N0TE
De vins et de viande oreni assez celjour. (jubimal.) Où chair ont et poibson et leurs viandes prêtes, (ib.)
Lors demanda quelle viande
Il falloit à ce pèlerin, villom.
Cette quantité se maintint au xvi* siècle. Sibiiet la prescrivait encore. Ex. :
£t cependant que viande on embroche. Giiih*iN. Entretant donc qu*avez viande et mets. j. marot. Et tout ainsi que les fades viandes, marot. El de faire une rumeur grande, Non pour l'amour de la viande, saint-gelais. Ou soii qu'il ravîi de ma bouche La viande sans m^oulrager. du bbllay.
Ainsi j'ai peur que mon ûme friande D'une si rare et si douce viande, ronsaro. Sans avaler breuvage ni viande, passerat. La viande ne plaist que selon l'appétiL regmer. Que si l'on vil heureux pour avoir des viandes, rapin. Aux petits des oiseaux il donne la viande, néréb * . Car de ces sortes de viafides Les souris sont toujours friandes, saiuiasin. Qui mêlent des viandes Les épaisses vapeurs aux douceurs de rencens. racan.
Depuis -Corneille , la contraction est de rigueur :
S'ils n'ont ton corps pour viande et Ion sang pour breuvage. cun.N. Que de brûler ma viande ou saler trop mon pot. mol. Autour de cet amas de viandes enlassées. boil. 11 se réjouissoil à l'odeur de la viande, la font.
De Lacroix, dans son Art de la poésie française (1694), constatait que viande ^ après avoir fait trois syllabes, n'en faisait ])lus que deux.
2"^ Le mot diantre commence également par une diphthongue :
DiwUre soit fait, dil l'époux en cuiere. la font.
Dianire/ que de mystère! mol.
Mais (itoii/re / il ne faut pas déchirer les exploits, rac.
1. Poêle du leui)w de 1» Lif^ue. J'ai cilé ce vers à cause de rimiUtion que kachie en a faite*
QUATfTlTÉ SYLLABIQUE. 289
il est pennis de soupçonner que ce mot était primitivement trisyllabe. L'art poétique provençal lui assigne cette quantité, et assimile dyantres à dyabUs.
3"* La Fontaine a eu tort de faire, en plusieure endroits, fiancé de deux syllabes.
LkU. — lau estdedeux^syllabes; mais il n'en faisait qu'une lorsque l't tenait lieu de 1'^ muet : ce qui se voit très-fréquemment dans certains dialectes de l'ancienne langue. Ainsi Ton disait : biau, hiauté, nouviau, iaue ou yaiie, cJuuiiau, vaissiau, etc., au lieu de beau, beauté, nouveau, eau, château^ vaisseau, etc. Dans ce cas, la prononciation était très-rapide, et Vi ne ressortait pas plus que dans les finales de légier, rochier (variantes de léger, rocher).
Les exemples abondent; il suffira d'en citer quelques-uns :
Biau sire, damisiau, ce me vient moult à gré. (alexandbb.)
De son côté fait-il son hiaume. rutbbecf. L'évéqiie de Biauvais et de Saint-Pol li quens*. (jubinal.) Je te ferai venir un ouvrier de eoutiaux, (id.)
lÉ, 1ER, 1ÈRE, lEz. — J'ai posé, au commencement de cet ouvrage (p. 4), un principe qui résout bien des difficultés, à savoir que l't ne compte dans la mesure que lorsqu'il se trouve avec une valeur propre dans la racine latine. Il ne compte pas lorsque, dans la transcription moderne, il est une simple lettre d'ornement : ciel, miely pied, premier , chière, etc. On doit même remarquer que cet i n'a pas toujours été écrit. Voici des mots que j'ai recueillis dans nos plus anciens textes : chevaler, bacheler, sangler, piler (pilier), dener (denier), acer (acier), her (hier), mat ère, manère, rivère, derrère, sége (siège), etc. L't s'introduisit plus tard dans tous ces mots, où il est resté , et dans beaucoup d'autres, d'où il a disparu, tels que légier, bergier, etc., et tous les infinitifs de la première conjugaison , aidier, mangier^ etc. Nous le retrouvons dans Dieu, lieu (qu'on écrivait anciennement D^t*, leu\ et ce son composé ne forme qu'une syllabe , tandis qu'il en a deux
i. L« comte,
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dans les adjectifs en ieux (du latin iatus). Au contraire , on trouvera, dans de vieux textes, Kébrieu^, tierre^ pour hébreu^ terre, etc.
1« Chez les poètes duxvr siècle , les deux premières voyelles
de lierre sonnaient séparément :
Laurier, Imre et lis blancs honorés, maiot. Sans plus, fais-la-moi de chêne, Ou de {terre ou de frêne, rorsabd.
À plis serrés, comme fait le liefre.
Qui de ses mains les murailles enserre, id. Je plante mon lierre au pied de tes lauriers, régnibe. D*un tapis damassé moitié de mousse verte, Moitié de vert lierre, un argenté ruisseau, du baatas. L'ormeau ne souffroit point la vigne, Ettrottvoit le lierre indigne D'embrasser ses dignes rameaux, sarrasin. Soudain les rames sont couvertes De feuilles de lierre vertes, richbr.
Sibilet prescrit cette quantité , d'après l'autorité de Marot. Cependant les deux voyelles ne tardèrent pas à former une diphthongue. Ex. :
Où les fontaines sont, où plaisans espaliers
De ^terre dur au froid, et de tendres lauriers, baïp.
Quand les ormes suivront Tembrassement du Iterre. th. oorn.
Il disoit que le foible est ainsi que le lierre, mol.
Couronnés de myrte et de iterre. volt.
Qu'un arbuste servile, un iterre tortueux, bbbnis. Le pin, le iterre noir, les ifs contagieux, delille.
Disoit un jour le /terre au thym, florian.
Et plus souples qu'un jeune lierre, lebrcn.
Maintenant, de ces deux quantités, quelle est la préférable? La chose peut être facilement décidée, en appliquant le principe que j*ai rappelé tout à l'heure. Vi ne doit pas faire syllabe, parce qu'il est ici une lettre parasite. Lierre vient.