le sang; ce passage s'effectue plus lentement s'il est injecté dans le tissu cellulaire sous-cutané : on peut sentir, au lieu d'injection, l'odeur du nitrite d'amyle quelques jours après son introduction (2). Il donne au sang une coloration brunâtre {formation de mèthémafflobine; v. planche spectroscopique) lorsqu'il est mis en contact direct avec lui, aussi bien que chez les animaux intoxiqués (3). Si les animaux continuent à vivre pendant vingt-quatre heures, la méthémoglobine ne tarde pas à disparaître. Cette altération du sang (4) peut jouer un rôle dans l'apparition de la dyspnée.
(1) Rbysscuoot, Contrib. à l'étude dupentaL^ Gand, 1892, p. 39.
(2) Hoffmann, Arch. f, Anat. u. Phys,, 4872, Hcft. 6, p. 746.
(3) JoLYET et Regna-rd, Gat. mèd,de PariSy 1876, no 29. p. 340; et Giagosa, Zeitsckr, t. phys. C hernie, Bd III, p. 54.
(4) FiLEHNE, Arch. f. Anat. u. Phys. y 4879, p. 385.
NITRITE d'aMYLE 484
Injecté sous la peau des lapins à la dose de 0 gfr.2, il provoque chez eux de ralbuminurie et de la glycosurie (1) disparaissant après douze à trente heures. La pression sang-uine s'abaisse, le pouls s'accélère ; cette accélération est due à la diminution du lonus du centre du pneumogastrique (2). A doses plus élevées il paralyse le cœur, provoque des convulsions (3) et abaisse la température. La dilatation des vaisseaux y compris celle des vaisseaux péritonéaux, est attribuable à la paralysie du centre vasomoteur ou des appareils vasomoteurs périphériques. La mort est précédée de la paralysie progressive des muscles.
[Les expérieûces de MM. François-Franck et Dug^au ont nettement démontré c^e le mécanisme de l'action vaso-dilatatrice était un mécanisme actif, c'est-àdire s'exerçant par excitation des vaso-dilatateurs; et surtout d'origine périphérique, c'est-à-dire s'exerçant plutôt sur les éléments vaso-moteurs propres (les vaisseaux que sur les centres vaso-dilatateurs bulbo-méduUaires (4)].
Suivant l'individualité, les phénomènes transitoit^es (Tintoxica" lion diffèy^ent d\m homme à Vautre. L'inhalation est immédiatement suivie d'élévation de la température. Si la quantité inhalée était suffisante, un point tracé sur un mur de couleur claire apparaît comme un cercle jaune entouré d'une auréole bleu-violet ; lacuité visuelle peut baisser aussi. Ont été observés encore quelquefois : sensation de chatouillement à la gorge, toux, verliges, céphalée ou angoisse, délires sensoriels, tremblements, mydriase, palpitations, respiration laborieuse, oppressée, envie de vomir (5), plus rarement coUapsusavec pâleur du visage, inspirations convulsives, refroidissement de la peau et pouls lent filiforme. La dyspnée peut céder temporairement la place à l'apnée. Vabsorption de iS*' de nitrite d'amyle environ a causé : perte de connaissance de courte durée, vertiges, catarrhe gastrique, vomissements, accélération des battements cardiaques et
(1) Sebold, Ueber Amylnitrit^Diabetes, Marburg, 1874.
(2) Mayer und Friedrich, Arch, f. exp, Path. u.Pharm,, Bd V, p. 55.
(3) PicK, Arch. f. klin. Med„ Bd XVIII, p. 129.
(4) Voir : G. Pouchet, Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale, l"*» sérîi», p. 358 et suiv,
(5) Schroeter's, Zeitschr, f. Pxych,, Bd XXXII, p. 530.
Toxicologie. 31
pâleur. Guérison dans l'espace de vingt-quatre heures. Un cas de mort serait survenu dix jours après l'inhalation de vapeurs de nitrite d'amyle se dégageant spontanément dans la chçimbre à coucher d'un médecin.
A Vautopsie des animaux^ on a trouvé : sang coloré en brunchocolat, transsudats séreux profus sentant le nitrite d'amyle dans les cavités thoracique et abdominale, et congestion considérable du foie. Recherche du nitrite d'amyle : point d'ébullition à 97"; on utilisera en outre son odeur et la dilatation vasculaire (surtout des vaisseaux de la tête) survenant chez l'homme, même après l'administration de petites doses.
Le NITROPBNTANB (GW^AzO*) cst l'isomère du nitrite d'amyle. Même l'inhalation de XVIII gouttes n'altère en rien chez V homme le pouls, ni le calibre des vaisseaux. Chez les animaïux) surviennent : convulsions ou accès d'épilepsie, irrégularités de la respiration, ralentissement du pouls, salivation. Chez les grenouilles, il provoque la paralysie du cerveau, de la moelle épinière et des terminaisons périphériques des nerfs moteurs.
auANiDiNE. — L'injection sous-cutanée de Ogr.005 de sulfate d'imidO'Urée (CAzH^AzH.AzH*) provoque chez les grenouilles des secousses fibrillaires (excitation des terminaisons intramusculaires des nerfs moteurs), plus tard des mouvements d'extension et du tétanos. L'injection sous-cutanée de 1 gr. de ce sel cause chez les chiens : vomissements, parésie de la partie postérieure du corps, extension convulsivedes extrémités, convulsions généralisées et respiration accélérée, laborieuse. La guérison ne survient qu'après un temps prolongé. La dose léthale pour le chien est de 2 gr. en injection intra-veineuse (1).
L'amidoguanidine (CH^Az*) et la méthylguanidinb (GWAz^) qui se trouve aussi dans la viande gâtée, agissent comme la guanidine. L'administration de Ogr.2 a provoqué chez les cobayes : évacuation profuse de l'urine et des matières fécales, mydriase, respiration profonde laborieuse*, paralysie des extrémités, dyspnée, et la mort survient dans l'espace de vingt minutes.
(i) Gërgens und Baumann, Pfltiger'a'^Arch,, BdXII, p. 209 ; — Jordan, Dorpater Arb.^ Bd XI et XII, 1895, p. 253.