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CURARE

par s'abaisser. Le curare à dose paralysante a-i-il été administré par la bouche, l'urine contient du sucre qui ne s'y trouve pas lorsque la respiration artificielle est immédiatement instituée (1). C'est la tête qui s'affaisse la première chez les animaux ; le cœur de grenouille continue à battre encore long-temps après paralysie survenue. Les animaux à sang chaud meurent par paralysie des muscles respiratoires. La curine agirait à la manière de la digitale, tandis que I'hydroxyde de méthylcurine agirait comme le curare. L'administration du curare à doses plus élevées (0gr.09) fut suivie chez rhomme de : relâchement des muscles, par exemple des paupières supérieures, salivation, plus rarement sensation de sécheresse à la bouche, vomissements, titubation comme dans l'ivresse alcoolique, tremblements des muscles, amblyopie ou diplopie, troubles de l'accommodation, fièvre de plusieurs jours de durée, frissonnements et chaleur, accélération du pouls, troubles de la coordination (2), parfois aussi secousses musculaires. Donné à la dose de Ogr.l2 à 0gr.l4, le curarea provoqué : diplopie, bourdonnements d'oreilles, troubles du langage et troubles des sens (3). Des symptômes analogues sont survenus chez les individus blessés par des flèches curarisées.

Recherche. — On se servira dans ce but de : urine, foie, estomac et cœur, ainsi que matières vomies. Les objets à examiner, acidulés, seront traités, d'une manière appropriée, par l'alcool à 95" ou par l'alcool amylique (4). Le produit obtenu pourrait, après purification (précipitation par le chlorure de platine), être expérimenté sur les grenouilles.

Traitement. — Le curare sera enlevé des plaies ou du tissu cellulaire sous-cutané à Vaide des lavages^ des incisions ^ etc., et, en cas de troubles respiratoires, la respiration artificielle sera instituée. Il est également nécessaire d'avoir recours aux diurétiques.

Strychnos Icaja (Baill.). Sur la côte Est de l'Afrique on em-

(1) Sauer, Pflûg. Àvch., 1891, Bd XLÎX, p. i±\\.

(2) Voisin et Liouville, Etudes sur le curare^ Paris, 1866.

(3) Beigel, Berl, klin, Wochenschr.y 1868, p. 73 et 98.

(4) Dragendorff und Koch, ?fachw, d. Curare in thier, Flûssigfi., Dorpat, 1870.

ploie, très rarement comme poison des flèches, dans la majorité des cas comme poison pour les Jugements de Dieu, VAkazga on Vlcaja : cet arbre ne contiendrait ni brucine (1), ni strychnine, mais l'alcaloïde ^A'aj^m^ (2); mais, suivant une autre analyse, les feuilles et l'écorce ne renfermeraient que de la strychnine. L'akazga paralyse à petite dose et tue les lapins à la dose de Ogr.006 à Ogr.Ol en provoquant chez eux un tétanos réflexe. La respiration artificielle permet de retarder la mort (3). Les indigènes du Gabon forcent l'accusé à sauter par dessus un bâlon après l'avoir abreuvé de la décoction de la racine : il est déclaré coupable s'il ne peut l'exécuter par suite de la paralysie survenue, ou s'il ne peut évacuer quelques gouttes d'urine sur une feuille de banane. Les empoisonnés ayant perdu tout contrôle sur le sphincter vésical, l'urine sanguinolente s'écoule goutte à goulle sans interruption. La mort est précédée de tétanos en extension.

HYDROPHYLLACÉES

Wigandia urens (H. B. et K.). Le « Brincamosa » provoque à la peau une sensation de cuisson intense.

BORRAGINACÉES

Cijnoglossiim officinale (L.). Le Cynoglosse officinal peut provoquer chez l'homme des empoisonnements mortels. L'extrait alcoolique est suivi chez les animaux à sang chaud et à sang froid de phénomènes narcotiques (4). L'empoisonnement par cette plante a provoqué parfois chez l'homme un sommeil de quarante heures de durée. Hypo-excitabilité des nerfs moteurs et sensitifs, ainsi que des muscles. L'alcaloïde cynoglossine contenu dans la plante est doué de propriétés identiques. Il n'y

(1) HeckelcI Sghlagdenhauffen, Journ, de pharm., 1882.

(2) Fraseh, Preiimin. notice..,, London, 1867.

(3) Rabuteau et Peyre, C. H. de l'Ac, d. Se, t. LXXI, p. 353.

(4) Mahmé uad Creite, GôUing\ Nachr,, 1870, p. 17.

CONVOLVULACÉES 745

a pas d'effets ressemblant à ceux causés par le curare (1). Le cœur, dont les battements sont rendus tout d'abord plus énerg^iques, s'arrête en diastole ; les pupilles se dilatent et le centre respiratoire se paralyse.

U Ileliotropium europœum (L.) contient de la cynog^lossine. L'//. parviflorum (L.) est employé dans les Indes Occidentales pour provoquer l'avortement.

Anchusa officinalis (L.). Les extraits de la plante se sont montrés toxiques chez les grenouilles. Le principe actif commence par exciter, et finit par produire des paralysies à la manière du curare.

UEchium vidgare (L.) contient Talcaloïde éghiine qui, à la dose de Ogr.025, provoque chez les grenouilles des troubles respiratoires ainsi que de la raideur des membres et, à la dose de Ogr.l,des convulsions tétaniques (2). Un extrait de la plante peut provoquer chez les cobayes : mydriase, convulsions, paralysie et mort par asphyxie. La plante elle-même a déterminé chez des chevaux : vomissements et salivation.

CONVOLVULACÉES

IPOHŒA PURGA (Hayne). — Les tubercules de /a /ajt; contiennent une résine et un anhydride de divers acides, la convolvuline. Donnée à la dose de Og-r.S, la convolvulineagit comme drastique, tandis que la racine pulvérisée, ou la résine administrée à doses plus élevées, provoque des vomissements ; la résine tue les chiens à la dose de 2 gr. A rautopsie,on trouve une gastro-entérite. Une teinture dejalap composée aurait amené la mort de deux malades (3). L'/. Tiirpethum (R. Br.) et 1'/. tnu7Hcata (Jacq.) peuvent

(1) ScHLAGDENHAUFFEN ct Heeb, Journol de pharmacie d'Aisace, 4891, no {{.

(2) BucHUEiM und Loos, Ueber die pharmakol. Gruppe d, Curarins, Giessen, 1869.

(3) Uril. mei, Jouvn., 1885, II, p. 317.

éiçalement provoquer des phénomènes de gastro-entérite. Le dernier tue les coléoptères.

SOLANACÉES

Dans la famille des solanacées il y a des espèces qui contiennent des substances identiques ou voisines aux points de vue chimique ou toxicologique, à savoir, les tropéines et les scopo- LÉINES, c'est-à-dire, des composés éthérés soit de tropine (C/ir''AzO), soit de scopoline (G**ll*^AzO*) avec des acides aromatiques.

ATROPA BELLADONA (L.). — La Belle-dame contient, outre un polychrome, de Tatrofine (G*'11^AzO^), de Thyoscyamine (CIFAzO^), delà pseudohyoscyamine (C*MP AzO '}, do la

BELLADONINE lC»'Il'»AzO'), de la SCOPOLAMINE (G*'iI^*AzO*) el de Tatropaminê (CII^^AzO*). Ce sont les feuilles de belladone sauvag-e qui contiennent le plus d'atropine ;0,5 p. 100); les baies en renferment 0,35 p. 100 (1). Les empoisonnements par les parties de la plante et les préparations g-aléniques ont eu pour causes : ingestion des baies et de leur jus (2) ou de la racine, absorption des ' solutions d'atropine prescrites pour l'usage externe (3) ou des calmants à la belladone (4), atropine (5) ou belladone ayant été données dans les pharmacies pour d'autres substances, ou adultérations (par exemple des fruits de rhamnus par les baies de belladone) (6)j doses thérapeutiques par trop élevées, absorption par les muqueuses et les plaies de l'atropine en nature (7) ou des emplâtres à la belladone et des onguents à la belladone (8), suicides (9) et, très rarement, homicides. Le nom-

(1) Gerrard, Lond. pharm, Journ,, I88i, p. 190.

(i) RosENBERGER, Canslatfs Jahrcsôer., 1843, p. 295.

(3) Travers, Bnt. med, Journ., 1889, I, p. 1051.

(A) Grattan, Lancet, 1881, n» 11.

(5/ Schuler, Bert. Klin. Wochenschr., 1880, n» 46, p. 658.

(6) Kratter, Vierteijahrsschr. f. get\ Med , 1886, Bd XLIV, pi.

(7) Kjellberg, />eM/«cA.-w4meri7f. Ap-Zeit., 1883. [8; Jenner, Med, Times a. 6'ar., nov. 1856.

(9) Machiavelli, Jakresber, f, d, ges Med , 1880, p. 468.

SOLANACÉES 747

bre des empoisonnements par l'atropine rapportés depuis 1850 monte à présent à cent quatre-vingts cas environ.

Les doses toxiques ou mortelles dépendent de la richesse de la préparation en atropine. Les petits enfants supportent des doses relativement plus élevées que les adultes. Il suffit déjà de trois à quatre haies de belladone (1) pour provoquer des phénomènes d'intoxication; mais on a vu la guérison survenir, chez les enfants (2), après l'ingestion, de treize et même de trente baies, et, chez les adultes, après cinquante baies. L'infusion de feuilles, à la dose de lgr.2 en deux lavements (3) et à Ogr.4, a donné lieu à des empoisonnements; et la guérison fut obtenue encore après l'administration, en lavement, d'une infusion de 30 gr. d'herbe de belladone (4). La décoction de racine, à la dose de 5 gr. en lavement, amena la mort (5). Théophraste indique déjà que la dose de 4 gr. provoque des délires, et que la dose de 12 gr. est mortelle. Uextrait de belladone proxoque des empoisonnements bénins à la dose de Ogr.l ; et à la dose de Ogr.5 à 1 gr., des empoisonnements graves. Peuvent aussi intoxiquer les suppositoires trop riches en extrait ou les décoctions prescrites en lavement. On a rapporté des cas de guérison à la suite de 2gr.5, de 4gr., même après 30 gr. d'extrait. Un onffiient à la belladone préparé avec 4 gr. d'extrait, a provoqué des phénomènes d'intoxication au bout de deux jours de contact sur une plaie. La guérison fut obtenue dans un cas d'empoisonnement par un calmant à la bellado7ie à dose supérieure à 60 gr. Des empoisonnements graves sont survenus à la suite d'un emplâtre belladone laissé pendant sept heures sur une région anomale du dos et après son application sur les glandes mammaires (6). Vatropine^ à la dose deOgr.Ol à Ogr.06, peut provoquer des empoisonnements et même amener la mort (7). Mais, en revanche, on a rapporté

(\) FiNK, Med, Annal., 1844, p. 445; — Evans, Brit. med. Journ., 1861, 21 sept. (2) Kauders, Wiener med, Wochenschv . , 1881, no 45, p. 1253. ,3) Knapp, Rusfs Magas., 1843, Bd LX, p. 299.

(4) PuTEGNAT, Gaz, méd. de Paris, 1837, no 17.

(5) Taylor, />!> 67/'/e (trad. allem. par Seydeler), Bd HI, p. 370.

(6) Walker, Brit. med. Journ., 1891, 18 nov. ; — Griffiths, id., I, p. 1067 ; — WiLFERT, Cincin. Lancet a. Clin., 1885, 4 avr.

(7) PouGHET,Z,a Sem.méd.jiSSS; — An. d'Htjg.publ.ef Méd. Ih(/., 3' série, t. XXI, p. 139.

des cas de guérison après Ogr.03 en injection sous-culanée, après 0gr.06 chez un enfant âgé de deux ans, après Ogr.25 et même après OgT.S. L'intoxication peut avoir lieu quel que soit le mode d'application de la préparation sur les muqueuses, les plaies, etc.

Les herbivores jouissent d'une certaine immunité, mais pas d'une immunité absolue, envers les parties de la plante et l'atropine. Ainsi qu'on le savait déjà il y a cent cinquante ans environ, les cobayes et les lapins peuvent se nourrir longtemps de la belladone (feuilles, baies, racines). On réussit même à continuer cette nourriture pendant plusieurs générations consécutives, en faisant prendre l'été la plante fraîche et l'hiver la plante desséchée. Toutefois, suivant des recherches anciennes, ces animaux éliminent par l'urine un corps mydriatique, probablement de l'atropine. Les chiens et les singes, eux aussi, supportent l'atropine à doses élevées ; et les limaçons peuvent manger des feuilles de belladone durant des semaines entières. Ces animaux sontils mangés par l'homme, il peut en être empoisonné (1). D'autre part, on a rapporté un cas d'immunité chez un homme qui, à œ qu'on prétendait, aurait mangé souvent, pour se rafraîchir pendant la chasse, des baies de belladone à la dose de six baies (î). 11 n'existe pas dans le sang des animaux peu susceptibles pour l'atropine une « antitoxine », car on ne réussit jamais à immuniser d'autres animaux avec le sérum de ceux que l'on a empoisonnés pendant longtemps par l'atropine.

Les premiers symptômes éclatent après quinze à trente minutes, dans des cas plus rares seulement après deux ou trois heures. La mort peut avoir lieu dans l'espace de cinq à quinze heures, même seulement après trente-sept ou bien encore soixante-dix-huit heures (en cas d'ingestion des baies en très grande quantité). L'élimination de l'atropine facilement absorbée, se fait par l'urine et, dans la majorité des cas, est terminée après dix à trente heures environ, mais elle peut durer aussi plus longtemps. Le chien élimine par les reins à peu près 33 p. 100 de l'atropine ingérée. On n'a pas pu retrouver dans l'urine la base Tropine^ produit de décomposition de l'atropine*

(1) Lewin, Deutsche med. Wochenschr,, 1894, p. 257,

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