COCAÏNE
lement ils meurent en convulsions par paralysie du centre respiratoire. Mydriase chez les animaux à sang^ chaud.
L'administration des feuilles de coca à dose unique élevée, ou l'absorption de la cocaïne à dose élevée unique par une surface absorbante quelconque a été suivie d'un empoisonnement aigu pouvant persister des heures ou même plusieurs jours (jusqu'à sept) et se terminer par la mort. L'empoisonnement peut être provoqué déjà par Ogr.005 de cocaïne, et la dose léthale peut varier de Ogr. 1 à Ogr.3 ; la dernière dose injectée sous la paupière a amené, dans un cas, la mort après cinq heures. Les conditions individuelles (cardiaques, buveurs, enfants) peuvent influencer l'intensité et l'issue de l'intoxication. Ainsi on a observé la guérison survenant dans un cas après l'administration de Igr.S de cocaïne et dans un autre cas après l'administration de Igr.25 (dans le dernier on a prescrit, comme antidote, l'opium en grande quantité et une rechute s'est déclarée après amélioration apparente). Les premiers phénomènes d'intoxication peuvent apparaître dans l'espace d'un quart d'heure à trois heures et demie. Les effets consécutifs peuvent parfois persister durant des mois entiers.
Ont été observés comme phénomènes d'intoxication : accéléraration, plus rarement, ralentissement des battements cardiaques, palpitations, pâleur de la face, sueurs, refroidissement des extrémités, frisson, troubles de la parole et troubles - respiratoires (respiration du type Gheyne-Stokes, etc.), avec ou sans cyanose et allant jusqu'à l'asphyxie et la paralysie du centre respiratoire. La conscience peut demeurer intacte, mais on a noté aussi la perte de connaissance. Parfois figurent au premier rang les troubles cérébraux que voici : céphalée, vertiges, abolition du sens musculaire, excitation psychique, manière d'agir ressemblant à celled'un homme ivre, illusions, hallucinations, délires, angoisses, manie de persécution, ou plus rarement, alternant avec eux ou simultanément, dépression intellectuelle. Surviennent aussi, diversement groupés et combinés avec les symptômes ci-dessus ou qui vont encore être décrits : rigidité musculaire, tremblements, mouvements choréiformes, convulsions cloniques ou toniques localisées ou généralisées, mouvements forcés ; tous ces phénomènes peuvent être suivis de paralysies qui surviennent
quelquefois d'une façon indépendante, à l'étal isolé. Apparaissent en outre : anesthésies, paresthésies et hyperesthésies, insomnie, troubles visuels, exophthalmie par suite de la dilatation de la fente palpébrale, mydriase et pupilles ne répondant ni à la lumière, ni à l'accommodation, scintillements, photophobie, macropsie, amblyopie, amaurose et, après application locale, opacités cornéennes et môme panophthalmie, ainsi qu'anosmie et ag^eusie ; peuvent s'y associer : vomissements, troubles de la déglutition, gastralgies, diarrhée, besoin impérieux d'uriner ou rétention d'urine ou états erotiques, éruptions cutanées, etc.
Intoxication chronique par la cocaïne. — Le cocaînisme chronique peut avoir son point de départ dans l'accoutumance à ce remède, et il est connu déjà depuis des siècles chez les mâcheurs des feuilles de coca, les Coqueros. Jamais on ne voit survenir d'immunité envers une dose de beaucoup supérieure a celle dernièrement employée. Quelques individus prennent, par vingt-quatre heures, 4 gr. de cocaïne toute seule ou encore associée à la morphine. Chez quelques-uns, l'administration de la cocaïne (par l'estomac, le tissu cellulaire sous-cutané, les muqueuses) n'est suivie que d'euphorie, chez d'autres surviennent en outre des symptômes désagréables appartenant à la série de ceux décrits plus haut. La volonté et le sentiment moral sont atteints; apparaissent encore : affaiblissement de la mémoire, hallucinations de tous les organes des sens, troubles de la vision, de l'ouïe et de la parole (paraphasie), vertiges, plus tard aussi confusion mentale, sentiment d'angoisse, délire, accès furieux, hypoalgésie générale et sensibilité tactile émoussée, ataxie, tremblements et convulsions, ainsi que troubles vaso-moteurs et cardiaques, amaigrissement et parfois cachexie. Les morphinomanes devenus cocaïnomanes, succombent plus facilement que les autres sujets à l'action perverse de la cocaïne. La paranoïa hallucinatoire cocaïnique peut persister longtemps. Les cocaïnistes devraient (Hre, au point de viie juridique, assimilés aux alcooliques.
Les. lésions trouvées à Tautopsie des sujets ayant subi l'intoxication aigu^» ou chronique par la cocaïne, ne présentent rien de caractéristique. On rapporte seulement avoir trouvé les organes,