DU MANCENILLIER
et à une grande faiblesse. A l’ouverture du cadavre , faite ljujt heures après la mort, on trouva le poumon droit très enflapnqé et copyert taches noires ; le gauche légèrement enflammé ; la cavité droite dq coeur distendue par des caillots de sang noir ; la gauche vide ; le diaphragme très rouge ; le foie un peu vo|umineux ; la vésicule du fiel très pleine d’une bile jaunâtre ; l’estopiac peu djstemfu ; la membrane muqueuse enflammée , rouge , couverte de taches noires et se détachant aisément ; les intesfjtis distendu? par un gaz fétide et une grande quantité de mucosités; leur membrane mqgueuse enflammée et parsemée de petits points noirs ; les reins plus que doublés ep volupté ; 2° que lq pplpy d’pne porpme a donné fieu à des accidents semblables, mais moins intenses, et que le lendemain l’animal ne conservait que de la faiblesse ; 3° que le contre-poison de ce fruit paraît être l’infusion de nhandiroba étendue d’eau; k° que les crabes de terre ne mangent point de ces pommes, et qu’il n’est par conséquent pas vrai, comme l’a annoncé le Père Labat, qu’il faille attribuer à ces fruits les accidents produits par ces crabes.
Observation l,e. — Voici maintenant les effets produits par ces pommes sur l’hompae : Un soldat du Piémont , fait prisonnier au siège de Belgrade , fut conduit esclpye en Turquie ; il aperçut un jour par terre , en sy promenant du çôté de la mer, plpsjeurs fruits qu’il prit pour des pommes d’api ; il en mangea environ deux douzaines, retomnq chez lui après en avoir rempli ses poches , et continua toujours à en maugey. Une heure après son ventre se tuméfia considérablement, et il ressentit une ardeur extrême dans les intestins; il ne pouvait plus se tenir debout. Ces symptômes allèrent en augmentant. Les lèvres étaient ulcérées par le suc laiteux du fruit, et il avait des sueurs froides. On lui fit prendre abondamment une décoction aqueuse de feuilles d’un ricinus ( avellana purgatrix ) ; il vomit et fut purgé pendant quatre heures. Ces symptômes fâcheux diminuèrent peu à peu. On lui administra du riz, et il fut calmé au point que vingt-quatre heures après il ne souffrait plus , et le volume du ventre était singulièrement diminué. (Peyssonel, ouvrage cité.)
Observation 2e. — Le 3 mai 1822, dit M. Riçord, en revenant d'une partie de plaisir, je mis dans ma poche une pomme mûre de mançenillier, que je trouvai sous un arbre au bord de la mer, et le soir même, arrivé chez moi, je la mâchai presque toute sans l’avaler : son goût me parut très fade et point du tout engageant ; mais cette indifférence ne fut pas longue : deux minutes après il me sembla avoir la bouche pleine de poivre; la chaleur et les picotements que j’y ressentais étaient presque insupportables. J’eus recours à l’eau fraîche ; j’en tins dans la bouche , avec le soin de la renouveler fort souvent. Cinq minutes après , la sensation brûlante était encore plus forte. Une heure plus tard, je commençai à saliver abondamment. Alors la douleur se calma un peu, et je me couchai. Le lendemain, à quatre heures du matin , l’intérieur de mes lèyres et le bout de ma langue étaient remplis de petits boutons, et une vésicule s’était formée dans le milieu de mon palais ; tout cela m’occasionnait encore une sensation très désagréable , mais supportable ; il s’était aussi développé
DES POISONS IRRITANTS
un grand nombre de petits boutons sur mon menton. Toute la journée ma bouche a été très enflammée, et je n’ai pu manger qu’avec une grande difficulté. J’ai souffert encore toute la nuit. Le jour suivant , 5 , la douleur s’est apaisée, les boutons du menton sont tombés en desquamation , ceux de la bouche ont disparu, et tout a été dissipé le 6 au soir. (Journal de chimie médicale, novembre 1825.)
Les effluves du mancenillier sont-ils aussi dangereux qu’on l’a dit? Je ne le pense pas ; car M. Ricord déclare avoir dormi plusieurs fois sous l’ombrage du mancenillier, après de longues excursions sur le bord de la mer et pendant les chaleurs les plus fortes, sans avoir éprouvé d’accident ; il pense qu’on a mal à propos attribué à l’arbre une influence exercée par les lieux marécageux qui l’environnent ordinairement. Ce même observateur dit aussi avoir laissé tomber à dessein des gouttes d’eau des branches du mancenillier sur les mains sans en avoir été incommodé , et il rappelle que Jacquin n’en ressentit aucun effet après avoir reçu ce liquide sur tout le corps nu; il ajoute toutefois qu’il ne serait pas extraordinaire que , par la réunion de certaines conditions dans l’arbre et dans les hommes, l’eau qui tomberait des mancenilliers produisît une éruption à la peau , des phlyctènes, etc. : ces conditions sont pour l’arbre l’exhalation d’une substance vénéneuse extrêmement volatile, et pour les hommes les circonstances d’âge , de tempérament et d’un état favorable à l’éruption. ( Journal de Chimie médicale, novembre 1825.)
Traitement de l’empoisonnement par le mancenillier. (Voy. t. Ier, p. 51.)
DE XiA SADISTE.
La Sabine ( juniperus sahina) , rangée par Jussieu dans les conifères, appartient à la diœcie monadelphie de L. F leurs mâles disposées en petits chatons ovoïdes et sessiles , composées de trois rangées d’écailles verticillées , au nombre de trois à chaque rangée. Ces chatons comprennent environ dix fleurs ; savoir, neuf verticillées trois à trois, et la dixième terminant le chaton. Les écailles sont peltées, larges, couchées les unes sur les autres , et fixées à l’axe du chaton par des pédoncules très courts : la fleur n’a point de corolle ; mais on y voit de quatre à huit anthères presque sessiles et à une loge. Fleurs femelles en chatons globuleux, formés de trois écailles concaves, rapprochées ; à la base de chacune d’elles est un ovaire dont le stigmate est béant. Le fruit est une petite baie d’un bleu noirâtre , à peu près ronde, charnue ou succulente , formée par la réunion des écailles du chaton femelle, qui se sont épaissies et agglutinées; elle a à son sommet