DU TARTRATE DE POTASSE ET D’ANTIMOINE
dm de substituer le quinquina en poudre h sa décoction aqueuse?
( Journal général de Médecine, mai 1825.) « Le quinquina avec le miel on a préparé une décoction, dit ce médecin , décomposé eneme 1 émétique : 16 grammes de cette poudre qui avait servi, soit a iaire la teinture, soit à préparer une décoction, ont pu décomposer jusqu à 50 centigrammes d’émétique dans l’estomac de trois chiens auxquels nous l’avons administrée. » J’ai été curieux d’éclaircir ce fait par de nouvelles expériences, et j’ai reconnu que la poudre de quinquina épuisée par l’eau à l’aide de plusieurs décoctions, ne décomposait plus l’émétique, en sorte que son action décomposante réside, non pas dans les parties insolubles dans l’eau, mais bien dans celles qui s y dissolvent, et dès lors il doit être plus avantageux de faire usage de là décoction aqueuse, parce qu’elle agit plus énergiquement et pus promptement que la poudre : toutefois je crois utile de laire prencie une certaine quantité de celte poudre délayée dans de l’eau , en attendant que l’on ait pu se procurer de la décoction.
Le thé , les décoctions des bois , des racines et des écorces astringentes, peuvent être employés h défaut de noix de galle ou de quinquina. On doit rejeter les terres, les alcalis, les sulfures alcalins et l’acide sulfhvdrique, médicaments qui, dans ce cas, sont inefficaces et qui peuvent augmenter l’irritation produite pai le poison.
Dès que le médecin pourra supposer que la majeure partie de 1 émélique contenu dans le canal digestif, qu elle ait été ueutialisée ou non, aura été expulsée par les vomissements et par les selles, il devra recourir à l’emploi de liquides doux et diurétiques donnés en abondance, afin d’éliminer par l’urine la portion du poison qui aurait été absorbée et portée dans nos tissus (voy. la formule à la page 369). Ces liquides, s’ils étaient pris dans la première période de l’empoisonnement , auraient l’inconvénient grave de favoriser 1 absorption de
l’émétique en le délayant davantage , s’il avait été donné en dissolution , ou en le dissolvant s’il avait été pris à l’état solide. On peut s assurer, comme je l’ai fait, de l’efficacité de la médication diurétique en empoisonnant comparativement des chiens à peu près de même force, à l’aide de 10 à 12 centigrammes d’émétique pulvérisé, appliqué sur le tissu cellulaire sous-cutané de la partie interne de la cuisse ; ceux des animaux que l’on abandonne à eux-mêmes périssent au bout de trente ou de quarante heures; on guérit au contraire tous ceux (pie l’on parvient à faire uriner abondamment. (Voy. mon Mémoire inséré dans le numéro de septembre 1841 des Archives générales de médecine.)
On devra également prescrire des tisanes mucilagineuscs , des lavements émollients, et des fomentations adoucissantes sur le bas-
t)ES POISONS IRRITANTS.
ventre. Les sangsues et même la saignée générale devront être employées dans les cas où il y aurait constriction au pharynx, ou lorsqu’il s est développé une inflammation de 1 oesophage, des poumons, de l’estomac ou des intestins. L’opium devrait être mis en usage , si les vomissements étaient excessifs, surtout chez les individus d’un tempérament nerveux.
Pendant la convalescence, il importe de recourir il des aliments légers et surtout au lait , dont l’usage devra être prolongé, afin de ne pas surexciter le canal digestif, beaucoup trop disposé , dans ces sortes de cas, à devenir le siège d’une nouvelle irritation.
Recherches médico-légales.
Emétique solide. — Le tartrate de potasse antimonié est composé d’acide tartrique, de protoxyde de potassium et de protoxyde d’antimoine. Il est solide, blanc, en poudre ou cristallisé en tétraèdres réguliers, ou en pyramides triangulaires, ou en octaèdres allongés, d’une saveur styptiqueet nauséabonde. Il estefflorescent. Introduit dans un appareil de Marsh modifié, alors même que la dose est excessivement minime, il fournit du gaz hydrogène antimonié qui, étant enflammé, dépose sur une capsule de porcelaine froide des taches antimoniales dont j’ai donné les caractères à la page 389. Si, au lieu de recueillir l’antimoine sous forme de taches , on veut avoir un anneau métallique , on chauffera le tube à la partie G , 'a l’aide d’une lampe à alcool B (vov. la figure à la page 382), sans avoir préalablement introduit de l’amiante dans le tube; le gaz hydrogène antimonié se décompose avec une telle facilité par l’action de la chaleur, que l’on ne tardera pas h obtenir uu anneau métallique brillant et bleuâtre d’antimoine , tandis que le gaz hydrogène se dégagera par l’extrémité x du tube ; on chercherait en vain à condenser des taches antimoniales sur la capsule E , eu même temps qu’il se forme un anneau , tant la décomposition du gaz est facile et complète, pour peu que la température ait été suffisamment élevée à la partie G. On distinguera sans peine l’anneau antimonial de l’anneau arsenical aux caractères suivants : 1° il se condense précisément à l’endroit même où l’on chauffe le tube, tandis que l’anneau arsenical se trouve à une petite distance de la portion chauffée ; 2” celui-ci peut être promptement déplacé et porté dans les diverses parties du tube, suivant que la chaleur de la lampe est concentrée sur tel ou tel autre point; l’anneau antimonial , au contraire, ne subit aucun déplacement; quand on le chauffe pendant quelques minutes, s’il y a de l’air dans le tube, il s’oxyde peu à peu , et blanchit partout où il a été oxydé , en sorte qn’il semble