‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 99 sur 107 · EMPOISONNEMENT PAR E’ ACIDE ARSÉNIEUX · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR E’ ACIDE ARSÉNIEUX

Procédé de M. Hugo Reinsch. — Ce procédé consiste h aciduler, par de l’acide chlorhydrique, les liqueurs arsenicales, et à les faire bouillir avec du cuivre métallique, qui bientôt se recouvre d’une couche grisâtre d’arsenic. Une très faible proportion d’arsenic est décelée, suivant Reinsch. Des matières alimentaires, des matières vomies contenant de l’arsenic, peuvent être traitées d’une manière analogue pour y constater la présence de ce corps. On fera bouillir ces matières avec de l’acide chlorhydrique pur, étendu de son poids d’eau; on filtrera ce liquide, et on le traitera par des lames de cuivre. Pour prouver que les lames de cuivre contiennent de l’arsenic, M. Reinsch introduit ces lames dans un tube effilé à l’une de ses extrémités , et il adapte à l’autre extrémité un tube d’un diamètre plus petit. En chauffant le tube avec une lampe h l’alcool, à l’endroit où sont déposées les lames de cuivre , l’acide arsénieux , formé par l’union de l’oxygène de l’air, se sublime et se condense sous forme de petits cristaux brillants, bien reconnaissables. Quand il veut obtenir l’arsenic métallique, M. Reinsch place les lames de cuivre couvertes d’arsenic dans un tube de verre, effilé à l’une de ses extrémités; dans ce tube , il fait passer un courant d’hydrogène pur et sec, et en même temps il chauffe les lames de cuivre; l’hydrogène se combine avec l’arsenic et forme de l’hydrogène arsénié; on enflamme cet hydrogène pour avoir des taches arsenicales, comme cela se pratique dans l’appareil de Marsh. ( Echo du Monde savant , 12 février 18Ù3.)

J’ai voulu savoir quels pouvaient être les avantages et les inconvénients de ce procédé :

Expérience irc.— J’ai fait bouillir pendant une demi-heure 7 grammes de cuivre en lames avec 291 grammes d’un potage gras contenant quelques gouttes de dissolution aqueuse d’acide arsénieux et préalablement acidulé avec l’acide chlorhydrique. Les lames, recouvertes après l’opération , d’une pellicule brunâtre, ont été chauffées dans un tube de verre, comme l’a proposé M. Reinsch , et j’ai obtenu dans une partie du tube un anneau blanc et dans une autre partie un anneau coloré en vert et en brun par du chlorure de cuivre et par de la matière organique ; le premier de ces anneaux offrait tous les caractères de V acide arsénieux , tandis i. 45

(|uc le second ne donnait pas, avec les agents propres à reconnaître cet acide, les réactions qui lui appartiennent.

Expérience 11e. — J’ai fait bouillir, avec des lames de cuivre et de l’eau fortement acidulée par de l’acide chlorhydrique , la moitié du foie d’un chien empoisonné avec 6 déoigrammes d’acide arsénieux : les lames ont acquis un aspect brun, tout en conservant leur brillant. Quelques unes d’entre elles ayant été chauffées dans un tube de verre ont donnéun anneau d’acide arsénieux; d’autres ont été mises dans un appareil de Marsh et ont à peine fourni quelques taches arsénicales.

De nouvelles lames de cuivre ont été placées dans la liqueur à 5 heures du soir., et elles y sont restées toute la nuit : le lendemain elles éiaient brunes et ternes. Chauffées dans un tube de verre, après les avoir lavées, elles ont donné un anneau contenant probablement de l’acide arsénieux, mais renfermant à coup sûr du chlorure de cuivre et de la matière organique; aussi lorsqu’on traitait cet anneau par l’acide azotique et que l’on évaporait le solutum jusqu’à siccité , obtenait-on un produit qui ne fournissait point les réactions arsenicales.

Quelques unes de ces lames ayant été chauffées au milieu d’un courant de gaz hydrogène sec, ont à peine donné trois ou quatre taches dont l’aspect n'était pas arsenical et qui étaient évidemment formées par de la matière organique ; essayées par les réactifs propres à faire reconnaître l’arsenic , il m’a été impossible de constater la présence de ce corps.

D’autres lames ayant été placées dans la liqueur sur laquelle on avait déjà agi deux fois avec du cuivre , se sont comportées exactement comme celles qui y avaient été mises en second lieu ; introduites dans un appareil de Marsh , il ne s’est produit aucune tache.

La portion solide du foie qui n’avait point été dissoute par l’acide chlorhydrique, retenait encore beaucoup d’arsenic, car, après l’avoir bien lavée, si on l’incinérait avec de l’azotate de potasse, elle fournissait une quantité notable de ce métal.

Expérience iii°. — J’ai traité par l’acide azotique plusieurs des lames qui avaient séjourné dans la liqueur, afin de transformer l’arsenic qu’elles pouvaient contenir en arséniate de cuivre insoluble ; j’évaporais la liqueur jusqu’à siccité pour chasser l’excès d’acide azotique, puis je dissolvais dans l’eau l’azotate de cuivre. L’arsénialede cuivre précipité , après avoir été lavé, était introduit dans un appareil de Marsh. Les résultats que j’ai obtenus diffèrent tellement entre eux qu’il me serait impossible de formuler quelque, chose de précis à cet égard : dans certains cas je recueillais un assez grand nombre de taches arsenicales; d’autres fois il s’en produisait moins; eniin, il m’est arrivé de ne pas en avoir du tout. Cependant, lorsque je décomposais cet arséniate par 1a potasse, avant de l’introduire dans l’appareil, je retirais constamment beaucoup plus d’arsenic.

Je crois pouvoir conclure de ce qui précède , que le procédé proposé par M. Reinsch n’a pas, ni à beaucoup près, la valeur que lui

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