ROTES
De Coquillart : hayes et monnoyes, paresse et notre paraisse^ remède et roide, mains et du moins, laine et avoine (sic), Billenrs plaine et avaine (sic).
On trouve dans Crétin cette suite de rimes : françoise {française), courtoise, aise, framboise et Ambroise,
Dans Villon :
Les bourses des dix et huit clercs Auront, je m'y veuil employer :
Pas ila ne dorment comme lotrs.
DansJ. Marot:
Capitaines, voyans qu'il n'y avoit remède. Sonner ils font l'assaut, et tirent fort et roide.
Contrairement à Topinion commune, oi s*est toujours prononcé ai dans les verbes cognoistre, paroistre {connaître, pa^ raitre). Cela est démontré par les exemples suivants :
Or y pensez, belle gantière.
Qui m'écolière voulez être;
Et vous. Blanche la savatière,
Or il est temps de vous cognoistre '. villon.
D'être gentils, pleins de noblesse,
Outre plus les meilleurs François
Qu'en Lombardie je co^noisse. j. marot.
Au grand besoin voit-on ami qui est :
En temps prospère à peine on s'y cognoît, w» Viens sans donner détresse coutumière A la mère humble en qui Dieu l'a fait nattre, Puis d'un doux ris apprends à la cognoUre. marot. Car vérité fit en lui apparaître Par les vertus qu'en vous il disoit être... A mon désir, d'un fort singulier être Nouveaux écrits on a fait apparoltre, id. Qui premiers aux humains donnâtes à repaître*. Peuples vraiment ingrats, qui n'ont su reeonnoUre, etc. Ronsard. Un brandon dans le ciel te pourroil apparoUre
I. AiUeurs le même poète fait rimer c>st avec comparoisl^ S. nonaiir^ associe encore cognoistre et maistre*
KIME. 345
Par une belle nuit, et le voyant tel être. iuïf.
Volontiers ces follets ont coutume de naître,
Ou dans Tair élevés on les voit apparoftre, id.
Sans demander son nom, on peut le reconnoitre :
Et si ce n*est un poète, au moins il le veut être, bégniba.
A plus forte raison trouve-t-on postérieurement des exemples analogues :
Une telle insolence ! Avoir osé paroitre
En public ! à ma vue 1 II en mourra, le traître ! corn.
Ainsi, cela soit dit pour qui veut se connoitre.
Le plus sage est celui qui ne pense point Tétre. boil.
Je veux m^ouvrir le trône ou jamais n'y parodre.
Et quand j'y monterai, j'y veux monter en maître, bac.
C'est lui-même. Il marcboit à côté du grand prêtre :
Mais bientôt à ma vue on Ta fait disparoitre, id.
La belette avait mis le nez à la fenêtre.
0 dieux hospitaliers ! que vois-je ici paroitre, la font.
Mais, quoi qu'à chaque pas je puisse voir paroitre.
En courroux, comme vous, on ne me voit point être. mol.
Sibilet dit positivement qu'on peut rimer estre avec maistrê et cognoistre.
D'un autre côté , il est certain que , dans la première moitié du xvi" siècle , la bivocale ot prenait le son oê. J'ai cité deux verbes qui n'ont pas subi ce changement de prononciation. Il faut encore excepter les imparfaits et les conditionnels, dont la prononciation, je pense, n'a jamais varié. Mais la révolution atteignit la plupart des autres mots, et principalement les substantifs.
Jacques Péletier , qui , vers lôôO, entreprit de noter la prononciation, écrit damoeselle, histoere, gloere, croere. Dans les imprimés de, cette époque on voit souvent : de la toele, un vœle '; un mirouer, le par louer, etc. Enfin le même fait est confirmé par ces vers de Régnier :
i. Cela se trouve d^à au commencement du xvi* siècle. J*al noté dana Mescbinot les mots foeion, tnoesson^ achoeson, et dans VAn df$ tept dames, toer, que Tauteur rectifie dans Verrata.