E L’OXYDE DE ZINC
L’oxvde de zinc est blanc , très léger et doux au toucher ; il se dissout facilement dans l’acide sulfurique en donnant naissance au sulfate dont je viens de faire l’histoire. Je l’ai administré à des chiens petits et faibles depuis 10 grammes jusqu’à 20 ; ils ont eu des vomissements sans éprouver de grandes souffrances ; leur santé n’a point tardé à se rétablir complètement.
mes Préparations «ie Per.
DU SULFATE DE FER
Expérience fe. — On appliqua 8 grammes de sulfate de fer sur la cuisse de deux chiens de 22 centimètres de haut : l’un d’eux périt au bout de douze heures , l’autre au bout de quinze. Ouverture des cadavres. La surface interne de l’estomac d’un de ces animaux était couverte de taches pétéchiales; les rides du rectum étaient nombreuses et noires; le foie, d’une couleur blanchâtre, offrait à sa surface convexe des taches livides ; les autres organes ne présentaient aucune altération. L’estomac , le duodénum et les intestins grêles de l’autre cadavre contenaient une grande quantité de sang noir, fluide, qui donnait à la membrane muqueuse du premier de ces viscères un aspect livide. Du reste il n’offrait ni taches ni ulcérations ; les rides du rectum étaient un peu rouges. Les ventricules du cœur, légèrement meurtris, renfermaient du sang noir. ( Smith. )
Expérience iic. — A une heure de l’après midi, j’ai appliqué sur le tissu cellulaire de la cuisse d’un chien très fort et très robuste 8 grammes de sulfate de*fer réduit en poudre; l’animal s’est plaint dans la journée. Le lendemain matin , l’inflammation du membre opéré était très intense, les battements du cœur accélérés, la respiration difficile, la langue sèche et légèrement rouge vers sa pointe; l’animal paraissait très abattu et refusait les aliments. Il est mort à quatre heures de l’après-midi. Ouverture du cadavre. Les muscles abdominaux et la patte correspondants au côté sur lequel le sel avait été appliqué étaient infiltrés et d’un rouge
DU SULFATE DE FER
noir. Le canal digestif était sain , excepté le rectum , qui offrait çà et là quelques points phlogosés. Le cœur et le cerveau ne présentaient aucune altération. Les poumons étaient crépitants et nageaient sur l’eau.
.Expérience 111e. — On peut introduire dans les veines ZiO ou 50 centigrammes de sulfate de fer dissous dans l’eau sans occasionner la mort des chiens; on remarque seulement, deux ou trois minutes après l’injection, que les animaux vomissent et poussent des cris aigus; quelque temps après ils font des efforts pour évacuer et ne tardent pas à se rétablir. (Smith.)
Expérience ive. — On introduisit dans l’estomac d’un chien 8 grammes de sulfate de fer : l’animal mourut vingt-six heures après , sans avoir éprouvé d’autre symptôme qu’une insensibilité générale. Ouverture du cadavre. L’estomac présentait dans plusieurs endroits des taches rouges, allongées ; les intestins grêles offraient des bosselures noirâtres ; enfin on voyait à la partie supérieure du rectum des rides rouges. (Smith.)
Expérience Ve. — A onze heures du matin , on détacha l’œsophage d’un chien robuste et de moyenne taille ; on introduisit dans son estomac 8 grammes de sulfate de fer dissous dans 64 grammes d’eau : l'animal fit des efforts pour vomir, tomba dans l’abattement et mourut dans la nuit. Ouverture du cadavre. La membrane interne de l’estomac était enduite d’une couche de mucus épais, filant, verdâtre, et n’offrait que quelques points rouges. Les intestins, les poumons et le cerveau semblaient être dans l’état naturel. Le cœur, un peu plus flasque qu’à l’ordinaire, n’était le siège d’aucune altération sensible.
La même expérience , répétée sur un autre chien moins fort que le précédent , fournit des résultats analogues.
Il résulte de ces faits , 1° que le sulfate de fer est un poison pour les chiens, soit lorsqu’il est introduit dans l’estomac ou dans les veines, soit lorsqu’il est appliqué sur le tissu cellulaire ; 2° qu’il détermine une irritation locale suivie de l’inflammation des parties avec lesquelles il est en contact.
Recherches médico-légales.
Protosulfate de fer. — Il est sous forme de rhombes transparents, verts, d’une saveur styptique, analogue à celle de l’encre; il s’efïleurit.etsa surface se recouvre de taches jaunâtres, ocreuses et opaques, phénomène dû à l’absorption de l’oxygène de l’air, qui transforme les molécules extérieures du sel en sous-sesqui-sulfate jaune. Deux parties d’eau froide dissolvent une partie de protosulfate, tandis qu’il n’exige que les trois quarts de son poids d’eau bouillante pour être dissous. La dissolution est verte , et ne tarde pas à se décomposer par le contact de l’air; la potasse, la soude et l’ammoniaque en précipitent du protoxyde de fer blanc , qui , par le contact de l’air, passe subitement au
ô(i DES POISONS IRRITANTS,
vert foncé , puis au rouge. Le cyanure jaune de potassium et de fer y fait naître un précipité blanc qui devient bleu aussitôt qu’il est exposé à l’atmosphère : ces changements de couleur et la suroxydation qui en est la cause , peuvent être instantanément produits par le chlore.
Btes