PANTOUM
C'est une forme nouvelle de poème d'origine malaise; on en trouve une traduction dans les notes des Orientales, Th. Gautier essaya de l'acclimater en France; Charles Asselineau sembla même y réussir; mais, malgré la valeur de Théodore de Banville lui-même, ce poème est peu cultivé. Il faut que du commencement à la fin^ dans les quatrains de ce poéme, deux sens soient poursuivis en même temps, chaque sens ayant deux vers ; que le second vers du quatrain précédent devienne le premier du quatrain suivant; et que le quatrième vers de chaque quatrain précédent devienne le troisième de chaque quatrain Suivant. Je ne puis qu'emprunter au parfait ciseleur des vieilles et nouvelles formes poétiques un exemple de pan toum, composé spécialement pour le cours de la Sorbonne, à l'enseignement secondaire des jeunes filles :
Sur les bords de ce flot céleste Mille oiseaux chantent, querelleurs.
Mon enfant, seul bien qui me reste, Dors sous ces branches d'arbre en fleurs.
Mille oiseaux chantent, querelleurs, Sur la rivière un cygne glisse.
Dors sous ces branches d'arbre en fleurs, O toi ma joie et mon délice !
l34 TRAITÉ
Sur la rivière un cygne glisse Dans les feux du soleil couchant.
O toi ma joie et mon délice, Endors-toi, bercé par mon chant!.
Je vois luire des diamants Sur la montagne enchanteresse.
fa lèvre a des rayons charmants, Dors, qu'un rêve heureux te caresse !
Sur la montagne enchanteresse Je vois des topazes de feu.
Dors, qu'un songe heureux te caresse, Ferme tes yeux de lotus bleu 1
Je vois des topazes de feu Qui chassent tout songe funeste.
Ferme tes yeux de lotus bleu Sur les bords de ce flot céleste !
(Th. de Banville, La Montagne, • Petit traité de Poésie française»)
Une dernière remarque : le dernier vers de la pièce doit être le même que le premier.