BU SULFURE DE MERCURE (CINABRE
Le sulfure de mercure (cinabre) est solide ; il paraît violet lorsqu'il esl en fragments ; il est au contraire d’un beau rouge quand il est pue vérisé, et porte le nom de vermillon ; il peut être obtenu en aiguilles | cristallines ; il n’éprouve aucune altération de la part de l'air ni dugaz oxygène à froid; mais, si on élève la température, le soufre se combine | avec l'oxygène, el l’on obtient de l'acide sulfureux et du mercure.tLe | fer et plusieurs autres métaux enlèvent le soufre à ce sulfure à l'aide | de la chaleur ; le mercure se volatilise, et il reste du sulfure de fer ou un autre sulfure métallique. Il est insoluble dans l’eau. DE |
ExPérence Le, — Lorsqu'on applique de 2 à 4 grammes de vermillon sur la cuisse d’un chien, on détermine la mort de l'animal en deuxsArois ou quatre Jours, sans que la dose de sulfure paraisse influer sur sa promptitude. 4 l'ouverture du cadavre, on observe les phénomènes suivants : : tantôt Ja membrane muqueuse de l'estomac est blafarde et même noirâtre ; tantôt les plis qu’elle forme sont jaunes et entourés d’une auréole blan- ! châtre ; tantôt enfin les portions qui avoisinent le pylore offrent des uleérations plus ou moins nombreuses, dont le fond est tapissé de sang caillé, | et qui sont semblables aux taches gangréneuses. Les intestins grêles ne | présentent aucune altération. On observe quelquefois des rides noires dans le rectum. Les poumons, principalement le gauche, sont quelquefois | -gorgés d'une grande quantité de sang noir. Le cerveau et Je cœur n'offrent
DU CYANURE DE MERCURE. 7133 aucune altération : ce dernier conserve même des mouvernents assez réguliers plus d’un quart d'heure après la mort.
Exvémexce IL. — À l'ouverture du cadavre d’un chien dans l'estomac duquel on avait introduit 8 grammes de vermillon, on trouva la même intégrité du cœur ; mais la plèvre et le poumon étaient évidemment enflammés, et il y avait un épanchement séro-purulent dans la poitrine. M. Smith, àqui j'ai emprunté ces détails, est porté à croire que ce poison agit principalement sur les poumons.
Le cyanure de mercure est sous forme de longs prismes quadranguaires coupés obliquement ; il est inodore, plus pesant que l’eau, et d’une saveur styptique. Ghauffé dans un petit tube de verre, il se décompose elfournit entre autres produits du mercure métallique qui s'attache en grande partie aux parois du tube, du cyanogène (vOY. tome Il),et un produit comme charbonneux. IL se dissout très-bien dans l’eau froide ; à dissolution n’est troublée ni par la potasse ni par l’ammoniaque ; l’acide sulfhydrique et les sulfures la décomposent et donnent naissance à du sulfure de mercure noir insoluble; l’azotate d'argent en précipite du eyanure d'argent blanc caillebotté, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’eau et dans l'acide azotique froid; cel acide bouillant le dissout et le décompose en acide cyanhydrique qui se volatilise, et en azotate d'argent. On en précipite du mercure par une lame de cuivre ou par la petite pile. Si le cyanure de mercure était mêlé à du vin, à du café, ou à tout autre liquide coloré, on le séparerait au moyen de l’éther, comme je l’ai dit en parlant du sublimé corrosif (voy. page 709).
Action du cyanure de mercure sur l’économie animale.
Expérience 1°, — On à fait avaler à une chienne de petite taille 35 centigrammes de cyanure de mercure dissous dans l'eau distillée. Au bout de cinq minutes, l'animal a fait des efforts multipliés pour vomir ; il ect
tombé sur le côté; convulsions générales et affaissement qui se succèdent alternativement ; respiration accélérée d’abord, ainsi que les battements
ducœur, et ensuite ralentissement extrême des mouvements du thorax et de
ja circulation. Mort au bout de dix minutes.
Exrérience IL — Cinquante centigrammes de cyanure introduits de Ja
même manière dans l’estomac d’un autre chien ont produit les mêmes ac-
cidents au bout d’une minute, et sept minutes après l'animal a succombé, Expérience HI. — Quinze centigrammes environ ont été injectés dans le
tissu cellulaire de la cuisse. Au bout de trois minutes , des efforts de vomis-
sements se sont manifestés avec des secousses convulsives générales ; ces
symptômes d’excitation ; interrompus de temps en temps par un affaisse ment très-grand, ont existé pendant trois quarts d'heure, Au boutde ce temps, Panimal est resté morne, abattu ; sa démarché était chancelante , et les vomissements avaient ccesé. Tous les accidents étaient dissipés quatre heures après l'injection du poison. | | tre #à
Expérience IV. — Vingt-cinq centigrammes ont été également injectés dans le tissu cellulaire de la cuisse d’un autre chien : les mêmes phénomènes ont eu lieu au bout de deux minutes, etl’animal estmorten quinze minutes.
ExPÉRIENCE V, — Soixante centigrammes , appliqués de la même manière sur la cuisse, ont tué un autre chien dans l’espace de neuf minutes, avec tous les accidents déjà indiqués,
Exvérience VI. — Trois centigrammes environ furent injectés dans Ja veine jugulaire d’un jeune chien : immédiatement après , l’atital i0mbe Sur le côté en poussant quelques cris ; de légères convulsions se manifestent et durent pendant quelques secondes seulement: Ja respiration est grande et fort lente ; le cœur ne bat que trente-deux fois par minutes ce ralentissement augmente, et l'animal périt, sans secousses convulsives, au bout de cinq minutes. ua 48
Les altérations cadavériques n'ont pas offert en général de caractér $ “bien tranchés. Le système ctrébro-spinal n’a présenté aucune espèce de lésion appréciable ; il n'existait aucune injection des vaisseaux qui se distri= buent dans la substance nerveuse et dans ses membranes d'enveloppe. Les poumons contenaient peu de sang ; ils étaient crépitants; le cœur était flasque , et ses cavités rénfermaient uné assez grande quantité de Sdhig en partie Muide; il était coagulé chez le chien tué par lisjection du poison dans Fa veine ; il fournit un caillot fibrineux, consistant, très-élastique dans toute l'étendue de la veine cave abdominale et dans les iliaques; en général, le sang était Suide dans les vaisseaux des autres animaux. |
La membrane muqueuse de l'estomac a offert de grandes variétés dans sa coloration; dans deux cas, elle était d’une rougeur foncée par plaques, formée par le rapprochement d’une multitude de petites houppes vaseu- Jaires très-visibles à l'œil nu ; mais, chez les deux animaux, l’estomac contenait des aliments en partie digérés, et peut-être le travail de la digestion était-il pour quelque chose dans cette coloration : cependant on a trouvé la même couleur avec les mêmes cardctères » Mais moins intenses ; chez celui dans l'estomac duquel on avait ingéré 7 décigrammes de dissolution de cyanure, et il était à jeun depuis trénte-six heures au moins. D'un autre côté, on à observé également cet aspect de la mémbrane muqueuse gastro intestinale chez un chien tué par l'injection du cyanure dans le tissu cellulaire de la cuisse , et dont l'estomac était rempli en partie d’alimentsdans un commencement de digestion, tandis que chez un autre, tué de la même manière et qui était à jeun depuis quarante heures, la membrane muqueuse de l’estomac et des intestins était blanchôtre; il y avait eü des vomissements répétés. |
En résumé, de toutes ces différences d’aspect de la membrane muqueuse Gastro-inteslinale , on ne peut pas conclure, d’une manière positive, que la