D'une chanson faite en
QUANTITÉ STLLABIQUE. 310
Les Suisses sont de cei avis, Et du vendredi ils ont petJr.
Cette quantité est admise sans contestation :
A qui suffit, pour toute garde,
Un Suisse avec sa hallebarde, chapelle et bach.
Ce large suisse à cheveux blancs
Qui ment sans cesse à votre porte, volt.
ÀA. — Les deux a ne comptent que pour une syllabe dans Aaron : nous en avons donné des exemples, et Ton pourrait en ajouter beaucoup d'autres.
Au xvp siècle, le mot Isaac était également disyllabe :
Ne Textermine point : nous sommes la semence D'Isaac, ton serviteur, tes enfans d'alliance, gabmbr. Souvienne- toi & Isaac et de Jacob, nos pères. id.
Son fils Isaac quasi sacrifié, de bèze.
Que le vrai Dieu par Isaac m*a donné, id.
« Si Ton veut bien prononcer , dît la poétique provençale ', il faut écrire Abraam et prononcer Ahram, de môme que Isaac, et leurs semblables , comme Aaron. >»
£n français je n'ai pas vu d'exemple à! Abraham ne faisant que deux syllabes.
Âï, AY. — La prononciation indique comment doivent éln; scandés les mots qui reçoivent ce groupe de voyelles. V Ordinairement Tt compte pour une syllabe :
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Ldis. boil. Adieu, beaux orangers, adieu les Damtdes. desmarets. Et d'un bon vin d*At Tinfluence féconde, delillb.
Le verbe haïr a une conjugaison très-bizarre : il prend généralement la diérèse, mais il l'abandonne dans je hais, tu hais, il hait. On trouve des exemples du futur conjugué sans diérèse :je hairai, etc. £x. :
S'il le hait et hatrra dès or. (a. de la rose.) Il convient que je te hairai. (pathblin.) Ils dompteront quiconque les haira, de bèzb.
4« Las Fhrs del gay sàber, p. 49.
2*^ L*ï forme une diphthongue avec la voyelle suivante dans naïade, païen, aieux, Ex. :
Daines des eaux, les ndiad^fi gentilles, marot.
Et de leur lit sortir blanches ndiades. nouss.
Le pdien cependant s'en promettoit merveille, la font.
S"" Le mot paysan était anciennement et est encore trisyllabe :
Le/)atsanf' sut bien Saint-Michel appeler, (jubinal.) Li pdtsant li ont conté et dit. (oabin.) Ce sont vilain et patsan, bbnoist.
Et pa'tsani tout environ, (bbut.) Li chevalier des villes, et li bon pdisani. (hov.)
Les paysans plusieurs animaux treuvenl. mahot. Je sais uu paysan qu^on appeloit Gros-Pierre, mol. Le bon Socrate, Ésope et certain paysan, la font.
Cependant au xvi» et au xvn* siècle , la prononciation de co mot n'était pas uniforme, et Ton en fit souvent un disyllabo, pai'San :
Au prix de voir pauvre.^ paisans rustiques, j. mabot. Chez un paisant demandoit à repaître, saînt-gblats.
Du champêtre labeur quand le soigneux paisant
Retaille les guérets d'un contre reluisant, baïf.
Par elle le paisan, quand son croissant éclaire, id.
Le paisan n'ayant peur des bannières étranges, bâgnieb.
On fait en Italie un conte assez plaisant
Qui vient à mon propos, qu'une fois un paisant, etc. m Je verrai, quelque temps après.
Le paisan couché sur les gerbes, tiiéopii. Et sait mieux que les vieux paisans. id. J'ois braire ici matin et soir Les cinqpaisans vêtus de noir, boisbobbbt.
Et la bonne paisanne, apprenant mon désir, mol.
À la fin du xvir siècle on était définitivement revenu à Tancicnne quantité. « On faitaujourd'huipaï^an de trois syllabes,» dit De Lacroix.
4. Ce I final remonte à une haute antiquité. Il s'est conservé dans le nom propre Paûanf,
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Une chose plus singulière, c'est qu'on trouve quelques exemples de pays ou pais employé comme monosyllabe :
Et ont laissé, après mainte victoire,
Le pays en paix, en hautesse et en gloire, alain cbartibr.
Du temps perdu, pays conquis, amis morts, id.
Ao. — Nous avons dit que dans Sortie, août, les deux ou trois voyelles qui se suivent ne comptent que pour une syllabe , comme aussi dans les mots Laon, paon, faon, saoul, etc. Il n'en était pas de même dans le principe. Nous traiterons ce sujet dans la note 10.
P/Mraon fait trois syllabes. Ce mot a quelquefois été soumis à la contraction des autres noms hébreux :
Depuis le temps que Moïse et Aaron ,
Pour évader l'ire du roi Pharaon, mkschinot.
Scarron prononçait sans doute extrordinaire quand il scandait extraordinaire de la manière suivante :
Il se mit à gémir en braire Dans le dernier extraordinaire,
£a, èau. — r L'absence des accents devait amener de la confusion à l'époque de la renaissance^ lorsque la propaga* tion des imprimés donnait carrière à la liberté de chacun.
On a fait néanmoins de deux syllabes :
Néanmoins péché vous a tant exposé, hartin lefraiic.
De même , au xvi« et au xvir siècle , on a fait assez souvent
le moi fléau d'une seule syllabe :
Le /7^u d'Espagne et la surté de France, j. maaot. Ck)mme s'il fût le fléau de justice divine, id. Tous les fléaux des humains, la peste et la famine, cuapslain. Ces fléaux du genre humain, ces illustres tyrans, dksmabets.
Échappés aux brutales mains
Do ce déluge de barbares
Qui furent les fléaux des humains, chapelle et bagh.
Cependant la vraie quantité était pratiquée dans le même temps :
Être l'effroi du monde et le fléau de Dieu. corn. Et bientôt avec eux tous les fléaux du corps, boil.
Et plus anciennement :
Si le fléau le feurre* taille. MAntiN lbfhàIic. Tant li font des fléaux sentir, (h. de la bose.)
De Lacroix donne encore >î<*atf comme un monosyllabe.
Le contraire a eu lieu pour le substantif eau, qu'on prononçait anciemicment éau. Nous parlerons de cette diéièse dans la note 10.
2« NOTE (page 13).
Nous renvoyons à la note 25 les développements généraux que nous nous proposons de donner au sujet de Vaccent dans les vers français. Nous ne parlerons ici que de ses fonctions à la césure.
V Étant admis que la sixième syllabe du vers hexamètre , et la quatrième syllabe du vers pentamètre, doivent être fortes, doivent être des syllabes d*appui , enfin doivent être accentuées, ce que personne ne conteste, était-il nécessaire qu'il y eût séparation de mots, ou césure, après ces syllabes? La poésie italienne exige aussi certains accents; mais elle n'impose pas l'obligation de les placer sur des finales :
Montre co-si ragiona, Erminia pende Délia 8o«a-ve bocca intenta e cheta...
Signer, gran co-se in brève tempo bai fatto. tASSo.
Voilà trois vers accentués sur la quatrième syllabe. Dans le premier, l'accent est sur la dernière d'un mot; dans le second, il est sur la pénultième ; dans le troisième , il est également sur la pénultième, la dernière s'élidant. Notre versification n'admet maintenant que le premier et le troisième cas ; mais le second eût pu être admis.
Voici des vers faits sur le modèle italien : Oui, je viens dans son temple prier rËtemei.
i. L«p«|lle<