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Ballade Je Noël.
' Tant crie l'on Noël, qu'il vient.
(François Villon.)
C'est vrai qu'il vient, et qu'on le crie !
Mais non sur un clair olifant,
Quand on a la gorge meurtrie
Par l'hiver à l'ongle griffant.
Las ! avec un râle étouffant
Il est salué chaque année
Chez ceux qu'il glace en arrivant,
Ceux qui n'ont pas de cheminée.
Il paraît, la mine fleurie, Plus joyeux qu'un soleil levant, Apportant fêle et gâterie, Bonbons, joujoux, cadeaux, devant Le bébé riche et triomphant.
Mais quelle âpre et triste journée Pour les pauvres repus de vent, Ceux qui n'ont pas de cheminée!
Heureux le cher enfant qui prie Pour son soulier au nœud bouffant.
Afin que Jésus lui sourie!
Aux gueux, le sort le leur défend :
Leur soulier dur, crevé souvent, Dans quelle cendre satinée Le mettraient-ils, en y rêvant.
Ceux qui n'ont pas de cheminée
Envoi,
Prince, ayez pitié de l'enfant Dont la face est parcheminée. Faites Noël en réchauffant Ceux qui n'ont pas de cheminée.
(J. R I c H E p I N| L^2 Chanson des Gueux»)
On a eu le tort d'appeler du nom de ballade, des pièces ne ressemblant au genre défini que d'une manière fort éloignée et même par une simple analogie avec cette sorte de poésie, que les autres peuples appellent ballade, à cause du ton et du sentiment. Telles sont les ballades de Schiller, telle La Revue nocturne j etc.; et le volume de V. Hugo intitulé Odes et Ballades doit être classé dans cette dernière catégorie .