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CRUCIFÈRES

Gard jusqu'à trente ou quarante moutons périr en un jour dans un même troupeau. Ils avaient mangé cette plante en grandes quantités, et présentaient un grand abattement, gémissaient et refusaient toute nourriture, la rumination étant arrêtée dès le début. Les animaux moururent de six à vingt-quatre heures après le repas. L'autopsie démontrait que l'on avait affaire à un poison irritant, corrosif (1).

Le Diplotaxis tenuifolia (DG.) empoisonnait un enfant de deux ans et demi. Il existe un alcaloïde dans la plante.

Sisymbrium toxophyllum (Mey.) provoqua chez les chevaux la raideur des jambes.

Thlaspi arvense (L.). — Le thlaspi donne au lait des vaches l'ayant souvent mangé un arrière-goût désagréable, sans doute par suite d'une essence sulfurée contenue dans la plante.

Lepidium. — Le Lepidium oleraceum (Forst.), le L. piscidium (FoRST.) et le L. owaïhiense (Cham. et Schl.) sont employés à la Nouvelle-Zélande et aux îles de l'Océan Pacifique pour engourdir les poissons. Ils développent probablement une essence sulfurée, comme le font le L. sativum (L.) (cresson alénois) et le L. ruderale (L.).

Isatis tmctoria(L.). — Le pastel des teinturiers (guéde^ vouêde) aiasi que le Wrightia tinctoria (R. Br.) et les espèces indigo fèr es fournissent Yindigo. L'administration de Ogr.3 à lgr.2 d'indigo (et même moins) fut suivie chez l'homme de : vomissements, diarrhée et coliques néphrétiques. Son emploi était-il longtemps continué, ont apparu encore : fièvre, tuméfaction des jointures, vertiges, scintillements, lourdeur de tête et secousses. Porté dans la chambre antérieure de l'œil, il y provoque de l'inflammation. L'ingestion du radis noir, Raphanus sativa (L.), était parfois suivie de douleurs violentes paroxystiques à la région épigastrique et aux membres. Une essence sulfurée se trouve dans le R. raphanistrum (L.), ainsi que, après traitement par l'eau, dans le Capsella bursa pastoris (L.) et, toute préformée, dans la racine de Cochlearia armoracia (L.) [raifort^ grand raifort^ cranson). On a vu succomber dix vaches d'un troupeau à la

(1) L. Flancuon, Journ de Pharm. et de Chim., 1898, d'' janv.

suite (Je violentes coliques succédant à l'ingestion de cette plante. A l'autopsie, on trouvait une gastrite avec exsudations gélatiniformes surtout dans les couches de la paroi de la panse.

Le Cleome viscosa (L.)et le Cl. pruriens (Planch.), ainsi que le Polanisia uniglandulosa (DG.) provoqueraient de la dermatite.

Les feuilles de Capparis yco (Mart.) sont considérées, au Brésil, comme un poison pour les chevaux et les mules. Le C. aphylla (RoTH.) est vésicant (1). Les baies de C. frondosa (Jac^.) seraient toxiques et le C. spinosa (L.), ainsi que le Cratœva religiosa (FoRST.) contiendraient une saponine (2j.

Cheiranthus Cheiri (L.). — Les feuilles et les tiges de giroflée jaune contiendraient un poison cardiaque glycosidique ; et, de plus, la plante paralyserait les nerfs. La giroflée jaune renferme un glucoside, la chbiranthinb, dont Taction est analogue à celle de la digitale, et un alcaloïde, la gheirinine, qui tue des grenouilles à la dose de Ogr.OOlîJ à Ogr.004, narcotise les lapins à la dose de Ogr.03 à Ogr.i2 par kilo d'animal et les paralyse à la dose de Qgr.O? à Ogr.25 par kilo (3).

BIXACÉES

Les semences, l'écorce et les feuilles de Pangium edule (Rnwdt.) sont employées dans l'Asie Orientale pour engourdir les poissons et probablement aussi pour détruire la vermine. Toutes les parties de la plante contiennent de l'acide cyanhydrique (par exemple, dans les feuilles il y en a jusqu'à 0,34 p. 100) (4).

Le Kiggelia africana (L.) contient, lui aussi, de l'acide cyaiiliydrique (5).

Gynocardm odorata (R. Br.). Cette plante fournit V huile de chauhïwogra; ses fruits sont employés au Sikkim pour engourdir les poissons; elle est émétique et contient de l'acide cyanliy-

(1) Gresuoff, Mededeelingen, Bd X, p. 17.

it) Watt, Dictionary, v. H, p. 430.

(3) Reeb, Arch, f, exp, Path. u. Pharmak, Bd XLil, 1900, p. 130.

(4) Greshoff, Mededeelingen^ Bd Vli, p. 109.

(5) Wekers Bettink, Ned. Tijdschv. voor Pharm.y 1891, p. 749.

BIXACÉES PITTOSPORÉES 607

drique (I). L'administration de i^gvA de cette huile amène la mort des grenouilles au milieu de troubles cardiaques et de convulsions tétaniques. L'huile s'est aussi montrée un poison pour les chiens. Elle provoque chez l'homme de l'irritation gastro-intestinale.

Taraktogenos Blumei (Hassk.) [(Hydnocarpus heterophylla) (Bl.)]. Les semences, dont on se sert comme d'un poison pour les poissons, produiraient du vertige.

Hydnocarpus venenata (G^rtn.) [^. inebrians (Vahl.)]. Les fruits engourdissent les poissons ; mangés par Thomme, ces poissons peuvent en amener la mort ou l'empoisonner. Les fruits contiennent de l'acide cyanhydrique. \JH. Wightiana (Bl.) est toxique, lui aussi *.

PITTOSFORÉRS

Ptttosporum densiffornim (Pittal ) [ijtea jacnnica) (Blume.)J. Les fruits et les feuilles sont employés à Java et à Sumatra pour engourdir les poissons. Le P. fforibundiim{W .)y entre autres, est considéré dans les Indes comme narcotique et peut provoquer de la diarrhée.

CARYOPHYLLACÉES

• Non seulement le Saponaria officinalis (L.), mais aussi quelques autres espèces de caryophyllacées, par exemple, Lychnis^ Gypsophila et d'autres familles, à savoir, Albizzia lophanta (Benth.), a. anthehnintica (A. Brongn.) (iJfow(?^nna), Thea assatïiica (Masters.), Quillaya saponaria (Mol.), Sapindus^ Sarsaparillay GymnocladuSy Zanthoxylum et beaucoup d'autres contiennent des glucosides désignés sous le nom de saponines. Ces dernières agitées avec de l'eau, moussent fortement, provoquent sur les muqueuses : sensation de brûlure, ainsi que éternuement, larmoiement et toux avec sécrétion muqueuse abondante, et ne sont que peu absorbées par la muqueuse intes-

(W WxTT, Diciionary, l. iV, p. i94.

• [Voir égalemeut, au sujet delà famille des Bixacées^ celle des Passiflorackes dont beaucoup d'auteurs font une simple tribu de la famille des Bixacées].

608 PUISONS VÉGÉTAl'X

tinale (I). Je ne peux pas conKrmer celte dernière assertion, parce que j'ai vu apparaître des symptômes généraux après Tingestion des saponines de VAlbizzia anthelmintica chez des lapins.

L'injection sous-cutanée de saponine du commerce est suivie de : effacement de la striation des muscles au lieu d'injection, friabilité des fibrilles musculaires, paralysie des muscles lisses des vaisseaux après contracture passagère (ils ne réagissent pas non plus au courant électrique), ainsi que paralysie des nerfs moteurs et sensitifs au voisinage du poison (2).

Les saponines — on l'a démontré surtout quant à la sapatoxine et à Vacide quillajaïque obtenu de Vècorce de Quillaya— sont des poisons protoplasmiques provoquant des altérations anatomiques au lieu de leur administration et, en cas d'injection intra-vasculaires, dans le foie, l'intestin, etc. Chez les animaux ^ les injections faites avec des saponines en petite quantité provoquent la paralysie du cœur et des centres vasomoteurs et respiratoires. Chez Vhommey la saponine du commerce^ à la dose de t)gr.2, cause de la toux et le mucus est sécrété en grande quantité dans les voies respiratoires ; injectée sous la peau à la dose deOgr.Ol à Ogr.l (3), elle provoque des douleurs et une inflammation érisypélateuse (parfois avec bulles) qui est suivie d'induration de longue durée (douze jours à un an). L'anesthésie locale persiste durant quinze minutes environ. Les phénomènes généraux consistent en : nausées, vomissements, salivation, sensations de froid et de chaleur (le thermomètre démontre l'existence d'une ascension de la température), scintillement au-devanl des yeux, pâleur, dépression des forces et des facultés intellectuelles, perte de connaissance, sommeil extrêmement profond (le malade est comme en état de mort apparente), exoplithalmie et strabisme, ainsi que douleurs térébrantes aux yeux du même côté ou fut faite l'injection du poison; de plus collapsus et ralentissement du pouls, même le cinquième jour après l'injection (4).

(i) Robert, Arch. f. exp. Path. u. Phann., Bd Xill, p. 233.

(2) Pelikan, Berlin, Klin. Wochenschr,, 1867, p. 375.

(3) Kappler, Berliner ktinische Wochenschr . , 4878, p. 475, 493 et 541.

(4) Consulter également : G. Poughet^ Scille et saponaires. Ëtude pbarmacoloi^^ique; Ie(;on publiée dans le Bulletin général de thérapeutique , t. CXXXV, 4898, p. 193.

AGROSTEMMA GITHAGO 609

Recherche. — On reprendra par le chloroforme ou l'alcool ainylique, el le résidu, après s'être débarrassé du dissolvant, sera dissous dans Teau. Cette solution possède les propriétés des saponines décrites plus haut et se colore en rouge par l'acide sulfurique contenant du brome.

Agrostemma githago (L.). — La nielle des blés contient jusqu'à 6,5 p. 100 de OITHAGINE qui est une saponine. Ses corpuscules d'amidon sont en forme de massue ou cylindriques. Les noyaux donnent aux corpuscules d'amidon un aspect tacheté. Cette g^ithagine, toxique pour l'homme et beaucoup d'animaux, se trouvant localisée dans l'embryon et les cotylédons, la nielle égrugée peut êtr^e mangée sans inconvénients. Les semences grillées (cuisson, etc.) sont dépourvues de toute toxicité.

Données à la dose de 3 à 4 gr., les semences de nielle des blés provoquent chez r/K9mm^ : sensation deraclement à la gorge, nausées, dyspnée, bronchite (I), probablement aussi céphalée et troubles cardiaques, et chez les chevaux: salivation, tuméfaction et état douloureux de la langue, pharyngite, laryngite et irritation de l'appareil uro-génital. Une chèvre qui avait mangé pendant douze jours de suite 300 à 500 gr. de nielle par jour, mourut au bout de trois semaines, bien qu'on lui eût donné une alimentation normale. A l'autopsie, on trouva de l'entérite et nu exsudât dans le canal rachidien. Sur quarante-huit porcs qui avaient mangé de la paille de seigle mélangée de 6 p. 100 de nielle, il en mourut six, mais tous furent malades et présentèrent des hémorrhagies de la peau, marche vacillante, vomissements hémorrhagiques, lièvre et difficulté de la déglutition. Les vaches et les moutons supportent bien de grandes quantités de nielle; les chiens sont intoxiqués par 30 à 50 gr. qui, cependant, n'amènent pas la mort. Les oiseaux sont peu susceptibles envers cette plante, mais, dans quelques cas, l'ingestion des semences provoquait un état semblable au choléra des poules. L'usage prolongé détermine, chez les animaux, de l'accoutumance de sorte qu'ils finissent par tolérer, sans danger aucun, des doses très éle-

(1) Leum.vnn und Moiii, Arch, f. Hygiène, 1889, p. Îâ57; — Kuuskal, Dorpaier Arbei^ /e/i, BtlVï, 1891.

Toxicologie. 39

vées. Les lésions de l'intestin déjà existantes favorisent l'absorption du principe toxique. 11 semble que les semences de nielle des blés ne possèdent pas le même pouvoir toxique d'une année à l'autre; c'est ainsi, par exemple, qu'un cheval ayant mangé 4400 gr. de semences d'une récolte n'a ressenti aucun trouble, tandis qu'un autre cheval en ayant mangé 300 gr. environ provenant d'une autre récolte, fut atteint d accidents assez notables.

Le pain contenant de la farine de nielle des blés présenterait un aspect bleuâtre. Si 2 gr. de farine adultérée par la nielle sont agités avec de l'alcool contenant de l'acide chlorhydrique, le liquide surnageant est jaune orangé. La farine ou le pain sont-ils chauffés avec une solution diluée de lessive sodique, la présence de la nielle se reconnaît à l'apparition d'une coloration jaunegrisâtre pâle passant rapidement au rouge cuivré. On remarquera à l'examen spectroscopique une bande d'absorption entre les lignes D et E.

Stellaria graminea (L.). — La stellaire graminèe provoque chez les chevaux la raideur des membres.

Ce n'est qu'à l'état sec que le 5^ helodes (M. B.) produirait chez ces animaux d'abord du délire furieux et ensuite une sorte de paralysie qui persiste durant trente-six à quarante-huit heures. Le mouvement excessif, provoqué par une poursuite acharnée jusqu'à épuisement, guérirait les animaux.

HYPÉRICAGÉES

Vffypericum crispum (L.) n'amènerait la mort que chez les moutons blancs où elle survient au milieu de convulsions et précédée de dermatite.

GUTTIFÈRES

Le suc lactescent de Garcinia ^norella (Desr.) fournit une couleur employée par les peintres, à savoir la gomme-guile avec son acide-résine (acide cambogiqtie). La gomme-gutte provoque une inHammatiou locale. A la suite de Ogr.2 à Ogr.3

TERNSTROEMIAGEES 61 1

survieniieni : douleurs abdominales, ténesme et vomissements. La mort, par suite de la gastro-entérite, peut arriver après 4 gr. Les enfants qui, en dessinant au lavis avec la gommegutte, mouillent leur pinceau en le portant à la bouche, sont souvent intoxiqués sans que la cause en soit toujours reconnue. Chez les animaux intoxiqués par la gomme-gutte, on a trouvé à l'autopsie l'estomac légèrement ehflammé, tandis que les portions intestinales inférieures Tétaient d'une manière plus accusée.

Becherche. — Le contenu gastro-intestinal acidulé, ou l'urine dans laquelle l'acide cambogique passe en petite quantité, seront épuisés par l'éther de pétrole ou Talcool, l'alcool sera chassé et le résidu extrait par le chloroforme. Celui-ci évaporé, l'acide cambogique reste sous forme d'une masse jaune, se colorant en rouge par la soude.

Outre l'aloès, la scammonée, la coloquinte, les pilules de Morison contiennent de la gomme-gutte. Dans un cas récent, l'administration de vingt-huit pilules a provoqué : vomissements, délire, et la mort s'ensuivit. L'amaurose et d'autres symptômes graves, même suivis d'issue fatale, ont, depuis longtemps déjà, été observés à leur suite.

Le Calophyllum inophyllum (L.) serait employé comme poison pour les poissons.

TERNSTROEMIAGEES

Le suc de Caryocar glabrum (Pers.) [Saouari glabra (Aubl.) engourdit les poissons. Les fruits contiennent une substance qui donne de l'écume lorsqu'elle est mélangée avec de l'eau (saponine?).

Schima Noronhae (Rnwdt.) [Gordonia javanica (Hook.)^. L'écorce est employée dans l'Inde néerlandaise comme poison pour les poissons.

Caniellia Sasanqua {Tnvsn.) Thea oleom (Loiu.) . La plante

(il 2 POISONS VÉGÉTAUX

engfourdit les poissons. Les semences de C, theifera (Griff.) renferment de I'assamine qui ressemble à la saponine.

Thea Chinensis (Sms.). La dégustation fréquente du thé, ce qui constitue en Amérique une profession pour un grand nombre de personnes (tea tasters)^ provoquerait dans le cours du temps une intoxication chronique se manifestant par : céphalée, bourdonnements d'oreilles, troubles visuels, troubles digestifs et moteurs, ainsi qu'insomnie (1). Peut-être ces phénomènes toxiques sont-ils dus non seulement à la caféine et à la théophylline (diméthylxanthine), mais aussi à Tadénine et à d'autres bases du thé (2).

DIPTÊROCARPACÉES

Le camphrier malaisien {Dryobalanops caniphora (Colebk.) fournit du BORNÉOL {camphre de Bornéo^ C*^H*^)), qui se transforme dans l'organisme en acide bornéolglycuronique. L'administration de Ogr.3 de bornéol a provoqué chez les grenouilles : cessation de tous les mouvements, arrêt de la respiration et mort; chez les lapins : paralysie motrice (à la suite des doses élevées, en outre anesthésie et abolition de l'excitabilité réflexe), abaissement de la pression sanguine et de l'énergie cardiaque. La mort arrive par paralysie bulbaire (3).

MALVAGÉES

Une intoxication surviendrait chez les moutons et les bêles à cornes de l'Australie du Sud qui mangent Plagianlhus spicaliLS (Benth.) pendant qu'elle porte de la semence.

Sida rhomhifolia (L.). Les jeunes chiens ayant mangé les semences, périssent par suite de l'inflammation des organes internes (4).

(1) MoKTON, Med. Record, 4880,

(2) Krûgkr, Ber, d, d. chem. Ges., Bd XXIX, 1896, p. 133.

(3) Pellacani, Avch. f, exp. Path, u. Phavm., Bd XVil, p. 388.

(4) Bailey and Gordon, Plants rep, poison, y p. 5.

LINACÉES 613

VHibiscus Rosa sinensis (L.) provoquerait ravorteinenl, tandis que rattouchement de VU. iirens(L.) serait suivi d'urticaire.

L'écorcp de Bombax glohosum (Aubl.) provoque nausées et vomissements.

Gossypium herbaceum (L.). — Le tourteau de coton en coque employé comme fourrage a souvent provoqué la mort des moulons et des veaux par suite de la cachexie ou de la gastroentérite, de l'hématurie et de l'ictère. Les premiers symptômes consistent en ténesme douloureux et strangurie, bientôt suivis d'un état de parésie de la vessie : l'écoulement de l'urine s'effectue goutte à goutte, et, enfin, la miction cesse totalement. "On a trouvé les reins et l'intestin enflammés et des transsudats dans les cavités naturelles. Il s'agit probablement ici d'une toxalbumine contenue dans les semences.

STERCULIAGÉES

Outre la kolanine et le rouge de kola, le Sterculia aciiminata (Beai:v.) contient en abondance de la caféine. L'action stimulante est en grande partie attribuable à la présence de la caféine.

Les fruits de Guazuma tomentosa (H. B. et K.). auraient provoqué dans les Indes la mort subite d'un homme chez lequel on n'a observé que des phénomènes d'entérite.

TILIACÉES

Les semences de Corchorus capsularis (L.) sont toxiques. Une poignée tue un cheval. Le poison est un glucoside, corchorine, qui tue un cheval en injections sous-cutanées à la dose de Ogr.003 par kilo d'animal (1).

Le Grewia asiatica (L.), le G. mallococca (L.) et d'autres espèces sont employés au Brésil et aux Moluques pour engourdir les poissons, et les fruits du premier donneraient dans l'Inde, par fermentation, une boisson alcoolique.

(I) TsuNO, Monatshefte fur Thierheilk., Bd VI, 1896.

fil 4 POISONS VKOKTAUX

LINACÉES

La farine de graines de lin^ Limim icsitatissimum (L.), contient un ^lucosido, la linamarine, qui, en présence de l'émulsion de fçraines de lin, se dédouble en acide cyanhydrique, en sucre et en une célone. Dans un cas d'intoxication d'un g^rand nombre de chevaux, on a pu observer : pouls petit, fréquent, mydriase, accélération de la respiration, coliques avec diarrhée ou constipation, engourdissement, etc. Les capsules de la graine de lin sont également toxiques ; on a vu des porcs en mourir. A l'autopsie on a trouvé : néphrite aigu^, œdème du poumon, transsudations sanguinolentes dans les cavités thoracique et abdominale, hémorrhagies capillaires dans les méninges cérébrales.

Les eaux dans lesquelles du chanvre a longtemps macéré et le lin roui sont vénéneuses.

Le Linum catharticum aurait provoqué la mort des chevaux au milieu de diarrhées profuses et de troubles cardiaques.

ERTTHROXTLON COCA (Lam.). — Les empoisonnements peuvent avoir pour causes la mastication excessive des feuilles de cef arbrisseau pratiquée dans l'Amérique du Sud, ainsi que l'usage thérapeutique et narcomaniaque de la cocaïne (G*^H**AzO*) qui est l'éther méthylique de la benzoylecgonine. L'alcaloïde est absorbé par n'importe quelle muqueuse.

L'élimination de la cocaïne introduite par la voie sous-cutanée ne se fait, chez les animaux, que par l'urine. Les chiens en éliminent environ 5 p. 100. Le reste se décomposerait dans l'économie. Elle ne s'accumule pas dans le foie, mais probablement dans le cerveau et la moelle. On ne retrouve pas Yecgonine dans l'urine.

L'intoxication des grenouilles est produite par Ogr.002 de cocaïne. Les nerfs sensitifs et moteurs deviennent moins excitables, la respiration s'arrête et le cœur se ralentit jusqu'à arrêt en diastole. La dose léthaleen injection sous-cutanée est de Ogr.l par kilo de lapin et de Ogr.2 à Ogr.3 par kilo de chien. Surviennent chez eux des mouvements de pendule de la tête (phénomènes d'excitation du coté des canaux semi-circulaires) et 6na-

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