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vaux publiés sur la question, MM. Chevallier et Cottereau. arrivent à celle conclusion que, puisqu'on n’a pas trouvé de cuivre dans un certain nombre d’expertises médico-légales faites par MM. Devergie, Ollivier (d'Angers), Flandin, Bois de Loury, Henry, Bayard, Chevalier, ete, force est de reconnaître que les organes de l’homme ne contiennent pas TOUJOURS ce cuivre, dit naturel; on voit, disent-ils, qu'il y a encore beaucoup de travaux à faire sur ce sujet. La réponse est toute simple: si l’on a pas décelé le cuivre dans ces expertises, c’est qu’on syst mal pris. qe
Au reste, placée sur ce nouveau terrain, la question disparait dans l'intérêt de la médecine légale; en effet, qu’il y ait constamment “du cuivre naturel dans les organes de l’homme, comme cela est prouvé pour moi, ou qu'on ne le trouve que dans beaucoup de cas seulement, comme le prétendent à tort MM. Ghevallier et Cotiereau, il n’enest pas moins vrai que, dans tout empoisonnement présumé déterminé parñune préparation cuivreuse, l'expert ne peut pas ne pas se préoccuper dela présence de ce cuivre naturel, parce qu’il pourrait arriver, n’y eût-il qu'un individu sur ceut mille dont Les organes contiendraient du cuivre naturel, que ce fût cet individu que l’on soupconnerait d’être mort empoisonné par un sel cuivreux.
Preuves de l’existence du cuivre et du plomb dans le corps de l'homme non empoisonné. On carbonise la moitié d'un foie ou le canal digestif,*en chauffant dans une capsule de porcelaine ces organes coupésen petitsmor: ceaux ; celte carbonisation peut être opérée soit par le feu, soit par l'acide azotique concentré et pur, soit par ce même acide mélé d'un quinzième de son poids de chlorate de potasse, soit enfin par l'acide sulfuriquepur et concentré. On lave le charbon à plusieurs reprises avec de l’eau distillée, afin de rendre l’incinération plus facile et plus complètes on l'incinère ensuite en le chauffant dans un creuset de porcelaine;"à l’aide de lampe de Berzelius , ou mieux encore en faisant passer uncou: rant d'air atmosphérique pendant une ou deux heures sur ce charbon préalablement disposé dans un tube de porcelaine, que l’on maintient à une chaleur rouge dans un fourneau à réverbère ; on peut également procéder à cette incinération en chauffant le creuset dans un fourneau ordinaire alimenté par du charbon; il faut seulement éviter, dans ce cas, que la cendre produite par ce charbon ne s’introduise dans le creuset, ce à quoi on parvient aisément en fermant celui-ci avec son couvercle, en n’enlevant ce couvercle que de temps à autre, pour que le charbon puisse recevoir Le contact de l'air, et en ne soufflant pas le feu pendant que le creuset est ouvert. Quoi qu’il en soit, on fait bouillir la cendre avec de l’eau distillée, pour lui enlever la majeure partie des sels solubles ; on filtre la liqueur, puis on fait bouillir pendant quelques mis
À DU CUIVRE. 771 nues avec de l'acide chlorhydqique pur la portion de cendre charbonneuse non]dissoute; on filtre , et l’on évapore la liqueur jusqu’à siccité, pour chasser l'excès d’acide ; on dissout Le produit de cette évaporation dans l'eau distillée , et l’on fait passer un courant de gaz acide sulfhydrique à travers la dissolution; que ce gaz brunisse ou non instantanément celle liqueur, on abandonne celle-ci à elle-même jusqu’à ce qu'il se soit déposé un précipité brun noirâtre, composé de sulfure de cuivre et de sulfure de plomb. On décante la liqueur avec une pipette, on lave le précipité avec de l’eau distillée , et l’on attend que les deux sulfures se soient déposés de nouveau ; on décante encore avec la pipette, puis on introduit le précipité mêlé d’un peu d’eau dans une capsule de porce- Jaine ; on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique et une ou deux gouttes d’eau régale, et l’on chauffe légèrement ; le soufre des deux sulfures se sépare; on filtre et l’on évapore presque jusqu’à siccité la liqueur dans laquelle se trouvent les chlorures de cuivre et de plomb débarrassés de l’excès d'acide; dès que la masse est refroidie, on la traite par l’ammoniaque liquide, qui dissout le chlorure de cuivre et laisse du protoxyde de plomb ; on fillre, et l’on sépare le cuivre du chlorure ammoniaco-cuivreux qui se trouve dans la liqueur filtrée, en acidulant légèrement celle-ci et en y plongeant une lame de fer parfaitement décapée.
On peut encore procéder d'une manière beaucoup plus expéditive et aussi sûre pour déceler la présence du cuivre; pour cela, on fait bouillir pendant quelques minutes la cendre obtenue à l'aide des procédés indiqués plus haut, avec de l'acide chlorhydrique pur mêlé de quelques gouttes d’eau régale ; on filtre, on évapore la liqueur jusqu’à siceité, et l’on traite le produit desséché par de l'acide chlorhydrique pur étendu de son poids d’eau ; on filtre , et l’on plonge la lame de fer dans la liqueur fillrée et préalablement acidulée par une ou deux gouttes d'acide chlorhydrique ; le cuivre ne tarde pas à se déposer sur le fer.
Est-il indispensable d’incinérer les organes précités pour obtenir le cuivre qu’ils renferment? Je n'hésite pas à répondre par l’affirmative, si l’on veut extraire la totalité du cuivre contenu dans ces organes; mais, si l’on tient à démontrer seulement que le cuivre existe dans ces tissus, on parvient à en relirer une petite partie soit en faisant une très-forte décoction aqueuse de plusieurs de nos viscères, en l'évaporant jusqu’à siccité, en carbonisant le produit par lacide azotique, et en incinérant le charbon qui en provient, soit en faisant bouillir pendant deux ou trois heures dans l’eau régale les mêmes viscères, en évaporant jusqu’à siccité Le liquide oblenu , el en traitant le produit desséché par de l’eau distillée bouillante, aiguisée d’acide chlorhydrique,
Existe-t-il un procédé pour découvrir le cuivre qui a été administré |
comme poison , et qui se trouve dans nos viscères, tandis que ce même procédé serait inefficace pour déceler le cuivre naturellement contenu dans ces mémes viscères ? Oui , certes. Lorsqu’on traite par l’eau distillée bouillante, pendant vingt ou vingt-cinq minutes, le foie, le canal di= gestif, etc., d’un individu qui a succombé à un empoisonnement par un sel de cuivre, si ce sel n’a pas encore été complétement éliminé, a dissolution contiendra une partie du composé cuivreux qui existait dans les viscères, et qui est légèrement soluble dans l’eau ; si l’on évapore ce decoctum jusqu’à siccité, et que l’on carbonise par l’acide azotique Ale produit desséché, on pourra , en traitant le charbon par l’acide azoti-
que , dissoudre le cuivre d’empoisonnement renfermé dans ce charbon; -
jamais , au contraire, en agissant de méme avec les organes d’un indi= vida non empoisonné, c’est-à-dire en opérant sur le charbon non üncinéré, on ne retirera la moindre trace du cuivre qu’ils contiennent naturellement.
Ici encore M. Gaultier de Claubry a fait une objection sans portée (voy. Médecine légale de Briand, p. 670, 4 édilion ): «A la vérité, M. Orfila, dit-il, a bien voulu prouver que l’ébullition avec l’eau n'en= lèverait jamais le cuivre normal, qu’on ne pouvait l’obtenir qu’en détruisant les produits organiques; mais, en supposant bien établi que le cuivre accidentel ne puisse jamais être extrait par l’eau, il n’en resterait pas moins cette difficulté, que certains composés de ce métal, formant avec des produits de l’organisation des combinaisons sur lesquelles l’eau n’a pas d'action, il faudrait prouver que l’on peut distinguer Pun de l’autre.» La réponse sera facile : 1° plusieurs centaines d'expériences ont déjà prouvé que l’on ne peut enlever la moindre trace du cuivre naturel par l’eau bouillante, pourvu que le decoctum évaporé jusqu’à siceilé el carbonisé ne soit pas incinéré (voy. plus haut); 2° quelles sont donc ces combinaisons sur lesquelles l’eau n’a pas d'action ? Je défie M. Gaultier de Claubry d’en citer une seule qui ne soit pas légèrement soluble dans ce liquide; mes expériences ont été faites tour à tour avec des précipités résultant de l’action de plusieurs matières organiques sur des sels de cuivre, et ces précipités avaient été parfaitement lavés, ou bien avec des foies, des rates, etc., d'animaux que l’on avait tués avec un sel de cuivre ; constamment l’eau bouillante a dissous une quantité d’un composé cuivreux, faible sans doute, mais suffisante pour que son existence pût être démontrée dans la dissolution.
Est-il permis de juger, d’après la quanrrré de cuivre obtenue dans une expertise médico-légale, que ce métal provient plutôt d’un empoisonnement que de celui qui existe naturellement dans le corps de l’homme? Avant de résoudre cette question, voyons quels sont les résultats des: