‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 14 sur 107 · DE L’IODE · texte numérisé non relu

DE L’IODE

paraît agir de la même manière sur l’homme que sur les chiens ; 10“ qu’il ne faut tenir aucun compte clés assertions de M. Magendie, concernant Y innocuité etc l’iode.

Traitement de l'empoisonnement par l’iode.

On provoquera le vomissement à l'aide de l’eau tiède donnée en abondance, puis on administrera une légère décoction d’amidon; des lavements amidonnés seront également indiqués; enfin, on combattra par les antiphlogistiques et les calmants les symptômes de gastroentérite qui pourraient se manifester.

Recherches médico-légales.

L’iode est solide , eu petites lames d’une couleur bleuâtre , d’un éclat métallique, d’une faillie ténacité, ayant l’aspect de la plombagine (carbure de fer), ou cristallisé en octaèdres ou en dodécaèdres ; il jaunit sur-le-champ le papier blanc ou la peau sur lesquels on le place ; son odeur est analogue a celle du sulfide de chlore liquide ; son poids spécifique est de h ,fiô6. Si on le chauffe, il se vaporise en répandant des vapeurs violet! es, très belles, qui se condensent par le refroidissement et donnent les lames cristallines dont j’ai parlé. Il communique à l’eau une légère teinte jaune d’ambre , et 11e se dissout qu’en très petite quantité. Il est plus soluble dans l’alcool , avec lequel il forme la teinture cL’iodc.

Si l’iode ne se volatilisait pas en entier étant chauffé, ou qu'il ne se dissohit pas complètement dans l’alcool , c’est qu’il sérail mélangé de charbon, de fer, de sulfure de plomb ou de bi-oxyde de manganèse, etc., substances avec lesquelles on l'a quelquefois falsifié. Il faudrait pour reconnaître ces fraudes, après avoir dissous tout l’iode dans l’alcool , constater .les caractères de chacune des substances indiquées.

Eau iodée. — Liquide jaune tirant plus ou moins sur le rouge clair, odorant comme l’iode , colorant en violet l'amidon dissous ou délayé dans l’eau , perdant celui-ci sous forme de vapeur violette , et se décolorant lorsqu’on le chauffe, se décolorant aussi par la potasse ou par le sulfide de carbone liquide (liqueur de Lampadius). Versez deux ou trois gouttes de celui-ci dans un tube contenant de l’eau iodée, et agitez; le sulfide occupera bientôt le fond du tube, et sera d’un violet clair; décantez le liquide incolore surnageant, et mettez le sulfide restant dans une capsule ; par la simple exposition à l’air, le sulfide se volatilisera en quelques minutes, en laissant de l'iode.

Alcool iodé ou Teinture d’iode. — l iqnide brun-rougeâtre, d'une

Dr, S POISONS IRRITANTS.

• , odeur à la lois alcoolique el indurée , dccomposable par l'eau, qui en

sépare l'iode , à moins qu’il ne soit trop étendu , se comportant avec

la chaleur, la potasse et l’amidon , comme l’eau iodée.

Médicaments solides contenant de l'iode (pilules, pastilles, etc.). — Ils peuvent répandre l’odeur d’iode ; macérés pendant quelque temps avec de l’alcool concentré , ils peuvent céder à celui-ci une partie ou la totalité de l’iode, et la dissolution alcoolique colorera l’amidon en violet. Si l’alcool ne dissolvait pas de l’iode, il faudrait recourir au procédé dont je vais parler.

Iode mêlé au vin, au café, à un sirop, à des liquides alimentaires, ou bien faisant partie des matières vomies ou de celles que l’on trouve dans le canal digestif après la mort. — On filtre ces liquides. S’il y a de l’iode à l’état solide, il reste sur le. filtre, et on le reconnaît aux caractères précédemment indiqués. Si l’iode est en dissolution, il pourra déjà s’être transformé eu acide iodique et surtout en acide iodbydrique , que l’amidon seul ne décèlerait pas. Après avoir agité ces liquides avec de l’eau amidonée, on versera par petites parties une assez grande quantité d’acide azotique concentré, qui décomposera l’acide iodhydrique et fera naître un précipité d’iodure d’amidone violet plus ou moins foncé ou bleu ; ce précipité ne tardera pas a se ramasser, si l’on a employé assez d’acide azotique ; on le lavera 5 plusieurs reprises pour le débarrasser des liquides colorés au milieu desquels il s’èst formé et de l’excès d’acide azotique. Pour s’assurer que ce précipité contient de l’iode , 1° on en délaiera une certaine quantité dans de l’eau, après l’avoir laissé égoutter sur un filtre, et on le chauffera à 80" ou 90" centigr. dans un tube : s’il contient de l’iode, le liquide se décolorera, et redeviendra bleu ou violet à mesure qu’ilse refroidira ; s’il n’en était pas ainsi , il suffirait d’ajouter quelques gouttes d’une dissolution de potasse au liquide refroidi pour faire naître cette coloration ; 2n ou en agitera une autre portion dans un tube de verre, avec de l’eau, un peu de sulfidc de carbone et de l’acide azotique concentré ; bientôt après, on verra au fond du tube le sulfide de carbone coloré en rose ou en violet.

Si ces caractères ne sont pas suffisamment tranchés , on chauffera une autre portion du liquide suspect dans une cornue de vciie, a laquelle on aura adapté un tube qui v iendra se rendre dans une éprouvette entourée de glace et de sel, et dans laquelle on aura mis de 1 eau amidonée ; après quelques minutes d’ébullition, on apercevra des vapeurs violettes dans la cornue , et une coloration bleue de 1 amidon , qui pourrait ne pas se manifester si l’éprouvette n’était pas refroidie; quelquefois même l’iode cristallisera dans, un point quelconque de la cornue. Que si la proportion d’iode contenu dans la liqueur suspecte

PE I.’jom UE DE POTASSIOJ1.

était beaucoup trop faible pour donner ces résultats, il faudrait suspendre l’opération après quinze ou vingt minutes d’ébullition , et la continuer après avoir ajouté au liquide de la cornue quelques grammes de chlore liquide. Pour peu qu’il y eut de l’iode, l’amidon serait coloré en violet. Je dirai toutefois que si les résultats de cette opération sont plus probants pour mettre hors de doute l’existence de l’iode que ceux qui ont été fournis par l’acide azotique , ce dernier agent est plus sensible que le chlore pour déceler des atonies de ce poison.

S’il s’agissait de reconnaître l’iode mêlé au lait et dissous, on commencerait par coaguler celui-ci à l’aide de l’acide azotique , on filtrerait pour séparer les caillots, et l’on agirait sur le liquide filtré, comme il vient d’être dit.

Le procédé donné par M. Devcrgie pour reconnaître l'iode mêlé à ces divers liquides, et qui n’est en définitive que celui de M. O’Shaugnessey, doit être rejeté, parce qu’il est trop compliqué et moins sensible que celui que je conseille ; il est d’ailleurs insuffisant, puisqu il ne fournit point la preuve de l’existence de l’iode. Qui pourrait se contenter, en effet, après avoir traité des matières suspectes par des agents nombreux, d’une simple coloration violette, et n’est-il pas indispensable de prouver, comme je propose de le faire , que le précipité violet est réellement de l’iodurc d’amidonc ?

Si l’on voulait retirer l’iode des' viscères dans lesquels il a été porté par voie d’absorption ou des tissus du canal digestif, il faudrait faire bouillir ces divers organes, pendant deux heures environ, avec de l’eau distillée et 1 gramme de potasse à l’alcool; le solulum filtré et plus ou moins coloré , traité par l’acide azotique concentré et en assez forte proportion , se comporterait avec l’amidon, comme je viens de le dire.

Taches d'iode sur la peau ou sur d’autres tissus organiques. — Elles sont jaunes ou d’un jaune rougeâtre , et s’effacent au bout d’un certain temps par le contact de l’air ; l’amidon les colore en bleu et la potasse les fait disparaître , caractères plus que suffisants pour les distinguer des taches de bile qui persistent et ne présentent aucune des propriétés indiquées avec l’amidon et la potasse, ainsique des taches d’acide azotique que l’amidon ne colore pas et auxquelles la potasse communique une couleur d’acajou.

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