DE L’ARISTOLOCHE
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son orifice , et dont le bord est prolongé en forme de languette d’un côté : ovaire inférieur ovale , oblong , anguleux , surmonté d’un style très court que termine un stigmate concave , à six divisions , sous lequel on voit six anthères presque sessiles, faisant corps avec le pistil. Le fruit est une capsule ovale , à six angles , à six loges , s’ouvrant par la base, et renfermant un grand nombre de semences aplaties : fleurs d’un jaune pâle , pédonculées et ramassées trois à cinq ensemble dans les aisselles des feuilles : tige de 1 mètre 27 millimètres à 2 mètres , assez forte, simple, feuillée et anguleuse : feuilles alternes , pétiolées, en cœur, glabres, offrant à leur surface inférieure plusieurs nervures ramifiées et réticulées. Cette plante a une saveur âcre et amère ; elle croît sur les bords des rivières , dans les lieux argileux et dans les décombres.
Action de l’aristoloche clématite sur l’économie animale.
Expérience ire. — A sept heures du matin , on a introduit dans l’estomac d’un petit carlin robuste 20 grammes de racine fraîche d’aristoloche concassée, et on a lié l’œsophage. Le lendemain soir, l’animal n’avait paru éprouver qu’un léger abattement. Le jour suivant, à six heures du matin, il avait des vertiges, et ne pouvait marcher sans tomber après avoir fait quelques pas ; il s’efforçait à vomir, et il a eu une selle solide. Un quart d’heure après, il était couché sur le côté, peu sensible aux impressions extérieures; ses pattes , allongées , écartées les unes des autres, roides , étaient par intervalles dans un état d’agitation ; la tête s’est renversée un peu sur le dos. A dix heures et demie , ces symptômes persistaient , la respiration était profonde. Il est mort à une heure. On n’a découvert aucune altération cadavérique, excepté dans le rectum , qui offrait quelques taches roses.
Expérience iic. — A huit heures du matin , on a recommencé la même expérience sur un chien à peu près de la même taille : on n’a observé aucun phénomène particulier dans le courant de la journée. Le lendemain, à sept heures du matin, l’animal offrait de temps en temps de légers mouvements convulsifs dans les oreilles ; ses extrémités postérieures étaient très faibles; il avaitbeaucoupde peineà setenirun instant debout; la tête paraissait lourde ; les inspirations étaient profondes. Il est mort trois heures après. L’estomac contenait une grande partie de la poudre ingérée; ses tuniques n’étaient point altérées ; on voyait çà et là , dans les gros intestins , quelques taches livides. Les poumons, d’une belle couleur rose, étaient un peu moins crépitants que dans l’état naturel.
Expérience me. — On a fait bouillir 280 grammes d’eau avec 22Zi grammes de racine d’aristoloche clématite coupée en fragments. Le liquide a été réduit à 22â grammes : alors on l’a introduit dans l’estomac d’un chien robuste et de petite taille , et on a lié l’œsophage. Une heure après, l’animal a fait des efforts de vomissement qu’il a renouvelés souvent peu-
dant les quatre heures qui ont suivi ; il a poussé des cris plaintifs, et il est tombé dans rabattement. Le lendemain, à sept heures du matin ( vingt-quatre heures après l’opération), l’abattement avait augmenté ; l’animal était couché sur le ventre : cependant il conservait le libre usage des sens et du mouvement. Le jour suivant, à huit heures du matin, On l’a trouvé mort. On en a fait l’ouverture. Le cadavre était encore chaud; le sang contenu dans le coeur était brunâtre et en partie coagulé. L’estomac et le rectum étaient peu enflammés. Les autres organes paraissaient sains.
Le suc de la racine A' arUtolochia anguicida, administré aux serpents, à la dose de quelques gouttes , occasionne des vertiges , et les fait périr dans des convulsions. (Murray, Apparatus medicaminum , t. i, p. 516. Gollingœ , ann. 1793.)
Il résulte de ces faits, 1" que l’aristoloche clématite est absorbée et exerce une action stupéfiante sur le système nerveux ; 2° qu’elle produit une légère inflammation des tissus sur lesquels on l’applique.
Traitement. (Voy. p. 345.)
3>E X»A B,ÏTE ( Ruta graveolens j.
Expérience ir'. — Le 4 juin, à huit heures du matin , on a introduit dans l’estomac d’un jeune chien de moyenne taille 200 grammes de suc obtenu en triturant un kilogramme de feuilles de rue fraîche avec 32 grammes d’eau; on a lié l’œsophage. L’animal a eu une selle dans la journée. Le lendemain, il n’éprouvait aucun symptôme remarquable. Il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de l’estomac était légèrement enflammée; les autres portions du canal digestif étaient saines; les poumons n’oITraienl aucune altération.
Expérience ne. — On a introduit dans l’estomac d’un petit chien environ 250 grammes d’eau distillée de rue préparée avec la plante sèche; on a iié l’œsophage. L’animal n’a éprouvé d’autre symptôme que l’abattement, et il est mort cinq jours après l’opération. On n’a pas fait l’ouverture du cadavre.
Expérience me. — Environ 250 grammes d’eau distillée de rue préparée avec une grande quantité de la plante sèche , ont été introduits dans l’estomac d’un petit chien : l’animal n’a éprouvé aucun accident. Six jours après , il est mort abattu, probablement des suites de la ligature de l’œsophage.
Expérience ivc. — On a injecté dans la veine jugulaire d’un petit chien maigre 48 grammes d’eau distillée de rue préparée avec la plante fraîche. Le lendemain matin, l’animal n’avait présenté aucun symptôme remarquable. Alors on a découvert la veine jugulaire de l’autre côté , et on y a injecté 12 grammes du même liquide, mêlé avec un gramme d’huile essentielle, provenant de la distillation au bain-marie d’environ 4 kilogrammes de la plante fraîche. Deux minutes après l’injection, l’animal a