DE LA NOIX VOMIQUE
térés ; il éprouvait une dédolaliôn générale ; ses forces étaient pour ainsi dire brisées ; des accès convulsifs se manifestaient a des intervalles rapprochés ( pendant un de ces accès , Daste lit une chute qui n'eut d’autre résultat qu’une légère contus.ou au front) ; leur durée était d’une à deux minutes; ils étaient marqués par le roidissetnent vigoureux de tous les muscles; le tronc et les membres étaient dans une extension violente, les mâchoires fortement rapprochées. Singulièrement agité, le malade poussait des cris entrecoupés et implorait de prompts secours : le pouls ne présentait encore aucune altération remarquable. ( 1 décigramme d’émétique provoqua des vomissements abondants; boissons et lavements laxatifs. ) Dans la nuit , les sens de la vue et de l’ouïe acquièrent une sensibilité exagérée : telle est l’irritabilité des muscles , qu’il suffit de toucher le malade pour exciter en lui des mouvements convulsifs; le bruit le plus léger suffit même pour produire cet effet. Pendant les convulsions le pouls est fréquent , agité; le malade est baigné de sueur, phénomène dont l’explication se présente d’elle-mème. Le 14, à sept heures du malin, l’étal du malade est plus calme; les accès convulsifs sont moins fréquents , mpins longs, moins violents ; cependant les causes indiquées tout-a-i’heure suffisent encore pour les faire éclater. Le pouls n’offre aucune agitation fébrile; sentiment de lassitude et de brisement dans tout le corps ; nulle douleur dans l’abdomen. ( Polion calmante, saturée en quelque sorte d’opium, ü décigr. dans 120 grammes de véhicule. ) A neuf heures du malin , les mouvements convulsifs ont cessé, l’orage s’est pour ainsi dire dissipé, et tout semble annoncer une heureuse terminaison : ce calme insidieux se maintient le reste du jour et pendant la nuit. Le 15, même état, point de convulsions; il n’y a plus qu’un sentiment de faiblesse et de douleur générale. (Polion ut supra. ) Le soir, la douleur semble se concentrer dans la région épigastrique ; peau sèche, pouls fréquent. Le ili, à six heures du matin, pouls petit, presque imperceptible, sécheresse et chaleur à la peau, rougeur des bords de la langue , douleur vive de la région épigastrique, battements de cette région , accablement , prostration extrême , régularité des fonctions intellectuelles, yeux étonnés, altération des traits, physionomie décomposée, mort à dix heures du matin. (Aucune roideur dans les membres , sueur visqueuse sur toute l’habitude du corps. )
Ouverture quarante-huit heures après la mort. — 1“ Cavité encéphalique. Environ 30 grammes de sérosité dans les ventricules latéraux du cerveau ; nulle altération appréciable dans les méninges et la pulpe cérébrale ; épanchement d’une assez grande quantité de sérosité dans la cavité de l’arachnoïde rachidienne; la partie postérieure de celte membrane est parsemée et comme plaquée de lames cartilagineuses irrégulières, d’une grandeur variable, très nombreuses. — T Cavité abdominale. Foie volumineux. L’estomac contient quelques cuillerées d’un liquide muqueux , sanguinolent, brunâtre; sa surface intérieure présente, dans divers points, une teinte qui varie du rouge au noir foncé, sans qu’on puisse trop dire si cette coloration est l’effet d’ecchymoses ou
d’un travail inflammatoire. Le duodénum , rempli d’un liquide jaune muqueux , est manifestement enflammé ; la rougeur et l’injection de sa membrane interne s’étendent, en s'affaiblissant et en éprouvant une sorte de dégradation, à celle de l’intestin gicle : la portion moyenne de celui-ci est rétrécie; ses parois sont épaissies ; la membrane muqueuse est parsemée d’ulcérations aux endroits où l’intestin se trouve resserré. La vessie , petite , contractée , vide , est légèrement phlogosée , et contient une cuillerée d’un liquide puriforme. — 3° Cavité thoracique. Quelques adhérences entre les plèvres pulmonaire et costale ; poumons gorgés de sang, principalement à leur base, qui est comme teinte en rouge. Cœur dans un état naturel. — Zi° Habitude extérieure. Roideur considérable des membres (on se rappelle qu’ils étaient souples immédiatement après la mort j ; teinte violacée de presque toute la surface de la peau : cette nuance était toutefois plus prononcée aux parties les plus déclives, dans lesquelles le sang était retenu par la pesanteur. (Observation communiquée par M. Jules Cloquet. )
Observation 2l'. — Une jeune femme de vingt-six ans prit, le 21 avril i 825, dans le dessein de se suicider, environ 30 grammes de poudre de noix vomique finement pulvérisée, et succomba peu de temps après dans des convulsions tétaniques. L’ouverture du cadavre , faite pai MM. Ollivier, Drogart et moi, sur la réquisition de M. le procureur du roi, présenta entre autres altérations une infiltration abondante de sérosité sanguinolente dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien des lobes cérébraux : on trouva, en même temps, de la sérosité également sanguinolente dans les ventricules latéraux, dans la cavité de l’arachnoïde cérébrale , et une très grande quantité dans la cavité de l’arachnoïde rachidienne; en outre, le renflement brachial était très sain, et la substance grise de cette portion de la moelle était notablement injectée. Les poumons étaient gorgés d’une abondante quantité de sang noir et fluide, ainsi que le cœur et les gros troncs vasculaires. Enfin , dans le grand cul-de-sac de l’estomac, qui contenait un liquide d’un gris fauve, il existait une plaque évidemment inflammatoire, de couleur rouge foncée et ponctuée dont l’intensité diminuait de la circonférence au centre.
Observation 3e. — Hoffman rapporte qu’une jeune fille de dix ans, atteinte d’une fièvre quarte opiniâtre, prit en deux fois 75 centigr. de noix vomique et mourut promptement après avoir éprouvé des anxiétés extrêmes et avoir fait des efforts de vomissement. {Med. System., tom. iv, cap. vm. )
Observation Ue. — Mon élève M. Bell, jeune médecin anglais, m’a affirmé qu’un accident analogue avait eu lieu récemment en Angleterre.
Observation 5e. — Un individu avala le matin 1 gramme 3 décigr. de noix vomique pulvérisée, et but ensuite quelques ve'rres d’eau froide pour diminuer l’amertume occasionnée par cette substance. Une demiheure après, il paraissait ivre; ses membres, et principalement les genoux, étaient roules et tendus; sa démarche était chancelante, et il craignait à chaque instant de tomber. 11 prit des aliments, et les acci-