DU PROTOXYDE DE CUIVRE
IL'est solide, rouge, pulvérulent, insoluble dans l'eau , soluble dans l’ammoniaque, avec laquelle il donne une dissolution incolore qui devient bleue par son exposition à l'air. Il est soluble dans l'acide chlorhydrique , avec lequel il forme du protochlorure de cuivre. #)
Il résulte des expériences de M. Lefortier, que le protoxyde de cuivre introduit dans l'estomac détermine des vomissements, elc., parce qu'il ne {arde pas à se dissoudre, en partie du moins, dans les liquides acides contenus dans ce viscère (Annales d'hygiène , juillet 1840).
Le bioxyde de cuivre anhydre, d’une couleur brune noirâlre, sera facilement reconnu : 1° à la facilité avec laquelle le charbon et les Corps gras le désox yderont à une température élevée ; 2° à sa solubilité, sans effervescence, dans l'acide sulfurique faible et à la température ordinaire ; 3° aux propriétés de la dissolution qui en résultcra (voy. Sulfate de cuivre, p. 814); 4 au changement de couleur qu’il fera éprouver à
lVammoniaque : cel alcali le dissoudra sur-le-champ et deviendra d’une belle couleur bleue ; 5° enfin à son insolubilité dans l'eau. |
» Gest à cel oxyde qu’il faut surtout attribuer les empoisonnements dé- {érminés par les pièces de monnaie de cuivre oxydées, par des confitures préparées dans des vases de cuivre également oxydés, par des o% gras que l’on a fait chauffer dans du cuivre pur, el que lon à laissés refroidir avant de les transvaser ; dans ce dernier cas, les corps gras ont favorisé l'oxydation du cuivre. On explique encore, par la formation de cet oxyde, aux dépens de l'oxygène de l'air, les effets nuisibles du vin que l’on a fait bouillir avec du cuivre, et de toutes les liqueurs alcooliques et en même temps légèrement acides (vin, cidre , bière, etc.), qui ont été en contact avec les contours des robinets en cuivre fixés aux tonneaux qui renferment ces liqueurs. La mort, qui a suivi quelquefois de près l'emploi de potions préparées avec des minoratifs très-doux, mais que l'on avait laissées pendant quelque temps dans les vases en cuivre qui avaient servi à les confectionner, ne reconnaissait pas d'autre cause que l’oxydation du cuivre et la dissolution du bioxyde formé, dans les acides contenus dans les minoratifs (tämarins , elc.).
Onsenvariox. — Le D' Beer, de Vienne, rapporte cinq cas d’empoisonnement par des bonbons colorés par du bioxyde de cuivre. Les cinq enfants qui font le sujet de cette observation étaient âgés de trois à onze ans: trois de ces enfants avaient mangé de ces sucreries pendant le repas; les deux autres, seulement après. Chez les trois premiers, les symptômes se montrerent de suite et pendant le repas; chez les deux autres, quelques heures après l’ingestion. Ces symptômes étaient les suivants : une soif inextinguible, de la céphalalgie, des vertiges, des nausées, de la sécheresse de la bouche; de fréquents vomissements d’un liquide à peu près jaune brunätre, en partie vert noirâtre ; de fortes douleurs intestinales dans la région ombilicale, de la rétention d’urine; une tension modérée de l'abdomen, qui était sensible au toucher; une constipation opiniâtre avec ténesme continuel, des maux de reins, les extrémités glacées, des sueurs froides. Plus tard, vinrent s’y joindre des douleurs de tête atroces, un léger délire, des douleurs déchirantes dans les extrémités supérieures, quelques mouvements convulsifs dans les membres inférieurs, et spécialement dans les mollets, une grande défaillance et une somnolence très-forte, qui, chez trois des malades, se changea en coma ; la figure était rouge chez les uns, pâle chez les autres; chez quatre de ces jeunes sujets, le pouls était petit, concentré et lent; chez le cinquième, garcon pléthorique et comateux, il était dur , plein et fréquent, avec la face rouge et la peau sèche.
Chez une fille de onze ans, il y eut six garde-robes diarrhéiques, et chez une autre âgée de six ans, il survint un seul vomissement de mucus et de sang.
On trouva deux morceaux des bonbons qui avaient occasionné les accidents : l’un, gros comme une noix, était coloré en bleu, et l’autre, du vos, Jume d’un grain d'orge, était de couleur verte. M. Poch ; pharmacien, qui soumit ces sucreries à l’analyse chimique, y constata la présence de l’oxyde de cuivre.
Les symptômes de gastro-entérite furent heureusement combattus par l'emploi de la médication antiphlogistique et par des applications révulsives sur la peau. Cependant, chez tous ces malades, la somnolence, l’obtusion des sens, et la faiblesse générale, persistèrent encore pendant vingt-quatre heures, en s’accompagnant, chez deux d’entre eux, d’une difficulté assez marquée dans l'émission de. l’urine. Les applications froides, les sang= sues, etc., suffñrent pour y remédier. (Journal de chimie médicales année 1843.)