‹ Traité de toxicologieChapitre 29 sur 103 · RG RS SE OO EEE RE ER PES ER SR PRET RE RE APR PE EE RE · texte numérisé non relu

RG RS SE OO EEE RE ER PES ER SR PRET RE RE APR PE EE RE

(1) Jai fait voir que ces symptômes nerveux ne se manifestent que ps le cas où le phosphore a subi un grand degré dé division.

(2) Ces expériences ont été faites sur de jeunes coqs et sur des grenouilles (Alibert, Nouveaux éléments de thérapeutique , 3° édit. , t. 1, p. 174).

phosphorique formés, et les empécheront par conséquent de corroder les tissus avec lesquels ils sont en contact.

Si, malgré le traitement que je viens de conseiller, l’inflammation des premières voies se manifestait, ou que le malade fût en proie à des symptômes nerveux alarmants, il faudrait recourir sans délai aux antiphlogistiques les plus puissants.

| Recherches médico-légales.

= Phosphore solide. Le phosphore est un corps solide , incolore ou presque incolore, demi-transparent , légèrement brillant, flexible et mou ; on le coupe facilement avec un couteau, et il présente une cassure vitreuse un peu lamelleuse ; quelquefois il est d’un blanc jaunâtre et moins transparent (1); on trouve aussi dans les laboratoires el dans les pharmacies du phosphore d'un blanc opaque ou d’un rouge vif et également opaque ; celui-ci a été exposé à la lumière solaire, l’autre a été conservé dans l’eau aérée; il a une odeur d’ail très-sensible , et analogue à celle que répand l'acide arsénieux mis sur les charbons ardents ; il paraît insipide lorsqu'il est pur ; son poids spécifique est de 1,840. Si on le met au fond d’une fiole contenant de l’eau et qu’on élève la température, il entre en fusion à 44° 2’ c., et il est transparent comme une huile blanche ; si on le laisse refroidir très-lentement, il conserve sa transparence, et reste sans couleur ; si, au lieu de le faire chauffer dans de l’eau, on le fait fondre au contact de l'air, il absorbe l'oxygène, s'enflamme, dégage beaucoup de calorique et de lumière, et donne naissance non pas à de l’acide hypophosphorique, comme le dit M. Devergie, mais bien à de l'acide phosphorique solide, qui paraît sous forme de vapeurs blanches épaisses , et à de l’oxyde rouge de phosphore. Mis en contact avec l'air à la température ordinaire, le phosphore s’entoure bientôt d’üne vapeur ou fumée blanche, remarquable par la lumière verdâtre qu’elle offre dans l'obscurité; il jaunit, passe ensuite au rouge, et finit par disparaître en se transformant en acide hypophosphorique, L’acide azotique du commerce le transforme en acide phosphorique en lui cédant une portion de l'oxygène qu'il contient. Les huiles le dissolvent, pourvu qu'on élève un tant soit peu la température. La dissolution faite avec l'huile d'olives se trouble considérablement par le refroidisse-

(1) Si javais voulu décrire le phosphore pur et récemment préparé, je n’aurais pas indiqué les diverses nuances de couleur, de transparence, de consistance, etc., parce qu’il se présente toujours de la même manière ; mais comme mon objet est de faire connaître ce corps dans tous les états, j’ai dû signaler les caractères variés qu’il offre. Je crois remplir mieux mon but en agissant ainsi pour tous les poisonse

ment, et acquiert une couleur jaunâtre. L'alcool et l'éther peuvent également le dissoudre. Il n’est pas soluble dans l'eau. ‘h «4

L'eau sucrée, l’infusion chargée de thé, l'infusion alcoolique de noix de galle, l’albumine, la gélatine, le lait, ji bile, etc., ne le en pas non plus à la rniétatons ordinaire. 3 y

Eau dans laquelle a séjourné du phosphore. Le pans ne $€ dissout point dans l’eau; d’où il suit qu’il n’existe point de solution aqueuse phosphorée, comme l’a dit M. Devergie; le liquide dont il s’agil tient en dissolution de l'acide phosphoreux et du phosphure d’hydro: gène produits par la décomposition de l’eau. Il exhale lodeur du phosphore, répand des vapeurs lumineuses dans l'obscurité, et se comporte avec lazotate d'argent comme je vais le dire en parlant Fa l'alcool et de l’éther phosphorés. 4

Alcool et éther phosphorés. Ces liquides offrent une odeur de phos: phore et d'alcool ou d’éther ; lorsqu'on les enflamme, ils brülentà peu près comme s'ils étaient purs, et il se forme, vers la fin de la com bustion, de l'acide phosphorique qui peut se dégager en partie sous forme de vapeurs blanches, mais qui se trouve toujours en assez grande quantité dans la capsule où l’on a fait l'expérieuce pour rougir forte: ment l’eau de tournesol; il peut arriver aussi, lorsque le phosphore est très-abondant el qu’il n’a pas été entièrement converti en acides qu'il y ait un résidu d'oxyde de phosphore rougeâtre. - L'eau versée dans l’alcoo! ou dans lPéther phosphorés en précipite sur-le-champ une poudre blanche ; si on met une petite quantité de ces liquides dans un verre rempli d’eau froide et placé dans un lieu obscur, on aperçoit 4 la surface du mélange des ondes lumineuses et brillantes. Lorsqu'on expose ces liquides à l'air, ils répandent des vapeurs blanches , lumineuses dans l'obscurité; l'alcool, et surtout l’éther, ne tardent pas à se vaporiser en entier, et il reste du phosphore pulvérulent. L’azotate d’argent est précipité par ces dissolutions d’abord en blanc jaunâtre, qui passe au roux clair, se fonce de plus en plus, et finit par devenir noir (phosphure d'argent); si le phosphore est assez abondant, le précipité noir parait de suite.

Acide acétique phosphoré. | Son odeur est à la fois acétique et phosphorée ; s’il est chargé de phosphore , il répand des vapeurs blanches À l'air ; l’azotate d'argent agit sur lui, comme sur alcool et l’éther phos- Dhs

Huile et pommade phosphorées. Elles chalet une odeur de° phosphore et répandent des vapeurs blanches à l air, si la dose de phosphore esl assez considérable ; l’azotate d'argent se comporte avec elles comme avec l’alcool et l’éther phosphorés : si on les fait bouillir perdant quelques minutes avec de l'alcoal, on ébtiens de l'alcool phosphoré. Leur

DÜ PHOSPHORE, 95 consistance et leur aspect peuvént encore servir à les faire reconnaître. Pâte phosphorée, dile mort-aux-rats. Cette pâte , étendue en couches légères sur des tranches de pain très-minces , tue promptement les rats, les souris , les mulots, etc., qui la mangent avec avidité; quand elle a été hachée avec des vers, elle détruit parfaitement les taupes, les loirs, les grillons , etc. ‘On la prépare avec 20 grammes de phosphore, 400 d'eau bouillante , 400 de farine de blé, de seigle ou de sarrasin , 400 de suif fondu , 200 d'huile de noix, et 250 de sucre en poudre. On peut la colorer avec du noir de fumée.

Elle est d'un gris blanchâtre et d’une odeur alliacée. Éparpillée sur une plaque de fer chaude, elle s’enflamme dans certains points, ce qui tient à la combustion de quelques parcelles de phosphore qui absorbent Poxygène de l'air et donnent des vapeurs blanches d'acide phosphorique. Si on la chauffe pendant quelques minutes avec de lalcool marquant 42 degrés , celui-ci dissout du phosphore et du sucre : en effet , la liqueur alcoolique filtrée précipite en blanc par l’eau (phosphore divisé) et en noir par l’azotaie d'argent; si on l’enflamme dans une petite capsule et qu’on laisse brüler tout l'alcool, on voit que la flamme a la couleur jaune de celle de l'alcool phosphoré, et que le liquide restant, de consistance sirupeuse , offre la saveur douce d’un mélange de sucre de canne et de glucose, et une réaction acide due à l’acide phosphorique qui s’est formé. Si, après avoir précipité la dissolution alcoolique par l’eau pour en précipiter le phosphore, on filtre, et que l’on fasse évaporer la liqueur, on obtient du sucre.

En traitant celte pâte par l’eau distillée froide , le noir de fumée avec lequel elle avait pu être colorée vient à sa surface ; on voit au fond du verre quelques parcelles de phosphore ; la couche intermédiaire est d’un blanc grisâtre et comme glutineuse.

Si on la fait bouillir avec de l’eau distillée, on obtient un liquide p4teux, d'un blanc grisâtre ou noir si la pâte a été colorée par du noir de fumée , au fond duquel on aperçoit cà et là, surtout après le refroidissement, des parcelles de phosphore; pendant l’ébullition, la portion de pâte non immergée, celle qui reste collée au goulot de la fiole, brüle avec une flamme jaune verdâtre , et l’intérieur de la fiole est rempli de vapeurs blanches d'acide phosphorique, dues à la combustion du phosphore, qui vient s’enflammer à la surface du mélange. Si on filtre le liquide pâteux, il passe lentement ; il est incolore, d’une saveur sucrée, et donne avec l’eau iodée la réaction bleue violette que produit l’amidon.

Dans une expérience faite sur un chien par MM. Lassaigne, Chevallier et Duchesne, l'animal avait pris un breuvage composé d’eau miellée dans laquelle on avait mêlé quatre grammes d'une pâte farineuse phos-

phorée contenant deux grammes de phosphore; il eut des vomissements, des tremblements, elc., et mourut le cinquième jour. I fut reconnu que la membrane muqueuse de l'estomac et des intestins était fortement enflammée , que le premier de ces viscères renfermait une petite quantité d’un liquide jaunâtre biliaire très-alcalin, contenant plus de phosphate alcalin qu’il n’y en a dans la même quantité de bile à l’état normal ; du reste, il fut impossible de retirer la moindre parcelle de phosphort des tissus de ce canal. La matière des vomissements, après cinq jour d'exposition à l'air, frottée dans l'obscurité, brûlait comme les sub: stances phosphorées ; l’éther sulfurique pur dissolvait une portion dt phosphore qu’elle contenait ; l’eau acidulée par l'acide sulfurique, à le température de lébullition, en séparait du phosphore impur; enfins par un courant de chlore gazeux, on transformait le phosphore en acide phosphorique. (Gazette des hôpitaux, numéro du 6 avril 1850.)

Pâte phosphorée étendue sur une assiette et examinée après un séjou de deux mois à l'air. Son odeur est à peine alliacée. Éparpillée sur une plaque de fer chaude, elle ne s’enflamme pas ; du reste, elle se compont avec les autres agents comme la pâte récente {voyez p. 95 }, si ce n’esl qu'en la {railant par l’eau, on n’apercoit que difficilement quelque parcelles de phosphore. Évidemment, par son exposition à l'air, ce corps tend à se transformer de plus en plus en acide hypophosphorique.

Allumettes phosphoriques (dites allemandes). Ges allumettes son préparées avec des allumettes ordinaires soufrées, recouvertes d’ur mélange de phosphore, de chlorate de potasse et de gomme, et dut vernis qui empêche l’oxydation du phosphore; le plus souvent, elles sont colorées par du cinabre (sulfure de mercure). I suffit, pour leur faire prendre feu, de les frotter contre un corps dur et rugueux ; on voit alors le snbite brûler avec une flamme jaune. | : 4

Si l'on traite par l’éther légèrement chauffé les extrémités enduites de ce mélange, l’éther dissout du phosphore et peut être reconnu aux Car ractères indiqués à la page 94. L'alcool agit de même.

L'eau bouillante dissout la dextrine, qui est le résultat de l'aliératiol subie par la gomme, et laisse précipiter, en se refroidissant, du phosphore, du soufre et du cinabre ; pendant l’ébullition , les particules du phosphore viennent nager sur l’eau et brülent en donnant des va peurs d'acide phosphorique.

Pour démontrer la présence du chlorate de potasse, on agit sur une assez forte proportion d’allumettes ; on les épuise par l’éther et par l'alcool, qui dissolvent le phosphore la dextrine et l’acide phosphorique qui s’est formé pendant le traitement, puis on les fait bouillir avec de l’eau distillée ; le soufre et le cinabre ne sont pas dissous, en sorie que la PA tal ne contient guère que du chlorate de runs on filtre,

| el la dissolution, évaporée jusqu'à siccité, donne le chlorate solide. Phosphore dans le canal digestif et dans les matières des vomisse- | ments. On examine atlenlivement s'il n’exisle pas des morceaux de | phosphore solide et rougeätre ; en cas d’affirmative, on les lave avec de | l’eau distillée, on les pèse, et on Les conserve sous l’eau dans un petit | tube. Les matières vomies ou celles qui sont contenues dans le canal | digestif sont passées à travers un linge fin ; on recherche le phosphore | dans la portion liquide, comme il a été dit en partant de l’eau, de l’al- | cool et de l’éther phosphorés. On reconnattra le phosphore dans les portions solides aux caractères suivants : 1° elles pourront exhaler une | odeur de phosphore ; 2° elles pourront répandre des vapeurs à l'air ; | 3%riturées avec de l’azotate d'argent dissous, elles passeront d’abord ET roux, puis au brun et au noir; si la pâte ne renfermait qu’un mil- | lième de son poids de phosphore, il faudrait attendre plusieurs heures | avant qu'elle devint rousse ; 4° étendues et éparpillées sur une plaque de | fer préalablement chauffée, elles se décomposeront, le phosphore brû- Liera avec une flamme jaune en produisant une fumée blanche d’acide | phosphorique, et l’on apercevra çà et là des points lumineux au milieu | du mélange. On peut constater ce phénomène sur une pâte alimentaire qui ne renferme qu'un millième de son poids de phosphore,

Ces caractères , plus que suffisants pour déceler le phosphore dans le | cas dont je parle, doivent être préférés à celui qui a été indiqué par plusieurs auteurs, et qui consiste à exprimer sous l’eau chaude la pâte phosphorée renfermée dans un nouet fait avec une peau de chamois ; on léprouve, en effet, trop de difficulté à faire passer à travers la peau quelques atomes de phosphore, parce que celui-ci se trouve fortement retenu

par la pâte. Dans une expérience de ce genre faite avec un mélange d’une partie de phosphore pulvérisé et de neuf parties de pain mouillé, méange très-riche en phosphore, j'ai à peine pu faire passer à travers la peau une ou deux petites particules de phosphore.

| Phosphore transformé en acides hypophosphorique où phosphorique. S'il n'existait plus de phosphore dans le canal digestif, parce qu’il aurait été transformé en acides phosphorique ou hypophosphorique, il faudrait conslater la présence de ces acides. |

Action sur l’économie animale.

Exeériences. — À midi, On fait avaler à un chien de moyenne taille 8 grammes, d’iode ; immédiatement après, l'animal a eu Ja bouche pleine H'écume jaunâtre , et a fait des mouvements de déglutition souvent répétés, À trois heures, il n'avait encore eu aucune évacuation ; à cinq heures, il a

eu une selle peu abondante, composée de matières solides teintes en jaune, et d’une matière pâteuse bleuâtre, dans laquelle on pouvait distinguer une portion de la substance vénéneuse ingérée. Gelle matière avait l'odeur de l’iode; desséchée et exposée à l’action du calorique, elle a exhalé une belle vapeur violette, eta fourni à la sublimation deux grammes delames cristallines bleuàtres formées par l’iode. A six heures, l'animal à vomi une très-petite quan tité de matières molles , d’une couleur jaune assez foncée; ces vomissements ce sont renouvelés dix minutes après; il avait lair un peu abattu , et ne poussait aucun cri plaintif. Le lendemain (deuxième jour), il a refusé les aliments et les boissons; il était couché sur le ventre, et il respirait sans difficulté; ses mouvements étaient parfaitement libres. Le troisième jour, il à continué à être abattu ; les battements du cœur étaient très-fréquents, et il n’a pas voulu prendre de nourriture. À six heures du soir, il à eu une nouvelle selle, dans laquelle il a été impossible de découvrir la moindre trace d’iode. Le quatrième jour, il a refusé de prendre du lait; il avait le hoquet de temps en temps, et n’offrait d'autre symptôme remarquable que l'abattement. Dans Ja nuit du septième jour, il a eu une nouvelle selle, et il a expiré deux heures après, sans avoir présenté aucun signe de paralysie, ni de convulsions, ni de vertige. |

L’estomac était vide et contracté ; sa face interne était couverte d’un enduit muqueux , épais, extrêmement tenace, et de couleur jaune; la mem= brane muqueuse présentait, vers le cardia , sept ou huit ulcères étendus en lignes qui formaient entre elles des angles; ces ulcères, bordés d’une auréole jaune, dépendaient de l’action que l’iode avait exercée sur les bords libres des plis de la membrane muqueuse : en regardant ces parties ulcérées , à travers le jour, les endroits dénudés offraient une transparence bien manis feste. On remarquait, vers le grand cul-de-sac de estomac, quelques taches d’un jaune clair, et d’autres d’un jaune clair tirant sur le brun: ces taches, frottées légèrement avec le manche d’un scalpel, s’enlevaient facis lement; il en était de même de la membrane muqueuse, avec laquelle elles faisaient corps. Près du pylore, on voyait un très-grand nombre de plis, dont les bords libres étaient fortement teints en jaune, tandis que leurs parties latérales étaient dans l’état naturel. A peine étendait-on ces plis; que la membrane muqueuse se déchirait : ee qui prouve qu’il y avaitun come mencement d’ulcération, La portion la plus voisine du pylore était d'un vert foncé, sale. Lorsqu'on enlevait. l'enduit coloré qui recouvrait les tus niques dans cet endroit, on voyait que la membrane muqueuse était en» flammée dans toute son épaisseur. La tunique musculeuse correspondant à cette partie était également phlogosée; l'intérieur de tous les intestins grêles était enduit d’une mucosité jaune mêlée de sang, et très-abondantes

Les poumons, resserrés sur eux-mêmes, étaient crépitants. Le foie, HA rate et la vessie, paraissaient être dans l’état naturel.

Ge:te expérience, répétée avec 5 grammes d’iode , a amené la mort d’un chien de moyenne taille à la fin du cinquième jour. Les symptômes et les lésions de tissu ont été à peu près les mêmes que dans l'expérience 1°$.

Dans deux autres expériences, j'ai lié l'œsophage à des chiens, après

avoir fait prendre à l’un 7 grammes, et à l’autre 12 grammes diode ; le premierest mort au sixième jour, et l’autre au bout de trente et une heures. A l'ouverture des cadavres, j'ai trouvé des altérations semblables à celles que j'ai décrites dans l'expérience 1"°; seulement elles étaient beaucoup plus intenses chez l'animal qui avait vécu six jours. Ces expériences répétées sur d’autres chiens ont fourni des résultats analogues. | |

Expériences. — 1° Si Von n’administre aux chiens que 3 ou 4 grammes d’iode sans lier l'œsophage, les animaux ne périssent pas ex général: ils font des mouvements de déglutition, et ils vomissent, au bout de quelques minutes , des matières molles, teintes en jaune , dans lesquelles on retrouve une partie de l’iode. Ces vomissements se renouvellent une ou plusieurs fois dans les premières minutes qui suivent l'introduction de la substance véné. neuse dans l'estomac. Une ou deux heures après, les animaux paraissent souffrir ; ils ont le hoquet, et continuent à faire des mouvements de déglutition; ils restent couchés sur le ventre. Quelques jours après, ils sont par- faitement rétablis, et dévorent les aliments qu’on leur donne.

2° Lorsqu'on faitavaler à des chiens de moyenne tailie, à Jeun , 4 grammes d'iode dissous dans 60 grammes d'alcool à 36 degrés de l’'aréomètre » Ct qu'on lie l’æsophage sans le percer, les animaux éprouvent aussitôt les symptèmes de l'ivresse la plus prononcée, et meurent au bout d’une ou deux heures dans un état de grande prostration. À l'ouverture des cadavres, faite le lendemain , on trouve l'estomac d’un jaune bistre , durci et.comme tanné. Si l'on fait bouillir le foie, la rate, les reins, le cœur et les poumons, pendant deux heures environ, avec de l’eau distillée et 1 gramme de potasse, on obtient un liquide jaune foncé ou brun, qui, étant filtré et traité comme il sera dit plus bas, fournit de l'iode. On en recueille également de Purine , en suivant le même procédé.

3° Si, au lieu d'agir ainsi, on fait prendre aux chiens un mélange de 200 grammes d’eau etde 1 gramme d’iode dans 40 grammes d’alcool à 36 degrés mélangé d'autant d’eau , les animaux ne tardent pas à tomber dans un, état d'ivresse qui fait des progrès rapides , et meurent dans l'abattement cinq ou six heures après. Si, immédiatement après la mort, on ouvre les cadavres, et que lon traite le foie, la rate, les reins, etc., comme je le dirai bientôt, on acquiert la certitude que ces viscères contiennent de l’iode.

4° Lorsqu'on fait une plaie sur le dos des chiens de moyenne {aille , qu'on la saupoudre avee 4 ou 5 grammes d'iode , et qu’on réunit les lambeaux par deux points de suture, a peau jaunit tout à coup, et les animaux ne paraissent point incommodés. Le lendemain , ils mangent comme à l'ordinaire. Trois ou quatre jours après, la surface de Ja plaie offre une couche d’un blanc jaunâtre , assez épaisse, et moins apparente que dans les portions sous-jacentes, qui sont rouges et très-enflammées. Au bout de six. où sepbjours ; les animaux se portent à merveille, |

Oeservamon Fe. — Schmidt a administré, pendant plusieurs jours, de 5 à 15 centigrammes d’icde, et à remarqué les effets suivants : amaigrisse-

ment , abattement, appétit vorace, soif, fièvre, insomnie , fréquence du pouls, toux sèche, quelquefois enflure des jambes, excitation des organes génitaux, pertes utérines chez quelques femmes. à

Ossenvarion IL. — Coindet et Hufeland, indépendamment de ces acci- -dents, ont vu les organes glanduleux , et particulièrement les seins, diminuer de volume, et la graisse fondre. J’ai fait la même remarque. Rust cite un fait analogue. M. Devergie, au contraire, prétend que, sous influence de 3 ou 4 centigrammes d’iode, l’amaigrissement diminue , et qu’il a vu plusieurs scrofuleuses dont les seins augmentaient d’une manière sensible; il ajoute cependant que, dans certaines circonstances , l'appétit était moindre, qu’il y avait du malaise, et parfois de la fièvre.

Ossenvarion III, — Les vapeurs d’iode ont déterminé deux fois de violentes coliques chez M. Chevalier, et M. Lugol a remarqué que la vapeur qui s’exhalait des bains iodés pouvait produire l'ivresse avec congestion cérébrale.

Onsenvariox IV. — Désirant connaître les effets de l’iode sur l’homme, j'en ai avalé 10 centigrammes à l’état solide, étant à jeun : une saveur horrible et quelques nausées sont les seuls accidents que j’aie éprouvés de la part de cette substance vénéneuse. Le lendemain matin, j'ai pris 20 centigrammes du même corps : j'ai ressenti sur-le-champ une constriction et une chaleur à la gorge qui ont duré pendant un quart d'heure, et je n’ai point tardé à vomir des matières liquides jaunâtres, dans lesquelles on pouvait aisémentgeconnaître Piode ingéré. Je n’ai pu découvrir aucun chan-

gement sensible dans la manière dont s’exerçaieut les fonctions, si ce n’est.

que j'ai éprouvé une légère oppression pendant le reste de la journée. Le surlendemain matin, j'ai avalé à jeun 30 centigrammes de cette substance vénéneuse : aussitôt après, chaleur, constriction à la gorge, nausées, éructations, salivation et épigastralgie; au bout de dix minutes, vomissements bilieux assez abondants, coliques légères qui ont duré pendant une heure, et qui ont cédé à deux lavements émollients. Le pouls, qui ne donnait avant l'expérience que soixante-dix pulsations par minute, est devenu plus fré-

quent, et s’est élevé à quatre-vingt-cinq ou quatre-vingt-dix pulsations ;*

il était aussi plus développé. La respiration s’exerçait assez librement : de temps en temps cependant, il me semblait, dans le moment de l'inspiration , que j'avais à vaincre une grande résistance pour parvenir à amplifier Ja poitrine; la chaleur de la peau me paraissait un peu plus forte qu’à l'ordinaire; l'urine, plus colorée, se comportait avec les réactifs chimiques comme celle que j'avais rendue avant lintroduction du poison. Une abondante boisson d’eau de gomme et des lavements émullients ont fait disparaître tous ces symptômes. Le lendemain , je n'éprouvais plus qu’une légère fatigue. OsservaTion V.— Dans un cas, l’iode occasionna des douleurs sous la région du foie, de l'amaigrissement , une fièvre quarte, de la diarrhée, une faiblesse extrême, une grande diminution du foie, et une mort lente

(3. de Rust, Magazin fur die gesamnite Heilkunde, tome XXH, p. 291.)

Ossenvarion Vi, — Gardner dit avoir vu dans un cas mortel le foie notablement diminué de volume, D'après le même auteur, un enfant de quatre

ans mourut peu d'heures après avoir bu environ 1 gramme 30 centigrammes de teinture d’iode. (Essai on the effects of iodine, p.20 ; 1824.)

OsservarTion VII. — 10 grammes de teinture d’iode ont déterminé une grande sécheresse depuis le pharynx jusqu’à l’épigastre, des douleurs atroces dans l'estomac, et de vains efforts pour vomir. Au bout d’une heure, la face était animée, le pouls serré, petit et concentré ; le malade éprouvait des mouvements convulsifs. Ces symptômes ont cédé en neuf heures à l’eau tiède, prise de trois en trois minutes, qui a provoqué des vomissements, et aux opiacés. (Journ. de chim. médicale , tome IV, p. 216.)

Osservarion VIII. — La teinture d’iode occasionna une violente douleur de ventre, des vomissements, une diarrhée sanguinolente, la pàleur de la peau, un refroidissement général, des mouvements convulsifs des yeux, et de la fréquence du pouls (Jahn, de Meningen, Horn's Axehir, fur medizinische Erfahrung , tome I, p. 340 ; 1829).

Osseryarion IX.— Un malade, après avoir pris de fortes doses d’iode pendant un mois, éprouva une chaleur brülante à la peau, des tremblements, des palpitations, des syncopes, un sentiment de brülure le long de l'œsophage, et des selles fréquentes de matières noires et bilieuses; le pouls était très-petit. La mort survint au bout de six semaines. (Zinc, Journ. complémentaire, tome XVII, p. 126.)

Symptômes et lésions de tissus produits par liode.

Les symptômes observés dans les cas d’empoisonnement par l'iode peuvent être réduits aux suivants : vomissements, selles, douleurs plus ou moins vives dans un ou plusieurs points du canal digestif, soif en général ardente , bouche pâteuse, agitation, palpitation , tremblements, mouvements convulsifs , syncopes ; quelquefois on remarque aussi des éructations violentes , des pertes utérines, etc.

L'usage prolongé de l'iode, même à la dose de { ou 2 centigrammes par jour, développe quelquefois tout à coup, et sans que l’on s’y attende, des évacuations fréquentes par haut et par bas, des douleurs épigastiques , des crampes ; le pouls est petit et fréquent, et l’amaigrissement fait des progrès rapides. Ces symptômes, d’une durée variable. reparaissent quelquefois, sinon tous, du moins quelques-uns, au bout d’un certain temps.

Il est bon de noter cependant que l’on a vu souvent des individus prendre en peu de temps jusqu’à 54 ou 55 grammes de teinture d’iode (10 centigrammes ou 1 gramme par jour) sans en être incommodés (Johnson’ Preface 10 his translation of Coindet on iodine, p. 9). M. Magendie dit en avoir avalé une fois { gramme 30 centigrammes sans en avoir éprouvé d'effet nuisible.

Les lésions cadavériques sont exactement résumées , en ce qui con-

cerne les chiens, dans l'expérience 1"° (voyez page 98); aussi me dis= penserai-je de les reproduire ici. Quant à l’homme, M. Zinc a constaté une fois que les intestins étaient boursouflés, fortement enflammés çà et là, et presque gangrenés ; l’estomac , rouge à l’intérieur, était excos rié dans l’étendue de 6 centimètres carrés ; sa membrane séreuse était détachée dans une étendue de 6 à 9 centimètres. Le foie était plus vo= lumineux et dune couleur lilas très-clair.

Il résulte de tous ces faits : 1° que l’iode solide, introduit dans l’estomac en pelile quantité, agit comme un léger excitant, et détermine le vomissement ; 2° qu’à la dose de 4 grammes, il fait constamment pé= rir, en quatre ou cinq jours, les chiens dont on a lié l’æsophage, et qu’il produit lentement des ulcérations sur les points de la membrane muqueuse avec lesquels il a été en contact ; 3° qu’à la dose de 8 à 42 grammes, lorsqu'on n’a point lié l’œsophage, il agit de mêmeé sur les animaux, qui ardent plusieurs heures à vomir, quand mème une partie du poison aurait été expulsée par les selles ; 4° qu’il produit rarement la mort lorsqu'il a été administré à l’état solide à la dose de 4 à 8 grammes, et que les animaux le rejettent peu de temps après par des“ vomissements réitérés ; 5° qu’il ne détruit point la vie lorsqu'on Papplique à l'extérieur, quoiqu'il détermine des éruptions, la vésication , etc.; 6° qu’il est absorbé, puisqu'indépendamment des expériences qui nous sont propres et qui établissent sa présence dans les viscères , il a été trouvé dans l’urine, dans la sueur, dans la salive des hommes ou des animaux, par MM. Wæhler, Cantu Bennerscheïdt et O’Shaugnessey ; 7° que les effets funestes de la teinture d’iode sur les chiens dépendent surlout de l’action de l'alcool qu’elle renferme; &o qu'après avoir été absorbé, liode excite particulièrement le système lymphatique et les organes de la génération ; 9° qu'il paraît agir de la méme manière sur l’homme et sur les chiens ; 40° qu’il ne faut tenir aucun compte des assertions de M. Magendie, concernant l’innocuité de’ l’iode.

Traitement de l’empoisonnement par liode.

On provoquera le vomissement à l’aide de l’eau tiède albumineuse, donnée en abondance, puis on administrera une légère décoction .d’amidon ; des lavements amidonnés seront également indiqués; enfin on combattra, par les antiphlogistiques et les calmants, les symptômes de gastro-entérite qui pourraient se manifester.

Recherches médico-légales.

L’iode est solide , en petites lames d’une couleur bleuâtre , d’un éclat mélallique, d'une faible ténacité, ayant l'aspect de la plombagine (mine

à crayon), où cristallisé en octaèdres ou en dodécaèdres; il jaunit sur-le-champ le papier blanc ou la peau sur lesquels on le place; son odeur est analogue à celle du-sulfure de chlore liquide; son poids spécifique est de 4,946. Si on le chauffe, il se vaporise en répandant des vapeurs violettes très-belles , qui se condensent par le refroidissement , et donnent les lames cristallines dont j’ai parlé. I communique à l’eau une légère teinte jaune d’ambre, et ne se dissout qu’en très-petite quan- “té (7 parties sur 1,000). IL est plus soluble dans l'alcool, avec lequel il forme la teinture d’iode. |

Si l’iode ne se volatilisait pas en entier étant chauffé, ou qu’il ne se dissolvit pas complétement dans alcool , c’est qu’il serait mélangé de charbon, de fer, de sulfure de plomb ou de bioxyde de manganèse, etc., substances avec lesquelles on l’a quelquefois falsifié. TL faudrait, pour reconnaître ces fraudes, après avoir dissous tout l’iode dans lalcool, constater les caractères de chacune des substances indiquées.

Eau iodée. Liquide jaune tirant plus ou moins sur le rouge clair, odorant comme l’iode, colorant en violet l’'amidon dissous ou délayé dans l'eau, perdant celui-ci sous forme de vapeurs violettes , et se décolorant lorsqu'on le chauffe, se décolorant aussi par la potasse ou par le sulfure de carbone liquide (liqueur de Lampadius). Versez deux ou trois gouttes de celui-ci dans un tube contenant de l’eau iodée , et agitez: le sulfure occupera bientôt le fond du tube, et sera d’un violet clair ; décantez le liquide incolore surnageant, et mettez le sulfure restant dans ‘une capsule ; par la simple exposition à l'air, le sulfure se volatilisera en quelques minutes, en laissant de l’iode.

Alcool iodé ou teinture d’iode. Liquide brun rougeâtre , d’une odeur à la fois alcoolique et iodurée, décomposable par l'eau, qui en sépare liode, à moins qu’il ne soit trop étendu , se comportant avec la chaleur, la potasse et l’amidon , comme l’eau iodée,

Médicaments solides contenant de l’iode (pilules, pastilles, ete.). Ils peuvent répandre l'odeur diode ; macérés pendant quelque temps avec de l'alcool concentré, ils peuvent céder à celui-ci une partie ou la {otalité de l'iode, et la dissolution alcoolique colorera l’amidon en violet. Si l'alcool ne dissolvait pas de l’iode , il faudrait recourir au procédé dont je vais parler.

Tode mélé au vin, au café, à un sirop, à des liquides alimentaires , ou bien faisant partie des matières vomies ou de celles que l’on trouve dans le canal digestif après la mort. — On filtre ces liquides. S'il y a de l'iode à l’état solide, il reste sur le filtre, et on le reconnaît aux caractères précédemment indiqués. Si l’iode est en dissolution, il pourra déjà s’être transformé en acide iodique, et surtout en acide iodhydrique que l’amidon seul ne décèlerait pas. Dans ce cas, si la matière suspecte

est liquide et peu colorée, on la chauffera dans une cornue de verte, 4 laquelle on aura adapté un tube qui viendra se rendre dans une éprouvette entourée de glace ou d’eau froide , et dans laquelle on aura mis de l’eau amidonnée ; après quelques minutes d’ébullilion, on apercevra des vapeurs violettes dans la cornue et une coloration bleue de l’amidon, qui pourrait ne pas se manifester, si l’éprouvette n’élait pas refroidie; quelquefois mème l’iode cristallisera dans un point quelconque de la cornue. On s’assurera que la matière bleue est composée d’iode et d’amidon : 1° en en délayant une certaine quantité dans de l’eau , après l'avoir laissée égoutter sur un filtre et en la chauffant à 80° ou 90° centigrades dans un tube; elle se décolorera et redeviendra bleue ou violette à mesure qu'elle se refroidira; 2° en en agitant une autre portion dans un tube de verre, avec de l’eau , du sulfure de carbone et de l’acide azotique concentré; bientôt après, on verra au fond du tube le sulfure de carbone coloré en rose ou en violet.

Que si la proportion d’iode contenu dans la liqueur suspecte était beaucoup trop faible pour donner ces résultats, il faudrait suspendre l’opération après quinze ou vingt minutes d’ébullition , laisser refroidir la liqueur, et chauffer de nouveau après avoir ajouté au liquide/de la. cornue du chlore liquide, goutte à goutte, jusqu’à ce que la liqueur ait atteint une teinte rosée ou jaunätre, indice de l'existence de l’iode. Si lon versait le chlore sur le liquide bouillant, le chlore gazeux se dégagerait avant d’avoir réagi sur le composé iodé qu’il peut contenir ; d’un autre Côté, si l’on employait un excès de chlore liquide, l’iode précipité serait redissous par ce chlore et ne serait plus volatilisé. Voilà pourquoi j'ai dit, plus haut, que ce procédé n’était applicable qu’au cas où le liquide est peu coloré; en effet, si la liqueur de celui-ci était foncée, l'opérateur ne pourrait plus juger, d’après la teinte rosée où rougedtre dont j'ai parlé, s’il avait ajoulé ou non une trop grande quantité de chlore. “ea |

Si la matière suspecte est fortement colorée, M. Lanaux, aide de chimie à la Faculté, conseille avec raison de la dessécher dans une cornue qui se rend dans un récipient; de celui-ci part un tube qui va dans une éprouvelle contenant de l’eau amidonnée, et qui est entourée de glace ou d’eau froide. La malière , une fois séchée, est additionnée d’un sixième de son poids d’acide sulfurique pur et concentré, puis on chauffe; il se dégage aussitôt des vapeurs violettes d’iode qui ne tardent pas à disparaître, sans qu'il se condense de l'iode et sans qu’il en arrive ni dans le récipient, ni dans l’éprouvelte contenant de l’eau amidonnée; cela tient à ce que, par suite de La décomposition de l'acide sulfurique, il s’est produit du gaz acide sulfureux, lequel réagissant sur la vapeur d'eau et sur l'iode , a donné naissance à de l'acide sulfurique

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