DU V ARAIRE
péritoine d’un chat. Cinq minutes après , l’animal ne pouvait plus marcher ; il se leva et retomba aussitôt ; la respiration devint fréquente et haletante; il vomit à plusieurs reprises; on pouvait distinguer à l’œil nules battements du cœur. Au bout d’un quart d’heure , il faisait quatre-vingtdix inspirations par minute, tandis que, cinq minutes après, on ne comptait que quarante-huit inspirations. Les battements du cœur devinrent plus faibles et plus rares ; les pattes se roidirent , il y eut des convulsions, la gueule était ouverte, la respiration devint beaucoup plus difficile , et la mort eut lieu au bout de vingt-sept minutes. ( Schabel , ouvrage cité. )
Expérience ixe. — M. Emmert appliqua sur une plaie faite à la partie postérieure du cou d’un chat 6 grammes de teinture d’ellébore blanc. Quatre minutes après , il se manifesta un violent vomissement de matières écumeuses et muqueuses , qui continua pendant une demi-heure. A la dix-neuvième minute , la respiration se ralentit et ne s’accéléra que vers la trente-quatrième : alors elle était difficile ; l’animal haleta comme un chien qui a couru ; il tourna autour de la chambre en chancelant ; enfin , il tomba et resta comme attaché à la terre. Au bout de deux heures quarante minutes, la respiration devint plus rare; il n’y avait que quarante inspirations par minute. 11 eut des convulsions qui empêchèrent de compter les battements du cœur ; au bout de cinq heures onze minutes, on pouvait à peine les sentir; la pupille, contractée, conservait encore de la sensibilité ; la respiration , beaucoup plus difficile , était réduite à dix-sept par minute. Huit heures après, l’animal était froid; les mouvements du pouls ne se faisaient plus sentir ; la respiration était extrêmement rare : on introduisit alors un instrument en fer" dans la moelle allongée, et on procéda à l’examen anatomique. Le thermomètre, placé dans la cavité du ventricule gauche du cœur, ne marquait que 18l>. Les gros vaisseaux étaient gorgés de sang noir; les poumons, remplis de sang , étaient lourds et parsemés de taches fauves ; l’estomac et les intestins, contractés , contenaient de la bile et du mucus ; les muscles se contractaient avec force dès qu’on les irritait. Le cerveau était sain. ( Ibid. )
Expérience xc. — Un petit morceau de bois , contenant 15 centigrammes d’extrait d’ellébore blanc , fut appliqué sur un des muscles de la patte d’un chat, isolé des parties environnantes au moyen de la dissection et d’une carte. L’animal périt au bout de soixante-quatre minutes, après avoir éprouvé des symptômes analogues à ceux dont nous avons parlé. Le cerveau était le siège d’un épanchement séreux très abondant. ( Ibid. )
Expérience xie. — L’application du même poison sur le tendon d’Acliille d’un chat, ne détermina aucun symptôme d’empoisonnement. Il en fut de même lorsque l’extrait fut mis en contact avec le nerf tibial. ( Ibid. )
Expérience xiie. — On frotta la peau de deux lapins , préalablement débarrassée de ses poils, avec b grammes de poudre d’ellébore blanc
mêlé à de l’axonge , ou avec 8 grammes d’extrait de la même racine. On n’observa qu’une légère rougeur à la peau. ( Ibid. )
Expérience xme. — La membrane pituitaire des narines d’un chat fut frottée avec 15 centigrammes d’extrait d’ellébore blanc ; on empêcha l’animal de se lécher; au bout de huit minutes, il éternua avec force, vomit pendant deux heures, et mourut au bout de seize heures. ( Ibid. )
Expérience xive. — M. Emmert introduisit dans la cavité de. la plèvre droite d’un lapin h grammes de teinture d’ellébore blanc :1a respiration devint difficile , et l’animal mourut au bout de quatre minutes. On l’ouvrit sur-le-champ : l’aorte était remplie de sang veineux qui se coagula par son exposition à l’air. Le poumon droit était d’un fauve obscur; la vésicule du fiel était remplie de bile. Le mouvement péristaltique était encore vif; mais, en irritant le nerf phrénique , on n’excitait aucune contraction du diaphragme. Vingt-cinq minutes après la mort, le corps était roide. ( Ibid. )
Expérience xve. — On ouvrit la plèvre d’un chien entre la cinquième et la sixième côte droite, et après y avoir introduit 10 centigrammes d’extrait d’ellébore blanc , dissous dans 2 grammes d’eau , on rapprocha les bords de la plaie. Trois minutes après, l’animal vomit à plusieurs reprises, des matières écumeuses; le corps était entièrement agité ; la respiration tantôt fréquente, tantôt rare. Au bout de quatorze minutes, la langue était livide et sortait de la gueule ; les pattes postérieures étaient paralysées; le tremblement continuait ; il y eut des vomissements bilieux pendant six minutes. Trente-huit minutes après, il eut un tournoiement semblable à celui qui a été observé par Arnemann sur les animaux auxquels on a enlevé une grande partie du cerveau : il mourut au bout de quarante minutes. L’ouverture cadavérique fut faite immédiatement après. Il n’y avait aucun signe d’irritabilité, si ce n’est un léger mouvement péristaltique. La vésicule du fiel, l’estomac et les intestins grêles étaient remplis de bile ; les poumons offraient une couleur rosée ; la veine cave et les cavités droites du cœur étaient gorgées de sang coagulé. ( Ibid. )
Expérience xvic. — On introduisit dans la cavité du péritoine d’un gros chat 10 centigrammes d’extrait d’ellébore blanc, mêlé avec de la mie de pain et sous forme de pilules. On réunit les bords de la plaie ; la mort eut lieu au bout d’une heure vingt-huit minutes , et fut précédée de vomissements violents, de convulsions, d’opisthotonos et d’une grande difficulté de respirer. Les lésions cadavériques furent les mêmes que dans l’expérience précédente. On trouva les pilules entières, et seulement attaquées à leur surface. {Ibid. )
Expérience xviic. — Après avoir coupé les deux cartilages supérieurs de la trachée d’un chat, on injecta 15 centigrammes d’extrait d’ellébore blanc, dissous dans 15 gouttes d’eau. La majeure partie fut rejetée par les efforts de la toux ; on nettoya la plaie, et on réunit ses bords. La toux cessa , la respiration devint fréquente et pénible ; au bout de quatre minutes, l’animal vomit une écume muqueuse, et rendit des excréments.