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LICHENS

Le Parmelia parietina (L.) doit, jusqu'à plus ample informé, être considéré comme non-vénéneux (1).

Evernia vulpina (Ach.) [^Lichen vulpinus (L.)]. Ijévernia^re^ nard employé pour empoisonner les renards (2), contient I'agide VULPIQUE qui est un poison pour les grenouilles et les animaux à sang chaud. L'administration de Ogr.03 par kilo de chat amène la mort de cet animal précédée de : dyspnée et convulsions. L'acide pulvique (anhydride de X acide diphénylcétipique) est moins toxique que l'acide vulpique.

Le Cetraria Pinastri (Ach.) contient I'acide pinastrique (3) agissant comme l'acide vulpique, mais moins énergiquemenl. Il en est de même, à ce qu'il paraît, quant au C. juniperina réputé comme vénéneux.

POLYPODIACÉES

ASPIDIUM FILIX MAS (Sw.). — La fougère mâle dont les parties constituantes actives sont I'agide filigique amorphe et une essence, semble différer de virulence suivant sa provenance. C'est surtout son extrait éthéré qui a provoqué des empoisonnements, même mortels, avec des phénomènes de paralysie cérébro-spinale ou des convulsions (4). Outre les substances déjà connues, on

(i) KoBERT, Dorpat. Narturf, Geselhch„i%^%, déc. ; — ZeiUchr, d. cester, Apotheker^ ver., 1894, p. 30.

(2) Pries, Lichenograph. scandin., p. 105 : « Vulpibm non vero lupis canibusque pemi^ ciosum hune lichenem perhibent rusticolœ Herjedalenses, »

(3) ZopF, Liebig's An., Bd CCLXXXIV, p. 108.

(4) PouLssoN, Arch, f,exp. Pafh.u. Pharm., BdXXÎX, p. 1 ; — Eich, Deutsche med* Wochenschr., 1891, no 32 ; — Schuer, Mûnch.med, Wochenschr., 1890, p. 553; — Pal- TAUFF, Prager med, Wochenschr., 1892, no 5 ; — Hofmann, Wiener klin. Wochenschr,, 1890, p. 493; — Grawitz, Beriiner klin, Wochenschr,, 1894, ûo 52.

POLYPODIACÉES FOUGÈRE MALE 935

vient de trouver dans la racine de fougère mâle (1) : aspidine (C^H^O') qui provoque, à la dose de Ogr.OOS, la mort des grenouilles précédée de troubles moteurs et respiratoires, ainsi que de convulsions ; Tempoisonnement ne survient chez les lapins qu'à la suite d'une injection sous-cutanée ; albaspidine (C**H**0^) qui paralyse les grenouilles ; acide flavaspidique peu efficace ; aspidinine qui cause des paralysies et arrête le cœur en le paralysant*

Sur quarante-trois empoisonnés, cinq sont morts et quatorze devinrent aveugles. La dose léthale variait de 4gr.5 à 7gr.5, et même 22 à 34 gr. L'amaurose uni ou bilatérale fut observée aussi bien expérimentalement chez 35,7 p. 100 de tous les chiens auxquels on donnait, par vingt-quatre heures et par kilo de poids, Ogr.l d'extrait de fougère mâle pendant plusieurs jours consécutifs (2), que chez l'homme, par exemple, après son administration, à la dose quotidienne de 3gr. , pendant douze jours ou après son administration en une seule foisrl'amaurose est survenue après quarante-huit heures ou plus rapidement. Les résultats fournis par l'examen ophthalmoscopique sont pour la plupart négatifs ; ce n'est que dans des cas isolés que l'on rapporte avoir observé l'atrophie grise de la papille. Les pupilles sont immobiles, ne réagissent ni à la lumière, ni à l'accommodation, parfois aussi dilatées. L'acuité visuelle revient complètement ou partiellement dans le cours de quatorze jours environ. Comme phénomènes prémonitoires, on a observé quelquefois : vomissements, diarrhée, coliques et sommeil profond. Surviennent en outre les symptômes que voici : parfois seulement après un certain laps de temps collapsus persistant longtemps, faiblesse g^énérale, sanglotement spasmodique, fièvre, dyspnée, ictère qui serait dû aux lésions du tissu hépatique, céphalée, tremblements; durant l'état de somnolence, trismus et convulsions localisées aux membres et évacuation involontaire d'une urine contenant de l'albumine, du sucre et quelquefois des éléments morphologfiques.

(i) BôHM, Arch. /•. exp. Path. u. Pharm., 1896, Bd XXXVIII, p. 35.

(2) Katayama und Okamoto, Vierteljahrsschr, f, ger. Med,, Bd Vill, 1894, p. 148.

\Jessence broute de fougère mâle lue les animaux inférieurs, surtout le ténia (1).

Autopsie. — Hyperémie gastro-intestinale, imbibition de la muqueuse par le sang, sans extravasats sanguins, mais parfois des extravasats tout seuls. Chez les animaux : épanchements séreux dans le cerveau et la moelle épinière, hémorrhagies dans les méninges cérébrales et néphrite.

Traitement. — On s'abstiendra de tous les dissolvants de ce remède (huiles, graisses, ou éther en injection sous-cutanée). On fera des lavages de l'estomac avec de l'eau tenant en suspension du charbon animal, et l'on prescrira en outre: acétate dépotasse dissous dans beaucoup d'eau, enveloppements chauds, frictions, mucilages et lavements au camphre.

UAspidium spinulosum (Sw.) contient deux acides polysti- GHUMIQUES qui tucnt les grenouilles à la dose de Ogr.002, et les lapins à la dose de Ogr.03 à Ogr.Oo par kilo d'animal. La mort par arrêt de la respiration est précédée de : hyperexcitabilité réflexe et paralysies motrices accompagnées de convulsions (2). On a obtenu du rhizome de A. athamanticum (Kunze), (Rh.Pannœ)y un acide pannasique qui est un poison musculaire pour les grenouilles, tandis qu'il est inefficace à l'égard des lapins (3).

Pteris aquilina (L.) {Fougère femelle) a empoisonné des chevaux auxquels on l'avait donnée pendant longtemps. On a observé d'abord de la rougeur des conjonctives, une coloration ictérique de la sclérotique, mydriase, exagération de l'émolivité, parésies et convulsions. L'animal présentait un état de raiideur généralisée avec la tête en extension dans l'axe du corps, les jambes étaient projetées en avant par saccades et la démarche était celle d'un ataxique. Au moment où la tête déviait de sa position primitive, l'animal perdait l'équilibre. La conscience

(1) EiiaENBEaG und Kobert, Arch. d. Pharm., CGXXl, p. 345.

(2) PouLssoN, Arch, f, exp, Path, u. Pharm., Bd XXXV, p. 97.

(3) BôHM, Arch. f. Path.u. Pharm., Bd XXXV, p. i.

ÉQUISBTACÉES LYGOPODIAGEES 937

était conservée. La mort peut survenir dans l'espace de vingtqualre à quaranle-huil heures. La nécropsîe démontra une méningite dans les régions cérébelleuse et médullaire.

UAllosurus crispics (Bernh.) passe, en Norvège, pour vénéneux.

UActiniopteris dichotoma (Bedd.) tue les vers intestinaux.

ÉQUISÉTAGÉES

Equisetum hiemale (L.). Dans un cas où presque tout l'herbage était composé de queue-de-cheval {Prêle)y il survint chez les chevaux : titubation et paralysie du train postérieur. La prêle peut provoquer chez les bêtes à cornes et les moutons : avortement et hématurie. Agissent d'une manière analogue VE. palustre (L.) et VE. limosum (L.), dont le premier empoisonne, ou même tue en convulsions les bovidés et les moutons, tandis que le second s'attaque surtout .aux chevaux.

Les efFets de E. palitstre (L.) et E. arvense (L.) ainsi que E. limosum (L.) qui contiennent tous des alcaloïdes se ressemblent. Les bœufs, les brebis, surtout les chevaux sont intoxiqués et parfois tués au milieu de convulsions dans un espace de six à quinze jours.

LYGOPODIAGEES

Le Lycopodium Selago (L.) {lycopode sélage^ herbe aux porcs) est un drastique et un émétique violent. Il enflamme toutes les muqueuses qui viennent à son contact. Un onguent préparé avec lui produit des pustules. L'administration en grande quantité de ce lycopode amène la mort des chevaux précédée de : gastro-entérite, convulsions, etc. Donné pendant la grossesse, il peut provoquer l'avortement. Les personnes empoi-

sonnées par lui ont présenté : irritation du pharynx, vomisse* nients, vertiges, titubation, perte de connaissance.

Le L. Saussurus contient l'alcaloïde toxique piuganine qui agit comnie éméto-cathartique (1).

(4) Adrian, C. R. de VAc. des Se, 1886, 7 juin.

Dans plusieurs classes animales se trouvent des individus qui renferment des poisons pour d'autres êtres vivants. Ces poisons peuvent exister tout préparés dans des réservoirs spécialement disposés pour cela (hydroméduses), ou être sécrétés d'une façon continue dans des glandes (serpents, poissons aiguillonnés virulents, hyménoptères), ou se trouver dans toutes les parties de l'animal ou seulement dans quelques parties (cantharides, espèces de tétrodon) ou seulement à certaines périodes et dans certains états de leur existence (œufs de barbeau). Les poisons consommés (poissons, serpents, -etc.) sont remplacés ordinairement grâce à l'activité des glandes, chez les animaux inférieurs, peut-être aussi par suite de la diffusion directe du venin du système vasculaire dans les réservoirs du venin ou les parties vénéneuses du corps. En cas de consommation excessive, la reproduction peut, pour un certain temps, devenir faible ou se tarir complètement. La consommation a lieu dans le but de s'emparer de la proie ou pour la défense. Outre le venin, un grand nombre d'animaux possèdent des appareils à l'aide desquels ils font parvenir le virus sur ou dans le corps des êtres à empoisonner. Ils peuvent se présenter sous forme de filaments ou de piquants, d'aiguillons ou de dents particuliers Chez quelques animaux, ces appareils sont munis de crochets ou disposés en dents de scie (méduses, guêpes, etc.), chez d'autres ils sont sulciformes ou traversés d'un canal dans toute leur longueur (serpents).

Le venin est ordinairement inoffensif pour les individus de la

même espèce. Il y a toutefois des exceptions à cette règle; le venin du triton, p. ex., introduit dans la cavité abdominale, amenant la mort de ce même animal. Quelques animaux, comme cela arrive par rapport à d'autres poisons, jouissent d'une immunité plus ou moins accusée contre ces venins. Quant à la nature de ces venins se formant, dans les processus physiologiques, grâce à l'individualité de l'animal correspondant, nous ne possédons pas jusqu'ici de données bien c^rf^rtaines là-dessus, en partie à cause des difficultés que l'on éprouve à obtenir le venin en quantité suffisante, en partie par suite des difficultés que présente leur étude. Cependant, il paraît être établi qu'il 8*agit, dans la plupart des cas, de substances albuminoides, très rarement de corps de la série grasse, d'acides ou de bases organiques.

Les causes de ces empoisonnements sont : accidents, imprudences, très rarement homicide ou suicide; ils présentent toutes les terminaisons possibles dans n'importe quels autres empoisonnements. Tout à fait à part de ces groupes que nous venons d'énumérer se trouvent les poisons qui prennent leur origine grâce à la décomposition du corps de ranimai ou de certaines de ses parties avec formation de dérivés albuminoides toxiques. Ces produits ne sont pas constants, mais varient par suite de causes internes ou externes. Nous les étudierons, en partie dans les paragraphes qui vont suivre, en partie en parlant des poisons de la putréfaction.

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