‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 168 sur 172 · ARTICLE VII · texte numérisé non relu

ARTICLE VII

De l’empoisonnement par suicide ou par homicide.

On conçoit aisément que l’analysé chimique et les inductions tirées des symptômes et des lésions de tissu sont insuffisantes pour résoudre cette question difficile : on ne peut donc chercher à l’éclairer qu’à l’aide des circonstances morales. « On examinera attentivement , dit Fodêré,

» 1° Si le sujet avait été affecté , depuis quelque temps, d’un délire mélancolique, s’il a fait des perles, si ses espérances ont été trompées , s’il a essuyé quelque chagrin cuisant ;

» 2° Si aucune des personnes avec lesquelles il vivait , ou qu’il fréquentait, ou avec lesquelles il avait un rapport quelconque, n’avait intérêt à ce qu’il cessât de vivre ;

» 3° La saison de l’année pourra aussi être considérée; car j’ai observé , et sans pouvoir trop en donner la raison , que les suicides étaient plus fréquents dans les temps des solstices et des équinoxes;

» lx° Si le malade, au lieu de se plaindre, reste tranquille, cherche la solitude , et refuse le secours des médecins et des remèdes ;

» 5° Un écrit quelconque, comme le font ordinairement ceux qui se suicident, avant de commencer, pour exprimer leurs derniers sentiments ou leur dernière volonté, est une des preuves les plus certaines qu’ils sont seuls coupables de leur destruction. Des restes de poison trouvés dans leurs poches ou dans l’appartement , sont un indice très équivoque , et qui peut appartenir autant à l’homicide qu’au suicide. »

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