‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 112 sur 243 · Richelieu · texte numérisé non relu

Richelieu

,11. Voyez, à la fin da volume , ta note 44.

4. Nos anciens portes l'ont pourtant conntic. Voyéx la note 45.

DBS STANCBS. 263

4'» modêh*

Nous ne goûterons plus votre ombre,

Vieux pins, Thonneur de ces forêts.

Vous n'entendrez plus nos secrets ;

Sous cette grotte humide et sombre

Nous ne chercherons plus le Trais;

Et, le soir, au temple rustique

Quand la cloche mélancolique

Appellera tout le hameau,

Nous n'irons plus à la prière

Nous courber sur la simple pierre

Qui couvre un rustique tombeau, lamartini.

V fnodèlB.

Un petit avis charitable :

Iris, croyes^«noi, quittons-nous.

Vous me receves d'un air doux, Et vous êtes pour moi d'humeur assez traitable; Mais tout ceci n'est plus amour.

Le mien s'alentit chaque jour; Enfin ma constance se lasse.

Quoi que nous puissions nous jurer, Chacun de nous deux s'embarrasse :

Ah! finissons de bonne grâce Ce qui ne peut longtemps durer, pavillon.

g 40. STANGI DB DOUZB VIBS.

La stance de douze vers i ou le douzaine se coupe diversement : c'est ordinairement la stance de dix vers à laquelle on ajoute un distique » soit après le septième vers , soit à la fin.

4" modèle.

Au fond de votre solitude, Princesse, songez quelquefois

264 CHAPITRE XVt.

Que le climat où sont les rois

Est un séjour d'inquiétude;

Que les orages dangereux

Pour ceux qu'on croit les plus heureux

S'élèvent sur la mer du monde;

Et que, dans un port écarté,

Tandis que la tempête gronde,

On rencontre la sûreté

D'une paix solide et profonde

Que l'on possède en liberté, chahliki*.

2* modèle.

Vive image d'Achille, Devant qui tout lâche le pié, Qui ne te comptoit pas pour mille Ck)mptoit trop peu de la moitié.

Il ignoroit que ton épée.

Dans une eau fatale trempée, Porte l'horreur et le trépas; Que c'est elle qui fait résoudre Les difficultés des combats.

Et qui dans le sang et la poudre Fait voler des éclats de foudre Partout où s'avancent tes pas*, tristan.

3* modèle.

Lui seul, sans me l'avoir promis.

M'a conservé sa bienveillance.

Quand plusieurs de mes vieux amis Ont eu pour moi de l'Inconstance.

Lui seul d'entre les grands seigneurs, Pour la plupart de francs pipeurs.

M'a fait du bien sans le promettre, Sans faire sonner le tambour, Pour en bonne estime se mettre.

I. Une 8Ut>phe entièrement en octosyUabes se trouve déjà dans Ronsard, mais avec une rime de même nature au rommencement et à la fin. Voyei la note à la fin du volume.

Comme on fait souvent à la cour.

Mais, Muse, taisons-nous : un homme si modeste Nous défend de dire le reste, sgabron.

4* modèle.

Mais une distribution plus harmonieuse de cette stance consiste à la couper en un quatrain et un huitain : les rimes qui sont doublées dans le sixain de la strophe de dix vers, sont ici triplées. Cette stance se trouve dans plusieurs poëtes contemporains; je ne sache pas qu'on Tait employée avant eux :

Pauvre Grèce, qu'elle était belle Pour être couchée au tombeau !

Chaque visir de la rebelle S'arrachait un sacré lambeau.

Où la fable mit ses Ménades, Où l'amour eut ses sérénades, Grondaient les sombres canonnades^ , Sapant les temples du vrai Dieu ; 1^ ciel de cette terre aimée N'avait, sous sa voûte embaumée, De nuages que la fumée De toutes ses villes en feu. v. hugo.

Nos anciens poètes ont connu la strophe de douze vers. Ils la construisaient assez souvent en petits mètres^

Ils ont aussi essayé des strophes plus étendues , dont les formes plus ou moins bizarres n'ont pas été reproduites '•

I. Voyes, A la fin du volume, la note 46. 1 Voyez la note 46.

Nos plus célèbres lyriques , Malherbe et Rousseau , n'ont pas employé plus de deux mètres dans une Btance, et leur exemple a consacré cette méthode, qui d'ailleurs est ratifiée par le jugement de Toreille. Mais, du temps d'Henri lY et de Louis XIII, les poètes alliaient assez souvent trois mètres dans une stance. Les essais de ce genre ont été généralement peu heureux.

Ce mélange consistait ordinairement en vers de douze syllabes, de huit et de six; plus rarement on faisait usage du décasyllabe.

QDATIIAIN.

Heureux qui dans son Ame a fortement gravée La crainte du Seigneur I Sa loi sans chagrin observée Tourne en plaisira pour lui ce qu'elle a de rigueur, corn.

BeaujE jours, du monde lesdélioet; Fleurs, de la terre les prémices, Pour mes yeux, en tout temps aux larmes condamnés, Sn vain vous revenez, motin.

Peuple, n'en doute point : c'est le Seigneur, c'est lui Dont le bras invincible a pris notre défense ; Et son adorable puissance A qui le sert aime à servir d'appui, coniv.

DES STANCBS. 267

Page 1