‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 118 sur 172 · DE LA NOIX VOMIQUE. Û · texte numérisé non relu

DE LA NOIX VOMIQUE. Û

Expérience nie. — M. Lésant, pharmacien à Nantes, a fait prendre à des chiens et à des chats de différente force de l’extrait aqueux de noix vomique, depuis ia dose de 5 jusqu’à 20 centigrammes : les animaux ont constamment péri en moins de dix minutes lorsque le poison leur a été administré en solution aqueuse, et au bout de trois ou quatre heures seulement lorsqu’ils l’ont pris sous forme pilulaire et enveloppé dans de la viande. Un chien très fort , après avoir pris 20 centigrammes de cet extrait dans de la viande , et après avoir éprouvé des convulsions horribles pendant une heure, put être rappelé à la vie. On lui fit prendre une grande quantité d’huile et de vinaigre. M. Lésant , qui a bien voulu me communiquer celte note , pense que l’animal n’a pas dû son rétablissement à ces liquides.

Expérience ivc. — On a injecté dans la plèvre d’un chien 60 centigrammes d’extrait aqueux de noix vomique. Au bout d’une minute, l’animal a eu un accès de tétanos; la section de la moelle épinière au-dessous de l’occipital n’a pas fait cesser les attaques ; il en a encore eu deux avant de mourir.

Expérience ve. — Trente centigrammes du même extrait, séché à l’extrémité d’un petit morceau de bois aigu, ont été enfoncés dans les muscles de la cuisse d’un chien. Le tétanos s’est déclaré au bout d’une demi-heure; l’animal a eu plus de vingt accès, et est mort quarante minutes après l’opération (1).

Expérience vie. — On a enduit un petit morceau de bois avec 7 centigrammes d’extrait résineux de noix vomique, et on a piqué la cuisse d’un chien : le tétanos s’est déclaré au bout de sept minutes, et l’animal est mort cinq minutes après l’accès..

Expérience viT. — Un autre chien et des lapins blessés avec le même poison , sont morts très promptement de tétanos et d’asphyxie.

Expérience viiT. — On a injecté dans la plèvre d’un jeune chien 30 grammes d’une décoction préparée avec /|0 grammes de noix vomique et 720 grammes d’eau réduite à environ 2Û0 grammes : l’injection élait à peine terminée, que tous les symptômes décrits ci-dessus se sont manifestés, et l’animal est mort en moins d’une minute. La plèvre n’offrail aucune trace d’inflammation.

Expérience ixe. — Soixante grammes de ia même décoction ont été

sériation inaugurale soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, l’an 1808.) Elles se trouvent d’accord avec celles que MM. Magendie et Delille ont faites depuis sur le même sujet, et que j’ai répétées avec le plus grand soin. Wepfer, dans son ouvrage sur la ciguë aquatique , rend compte , p. 134 et suivantes , des résultats qu’il a obtenus en faisant prendre la noix vomique à des chiens et à des chats; il compare les symptômes à des attaques d’épilepsie, et il alfirme qu’il y a suspension de la vision , de l’ou'ie et du tact.

(1) MM. Magendie et Delille, à qui j’ai emprunté ces faits, ainsi que les deux suivants, ont remarqué que l’extrait aqueux de noix vomique n’était pas nuisible lorsqu’on l’introduisait à l’état liquide dans des blés sures, et qu il n’agissait que lorsqu’on le foulait entre les muscles.

DES POISONS NARCOTtCO-ACRES.

injectes dans le péritoine d’un chien de moyenne taille. Au bout d’une minute , invasion des accidents ; l’animal a eu deux accès moins violents que celui de l’expérience précédente, et il est mort une minute après. Le péritoine et les autres organes étaient sains.

Expérience Xe. — On a injecté dans la veine jugulaire d’un gros chien un peu plus de 16 grammes de la même décoction. Quelques instants après, l’animal a eu des mouvements convulsifs, et, par intervalles, une rigidité semblable à celle du tétanos; l’artère crurale était fort tendue, ses battements très lents. L’animal n’a pas tardé à mourir. Il n’y avait pas d’altération dans les vaisseaux.

Expérience xic. — On a injecté dans le tissu cellulaire du dos d’un gros chien à peu près 90 grammes du même liquide. Au bout de cinq minutes, l’animal a commencé à écarter les membres postérieurs l’un de l’autre; leurs mouvements sont devenus roides et difficiles, la queue a été ramenée sous le ventre; il avait l’air inquiet, t'eu de temps après, invasion de la rigidité semblable à celle du tétanos, accompagnée des symptômes nerveux précédemment exposés, il est mort à la fin du second accès. Le tissu cellulaire, infiltré par le liquide injecté , n’a offert aucune rougeur.

Expérience xilc. — On fit prendre à un petit chien un bol fait avec de la mie de pain et 10 centigrammes du principe amer de la noix vomique uni à un peu d’huile et de sucre. Au bout de sept minutes, l’animal contracte tous les muscles extérieurs, fait un saut en avant, que l’on peut comparera la détente d’un ressort, et tombe sur le côté, la tète fortement renversée en arrière, la queue relevée, les pattes étendues; la respiration est suspendue, et par conséquent la langue et les lèvres sont colorées en violet; tremblement général; les organes des sens exercent leurs fondions ; émission d’urine. A cet état a succédé un relâchement de peu de durée, pendant lequel la poitrine s’est un peu élevée et abaissée. Bientôt après, invasion du second et dernier accès avec les mêmes accidents , mais plus faibles. Vers la fin de cet accès, il y a eu quelques mouvements convulsifs des lèvres et un relâchement général; l’animal a fait une ou deux inspirations profondes, et il est mort. Les deux accès n’ont duré qu’une minute. Ouverture du cadavre. La langue et les lèvres légèrement teintes en violet; point de lésion dans le canal digestif; la vessie remplie d’urine; les cavités gauches du cœur, les deux veines caves et les jugulaires fortement gorgées de sang noir.

Expérience xiii6. — ün gramme du même principe amer fut dissous dans 16 grammes d’eau, et injecté dans la vessie d’un chien de moyenne taille; une ligature fut appliquée au pénis pour empêcher la sortie du liquide ; dix minutes après, l’animal fut en proie à un accès tétanique très fort. Cet accès se renouvela plusieurs fois, et l’animal expira vingt minutes après l’injection. Le cerveau, le prolongement rachidien et les membranes qui les enveloppent étaient sains ; la vessie et le canal digestif n’offraient aucune altération; les bassinets des reins n’étaient pas enflammés; les cavités du cœur et les veines caves étaient gorgées de sang.

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