DES AUTRES PRÉPARATIONS ANTIMONIALES
Les hypoantimonites, les antimonites , les antimoniates , l’antimoiïne diaphorétique lavé et non lavé, la matière perlée de Kerkringius, le foie d’antimoine, le safran de mars ou crocus metallorum, etc. , sont autant de préparations vénéneuses contenant toutes une plus ou moins grande quantité d’un composé d'oxygène et d’antimoine uni à d’autres matières.
On peut extraire l’antimoine métallique de ces diverses préparations en les introduisant dans un appareil dit de Marsh ; on pourrait encore en extraire l’antimoine en les chauffant à une température rouge avec du charbon dans un creuset; on pourrait aussi les traiter par l'acide chlorhydrique bouillant , afin d'obtenir du chlorure d’antimoine, qu'il serait aisé de reconnaître; la présence de ce métal suffit seule pour prononcer dans un cas d’empoisonnement. Je ne m’étendrai pas davañtage sur l’histoire de ces préparations, dont la plupart sont bannies aujourd’hui de la matière médicale, et qui sont rarement, pour ne pas dire jamais, l’objet des tééhetônes médico-légales. |
DES VAPEURS ANTIMONIALES,
Fi Les individus exposés à l’action des vapeurs antimoniales éprouvent une grande difficulté de respirer, un serrement à la poitrine, accom= pagné d’une toux plus ou moins sèche, et qui n’est souvent que le prélude d’une hémoptysie; ils sont sujets à des coliques et au dévoiement. Fourcroy parle de cinquante personnes chez lesquelles tous ces symptômes se développèrent dix ou douze heures après avoir respiré les vapeurs du sulfure d’antimoine qu’on avait fait détoner avec du nitre. M. Lohmerer a vu quatre individus qui étaient fréquemment exposés à. des émanations anlimoniales, dans un établissement où l’on préparait'en grand du tartre stibié, du beurre et du verre antimonié, où l’on fondait de la poudre d’Algaroth ; et où il se dégageait surtout des vapeurs d'acide anlimonieux, d’acide antimonique et de chlorure d’antimoine. IL a observé les symptômes suivants : douleurs de tête, difficulté"de respirer, point de côté et douleur pongitive dans le dos, râle muqueux et sifflement dans la poitrine, expectoration difficile de quelques gru= meaux tenaces, insomnie, sueurs abondantes et abattement général, anorexie , diarrhée , dysurie avec écoulement de mucosités causant un sentiment de brûlure dans l’urèthre, flaccidité de la verge , dégoût du
DE L'ÉMÉTINE. 651 coït, et même impuissance complète; pustules sur différentes parties du corps, mais principalement sur les cuisses et sur le scrotum ; douleurs dans les testicules, atrophie de ces organes ainsi que du pénis. (Journal de chimie médicale, année 1840 , p. 629.)
ÏL n’est pas douteux que l’action prolongée de ces vapeurs ne puisse amener la mort; mais il n’est pas encore démontré que les accidents dont il vient d’être fait mention ne soient dus, en partie du moins, aux vapeurs arsenicales que fournissent la plupart des antimoines du commerce, lorsqu'ils sont chauffés ou traités par quelques agents énergiques.
M. Lohmerer conseille les antiphlogistiques, le lait, et plus tard l’opium , le tannin, et surtout le quinquina à l’intérieur et en lotion.
DE L'ÉMÉTINE.
Les nombreux rapports qui existent entre les symptômes et Les lésions de tissu développées par le tartre stibié et l’émétine n'engagent à placer ici l'histoire de cette substance alcaline, découverte par Pelletier dans lé cephælis ipecacuanha, dans Le psycothria emetica, el dans le vio/a emelica.
L'émétine pure est composée d'oxygène, d'hydrogène, de carbone eb d'azote ; elle est pulvérulente, d’un blanc quelquefois jaunâtre , légèrément amère et très-peu soluble dans l’eau, quoiqu’elle se dissolve plus facilement que La morphine et la strychnine. Elle est très-fusible et seliquéfie vers le 50° degré du thermomètre centigrade. Mise sur les charbons ardents, elle se tuméfie, se décompose, et laisse un charbon très-léger et spongieux. Exposée à l’air, elle s’y colore légèrement sans éprouver d'autre altération; elle se dissout très-bien dans l'alcool, et dissolution ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Elle est peu soluble dans l’éther. Tous les acides minéraux la dissolvent, ébforment des sels dont la noix de galle précipite des flocons abondants d'un blanc sale,
“La substance décrite sous le nom d’émétine, en 1817, par MM. Pellelier et Magendie , est composée d’émétine, d’un acide et d’une matière Colorante. Administrée à la dose de 5, 10 ou 15 centigrammes , elle dététmine des vomissements plus ou moins violents. Introduite dans l’estomac des chiens depuis 30 jusqu’à 50 centigrammes , elle commence pâr occasionner des vomissements qui se prolongent plus ou moins, et auxquels succède un état d’assoupissement ; au boul de douze ou quinze heures , les animaux succombent , el l’on découvre, comme avec l’émétique, une violente inflammation du tissu propre du poumon et de la
membrane muqueuse du canal digestif, depuis le cardia jusqu’à l'anus. On observe des effets pareils lorsque l’émétine dissoute dans une petile quantité d’eau est injectée dans la veine jugulaire, dans la plèvre, dans l'anus, ou dans le tissu des muscles. M. Magendie pense que l'émétine pure est trois fois plus active que celle dont je parle.
Le meilleur moyen de s’opposer aux effets vénéneux de ces substances consiste à faire prendre une légère décoction de noix de galle, qui à la propriété de la décomposer (Recherches chimiques et physiologiques sur lipécacuanha, par MM. Magendie et Pelletier ; Journal de pharmacie è 1817 , n° 4). di
La violette (viola odorata de L.) renferme dans toutes ses parties, et notamment dans la racine, d’après un travail de M. Boullay, un priticipe alcalin comparable par ses propriétés à l’émétine , dont il diffère seulement par une moindre solubilité et une plus grande acreté , et qui a reçu le nom de violine ou d’émétine indigène. Introduite dans lestomac, ou appliquée sur le tissu cellulaire sous-cutané des chiens à la‘40se de 30 à 50 centigrammes , la violine occasionne la mort dans l'espace de vingt-quatre à quarante-huit heures.
Des preparalions mereurielles.