‹ Traité de toxicologieChapitre 86 sur 126 · DÉRIVÉS ;NITRÉS DB LA STRYCHNINE ET DE LA BRUGINE · texte numérisé non relu

DÉRIVÉS ;NITRÉS DB LA STRYCHNINE ET DE LA BRUGINE

La Dinitrostrychnine produit à la fois des symptômes d'excitation et de paralysie chez les grenouilles. — La Cacostrychnine \C?^W\PizO^YXz^O^], à dose mortelle (Ogr.Ol), provoque chez les grenouilles des convulsions et de l'irrégularité des battements du cœur, puis de la paralysie ; chez les lapins (Ogr.Ol par kilo), surtout de la paralysie. — La Dinitrohrucine possède une action analogue à celle de la dinitrostrychnine. Un autre produit nitré de la brucine, la Cacothèline (C**H^^Az*0') provoque chez les animaux à sang chaud de la tachypnée et de la dyspnée, puis une exagération de l'excitabilité réflexe.

Ulpoh Aker et YAker Lampong sont deux espèces de strychnos, Stir. Wallichiana (Benth.) et Str. Maingayi (Clarke), employées chez les Semangs comme poisons des flèches et agissant à la manière de la digitale et du curare.

Un Ipoh dont se servent les Dayaks à Bornéo, contient de la strychnine (je l'ai démontré en la préparant à l'état pur) et est probablement obtenu du Strychnos tieute. Les feuilles de St. sicaveolens {(jiLG.) coniiennç^ni un glucoside, tandis que l'écorce renferme de la brucine (3).

Des semences de strychnos non toxiques sont fournies par : Strychnos brachiata (Ruiz et Pav.), Str. innocua (Delile), Str.

(i) Hare, Bo8t, med. Journ,, CXI, p. 484.

(2) RossBAGH, Centralbl. f, d. med, Wissensch., 1873, p. 371.

(3) Elfstaand, l/îiiv. Arskr, (Ipsala, 1895, I.

potatorum (L.), Htr. Pseudo^Quina (Saint-Hil.), Str. spinosa (Lam.), Str. angustifolia (Bentii.), Str. paniculata (Champ.)- Le Str. hicirrhosa (Lesch.) [Str. coluhrina (L.)] est moins vénéneux que le Str. nux vomica.

CURARE. — Le curare (Worara, Urari, Wurali) est un extrait amer que les Indiens des bords de l'Orénoque et de l'Amazone préparent en soumettant à la cuisson Técorce et le bois de diverses espèces de strychnos [Strychnos toxifera (Schomb.), Str, Crevauxii (Planch.), Str. Castelnœana (Baill.) et autres) (1) auxquelles ils ajoutent d'autres plantes, par exemple un Pagamea vénéneux et, peut-être aussi, du venin de fourmis et de serpents. On en a obtenu un alcaloïde amorphe, la curarine, soluble dans l'éther et dont les solutions aqueuses sont douées de fluorescence verdâtre, et l'alcaloïde curine précipilable par l'acide métaphosphorique. Suivant les qualités du curare, les phénomènes d'intoxication peuvent survenir chez l'homme à la suite de Ogr.Oo à Ogr.l2. Les lapins sont tués par Ogr.OOl à Ogfr.002 de curare de bonne qualité et un kilo de lapin est tué par Omillig-r.3o de curarine. La mort des grenouilles est amenée par Omilligr.o de curare ou Omilligr.003 de curarine. Les chiens et les lapins s'accoutument au curare (2). L'absorption s'effectue par les plaies et les muqueuses ainsi que par l'estomac (qu'il soit vide ou rempli). La tolérance extrême envers ce remède introduit dans l'estomac s'explique peut-être par sa rapide élimination par l'urine. Il n'est pas du tout inadmissible qu'une petite quantité de curare soit détruite par le suc gastrique (3). Il n'est pas retenu par le foie. En cas d'injection sous-cutanée, on observe parfois, au lieu d'injection, des indurations, des phlegmons et de l'œdème. Le curare et la curarine paralysent les terminaisons des nerfs moteurs dans les muscles volontaires et les terminaisons du pneumogastrique dans le cœur, les doses élevées paralysent aussi les nerfs sensitifs. La température, élevée passagèrement, finit

\\\ BôHM. Ludwig-Festschrift, 1887, p. 173.

(2) Steiner, Dos amerikanische Pfeilgifl Curare, Leipzig, 1877, p 43.

(3) ZuNTz, Pptig, Arch., 1891, Bd XLIX, p. 437.

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