‹ Traité de toxicologieChapitre 93 sur 103 · DU VERT-DE-GMRIS NATUREL (CARBONATE DE BIOXYDE DE CUIVRE VERT · texte numérisé non relu

DU VERT-DE-GMRIS NATUREL (CARBONATE DE BIOXYDE DE CUIVRE VERT

Il se forme spontanément à la surface des vases de cuivre rouge, de laiton, d’airain, des pièces de monnaie, etc. Traité par le charbon, par l’ammoniaque et par l’eau (1), il se comporte comme le bioxyde dont je viens de parler ; mais il en diffère par sa couleur verte, et parce qu'il se dissout avec effervescence dans l'acide sulfurique affaibli, ee qui dé: pend évidemment du dégagement du gaz acide carbonique qui entre dans sa composition.

Le bioxyde et le carbonate de cuivre sont vénéneux,

Expériences, — Drouard donna à un petit chien 4 pièces de cuivre oxydé : un quart d'heure après, l'animal vomit un peu de bile; au bout de huit jours, il ne les avait pas encore rendues, et il n'avait éprouvé aucune nouvelle incommodité. On lui en donna deux autres, et on l’ouvrit trois heures après. Les six pièces furent trouvées dans l'estomac; les deux dernières présentaient une surface extrêmement brillante, les quatre autres étaient plus noires qu’au moment où l'animal les avait avalées. Drouard pense que les sucs gastriques dissolvent l'oxyde de cuivre, et awivent la surface des pièces; mais que l'acide sulfhydrique, qui se dégage dans l'estomac ou dans les intestins, DFURIE de nouveau le cuivre et le transforme en sulfure.

M. Lefortier s’est assuré, en no à des chiens du bœuf mélangé avec 7 décigrammes de bioxyde de cuivre, que cet oxyde était dissousspar les acides qui font partie du suc gastrique, et transformé en sel. Iba obtenu les mêmes résultats avec du carbonate de cuivre Papa een pur. (Annales d'hygiène, juillet 1840.)

(1) On sait que l’eau qui séjourne dans des fontaines de cuivre reste sans altération, et ne donne à l’analyse chimique aucune trace de ce métal, lors même que la surface de la fontaine est enduite de bioxyde et de carbonate de cuivre. Ce fait dépend évidemment de l'insolubilité de ces deux substances:

On sait que plusieurs personnes ont éprouvé des coliques et des vomissements pour avoir avalé des pièces de cuivre oxydées et carbonatées. “L'oxyde et le carbonate de cuivre, quise trouvent assez souvent à [a surface des bassines de ce métal, se dissolvent facilement, à l’aide de la chaleur, dans plusieurs substances acides, telles que certains aliments, lésuc d’oseille, les confitures de pommes, de coings, de groseilles, de verjus, etc. Il suit de là que toutes les préparations de ce genre, faites dans des vases de cuivre ainsi altérés, contiennent une plus ou moins grande quantité de sels cuivreux qui peuvent occasionner des accidents graves. L'expérience suivante vient à l'appui de cette assertion.

Expérience. — Si on verse , dit Proust, 32 grammes de vinaigre distillé dans une casserole de cuivre non étamée , et qu'après avoir mouillé toute là surface intérieure du vaisseau avec ce même acide, on laisse reposer le liquide pendant quelques minutes avant de le décanter, on trouvera , lorsqu'on lessaiera avec des agents chimiques, qu’il tient en dissolution du cuivre, et que la quantité de ce métal sera d’autant plus grande que le séjour du vinaigre dans la casserole aura été plus long : dans cette expérience, on conçoit facilement que les différentes parties du cuivre qui ont été mouillées par le vinaigre ont dù être transformées bientôt en bioxyde, parce que l'oxygène de l'air atmosphérique s’est porté sur le métal (1).

Il arrive quelquefois que ces préparations acides, chauffées dans des vaisseaux de cuivre non oxydé, dissolvent une portion du métal: ce phénomène ne se manifeste que dans le cas où ces aliments se refroidissent et séjournent assez de temps dans ces sortes de vaisseaux pour que le cuivre passe à l’état d'oxyde, aux dépens de l'oxygène de l'air. Proust s’est assuré qu'aucune de ces substances, transvasées immédiatement après avoir été cuites dans des bassines de cuivre pur, ne contenait la moindre trace de ce métal.

Les corps gras, tels que les huiles fixes, les huiles essentielles, etc., dissolvent facilement l’oxyde et le carbonate de cuivre, et, lorsqu'on les fai bouillir dans des vaisseaux de ce métal {rès-pur, elles en facilitent l'oxydation, surtout si on les laisse refroidir pendant quelques minutes avant de les transvaser.

Eller a prouvé que le vin dissout le cuivre, el il a obtenu { gramme 45 centigrammes d’acétate de cuivre après avoir fait bouillir dans un vase de ce métal 2 kilogrammes 500 grammes de vin blanc de France : ce phénomène dépend de l'acide acétique contenu dans le vin, et de l'oxydation du métal par l'air: d’où il suit que les vaisseaux enduits

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