DU SULFURE DE MERCURE
demie après, on a Introduit dans le rectum lx grammes de sublimé corrosif réduit en poudre fine. L’ouverture du cadavre n’a été faite qu’au bout de quatre jours. L’altération cadavérique s’étendait seulement jusqu’à trois travers de doigt au-dessus de l’anus ; les membranes musculeuse et séreuse étaient d’un blanc d’albâtre, épaisses et durcies ; la tunique muqueuse offrait des franges roses, comme dans l’expérience lr' p. 577, qui étaient séparées par des portions recouvertes de sublimé corrosif et d un composé mercuriel d’une couleur grisâtre, il y avait encore ici une ligne de démarcation excessivement tranchée entre les portions sur lesquelles le sublimé avait été appliqué et celles qui n’avaient pas été en contact avec lui.
Expérience vc. — Un petit cliien fut pendu à midi. Le lendemain, à onze heures, on introduisit dans le rectum h grammes de sublimé corrosif réduit en poudre fine , et on fit l’ouverture du cadavre le jour suivant, 5 midi , c’est-à-dire vingt-cinq heures après l’introduction de la substance vénéneuse. Il n’y avait d’altération sensible que dans les quatre travers de doigt au-dessus de l’anus; les membranes musculeuse et séreuse étaient blanches comme de la neige , épaisses et dures ; il y avait au-dessus de la tunique interne une couche grisâtre mêlée de points blancs, et formée par du sublimé corrosif libre et combiné ; cette couche grisâtre était tellement adhérente à la membrane muqueuse, qu’il était impossible de détacher l’une sans l’autre : du reste cette membrane offrait la même couleur grise et ne présentait aucune zone rose ni d’un rouge clair.
Expérience vic. — La môme expérience répétée trois fois sur des cadavres humains a fourni des résultats analogues. Nul doute que si l’injection eût été faite quelques minutes après la mort, et même une heure après , lorsque la vie n’était pas encore détruite dans les petits vaisseaux sanguins du rectum , nous n’eussions observé les zones rougeâtres qui , dans cette circonstance, se sont constamment manifestées sur les cadavres des chiens.
Conclusions. — Voyez p. 1x2.
DU SULFURE DE MERCURE (ClNNABBE).
Le sulfure de mercure (cinnabre) est solide ; il paraît violet lorsqu’il est eu fragments; il est au contraire d’un beau rouge quand il est pulvérisé, et porte le nom de vermillon; il peut être obtenu en aiguilles cristallines ; il n’éprouve aucune altération de la part de l’air ni du gaz oxygène à froid; mais si on élève la température, le soufre se combine avec l’oxygène , et l’on obtient de l’acide sulfureux et du mercure. Le fer et plusieurs autres métaux enlèvent le soufre à ce sulfure à l’aide de la chaleur; le mercure se volatilise, et il reste du sulfure de fer ou un autre sulfure métallique. Il est insoluble dan: l’eau.
Expérience i". — Lorsqu’on applique de 2 à h grammes de veruiilloi
sur la cuisse d’un chien, on détermine la mort de l’animal en deux, trois ou quatre jours, sans que la dose de sulfure paraisse influer sur sa promptitude. A l’ouverture du cadavre, on observe les phénomènes suivants : tantôt la membrane muqueuse de l’estomac est blafarde et même noirâtre ; tantôt les plis qu’elle forme sont jaunes et entourés d'une auréole blanchâtre; tantôt enfin les portions qui avoisinent le pylore offrent des ulcérations plus ou moins nombreuses, dont le fond est tapissé de sang caillé, et qui sont semblables aux taches gangréneuses. Les intestins grêles ne présentent aucune altération. On observe quelquefois des rides noires dans le rectum. Les poumons, principalement le gauche, sont quelquefois engorgés par une grande quantité de sang noir. Le cerveau et le cœur n’offrent aucune altération : ce dernier conserve même des mouvements assez réguliers plus d’un quart d’heure après la mort.
Expérience 11e. — A l’ouverture du cadavre d’un chien dans l’estomac duquel on avait introduit 8 grammes de vermillon , on trouva la même intégrité du cœur; mais la plèvre et le poumon étaient évidemment enflammés, et il y avait un épanchement séro-purulent dans la poitrine. M. Smith, à qui j’ai emprunté ces détails, est porté à croire que ce poison agit principalement sur les poumons.