I. Cours de Littérature, U Xll, p
DBS STANCES. 279
et qu'une désinence muette ne la termine jamais bien. Aussi , dans le haut ton de Tode, nos poëtes ont^ils évité cette cadence molle et faible. Rousseau , dans ses odes sacrées j se Test permise une seule fois :
Peuples, élevez vod concerte; Poussez des cris de joie et des chants de victoire :
Voici le roi de T univers Qui vient faire éclater son triomphe et sa gloire.
et une fois dans ses odes profanes :
Trop heureux qui du champ par ses pères laissé Peut parcourir au loin les limites antiques, Sans redouter les cris de l'orphelin chassé Du sein de ses dieux domestiques !
Ce n'est que dans Tode familière et badine, dont la grâce est la nonchalance , qu'il sied bien de donner à la stance ce caractère de mollesse, comme dans l'ode à Ghaulieu :
Je ne prends point pour vertu Les noirs accès de tristesse D*un loup-garou revêtu Des habits de la sagesse.
Plus lég^e que le vent, Elle fuit d'un faux savant La sombre mélancolie, Et se sauve bien souvent Dans les bras de la folie.
La Harpe^ loue le choix du rhythme dans les stances célèbres que Malherbe adressa à Dupérier, pour le consoler de la perte de sa jeune fille :
Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle, Et les tristes discours