‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 99 sur 172 · DU TABAC · texte numérisé non relu

DU TABAC

le ponl de Varole. Les membranes qui enveloppent le cervelet sont encore plus injectées que les autres parties. Il existe entre la première et la deuxième vertèbres cervicales du côté droit , c’est-à-dire du côté où l’animal était tombé , un épanchement de sang assez considérable. Les poumons paraissent à l’état normal. Le cœur, dont les vaisseaux sont gorgés de sang , est grandement distendu , surtout à droite , par des caillots de sang ; les oreillettes et le ventricule droit en contiennent beaucoup. Le ventricule gauche n’en renferme pas. Les veines caves supérieure et inférieure et l’aorte sont également distendues par des caillots de sang demifluides. La langue est corrodée sur la ligne médiane et vers son tiers postérieur où l’épithélium s’enlève avec facilité. On trouve dans l’intérieur de l’estomac une matière poisseuse noirâtre , et un liquide sanguinolent qui semble être le résultat d’une exsudation sanguine. Le duodénum est enflammé par plaques; le reste du canal intestinal paraît sain.

Siïï TABAC.

Le tabac ( nicotiana labacum) est une plante de la famille clessolanées , rangée par Linnæus dans la pentandrie monogynie. Caractères. Calice d’une seule pièce , en godet , découpé en cinq segments aigus et légèrement velu : corolle monopétale , en entonnoir, d’une couleur rose purpurine ou ferrugineuse, à tube deux fois plus long que le calice , à limbe plane , ouvert en godet , et à cinq divisions égales, courtes et pointues : cinq étamines rapprochées du stigmate avant la fécondation, formant comme une espèce de couronne , mais qui s’éloigne lorsque cet organe a été fécondé ; capsule ovoïde , conique , creusée de quatre stries , à deux loges , s’ouvrant au sommet en quatre parties , et contenant un grand nombre de semences très fines : l’embryon des graines est courbé , placé dans l’axe du périsperme: fleurs en panicule à l’extrémité des rameaux : tige de 1 1,1 , 3 3 à lm,66 , cylindrique, forte, grosse comme le pouce, légèrement velue et pleine de moelle : feuilles grandes, ovales, lancéolées, sessiles, et même prolongées sur la tige de l’un et de l’autre côté de leur insertion; leur sommet est aigu, leurs bords légèrement ondés, leur surface velue et à nervures très apparentes , leur couleur un peu jaunâtre ou d’un vert pâle.. La racine est fibreuse, rameuse, blanche et d’un goût fort âcre.

Action du tabac sur l’économie animale.

Expérience ire. — A huit heures du matin, on a introduit dans l’estomac d’un chien robuste et de moyenne taille 22 grammes de tabac râpé , et on a lié l’œsophage ; quelques minutes après, l’animal a fait des etforts

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pour vomir. A deux heures un quart , il marchait avec beaucoup de lenteur, éprouvait de légers vertiges et offrait un tremblement continuel dans les extrémités postérieures ; les organes des sens paraissaient jouir de toutes leurs facultés ; la respiration était un peu accélérée. A quatre heures dix minutes, il était couché sur le côté et ne pouvait plusse soutenir sur ses pattes : cependant il faisait de temps à autre des efforts infructueux pour se relever ; sa tète était lourde et offrait un tremblement continuel ; sa physionomie portait l’empreinte de la stupeur; les muscles des vertèbres cervicales étaient agités de légers mouvements convulsifs ; les membres étaient fiasques; les organes des sens paraissaient moins impressionnables que dans l’état naturel ; la respiration était excessivement profonde, gênée et accélérée; les battements du cœur étaient fréquents et un peu forts, il est mort à cinq heures : on l’a ouvert le lendemain. Les poumons étaient livides dans toute leur étendue ; leur tissu était plus dense que dans l’état naturel , et ils s’enfoncaient un peu dans l’eau. Le cœur renfermait quelques caillots de sang noir. L’estomac contenait une grande partie du tabac ingéré ; il n’offrait que quelques points rougeâtres ; le reste du canal digestif était sain. Le cadavre était flasque.

Expérience iic. A deux heures , on a introduit daps l’estomac d’un chien de moyenne taille 32 grammes de tabac râpé , et on a lié l’œsophage. Quelques minutes après , l’animal a fait des efforts pour vomir. A quatre heures , il n’éprouvait aucun symptôme remarquable ; il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de l’estomac était d’un rouge vif dans toute son étendue; les autres portions du canal digestif paraissaient saines. Les poumons étaient livides, gorgés de sang, beaucoup plus denses que dans l’état naturel, et offraient un très grand nombre détachés noires. La majeure partie du tabac se trouvait dans l’estomac.

Expérience iii' — A huit heures un quart , on a appliqué sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d’un éhien de moyenne taille, 8 grammes de tabac râpé et autant d’eau. Dix minutes après, l’animal a vomi. A huit heures et demie, il faisait des efforts infructueux de vomissement , et il commençait à éprouver de très légers vertiges ; ses extrémités postérieures offraient un tremblement assez marqué ; sa physionomie paraissait étonnée. A neuf heures moins un quart le tremblement était devenu général, le train postérieur était un peu faible , la démarche très vacillante. Cinq minutes après, l’animal s’est couché sur le ventre; scs extrémités postérieures étaient relevées, les antérieures fléchies, et il cherchait à se redresser en faisant des mouvements en tous sens et en frappant le sol avec la tête ; il continuait à trembler. Quelques instants après , il s’est couché sur le côté, et il était dans un grand état de relâchement. A neuf heures vingt minutes, ses membres éiaient agités de temps à autre par des mouvements convulsifs assez forts; les organes des sens étaient impressionnables comme avant l’expérience, la respiration n’était point gênée. Il est mort à neuf heures quarante minutes.

Expérience ivc. — A deux heures, on a appliqué sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d’un carlin robuste, 80 centigrammes

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