‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 122 sur 243 · Cours âe lUtétature, t IV, p. Î · texte numérisé non relu

Cours âe lUtétature, t IV, p. Î

Que te met dans Tesprit Tamitié paternelle L'augmenteront toujours?

Ce petit vers, qui tombe régulièrement après le premier, peint bien Tabatteihent de la douleur.

6"" Du MÉLANGE DES STANCES. — Quelquefois le poëte lyrique emploie alternativement diverses stances. Ainsi nous lisons dans Le Franc de Pompignan :

Inspire-moi de saints cantiques, Mon âme, bénis le Seigneur.

Quels concerts assez magniRques, Quels hymnes lui rendront honneur?

L'éclat pompeux de ses ouvrages.

Depuis la naissance des Ages, Fait l'étonnement des mortels; Les feux célestes le couronnent, Et les flammes qui Tenvironnent Sont ses vAtemens éternels.

Ainsi qu'un pavillon tissu d*or et de soie, Le vaste azur des cieux sous sa main se déploie ; Il peuple leurs déserts d* astres étincelans. Les eaux autour de lui demeurent suspendues;

Il foule aux pieds les nues ,

Il marche sur les vents.

Voici un autre exemple, qui est de Le Brun :

Un jeune rossignol, honneur de son bocao:e, De la seule nature élève ingénieux, Sur le bord de son nid c^ché dans le fenillagre^ Cadençait mollement des sons harmonieux.

Surpris d'un ramage si tendre, Les zéphyrs n'osaient 8*agiter; Flore se plaisait à l'entendre, Les échos à le répéter.

En général, le mélange alternatif des stances est peu heureux : il fatigue l'oreille par un brusque et fréquent changement de rhythme. Toutefois ce dé-

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faut n'existe pas dans Taccouplenient de deux stances peu étendues^ qui ensemble n'excèdentpas la strophe de dix vers*. Ainsi dans le dernier exemple cité» les deux stances réunies ne forment qu'un huitain.

Si nous blâmons la marche saccadée des stances alternatives, nous approuvons le poëte qui à une suite de stances pareilles fait succéder, dans la même pièce, des stances d'un autre système, lorsqu'il entre dans un nouvel ordre d'idées, et qu'il juge une autre forme plus propre à les exprimer. Rousseau, Lamartine, V. Hugo usent de cet artifice.

Dans sa 8* Méditation, la Providence à Vhomme^ I^martine débute par un quatrain de trois alexan* drins et un octosyllabe; après six stances viennent des dizains en vers de huit syllabes, auxquels succèdent des quintils, puis encore la strophe de dix vers.

Dans la belle pièce intitulée le Lac (13* Méditation), le même poëte fait usage de deux quatrains différents, l'un pour le récit, l'autre pour les discours. On en relira avec plaisir quelques stances :

Un soir, t*en souvient-il? nous voguions en silence; On n'entendait au loin, sur Tonde et sous les cieux , Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadencé Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos : Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots :

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