BELLADONE ATROPINE
cipllé jaune qui ne larde pas à passer au rouge-brique. L'hyoscyamine donne la même réaction (1). Le papier phénolphlaleiné est roug-i par l'atropine. Si l'on chauffe dans une soucoupe de l'atropine avec de l'acide sulfurique jusqu'à dégagement de vapeurs, on perçoit un parfum agréable de fleurs qui devient plus accusé si l'on ajoute à la solution quelques gouttes d'eau ou un cristal de bichromate de potasse. Je peux vanter cette réaction comme ne manquant jamais. Dans un cas, on ne put pas déceler l'atropine ; mais, en revanche, en épuisant l'urine par le chloroforme, puis, après avoir chassé le chloroforme, en dissolvant dans l'alcool dilué, précipitant par l'acétate de plomb et se débarrassant du plomb, on réussit à découvrir, grâce à sa fluorescence bleue, dans l'eau dé lavage du sulfure de plomb soumis au lavage à l'ammoniaque et à l'alcool, le polychrome de la belladone, à savoir, Vaçide chrysatropique. Il est de toute nécessité d'instituer des recherches physiologiques avec l'atropine ainsi obtenue que l'on aura acidulée préalablement. On instille la solution d'atropine dans l'œil d'un homme : la mydriase locale surviendra au bout de six à vingt minutes. De la sorte on réussira à découvrir Omilligr.Ol d'atropine.
Traitement. — Vomitifs (chlorhydrate d'apomorphine à la dose de 0gr.02), entéroclysmes, si des parties delà plante ont été ingérées; morphine à la dose deOgr.Ol à Ogr.02, que je considère comme l'antidote le plus sûr, autant du moins que l'on peut attendre sûrement aide d'un médicament en cas d'intoxication, mais qui néanmoins a été proclamée comme inutile, soit même comme nuisible (2), pilocarpine jusqu'à Ogr.03 (en injection souscutanée), et acide cyanhydrique à l'intérieur. On a recommandé aussi, dans le but de remédier aux troubles cardiaques, de prescrire le salicylate de physostigmine en injection sous-cutanée (jusqu'à Ogr.002 par dose) et les inhalations de nitrite d'amyle. Les inhalations de chloroforme, continuées jusqu'à produire la narcose, ont fourni des succès. On peut aussi avoir recours en même temps aux sachets de glace sur la tête, aux lavements
(1) Gerhard, Pharm. Journ, a. Transact., série III, no 715.
(2) Gross, Amer, Journ. ofmed, Scienc, v. LXni, 4869, p. 401. Toxicologie. 48
754 l»OtSONS VÉGETAUJC
avec du vinaigre, elc. Autrefois dans des cas semblables on pratiquait aussi la saignée (300 gr. de sang).
TROPËINES. — Contrairement à l'atropine, la base tropine est un stimulant pour le cœur, elle augmente probablement l'excitabilité des ganglions cardiaques. Agissent d'une manière analogue quelques tropéines, telles que I'acétyltropine, la 8UCGINTLTROPINE et la LACTYiiTROPlNE. Outre la diminution peu notable du nombre des pulsations, elles provoquent : systole plus énergique et plus prolongée, et mise en mouvement du cœur arrêté par la muscarine. La base tropine, ainsi qu'un grand nombre de tropéines, comme la salicyltropine et la cinna- MTLTROPINE sont dépourvues de toute action mydriatique dont est douée la lactyltropine. Quant aux phénomènes généraux (l'intoxication produits par les tropéines énumérées, à l'exception de VaaHyltropine^ ils sont peu accusés.
HYOSCYAMUS NIGER (L.). — La jusquiame noire contient de l'HTOSGTAMiNE et de la SCOPOLAMINE [hyoscinc). Les empoisonnements ont été causés par : homicides (1), méprises (on a pris les feuilles et les racines de jusquiame pour les feuilles et les racines de panais, de chicorée, d'endive), ingestion des poussesde jusquiame (2), enfants en ayant mangé les semences (3) ou les feuilles (4), ainsi que doses thérapeutiques par trop élevées. La tribu des Touaregs se servit d'une espèce de jusquiame, IL Falezlez (Goss.), pour empoisonner l'expédition Flatters. Les chameaux et les chèvres mangeraient cette plante sans inconvénient aucun. Quelques espèces de jusquiame, par exemple, VIL muticiis (L.), sont vraisemblablement employés en Asie pour provoquer l'ivresse et aussi pour endormir les victimes que l'on a l'intention de dépouiller. De petites doses de semences et de racines de jusquiame noire suffisent déjà pour provoquer des phénomènes d'intoxication. Cependant la guérison fut obtenue
(i) SoNNENsr.HEiN, Handb. d. ger, Chemie, 1869, p. 185.
(2) Choquet, Jouni. de Mèd., 4813, t. XXVI, p. 35.3.
(3) KiTNER, Med. Zeit. d. Vereing /*. Ifetlk., 1842, p. 195.
(4) Wagner, Hufeland's Journal, 1838.
«YOSCVaMUS NiGEft *75S
encore après l'absorption de 24 gr. de teinture de jusquiame — des vomissements, il est vrai, sont survenus immédiatement, — et après l'administration, en lavement, d'une infusion de 12 gr. de feuilles. Les symptômes toxiques commencent à apparaître dix à quinze minutes après l'ingestion des parties de la plante.
Symptômes. — Engourdissement progressif interrompu quelquefois par des vomissements, face rougie, mydriase, troubles visuels comme à la suite de la belladone, vertiges, titubation, sensation de sécheresse à la bouche, ralentissement du pouls, tremblements et tressautements, ou état parétique des membres, confusion mentale, grincement des dents, carphologie, respiration gênée, balbutiement incompréhensible et paroles ainsi que actes confus. C*est la dépression qui prédomine en fin de compte : ... « sopiuntur et omni sensu carent ». Les délires sont de préférence calmes. L'absorption A'hyoscyamine est aussi suivie plutôt de sommeil que d'excitation. L'empoisonnement se termine ordinairement par la guérison qui peut avoir lieu dans l'espace de vingt-quatre à quarante-huit heures. Administrée à doses thérapeutiques y la jusquiame a donné naissance aux effets secondaires fâcheux que voici : érythèmes, urticaire, pustules, purpura, ainsi qu'à certains des symptômes énumérés plus haut. L'usage prolongé du médicament provoquerait : catarrhe nasal, tuméfaction des parotides et ptyalisme.
Autopsie. — On trouve les premières voies digestives congestionnées et une hyperémie veineuse intense, ce qui n'a aucune valeur au point de vue du diagnostic.
Becherche. — Diagnostic botanique des semences, des feuilles et des racines qui se trouvent dans les matières vomies ainsi que dans le contenu gastro-intestinal (dans certaines circonstances il fut possible de les reconnaître dans le cadavre deux, trois ou quatre ans après la mort) (1), ou extraire l'hyoscyamine des objets à examiner. L'hyoscyamine cristallise en aiguilles par évaporation de sa solution chloroformique, tandis que de l'éther elle s'obtient à l'état amorphe. Traitée par l'acide sulfurique, elle dégage le même parfum que l'atropine. On pourrait aussi l'ins-
(i) Gossow, Vierteljahrsschr, f, get\ Med., Bd X, H. 2.
liller dans l'œil de rhomme pour s'assurer de son action mydriatique.
Traitement. — Le même que pour la belladone. Le jus de citron était très vanté autrefois.
HTOSGYAMINE (G*^H*^AzO^). — Cette base peut provoquer des phénomènes d'intoxication lorsqu'elle est donnée à la dose de Og^r.005 (1). Administrée en injection sous-cutanée, elle manifeste son action sur le cœur dès la troisième ou quatrième minute. Ont été observés encore les effets secondaires fâcheux que voici : vertiges, hallucinations de tous les sens, délires ou stupeur, parésie ou paralysie transitoire des membres, secousses, spasme des muscles de l'appareil de la déglutition, vomissements, sueurs et, après administration )3rolongée, troubles nutritifs. La paralysie de l'accommodation fait souvent défaut et les pupilles, dilatées pendant la veille, se rétrécissent pendant le sommeil (2).
SGOPOLAMINE {hyosci7ie, C*'H**AzO*). — La dose toxique peut être évaluée à Ogr.OOl. La mort en collapsus est survenue à la suite de cette dose de chlorhydrate de scopolamine (3). Les empoisonnements ont eu pour causes : méprises et emploi thérapeutique. Ont été observés dans un cas : engourdissement, ensuite coma profond, trismus, convulsions cloniques (membres et, de temps en temps, maxillaire inférieur), pâleur de la face, pupilles immobiles dilatées au maximum, accélération du pouls, rétention d'urine et de matières fécales. Après avoir absorbé 5 milligrammes d'alcaloïde, le malade s'affaissa subitement, de l'écume lui vint à la bouche, le réflexe cornéen disparut, les lèvres et les ongles se cyanosèrent ; du tremblement avec des accès de tétanos et d'apnée vint s'ajouter à ces symptômes. Les convulsions ayant disparu grâce à la morphine, il est survenu : rigidité des muscles du tronc et ensuite sommeil profond. La
(1) Empis, Gae. des hôp., 1879, p. 949.
(2) Gnaugk, Arch.f, Psychiatr., 4881. p. 466.
(3j OsTERMAYER, Allg , Zeitschr, f. Psych,, 1891, Bd XLVII, p. 304.
ALCALOÏDES DES SOLANACEES 757
guérison fut obtenue en peu de temps (1). Outre les symptômes que nous venons d'énumérer, peuvent encore apparaître : spasme pharyngien, diminution du poids du corps, après l'emploi prolongé, diarrhée, voix rauque (les paroles ne sont prononcées qu'avec difficulté), lipothymies, coUapsus, céphalée, vertige, délires, jactitation, hallucinations visuelles et auditives, tremblements, respiration stertoreuse et convulsions.
Becherche. — L'urine sursaturée de carbonate de soude sera agitée avec l'éther, et le résidu d'évaporation de cet éther, dissous dans l'acide chlorhydrique, sera traité par le chlorure d'or : on obtiendra de la sorte le chlorure double d'hyoscine et d'or (point de fusion : 198°). L'extrait de chlorhydrate légèrement alcalinisé sera instillé dans l'œil du chat.
Traitement. — Le même que pour la belladone.
L'atropamine (apoatropiney C*^H**AzO^) que l'on peut obtenir de l'hyoscyamine (2), provoque chez les lapins : élévation de la pression sanguine et paralysie des terminaisons intra-cardiaques du pneumogastrique; pas de mydriase, pas de diminution des sécrétions glandulaires ; la mort est causée par l'arrêt de la respiration (3).
L'homatropine (C*^IP*AzO') résultant de la combinaison de l'acide amygdalique avec tropine a provoqué souvent les phénomènes fâcheux que voici : sensation de sécheresse à la gorge, dysphagie, ralentissement du pouls, sueurs froides, perte de connaissance, excitation, vertiges, faiblesse des membres et glaucome (4).
DATURA STRAHONIUH (L.). — La pomme épineuse contient :
ATROPINE, DATURINE (?), HYOSGTAMINE et SGOPOLAMINE. Les
empoisonnements ont pour causes : les semences prises pour
(1) Adlbh, Berliner klin. Wochenschr. , 1891, p. 258.
(2> Hesse. Annal, d, Chemie, 4893, Bd CCLXXVII, p. 290.
(3) Margacgi, Ann. di Chimica e di Farm.^ 1885, p. 94.
(4) ZiEM, Centralbl.f. Augenheilk,,iSSl, août; — Beutheau, Berliner klin, Wochemchr. 1880, p. 581.
les semences de pavot (1) ou de nig-elle, dég-lulilion des semences en jouant avec elles (2), les feuilles prises pour d'autres. (3), les racines mangées aux lieu et place du panais, l'ing-estion des résidus du pressurage des semences (4), les suicides et homicides par empoisonnement, l'usage pour exciter les fonctions sexuelles ou pour réaliser un remède domestique contre la pleurésie, l'emploi thérapeutique des infusions de feuilles ainsi que des cigares au stramonium. Les Tsiganes de la Sibérie préparent avec la belladone et l'herbe aux sorciers une poudre « Dur », qu'ils vendent aux femmes qui veulent se débarrasser de leurs maris. Les empoisonnements par le dalura sont les plus fréquents de tous dans l'Inde : on en a observé des centaines au Bengale, à Lahore, à Bombay, soit à litre d'homicides, soit dans le but de voler les sujets empoisonnés. Le poison est administré mélangé avec les aliments, le tabac et les boissons. La mortalité s'élève à 10 ou 20 p. 100 (3). Les ânes, ainsi que les animaux que nous avons dénommés en parlant de la belladone, sont immunisés contre la stramoine. Des empoisonnements peuvent même survenir chez des sujets ayant mangé V Hélix pomatia nourri avec des feuilles de stramoine. Les phénomènes toxiques se manifestent déjà à la suite de 2 gr. de semences (en infusion). Vingt semences ont provoqué des empoisonnements graves ; et la mort a été amenée : chez un enfant par quinze, et chez des adultes par cent semences (1 gr. environ). Une femme est morte après avoir ingéré 4 gr. de semences. Cependant, chez un enfant en ayant mangé deux poignées, on réussit à obtenir la guérison : la pilocarpine fut injectée en profusion (6). L'extrait peut amener la mort à la dose de 1 gr. La mort peut avoir lieu dans l'espace de six heures, mais aussi après deux jours seulement.
Symptômes toxiques. — Sensation de sécheresse à la gorge*.
[{) Sghlesier, CamtatCs lahresber,, 1843, Bd IV, p. 297.
(2) Heim, Verm. med, Schrift., 4836, p. 4.
(3) Rlbio, Sifjio med., 23 janv. 4884 ; — Lancet, 4892. 30 juillet.
(4) Ernst, Afus, d, Heilk , Bd I, p. 81.
(5) Madras, Quarterly Journ., v. XI, p. 467 el ailleurs. (6; RoTH, Wienev med, Bldttev, 4885, p. 4028.
DATURA STRAMONH'M 759
mydriase, rarcmei>l chloropsie f 1), vertiges, tremblements et refroidissement des membres, dyspliagie, engourdissement et vomissements. La peau se tuméfie, devient chaude, et une éruption cutanée (taches, bulles, pétéchies) apparaît surtout à la face et à la poitrine; la conscience commence à s'évanouir ; les malades exécutent avec leurs mains des mouvements automatiques, ils croient se trouver dans une pièce en mouvement et ne tardent pas à tomber: il peut y avoir évacuation involontaire de l'urine; la respiration est souvent laborieuse, le pouls accéléré, le visage exprime Texaltation ; les malades battent la campagne ou sont maniaques; certaines parties du corps tremblent (2) ou sont secouées, les dents grincent, rarement il survient de l'excitation génésique. Un sommeil de plusieurs heures se produit ensuite dans la majorité des cas-. L'amélioration peut commencer graduellement après le réveil et la guérison peut être complète dans l'espace de vingt-quatre heures, mais parfois la mort a lieu après une amélioration apparente ou dans un sommeil très profond. Dans un cas, on a observé, plusieurs soirs consécutifs après le rétablissement, de la mydriase et de la sécheresse des lèvres (3). L'autopsie ne permet pas de découvrir la cause de la mort. Les semences ont été retrouvées, dans un cas, exclusivement dans le cœcum et le colon.
Pour la recherche et le traitement voir BELLADONE.
Le Datura fastiiosa (L.) employé pour homicides par empoisonnement (dans le tabac, etc.), le D. Metel (L.) agissent d'une manière semblable. Le dernier est employé souvent dans l'Asie Orientale pour empoisonner les sujets que l'on veut dépouiller. Le poison est administré à l'intérieur avec des condiments ou insufflé dans le nez des personnes endormies, de sorte qu'il est absorbé par la muqueuse nasale. Le D. alba (Nées), peut-être identique avec le D. fastuosa^ contient les mêmes parties constituantes que le Z). stramonhim. Au Japon, on le fume avec du tabac dans le but de traiter les catarrhes, etc.
(1) HusEMANN, Journ. /*, Pharmakod, u, Toxik., Bd II, p. 191.
(2) C0NNKR8, Lond. med. Rec, 1888, p. 299. l3) VEaGELY, Ga^. des hop., 1876, p. 445,
Le Physochlaina prœalla (Miers) dilate les pupilles comme la belladone. Mise en contact avec la bouche, la plante en provoquerait la tuméfaction et sa déglutition serait suivie d'un empoisonnement narcotique de plusieurs jours (1).
DUBOISIA MTOPOROIDES (R. Br.). — Cette plante contient:
DUBOISINE, PSEUDOHYOSGYAMINE et SGOPOLAMINE. L'instilla-
tion dans l'œil de Ogr.OOOo à Og*r.001 de Duhoisine^ alcaloïde qui n'est peut-être pas une entité chimique, fournie par cet arbuste australien que l'on devrait ranger, à proprement parler, parmi les scrofulariacées, fut parfois suivie des troubles psychiques et moteurs que voici; agitation, vertiges, excitation et délire (2), plus rarement vomissements, bourdonnements d'oreilles, dureté de l'ouïe, refroidissement de la peau, parésie des mains et des jambes, parfois aussi convulsions et respiration laborieuse, voire stertoreuse (3), mydriase persistante, ainsi que conjonctivite folliculaire. Les effets consécutifs (sueurs, excitation, etc.) peuvent persister pendant plusieurs jours. L'injection sous-cutanée de diiboisine à la dose de Ogr.0005 a provoqué chez l'homme : sensation de sécheresse à l'arrièregorge ainsi que troubles visuels ; et à la dose de Ogr.OOl : rougeur de la peau et collapsus, angoisse précordiale, ainsi que perte de connaissance et besoin impérieux d'uriner.
Les feuilles de Duboisia ffopwoodi {Mvller)^ Pitary, contiennent un alcaloïde liquide, la piturine, proche parente de la nicotine. Quelques gouttes d'une solution de 1 p. 20 provoquent chez les chats : sécheresse de la bouche précédée de salivation, mydriase, respiration laborieuse et convulsions (4).
Franciscea uniflora (Pohl). L'injection sous-cutanée des préparations obtenues avec la racine provoque l'arrêt de la respiration.
(4) Watt, Dictionary. 1892, VI, v. 1, p. 226.
(2) DAVIDSON, Lancet, 1879, 6 sept. ; — Chadwick, Brit. med, Journ., 1887, F, p. 327.
(3) Berner, Med. Times a. Gaz., 1881, 26 févr.
(4) RiNGER and W. Murrel, Journ. of PhysioL, 1879, p. 377.
ATROPA SCOPOLIA 761
ATROPA H4NDRA60RA (L.). — La racine de mandragore employée dans l'antiquité et au moyen àg-e comme narcotique et dans des buts mystiques, contient quatre bases, à savoir : Thyoscyamine, Thyoscine, la pseudohyosgyamine et la man- DRAGORINE. On sc sert du suc de la plante fraîche, de Técorce de la racine desséchée et des fruits jaunâtres. Ainsi qu'on l'avait démontré il y a déjà deux cent cinquante ans, la racine ou son suc provoque: sommeil profond, dysphagie, rougeur de la face, prurit et sensation de brûlure au tronc, sécheresse à la gorge, délire ou mélancolie. Prise à la dose de Ogr.5 environ, la racine amena parfois la mort dans l'espace de douze heures.
L'écorce de Solandra grandiflora (Sw.) est toxique.
Grâce à sa teneur en un alcaloïde, le Nicandra physaloïdes (G^RTN.) agirait à la manière de la belladone.
Le Lycîum barbarum (L.) renfermerait une tropéine de constitution inconnue. Les chameaux qui en .mangent succombent à l'empoisonnement.
SCOPOLIA. — Le Scopolia japonica (Maxim.) contient vraisemblablement de la scopolamine. La racine agit comme narcotique. Les extraits de la racine sont fluorescents.
S. mutica (Dun.) [lïyoscyamus muticus (L.)]. Pris à une dose inférieure à 0gr.06, l'extrait de la racine a provoqué les phénomènes d'intoxication que voici : dysphagie, troubles visuels, mydriase, hallucinations de tous les sens, angoisse, vertiges, besoin impérieux d'uriner, accélération du pouls et troubles de la conscience. La faiblesse générale persista encore le septième jour (1).
Le S. atropoïdes (Bercht et Presl) contient de la scopolamine (C*'H**Az O*.). L'extrait, à la dose de 0gr.06, a provoqué les mêmes symptômes que l'extrait de la plante précédente (2). Le S. lurida (Dun.) [^Anisodiis luridus (Link et Otto)], agit sur la pupille comme la belladone. Les semences, le feuillage et la racine ne contiennent que de l'hyoscyamine.
(1) ScHROFF, Oester, Zeitschr, f, prakt, Heilk., 4864, p. 27.
(2) LippicH, Med. Jahrb., Bd XX, p 582.
SOLANUH. — Le Solanum dulcamara (L.) (doiice-aniére, vigne de Judée), le S- nigruyn (L.), le S. lycoipersicura (L.) etc., Tembryon, le feuillage et les baies du S. tuherosum (L.) {pomme de terre), peut-être la pomme de terre elle-même, mais seulement à l'état de traces, contiennent la solanine cristalline, glucosîde basique agissant à la manière de la sapotoxine. Soumise à rébullition avec des acides, la solanine se dédouble en sucre et en SOLANIDINE dont Taction est identique à celle de la solanine. La solanidine est préformée dans les germes de la pomme de terre. La douce-amère contient de plus la dulcamarine, elle aussi, d'après toutes probabilités, une saponine. Les feuilles de pomme de terre et le S. nigrum semblent renfermer encore une tropéine mydrlatique. Les empoisonnements sont survenus chez l'homme : dans des cas isolés, par suite de l'ingestion des baies de diverses espèces de solanum (1), par exemple, S. nigrum^ S. verbascifolium (L.), à la suite de doses thérapeutiques par trop élevées des décoctions de tiges de vigne sauvage (2) et après l'ingestion des pommes de terre non mûres et germées (3). Ce sont surtout les petites pommes de terre poussant sur les tubercules-mères qui peuvent devenir nuisibles à cause de leur teneur en solanine atteignant jusqu'à Ogr.6 par kilo (4).
Les enfants sont empoisonnés par dix baies de douce-amére. On a vu une intoxication légère éclater à la suite d'une décoction de 2 gr. de tiges de S. dulcamara (5). Les lapins périssent après l'administration de 15 gr. A' extrait de douce-amère . La solanine, en injection sous-cutanée, tue les lapins à la dose de Ogr.2, et les pigeons à la dose de Ogr.15 (6). Les bœufs et les brebis supportent de 1 à 3 gr. de solanine sans aucun symptôme fâcheux.
(4) Lancet, juin 4856; — tbid., 4889, H, p. 673.
(2) ScHLEGEL, Hufel. Journ,, 4822, p. 27.
(3) Kaulert, Clarius u. Radius, Beitr, r. Heilk., Bd 1 ; — Rahn, Gaz. de Sante^ 4785, V. IV, p. 93; — Heim. Arch. f, med, Erfahr., 4808, Bd XIH, p. 344; — Munke, Med, Annal., 4845, Bd XI, p. 298 ; — Cortial, Arch, de méd. mil,, 4889, XIV, p. 2.
(4) Meyer^ Arch, f. exp, Path. u, Pharm,, Bd XXXVÏ, p. 364; — Schmiedeberg,i6iV., p. 373.
(5) Stein, Prager med. Wochenachr., 4892, n*' 42.
(6) HusEMANN uad Balmanya, Arch. f, exp. Palh, u, Pharm,, Bd IV, p. 309.