‹ Traité de toxicologieChapitre 89 sur 103 · DU CUIVRE · texte numérisé non relu

DU CUIVRE

vant eux, permettait pourtant de découvrir un cent millième de cuivre, et sur ce qu'ayant fait prendre de très-petites doses d’un sel cuivreux à des chiens pendant longtemps, ils ne décelaient pas le cuivre dans le foie de ces animaux. D’après eux, l’école toxicologique moderne, bien autrement exacte que l’ancienne, sait se mettre à l’abri des causes d’erreur : ainsi elle écarte les réactifs impurs et qui pourraient contenir du cuivre ; elle n’incinère pas les matières organiques dans des creusets de porcelaine , afin d'éviter Le cuivre que pourrait contenir la cendre qui vollige autour des creuses et qui pénètre dans leur intérieur ; elle incinère en vaisseaux clos dans un tube de porcelaine.

Une pareille annonce ne pouvait pas rester sans réponse ; aussi trois de mes élèves, MM. Barse, Lanaux , et Follin, adressèrent-ils, en août 1843, un mémoire à l’Académie des sciences , dans lequel ils réfutaient par des fails nombreux l’étrange prétention de MM. Flandin et Danger, et demandaient à prouver par des expériences irrécusables l'exactitude de leurs assertions. Il n’avait encore été donné aucune suite à cette demande, lorsque, en octobre 1844, MM. Flandin et Danger, plus mal inspirés qu’en 1843, lurent un nouveau travail dans lequel non-seulement ils persistaient dans l’opinion erronée qu'ils avaient d’abord émise , mais encore ils citaient, pour les attaquer, les passages de mon mémoire et de celui de M. Devergie ayant trait à l'existence du cuivre naturellement contenu dans le corps de l’homme. Ils allèrent plus loin; oubliant toutes les convenances, ils compromirent l’un des membres de la commission (M. Pelouze), en annonçant que les expériences qu’ils croyaient si probantes avaient été faites en sa présence. C'était un moyen plus adroit que loyal de persuader au public que leurs assertions étaient vraies. Mais que peuvent de pareils stratagèmes devant les faits? La vérité est bien autrement puissante que des manœuvres propres tout au plus à faire oblenir un succès bien éphémère. Aussi qu'est-il arrivé ? Cest que M. Pelouze, sur l’insistance de MM. Barse, Lanaux, et Follin, a retiré du cuivre du foie de l’homme, dès qu’il a abandonné le procédé vicieux inventé par MM. Flandin et Danger, pour suivre celui que j’emploie ; désormais MM. Flandin et Danger ne pourront se refuser à admeltre ce qu’ils ont nié avec tant d’obstination , et il ne restera, de tout le bruit qu’ils ont suscité, qu’une nouvelle erreur à ajouter à tant d’autres.

Je terminerais ici la discussion relative à l'existence du cuivre naturellement contenu dans le corps de l'homme, si MM. Chevallier et Cottereau n'avaient pas cherché à faire prévaloir, en 1849 (voy. Annales d'hygiène, avril 1849), une thèse qui n’est pas plus vraie que celle qui avait élé soutenue avec autant d’obstination que d’ignorance par MM, Flandin et Danger, Après avoir retracé avec fidélité les divers tra-

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